Norvège 2022

Publié le 14 Juillet 2022

Me voici de retour ici pour la sixième fois, très attiré par ce mariage entre l'eau et la montagne. L'eau, nous allons en boire... mais c'est une autre histoire !

Avant même d'aborder le séjour, voici quelques considérations générales.

- Le lieu. Les Lofoten. Un peu trop touristiques à notre goût (il y a plus tranquille en Norvège) mais notre façon de les aborder nous fera globalement éviter les aires de camping-cars et les attroupements.

- L'objectif. Deux temps. Un premier pour traverser (à pied) la plus grande partie de l'archipel (entre Moskenes et Svolvær, points d'arrivée des deux ferries depuis Bodø) puis un second pour réaliser quelques "one shot" sur la partie la plus au sud et visiter l'île de Værøy.

- Partie 1. Prévue sur 9 jours et annoncée exigeante, nous tablons sur deux jours de moins si météo favorable (le but n'étant pas de faire un chrono - nous restons en mode contemplatif). Au final, malgré une météo peu favorable, nous aurions même la possibilité de le faire en six jours mais nous profiterons de cette avance dans une cabane dont la Norvège a le secret, juste avant l'arrivée à Svolvær. Nous verrons ça un peu plus tard. Le sens prévu sera l'inverse du sens habituel car le ferry Bodø-Svolvær est payant (et pas donné) alors que le Bodø-Moskenes-Værøy-Røst est gratuit pour les piétons. Nous comptons sur l'auto-stop pour revenir depuis Svolvær.

- Partie 2. Randonnées avec bivouacs au-dessus de Reine et de Å puis tour de l'île de Væroy avec traversée du Håheia par l'arête ouest. Nous utiliserons deux ferries pour cela : un pour Moskenes - Værøy et un pour rentrer (Værøy - Bodø via Røst).

- Le voyage. Question existentielle. Avion ou pas avion ? Les Lofoten restent accessibles en voiture ou en train mais il faudrait disposer d'une semaine supplémentaire. N'ayant que quinze jour, ce sera l'avion. Quand on voit l'état de nos montagnes (glaciers et plans d'eau) en cet été qui semble s'apparenter à celui de 2003 pour la température et à l'année 1976 pour la sécheresse (été qui s'annonce comme historiquement catastrophique), on peut se demander s'il est raisonnable de prendre encore l'avion aujourd'hui. Vaste débat dans lequel je n'irai pas très loin ici car mélangeant des émotions, des convictions, avec des raisonnements qu'on peut prendre par tous les sens, chacun raisonnant souvent dans le sens qui l'arrange... Par exemple, le fait de savoir que mon empreinte "kérosène" moyenne à l'année sur près de cinquante ans est égale à la moitié de celle d'un Français (en moyenne) aujourd'hui me soulage dans un sens ; dans un autre, ce qui est fait est fait et nous ne pouvons "jouer" que sur ce qui reste à (ne pas) faire. Bref, débat interminable. Ce sera l'avion comme je le fais en moyenne une fois par an ces dernières années sur des vols de moyenne distance (ici avec la compagnie Norwegien sur vol Genève - Oslo - Bodø).

- La logistique. Un sac à dos chacun et basta. Pas de location sur place, pas de voiture. Un des deux sacs ira dans la soute avec le matériel qui n'irait pas ailleurs (bâtons, couteau, réchaud... ) et du même coup, rempli des affaires les plus lourdes ; l'autre en cabine doublé d'un bagage à main (genre petit sac en tissu fin de quelques grammes qui sera ensuite mis dans le sac à dos).

- Le matériel. Un sac à dos 45 litres, une tente deux places légères (Nemo Hornet 2P à 1100 g tout compris avec les piquets), un sac de couchage 0°C confort, un matelas bien isolant (Nemo Tensor Insulated), 3 t-shirts, 2 pantalons, 1 short, 1 polaire, 2 mérinos manches longues, 1 doudoune, 1 coupe-vent, 1 poncho, 3 paires de chaussettes, 4 slips/culottes, 1 bluff, 1 casquette, 1 paire de lunettes de soleil, 1 paire de bâtons, 1 filtre à eau Katadyn Be Free, le tout par personne. Ajoutons 1 réchaud léger (Optimus Ceux), 1 bouteille de gaz 230 g (achetée en arrivant à Bodø), 1 popote en titane (110 g, 900 ml), 1 trousse de secours, 1 petit savon, 1 serviette légère, 1 bouteille en plastique (vide), brosse à dents, dentifrice. En plus, nous avions un petit carnet de notes, un peu de lecture, un jeu de cartes et mon matériel photo : canon EOS RP, 16 RF, 35 RF, 100-400 RF, batteries et paire de jumelles de poche Swaro, le tout pesant quand même  1800 g. (+ tel, papiers, câbles de charge...).

- Navigation. Uniquement sur smartphone (Norgeskart et Opentopomap). Les deux fonds de carte n'ont pas la précision de l'IGN mais sont suffisants si on reste sur les sentiers tracés ! Et ils sont complémentaires. Norgeskart est ultra claire mais tous les sentiers ne sont pas tracés. Opentopo permet d'avoir davantage de tracés mais est d'un brouillon abominable (quasiment illisible si on n'utilise pas une petite échelle). Attention quand même à la notion de "sentier" en Norvège. Bien souvent, ils se sont avérés équivalents aux sentes crées par les animaux dans Belledonne !!! Avec un problème : l'eau. Les sentiers peuvent être des ruisseaux, des tourbières, des bourbiers... Nous avons passé quatre jours sans pouvoir faire sécher totalement les chaussures, parfois remplies d'eau (au début, on est précautionneux, voire on les retire pour un passage mais on se rend compte que c'est rapidement trop contraignant si on veut avancer un minimum !!). Et ne pas trop envisager évoluer hors-sentier, sauf exception.

- Nuitée. Le bivouac est autorisé partout en Norvège à condition de respecter les lieux. A noter la règle (sauf autorisation du propriétaire évidemment) de rester à plus de 150 mètres d'une propriété. Il existe également de nombreuses cabanes (dites cabines ou hytter en Norvégien) en gestion libre. Le confort et la propreté sont maximales mais certaines sont fermées (et la clé DNT ne les ouvre pas ; sur Lofoten, c'est une clé spéciale) et dans tous les cas, le tarif reste élevé (souvent 40€ la nuit par personne pour les "Guest").

- Restauration. C'est globalement hors de prix pour nous, et encore plus dans les minis supérettes locales. Le café est souvent à 4€. Sur la traversée, il est possible de se ravitailler tous les deux à trois jours. Globalement, ayant sous-estimé nos capacités à avancer, nous avons toujours transporté trop de nourriture. A noter que nous avions pris quelques trucs de France pour pouvoir commencer directement sans perdre de temps à Bodø, et notamment quelques lyophilisés de la marque Trek'N Eat.

- Eau : nous avons presque toujours marché avec les gourdes vides et bu directement dans les lacs et torrents avec les filtres. Cependant, il faut quand même regarder, notamment aux endroits où on compte bivouaquer, pour peu que ce soit sur une crête. D'où l'utilité d'avoir en plus une bouteille vide pour éventuellement disposer de trois litres pour deux (dont la moitié pour le lyoph' du soir et le thé du matin) de 16h du soir à 9h du matin.

- La météo. Ça reste le cercle polaire. S'il y fait parfois 25 degrés, il ne faut pas trop y compter. Pour nous, cela aura oscillé entre 8 et 15, peut-être 17°C lors d'une journée. A noter qu'avec le jour permanent, la différence jour/nuit est assez faible. La différence ombre/soleil est en revanche flagrante. On passe du t-shirt à la doudoune en trois minutes. La frontale est totalement inutile. Cet été semble assez mauvais en Norvège occidentale. En même temps, la sécheresse sévit chez nous ; on peut comprendre que les perturbations passent au nord. Malgré tout, nous avons pu mener à bien tous nos projets avec 236 km parcourus à pied. C'est à suivre plus en détail.

Arrivée à Oslo

Arrivée à Oslo

Clochard dans l'aéroport

Clochard dans l'aéroport

Ici il fait toujours beau

Ici il fait toujours beau

Moskenes. Point de départ de la traversée
Moskenes. Point de départ de la traversée

Moskenes. Point de départ de la traversée

Rédigé par lta38

Publié dans #Norvège

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T
Salut Lionel,<br /> <br /> Je pense que c'est la première fois que je mets un commentaire sur ton blog, lecteur irrégulier, également amateur de belles pentes de neiges dans nos montagnes iséroises et de photographie, entre autres.<br /> <br /> D'abord bravo pour les photos de cette rando, toujours très agréables à regarder. J'étais moi-même allé dans les lofoten à l'occasion d'un semestre d'études à Trondheim il y a une dizaine d'année, mais la météo à l'automne là-bas est encore plus instable ! J'ai quand même le souvenir de la belle vue depuis Reinebringen.<br /> <br /> Je suis également allé en Norvège en juillet cette année, pour un projet similaire de randos, plus au sud (Rondane et Jotunheimen) et moins bien organisé. <br /> Concernant les traces, connais-tu la heatmap strava qui permet (ou pas !) d'imaginer des sentiers / passages n'étant pas référencés sur les cartes officielles et osm ? ça peut aider parfois même s'il y a évidemment des passages en terrain "spongieux", spécialité norvégienne (et écossaise d'ailleurs !).<br /> <br /> Je voulais surtout commenter cet article puisque tu abordes la question du voyage, je me suis posé la même question et j'ai voulu y aller sans avion. Je ne pense pas qu'on devrait encore pouvoir prendre aussi facilement l'avion même si dans ce cas la Norvège est moins loin que des vacances en Asie ou aux Bahamas... Comme tu le dis quand on voit l'état de nos montagnes et de la sécheresse générale en cours, on peut se poser des questions sur nos décisions (ou celles de nos dirigeants) et leurs conséquences !<br /> <br /> Bref, un petit retour à toutes fins utiles : en passant par la Suisse, Genève - Bâle, puis par l'Allemagne jusqu'à Hambourg, on peut approcher la mer Baltique assez facilement et confortablement en une dizaine d'heures. Le train de nuit est possible en Allemagne, pas essayé cette option.<br /> Plusieurs options ensuite : ferry Kiel - Oslo, ferry depuis le Danemark jusqu'à Oslo ou la côte sud Norvégienne, train pour le Danemark puis la Suède et Oslo (ou via la Suède si on va très au nord en Norvège). Dans ce dernier cas, on peut compter 5-6 heures pour Copenhague et la même chose pour Oslo.<br /> En étant efficace, le Genève - Oslo prend donc un peu moins d'une trentaine d'heures d'affilée.<br /> Pour les ferry sans s'y prendre à l'avance c'est inabordable, pour le train au dernier moment ça reste accessible. Évidemment on est encore loin d'être arrivés si l'on va dans les régions montagneuses, le transport ensuite en train puis bus n'est pas forcément optimal, ces derniers étant confortables mais (très) peu fréquents par endroits. Pour aller quelque part et y rester c'est bien, pour voyager dans le pays un peu moins.<br /> Question coût, contrairement à ce qui est avancé par endroits l'option interrail peut être intéressante, surtout si l'on achète les billets au dernier moment (5 jours avant l'aller, 3 jours avant le retour pour ma part).<br /> Un bémol sur la qualité de services, sur 4 trains Allemands j'ai eu... 1h de retard au moins à chaque fois, 2 trains annulés en cours de trajet avant d'arriver à la destination finale et ça semble assez classique. Ceci dit la bonne bière allemande du wagon bar est très abordable ;)<br /> <br /> Voilà un petit retour sur la possibilité de se rendre dans ce beau pays un peu plus lentement :)<br /> <br /> Thomas
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A
Quelle aventure, moussaillon ! Dans le matériel, tu pourrais rajouter les Crocs ! Vu l'usage exceptionnelle mais nécessaire dans les étapes qui suivent...
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L
Nous avions les Crocs. On a bien marché avec, sont presque trouées !! Ça glisse un peu quand même…