Brame (XVI) : pas de chance !

Publié le 2 Octobre 2016

Que ce soit en photo ou en sport outdoor, la plupart du temps, un raté est dû à une erreur personelle, que ce soit sur le terrain ou en terme de préparation. Mais pas toujours. La météo annonçait un samedi fort correct puis un ciel se voilant en cours de journée et des pluies en seconde partie d'après-midi. Celles-ci devaient se résorber en fin de nuit suivante et le ciel commencer à se dégager en milieu de journée de dimanche pour finir au grand beau le dimanche soir. Samedi, les premières gouttes arrivent dès la mi-journée et après une grosse pluie en milieu d'après-midi, le ciel s'éclaircit en début de nuit. Le lenemain matin, c'est déjà grand beau. Pas besoin d'être intelligent pour comprendre que les métérologues avaient vu juste ; ils avaient simplement retardé l'événement pluvieux de quelques heures.

Je pars donc la fleur au fusil, pas trop habillé et sous un franc soleil pour explorer un secteur que je n'ai fréquenté qu'à trois reprises en trois automnes. Avec l'idée d'aller encore plus loin sur un site prometteur sous les conseils de mon ami Fred. Je suis chargé et il y a de la route mais la motivation est intacte malgré quelques nuages qui remontent durant la marche d'approche.

Un bien beau décor pour le brame

Un bien beau décor pour le brame

 

Une fois sur place, ces nuages deviennent majoritaires. Je vais passer l'essentiel de l'après-midi dans le brouillard finissant bien congelé. Deux cerfs vont se présenter à proximité de mon point d'affût. Leur arrivée se fait par une éclaircie que j'ai bien en vue mais je ne les verrai pas arriver à cause de ce p... de brouillard. Quand le brouillard se dégage, le premier est derrière un sorbier et n'en partira qu'une fois le brouillard revenu. Quant au second, même punition et quand il y a un peu de visibilité, il est à dix mètres dans des vernes !!! J'ai toutefois un minimum de réussite puisque je le trouve couché en cherchant aux jumelles, après avoir pris un peu de distance. Je le surveille (on ne voit que ses bois) en attendant qu'il se lève. Il finit par le faire et se montre au milieu des sorbiers. Sympa.

Enfin un peu de visibilité pour ce dix cors au milieu des sorbiers

Enfin un peu de visibilité pour ce dix cors au milieu des sorbiers

18h40. Il ne me reste qu'une demie-heure de lumière et je suis frigorifié. Les cerfs d'en-bas ne montent toujours pas et plus au sud, ça brame en continu. Je plie bagage, laisse le sac et les bâtons et pars avec seulement l'appareil photo et le trépied, ainsi qu'une frontale dans la poche. L'idée est d'aller explorer la zone où ça semble bramer. L'endroit est magnifique ! C'est raide et assez dangereux mais les animaux y sont nombreux et ont tracé de véritables vires boulevards qui permettent de passer en relative sécurité. Mais gare à avoir le pied alpin ! 

Les raires se rapprochent. Enfin, c'est moi qui m'en approche. Le terrain est vraiment bien foutu pour approcher ce qui est plutôt rare. Je me poste contre un rocher et surveille une éclaircie après avoir entre-aperçu des biches en contrebas. Celles-ci montent en direction de l'éclairie traversée par une sente animale.

Les biches arrivent

Les biches arrivent

Trois biches et deux daguets dans un bien beau décor

Trois biches et deux daguets dans un bien beau décor

Ca brame tout près. Les cerfs vont sortir, c'est sûr. En plus, le plafond est bien remonté et le brouillard a disparu... mais au final, pour finir de m'achever des bancs de brouillard denses arrivent au crépuscule, au moment où les cerfs sortent. Je ne verrai absolument rien, profitant toutefois d'un concerf de proximité durant un quart d'heure. Grrrr !!!

La nuit tombe. Je rentre, un peu dépité sur le moment mais en sachant que cette journée restera un grand moment de découverte. Le pire c'est que je vais être obligé de revenir et ce n'est pas la porte à côté. En même temps, je suis tranquille ici. Ce n'est pas demain la veille qu'on va venir y chasser le cerf. Parce que je mets au défi un homme de rapporter la carcasse d'un animal dans un endroit aussi éloigné et scabreux avec 300 mètres de remontée obligatoire pour retrouver un sentier potable.

Je rentre fourbu à 22 heures à la maison.

Bien les boules quand même que toute cette énergie n'ait pas été récompensée. Allez, ce n'est pas fini.

Concert, uniquement pour les oreilles !

Rédigé par lta38

Publié dans #brame du cerf

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Frédéric CALMANT 04/10/2016 23:26

Re-bonjour, je connais fort bien la Chartreuse et je m'y rends chaque année pour la rando, je me doute que ça doit être plus sportif de suivre les raires! ;) En tout cas, en 7 ans de brame chez moi, je n'ai jamais entendu un timbre aussi grave, c'est étonnant!

lta38 05/10/2016 23:01

Nos massifs sont en effet bien compliqués à exploiter mais le plaisir retiré n'en est que plus grand quand ça marche. Aujourd'hui, j'ai changé de secteur et pris un peu d'altitude.

Frédéric CALMANT 04/10/2016 18:07

Bonjour! Il a une voix vachement grave celui qu'on entend en premier plan sonore! Est-ce normal dans votre région? Les "miens" pour comparaison, filmés hier! https://www.youtube.com/watch?v=gPi1okd1SY8
A bientôt!
Fred

lta38 04/10/2016 21:20

Bonjour. belle vidéo que la vôtre même si la qualité est perfectible. Le terrain est bien plus difficile ici et c'est année, c'est dur dur. mais c'est ce qui fait le charme ! Pour le son, il y a des divers et variés. Cette voix grave ne m'a pas choqué outre mesure. c'est régulier.