Plus de ski en avril

Publié le 4 Avril 2015

Pour lever toute ambiguïté, il faut lire "plusse". Ouf ! Vous avez dû avoir peur ; je n'ai pas décidé d'arrêter de skier au printemps ! Bien au contraire. Il se pourrait que dès l'année prochaine, je skie davantage au mois d'avril.

J'adresse donc tous mes remerciements à l'Education Nationale. Elle m'a enfin écouté. Cela fait des années que je réclammais l'avancée des vacances de Pâques pour pouvoir skier. Et quand on reprendra le boulot en mai, ben on pourra skier aussi car la longueur des jours nous permettra des after tafs comme c'est déjà le cas. Et même si Ségo nous laisse à cette p... d'heure d'hiver car le très grand Vincent Peillon nous a allégé les journées, nous permettant de finir entre 15h30 et 16h.

L'EN est donc vraiment faite pour le "ski-randonneur". Et puis, tant qu'on y est, j'ai encore gratté quelques heures. Les 1er et 8 mai qui étaient une fois sur trois inclus dans les congés ne le seront plus. Un petit jour de boulot en moins par an, c'est toujours ça de pris.

Bon allez, plus sérieusement. Voilà ce à quoi sert l'argent du contribuable qui paie ces fonctionnaires passant leur temps à se réunir pour pondre de tels projets.

Je m'exprime en tant que citoyen français et parent d'élève. Je garde pour moi tous les faits internes à mettre au lourd dossier du mal fonctionnement de l'administration de l'EN et dont j'ai vent dans mon travail de tous les jours parce que sinon, l'article va prendre quelques pages...

Il y a suffisamment de quoi dire avec leurs soit-disantes réformes. Les deux dernières en date : les rythmes scolaires et maintenant le changement de calendrier. Je suis exaspéré par cette aptitude à passer des jours à pondre un projet afin de remplacer un fonctionnement qui... fonctionne moyennant quelques incohérences par un autre qui fonctionnera... moyennant quelques incohérences. Et pendant ce temps-là, le "bateau" continue à couler. Non pas qu'il faille délaisser les entorses du petit doigt sous prétexte qu'on n'arrive pas à soigner le cancer mais quand même, là, ça fait un peu tâche quand on voit le temps que prend la mise en place de ces bricoles. 

Alors voilà, les skieurs pourront skier pendant les vacances en avril. Comme si une semaine ça changeait quelque chose d'ailleurs quand on sait que l'enneigement maximum dans les grandes stations se situe en moyenne début avril (et qu'il ne disparaît pas du jour au lendemain) et que de toute façons ce sera trop tard pour les petites unites de basse montagne type Saint-Hilaire-du-Touvet qui bouclent toujours avant fin mars étant donnée l'altitude (950->1300 m). A côté de ça, les enfants (et y compris les plus petits) bénéficieront d'une dernière période de classe allant jusqu'à douze semaines consécutives pour la première zone. Il y a quelques années, un ministre un peu moins con que les autres avait prôné une alternance 7/7/7/7/8 (avec deux semaines de vacances entre chaque). On a en reparlé sous Peillon avec la Toussaint remise à deux semaines ce qui était pour le coup une bonne harmonisation. Avec ce nouveau projet, en prenant pour repère la zone médiane, on aura du 7/7/6/6/10 et même certaines années (en arrondissant parce qu'ils ont même l'idée de faire terminer des semaines un mardi ou un mercredi !) du 7/6/6/6/11. Tout ça pour une poignée de skieurs de printemps (déjà peu nombreux parmi les skieurs, eux-même loin d'être une majorité de Français).

Il y a deux ans, on a mis en place une réforme des rythmes scolaires. Alléger la journée de l'enfant. Une belle idée sur le papier. Mais qui doit être en phase avec le reste de la société. Car si les parents viennent récupérer leurs bambins à la même heure qu'avant, où est l'allègement ?  Aujourd'hui, on s'en rend compte déjà alors on propose de reprendre les anciens horaires et de répartir les activités péri-scolaires sur une après-midi. Encore une fois où est l'allègement ? Car il faut bien avoir à l'esprit que c'est la collectivité qui fatigue l'enfant, que ce soit la classe ou le péri-scolaire. Il se pourrait même que le péri, de part son côté moins cadré notamment dans les communes où les encadrants sont des jeunes pris sans grande formation, soit plus fatigant que la classe. Alors pouquoi ne pas reprendre l'ancien rythme et placer ce péri le mercredi matin comme avant plutôt que le mardi ou le jeudi aprem ? L'EN refuse ; ce serait reconnaître qu'elle a eu tort.

Enfin bref. J'attends presque avec impatience qu'on vienne me faire des remarques sur mon travail (qui ne peut être parfait) parce que franchement, dans notre métier, le ver, c'est la tête. Si on fabriquait un produit (donc concurrentiel), il y a bien longtemps qu'on aurait fait faillite. Bien sûr qu'il y a de petits ajustements à faire parce que tout n'est pas parfait. Nos métiers changent. La société évolue. Nous devons nous adapter. Mais ne faut-il pas se recentrer sur l'essentiel ? Notre système éducatif est de plus en plus mal "coté" dans le monde. Pourquoi ? Si on n'a pas les moyens de mettre davantage d'enseignants et de diminuer la taille des structures (encore qu'en évitant de perdre du temps - et donc de l'argent - sur des réformes à la con, on gagnerait bien quelques sous pour rajouter quelques mâitres par-ci par-là et de les former de manière constructive) ne peut-on pas se pencher plus sérieusement sur l'Ecole ?

Et arrêter de tout changer tous les deux ou trois ans. Un fonctionnement doit être expérimenté sur plusieurs années et le travail des acteurs respecté.

- Changement de calendrier pour quelques communes du septante quatre ?

- Changement de programmes pour quelques auteurs de topoguides euh, manuels scolaires ?

- Rythmes scolaires pour qui, pour quoi ?

Et si on s'occupait de nos enfants ? (en espérant que ce projet capote)

 

NB : Oui j'ai vu, ça fait deux fois en à peine dix jours. Va falloir que le modérateur recentre ce blog ;)

 

Plus de ski en avril

Rédigé par lta38

Publié dans #humeur

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