Deux jours à Ambel (J1)

Publié le 5 Mai 2016

Cela faisait un moment que je voulais venir dormir à la cabane d'Ambel. Située au sud du Vercors au pied du roc de Toulau, elle est accessible en seulement vingt minutes depuis le parking de la Gardiol. Elle peut donc être très fréquentée. C'est d'ailleurs le cas paraît-il (d'après la rencontre et la discussion fort sympathique qui a suivi avec un des éco-gardes) en juin et en septembre-octobre pour le brame du cerf. D'une capacité officielle de dix-neuf places, elle peut raisonnablement accueillir quatre à six couchages de plus ; en revanche, les trois tables intérieures permettent l'installion de vingt personnes maximum. Pour des raisons de sécurité, de confort et de respect, il est souhaitable (voire primordial) de respecter ces chiffres. Nous ne sommes pas en site éloigné où un bivouac d'urgence peut être invoqué. On vient ici pour le plaisir de passer une nuit en (moyenne) montagne. Et les randonneurs itinérants qui y passent sont forcément équipés d'une tente en raison de la non systématisation de ces cabanes sur tout le sud du massif.

Pour toutes ces raisons, les personnes qui y débarqueraient à une heure avancée, en "troupeau" trop important un jour d'affluence (vacances, pont, week-end...) doivent s'attendre à l'éventualité de trouver la cabane déjà complète et renoncer à y passer la nuit même si c'était le programme. Donc, évidemment, si on ne veut pas se trouver dans ce cas, prévoir une arrivée tôt afin de pouvoir éventuellement se retourner (il y a d'autres cabanes pas très loin - Gardiol, Tubanet) ou une tente au cas où.

Voilà pour ce qui me semble être le code de fonctionnement respectueux ici. Nous avions donc prévu d'y arriver à la mi-journée. Fort des infos de la Renarde, nous sommes confiants car le parking est accessible en voiture. C'était sans compter sur la dernière chute de neige. L'inquiétude survient en montant à Léoncel. L'altimètre indique à peine 800 m et il reste de forts beaux tas de neige le long de la route alors qu'au col du Coq la veille à 1400 m en Chartreuse c'était sec. Météo France annonçait une chute de 30 cm en Chartreuse, 40 cm en Belledonne et 50 en Vercors (mais il fallait interpréter cette dernière donnée comme le nord du massif, le trou du cul du monde - pardon pour les locaux, j'adore cet endroit - du Royans n'étant pas renseigné). Assurément, il n'est pas tombé 50 cm ici. 70 ? 80 cm ? Probablement. La route est coupée à l'Echaillon et nos amis les Mossière n'avaient pas prévu cette éventualité avec leurs cabas à la main (moi non plus mais tout le matos rentrait dans le bon gros Makalu 65+15). Des dizaines de voitures stationnent au parking de la station de ski de fond et le panneau "route barrée" est accompagné d'un cuchon de neige. Pas de trace de voiture au-delà. Nous réussissons à forcer le cuchon et atteignons sans mal le col de la Bataille où une grosse congère met fin à notre espoir d'aller se garer à la Gardiol. Par ailleurs, une 106 est là, bloquée au milieu des congères. Sans doute un randonneur dépourvu d'informations météo et échoué ici durant le week-end dernier. 

Chaussés de simples baskets on commence à s'inquiéter et puis finalement, la trace est bonne et en marchant sur le bord, on arrive à rester majoritairement au sec. Une petite heure de marche nous conduit au col de Toulau par le versant ouest où nous plongeons sur la cabane. 13h. Seulement un groupe de cinq. Installation, pique-nique. Finalement, tout va bien.

Col de la Bataille. Il faudra attendre encore un peu pour récupérer sa voiture !

Col de la Bataille. Il faudra attendre encore un peu pour récupérer sa voiture !

Le large chemin versant ouest du Toulau

Le large chemin versant ouest du Toulau

Contrastes printemps/hiver

Contrastes printemps/hiver

Les jonquilles ici aussi

Les jonquilles ici aussi

On n'est pas bien là ?

On n'est pas bien là ?

L'ambiance est splendide. Le vent du sud est un peu gênant mais bien à l'abri le long du mur du refuge, on peut lézarder. Le groupe de cinq, prévoyant, avait (comme expliqué ci-dessus) envisagé l'option tente et même si la cabane est loin d'être remplie, décide de bivouaquer pour ne pas nous gêner et profiter d'une veillée prolongée. Un autre groupe de cinq jeunes débarque et s'installe à son tour. Puis ce sera un groupe de quatre ado qui ira, lui-aussi, dormir dans une autre cabane après le repas du soir afin de veiller tard. L'éco-garde fait sa ronde et constate que l'ambiance est parfaite et que tout se met en place sans souci. Au final, nous dormirons à seize confortablement.

Inutile de dire que les enfants auront adoré cette nuit...

Préparation du repas

Préparation du repas

Une cabane rustique mais très propre, avec un point d'eau

Une cabane rustique mais très propre, avec un point d'eau

Jeux dans la partie dortoir à l'étage

Jeux dans la partie dortoir à l'étage

Observation du soir...

Observation du soir...

Les plus petits s'endorment les premiers

Les plus petits s'endorment les premiers

Les un peu plus grands bouquinent

Les un peu plus grands bouquinent

Les plus grands (enfin, l'un d'entre eux), sort faire quelques images dans le vent et passe une demie-heure à retrouver son capuchon d'objectif, déjà qu'il en a perdu un la veille

Les plus grands (enfin, l'un d'entre eux), sort faire quelques images dans le vent et passe une demie-heure à retrouver son capuchon d'objectif, déjà qu'il en a perdu un la veille

Rédigé par lta38

Publié dans #balade, #paysages

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Commenter cet article

Brigitte 11/05/2016 10:08

En effet, je n'avais pas imaginé que la dernière chute de neige aurait un tel effet ! J'étais au col de Tourniol le 4 mai (alors encore officiellement fermé) et visiblement la route avait été dégagée par un chasse-neige . Heureusement que vous avez pu monter en voiture jusqu'au Col de la Bataille ! car sinon c'est bien long ...

lta38 11/05/2016 17:04

C'est clair. Quand j'ai vu la centaine de bagnoles et le cuchon de neige à l'Echaillon avec derrière, une route bien noire, j'étais bien décidé à passer. On était les premiers à se garer à la Bataille mais d'autres ont suivi. On s'est fait un peu insulter par quelques (rares) randonneurs sans doute énervés surtout contre eux et inconsciemment contre leur manque d'audace transformant leur belle randonnée désirée en une marche peu agréable sur route goudronnée...