Cèpes, myrtilles et.. peigne

Publié le 28 Août 2016

Petit tour hier sur un secteur de proximité pour voir si les myrtilles sont mûres. Et surprise : pratiquement pas de fruits, pour la seconde année consécutive. Et il y a dix jours, c'était idem sur un spot pourtant réputé excellent. Que se passe-t-il ?

Qu'à cela ne tienne, on ne désarme pas. Ce matin, je prends un peu d'altitude pour aller sur un secteur a priori prolifique. Ouf, elles sont là.

Et autre bonne surprise : malgré le sec, les cèpes sont de sortie. Champignon vraiment particulier qui choisit de sortir quand il veut, quelles que soient les conditions météo. Evidemment, quand il fait chaud et sec, ils sont rapidement verreux ce qui explique que les trois quarts des exemplaires rencontrés n'aient même pas été ramassés et qu'il y ait encore pas mal de déchet à la maison.

Images IPhone 5c

Jeune, adulte, vieux
Jeune, adulte, vieuxJeune, adulte, vieux

Jeune, adulte, vieux

Environ 35 cm de diamètre pour ce monstre, malheureusement pas consommable car entièrement attaqué par les larves

Environ 35 cm de diamètre pour ce monstre, malheureusement pas consommable car entièrement attaqué par les larves

Après une année de disette, ça fait plaisir à voir

Après une année de disette, ça fait plaisir à voir

Un sac plastique (je n'avais pas prévu qu'ils soient là) de cèpes (le quart de ce que j'ai vu, les autres étant bien verreux) ; cinq kilos de myrtilles

Un sac plastique (je n'avais pas prévu qu'ils soient là) de cèpes (le quart de ce que j'ai vu, les autres étant bien verreux) ; cinq kilos de myrtilles

A la faveur de mes images sur Facebook, le peigne a fait parler de lui. Le mettre sur cette photo était, bien sûr, volontaire. J'aurais pu le laisser de côté et botter en touche les éventuelles questions... "Tu ramasses à la main ? euh, bien sûr... !" Mais ce n'est pas le style de la maison. Depuis le départ, ce blog me sert de mémoire et reste un partage avec les lecteurs. Je ne vais, ni me mentir à moi-même, ni leur mentir. Alors, oui je ramasse au Peigne. Et pour alimenter une éventuelle discussion, voici mon point de vue là-dessus.

- Le ramassage au Peigne en Isère est autorisé à partir du 15 août. Je ne ramasse jamais les myrtilles avant le 15 août (de toutes façons, le meilleur moment c'est septembre). Ce n'est pas parce que c'est autorisé que c'est bien mais on peut espérer qu'il y ait eu un minimum de réflexion pour pondre cette autorisation (et donc l'interdiction d'avant cette date).

- Le ramassage au Peigne abîme davantage la plante qu'à la main. Vrai. Mais à ce compte là, on peut y aller au niveau des comparaisons. Ramasser les myrtilles au Peigne, c'est une sorte de triche. C'est comme en escalade tirer au clou. A skis, déraper sur une pente raide. Sauf que le dérapage ou "l'artifage" n'a d'impact que sur son propre égo à la limite ; pas sur la nature. Poussons donc plus loin. Utiliser le peigne, c'est se faciliter la vie. Utiliser le peigne, c'est comme mixer les légumes avec un robot plutôt que de les couper à la main. C'est se rendre en voiture au parking de départ de sa rando plutôt qu'à pied ou à vélo. C'est s'acheter un sac de couchage plutôt que de dormir directement sur l'herbe. Dans tous les cas, l'homme se facilite la vie avec un impact sur la planète. Sans peigne, le ramassage de la myrtille est bien compliqué. Je ne le ferais sans doute pas. Comme je ne ferais pas de rando (ou uniquement celles qui partent de la maison) sans voiture. Je n'irais pas bivouaquer. Il est bien évident que tout ce confort se paie cash pour la nature. L'équation est bien compliquée à résoudre. Ce qui est sûr, c'est qu'aujourd'hui, l'homme (et moi compris) a beaucoup de mal a céder à son petit confort apporté par les progrès technologico-scientifiques. Et si le plus grave étaient toutes ces politiques natalistes ? Ne devrait-on pas essayer de limiter voire infléchir la démographie mondiale ? N'est-ce pas cela le coeur du problème ?

En attendant, je continue de ramasser les myrtilles au peigne (entre dix et vingt kilos annuels en moyenne) dans mon massif de Belledonne en des endroits reculés peu fréquentés (au moins une heure de marche et à bonne allure) et où la plante pousse en abondance. On peut aussi le faire en limitant les dégâts (en tenant le plan avec l'autre main, ce que m'avait montré mon grand-père, et en évitant de "bouriner"). A noter que les peignes "modernes" en plastique épargnent un peu plus les plants que les ancestraux peignes en bois. En revanche, ils finissent par se fendre (le plastique c'est fantastique...) si on attend qu'ils soient pleins avant de les vider car le travail exercé sur la poignée est important en raison de la charge. Il faut donc le changer car réparer du plastique... On n'est pas rendu... Bonnes cueillettes à tous.

Rédigé par lta38

Publié dans #récoltes

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Gui 26/08/2019 11:58

"pratiquement pas de fruits, pour la seconde année consécutive"
Le 28 Aout c'est un peu tard suivant l'altitude et puis depuis le 15, tout les peigneurs ont tout récupéré, fruits mûrs ou non, sans laissé la moindre miette aux prochains qui viendraient...

Perso, 6 ans de cueillette à la main. J'y passe du temps, ça parait fastidieux mais personne ne verra jamais mon passage si ce n'est qu'il y a un petit peu moins de densité de fruit ou je suis passé. Mais la certitude que quelques jours après les randonneurs seront contents de voir de beaux fruits mûrs en pagaille! Et plusieurs heures de calme, à voir de beaux couchés de soleil tranquillement.

Côté législatif, il y a la date du 16, qui parait magique. Et la règle souvent oubliée de 1.5kg par jours par personne... Pour éviter les pillages massifs justement. Si t'y va plusieurs jours, t'iras surement pas exactement au même endroits. 6kg, tu ravages un pan entier. 300 Grenoblois ou agglo avec la même mentalité et on verra bientôt des interdictions bien plus restrictives. Peu importe qu'on soit 4 milliards ou 7 sur la planète.

lta38 26/08/2019 16:14

Bonjour.

Merci pour cette contribution. Tu as à mes yeux l'approche la plus éthique. Bravo.

Pour le reste, j'ai donné mon point de vue sur ce billet. Je précise que :
- le ramassage est pour moi un plaisir d'être dehors et de profiter ce que la nature nous offre. Cela va de pair avec la tranquillité totale. Je marche une à deux heures pour ramasser et je suis systématiquement seul. Je considère que compte tenu de la quantité de myrtilles à cet endroit, mon passage est quasi invisible (parce que je suis seul). Si cela venait à changer (du monde ou règlementation), je laisserais tomber et profiterais de la nature autrement comme en manger en passant, ce que je fais à chaque sortie. Et j'achèterais des myrtilles de culture si besoin.
Dans tous les cas (peigne ou pas peigne), on peut se poser la question de l'impact du déplacement par rapport à un achat en magasin (il existe de la belle qualité, artisanale, chère mais nettement moins que prendre sa voiture)