Le Pravouta des filles

Publié le 19 Février 2019

Aujourd'hui, elles sortent leur matériel de randonnée. Emie (9 ans) dispose désormais de celui utilisé par Stella (11 ans) l'année dernière et l'ainée d'un ensemble pas encore testé et monté par mes soins. L'avantage d'avoir des enfants aux grands pieds, c'est de pouvoir passer assez vite aux fixations à inserts. Les voici donc enfin toutes les deux avec du vrai matériel de randonnée et réunies ainsi pour la première fois. Que de chemin parcouru avec différents bricolages depuis 2011 (pour Stella, et 2013 pour Emie) !!

Au risque de le répéter parce que beaucoup de gens pensent qu'elles font des trucs incroyables, je suis dans une démarche purement "découverte". Je n'ai pas à proprement parler de programme de formation. Je fais les choses comme je les sens. J'essaie de trouver la motivation, les idées, les moyens. Etre au contact de la nature et de son corps et grandir dans cette osmose. Elles ne font pas de slalom, n'ont pas un style impeccable, loin de là (comme leur père) alors que d'autres enfants envoient déjà du "gros" à leur âge. Elles ne grimpent "que" du 5c (en second, 5b+ en tête à ce jour). Elles n'ont jamais fait plus de 1200 m de dénivelé positive dans la même journée, ne portent pas de gros sacs, ne dorment pas dans la neige par moins dix degrés...

Tout ce qu'elles font reste raisonnable mais j'ai souhaité qu'elles grandissent dans cet environnement et malgré des réticences de temps à autre au départ, en reviennent systématiquement enchantées. Je sais que ces expériences vont leur donner des bases d'émotions, de respect, de plaisir, de bien-être ; elles choisiront ensuite leur voie. C'est ainsi que depuis près de douze ans, on marche, on court, on skie (de 50 à 80 mm au patin), sur piste et hors la piste, on glisse aussi autrement, on explore, on dort en montagne, en cabane ou sous la tente, on observe des animaux. Elles ont déjà croisé la chevêchette, affûté au tétras-lyre, tutoyé bouquetins et chamois, vécu le brame du cerf... mais pas encore vu le loup ce qui, d'une certaine façon, n'est pas plus mal étant donné leur jeune âge :P 

On a grimpé samedi, elles ont joué dimanche et fait de la trottinette, on a fait du ski nordique lundi et aujourd'hui, on part pour presque six-cents mètres de dénivelé avec les peaux. Le départ est peu enthousiasmant. Ca traîne la patte. L'objectif est loin et sur cette route, ça n'avance pas. Une première pause est réclamée au niveau de la nouvelle buvette (fermée à cette époque). Le temps de repartir et on sort dans la prairie sous la dent de Crolles près d'une heure après être partis alors que je ne mets qu'un quart d'heure quand je monte tête dans le guidon. Entre ces deux extrêmes, il y a sans doute l'horaire habituel mais il faut s'adapter et ne pas forcer la main...

L'objectif est enfin dévoilé. La dent appose toute sa majesté. Le rythme d'améliore. les filles glissent bien et le col des Ayes est vite atteint. Un peu plus haut, sur l'arête vers les barricades, un petit replat. Cette fois, c'est moi qui leur propose une mini-pause durant laquelle on boit un coup et je leur raconte quelques anecdotes du coin. La motivation est revenue. L'issue ne fait plus de doute. Des doutes, il y en aura chez elles durant la traversée de la face sud-est puis la fin de l'arête sud avec des perspectives un peu raides en contre-bas mais le paternel est là pour rassurer, retracer proprement dans une neige molle en effaçant les vilaines traces de piéton (pour info, la face est massacrée ; les piétons sans raquettes sont nombreux et descendent de partout) et les nombreuses traces de ski trop raides.

Sommet. Très grand moment que de les voir arriver là-haut côte-à-côte. Comme d'habitude, avec les congratulations des autres randonneurs qui passent par là. On prend notre temps avant de s'offrir une superbe descente transformée versant sud-ouest. Là, point de vilaines traces. Que du velours. Ca tourne tout seul et Stella est enchantée de ses nouveaux skis (Emie avait déjà testé il y a un mois).

Un immense plaisir que ce partage et absolument aucun regret de n'avoir fait "que" Pravouta ce jour où la traversée de Belledonne était sans doute pour la première fois de la saison en excellentes conditions (mais avec des jours encore un poil courts). Entre ces deux sorties, un océan. Mais j'éprouve autant de plaisir de chaque côté de celui-ci. Une petite remontée au col du Coq et la joyeuse troupe se laisse glisser sur la route jusqu'à la voiture, moyennant quelques facéties dans les épingles. Bravo les filles !

Départ sur la route
Départ sur la route

Départ sur la route

Vers le col des Ayes, sous l'oeil de la Dent

Vers le col des Ayes, sous l'oeil de la Dent

Avant de traverser la face sud-est
Avant de traverser la face sud-est

Avant de traverser la face sud-est

Arrivée au sommet

Arrivée au sommet

Moments précieux
Moments précieux
Moments précieux

Moments précieux

Descente parfaite
Descente parfaite
Descente parfaite

Descente parfaite

Rédigé par lta38

Publié dans #ski-glisse

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Commenter cet article

Brigitte 21/02/2019 13:12

Tu ne regretteras pas d'avoir emmené tes filles partout et de leur avoir fait gouter tous les plaisirs de l'activité en plein air ! La mienne a décroché vers dix ans, elle ne voulait plus faire que du cheval, marre des balades avec les parents ;-) Mais aujourd'hui à 25 ans, elle fait de la Cap, du trail, des balades à pied avec son copain qui est aussi sportif... Je pense que lorsqu'elle a eu l'occasion de se remettre aux sports d'endurance, elle avait gardé l'aisance et la condition physique de son enfance à gambader. Du coup, elle n'a jamais galéré et c'était d'autant plus plaisant.
J'ai déjà vu des jeunes de 25 -30 ans , non sportifs, souffrir comme pas possible pour faire 300 m D+ (en une heure) sur un sentier ! Ca n'arrivera jamais à nos enfants