Le hamster de Chamrousse avait raison

Publié le 20 Décembre 2015

Après mes premières Dents (de Crolles) à skis, j'avais annoncé le lancement de la saison d'hiver. Après un automne particulièrement doux et prolongé, on pouvait espérer que cette douceur ne revienne pas. Mais "il" m'avait lancé "moi je crois qu'on va en faire d'autres à pied...". Le saligaud, il avait raison. Il, c'est Yvon, "Groin d'or". Un des gros skieurs suractifs du DSA (i.e. club Dauphiné Ski Alpinisme = les hommes en bleu, pas ceux de la Samse). On pourrait le surnommer le hamster de Chamrousse. Tandis que je fais des allers-retours sur la cime de la Jasse, la dent de Crolles et autre incisive du Pra, lui, c'est sur les pistes des Gaboureaux, des Robert et, autour de la croix de Chamrousse.

Pendant ces élucubrations secondaires, la montagne attend la manne blanche salvatrice. Pas tant pour les skieurs quels qu'ils soient mais surtout pour protéger ses glaciers de la prochaine aggression estivale. Car c'est bien là le plus important. Au-delà d'une réserve d'eau, les neiges éternelles alpines nous offrent des paysages uniques, beaux de jugement objectif, et qui font peine à voir lorsqu'ils se transforment en amas de gravats gris foncés. Le recul considérable du glacier Blanc, l'amaigrissement de la mer de Glace ou encore la quasi disparition du glacier du Gleyzin sont pour moi, à l'échelle d'une seule (petite) génération (grosso merdo une vingtaine d'années entre l'âge de mes vingts ans avec mes premières pérégrinations en ces hauts lieux - car j'ai commencé tardivement - et aujourd'hui) un "désastre" visuel.

Yvon avait raison : ce dimanche, j'ai retrouvé mes baskets sur la dent de Crolles. Et que de monde malgré le (petit) surplus de dénivelé depuis la Gorgette (parking obligatoire compte tenu de la fermeture hivernale de la route du Coq) et l'exigence de cette montée (sente ultra raide de la prairie, "filtrante" pour les non-habitués). De mon côté, absolument impossible de tenter un nouveau record perso d'ascension. Trop de rencontres et c'est ce qui restera comme le côté intéressant de la sortie : s'arrêter pour partager quelques mots avec ceux qui ont eu la même idée. Les deux Lio partis de Bernin, Anaïs et Valériane et leur motivation, Laurent l'habitué de la Dent bien plus que moi puis Marco lancé à pleine vitesse et qui aurait peut-être établi un temps de référence s'il avait déclenché son chrono, avec qui je ferai la descente tout en bavardant. Côté photo, rien à se mettre sous la... Dent !!! Lumière blafarde.

Anecdotique : depuis que j'ai commencé à aller régulièrement sur ce sommet (été 2011 lors de mon arrivée sur Bernin), je me suis remémoré mes (rares) précédentes sorties afin de pouvoir les comptabiliser au total par curiosité. Aujourd'hui, c'était ma centième dent de Crolles ! Et la trente-troisième pour 2015.

Marco sur l'Oeille

Marco sur l'Oeille

Rédigé par lta38

Publié dans #randonnée sportive

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