Publié le 27 Août 2010

Journée de repos en famille chez nos amis les "Berthols" en nord Isère. Une fois de plus, un accueil des plus chaleureux et de bons petits plats préparés pour les repas du midi et du soir. Pendant la digestion, une balade s'imposait malgré la chaleur (des records de chaleurs battus ça et là : 35°C à Grenoble St-Geoirs c'est tout simplement le record absolu de cette station météo pour une dernière décade d'août) durant laquelle, nous avons eu l'occasion de discuter de tout et de rien. En parcourant, quelques minutes avant, les pages d'un numéro du magazine "sport et vie", je suis resté sur ces phrases d'Albert Jacquard :

"Hubert Reeves estime que nous en avons encore pour maximum un demi-siècle à vivre. En tant que biologiste, je pourrais me réjouir de cette échéance. Le jour de notre disparition, les papillons, les anémones, les chinpanzés, pourront se dire "ouf enfin tranquilles". Mais il se trouve que je ne suis pas biologiste seulement, je suis aussi grand-père et j'estime qu'il faut raisonner et réagir autrement. Face à une perversion qui, nous l'avons vu, passe par la prédominance de l'argent, de la compétition et de la tricherie, j'aimerais qu'on adopte un mode de pensée différent qui serait : "A quoi bon être meilleur qu'un autre, j'ai déjà tellement de difficulté à être meilleur que moi-même"."

 

A méditer...

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Rédigé par lta38

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Publié le 27 Août 2010

P1130167 - copieCe mercredi, c'est le dernier jour de congés de Jean-Marc. Au programme : du très grand beau temps. On décide de faire la route la veille au soir et de dormir à l'arrach' au parking avec la tente. Ca pinaille un peu (désolé Juanito d'annoncer ici tout haut que ça démarre de Grenoble avec 20 minutes de retard parce que t'en un peu à la bourre) d'autant que de mon côté, je dois faire le plein d'essence. Le pizzaïolo en remet une couche à Aime et on patiente un peu trop avant de manger. Bref, on arrive sur place, c'est déjà nuit, il fait 9°C et c'est trempé de partout. Pas une grosse motivation de dormir dehors avec le duvet que j'ai pris. Fort heureusement, le refuge de Rosuel situé au terminus de la route est quasi vide et on est accueilli comme des papes par le gardien. On passera une très bonne nuit. P1130127 - copie 

Au petit matin, il fait frisquet et les 4°C du thermomètre ne nous font absolument pas regretter le choix de la veille, d'autant que le petit vent qui remonte le vallon ne nous permet pas de nous réchauffer malgré une progression rapide et une polaire. Il faut attenre une petite heure de marche pour que ça aille enfin mieux. Le sentier d'approche est très agréable et très efficace. On ne passe pas par le refuge du mont Pourri mais par le fond du vallon et sa rive droite où, après le passage d'une cascade puis d'une barre rocheuse, on se trouve à l'aplomb de l'objectif. Cette marche est vite torchée : en 1h45 on est au premier goujon. Il fait très froid et malgré ma polaire et mon gilet coupe-vent certes minable, je grelotte. Idem pour Jean-Marc qui est tout désigné pour aller en tête bastonner dans la première longueur. Pas que ce soit extrême (5c soutenu avec un pas de bloc au départ qui, ne soyons-pas des radins de la cotation, vaut son petit 6) mais avec les doigts insensibles dans ce rocher vertical, il devrait bien s'amuser. Ce choix a été fait car Jean-Marc ne voulait pas faire la longueur la plus dure de la voie en tête. En grimpant en reversible, il se devait donc de commencer. Mais comme on le sait, la longueur la plus dure, ce n'est pas la plus chiffrée mais souvent la première : le temps d'apprivoiser le rocher, de se chauffer...

Derrière, ça va un peu mieux mais grimper sans les mains, ça n'est pas évident.

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P1130131 - copieTout rentre dans l'ordre au premier relais avec l'arrivée du soleil. La suite ? 9 P1130134 - copielongueurs sur un gneiss d'exception et je dois bien confesser, malgré moi, que bien qu'ayant parfois, un peu exagérément peut-être, qualifié des voies de Belledonne comme superbes du point de vue de la roche, jamais dans le massif pour lequel j'ai un coup de coeur si particulier, je n'ai pu voir un si beau gneiss. Côté escalade pure, ça grimpe, c'est soutenu. L'équipement est généralement très bon mais je ne regretterai pas d'avoir pris quelques coinceurs car il y a parfois des envolées sans point proches de 10 mètres. Certes c'est facile mais c'est raide et on est jamais complètement à l'abri d'une prise qui casse. Côté cotation enfin, c'est cohérent mais quelque peu sévère. J'aurais bien vu un petit + dans chaque longueur. Plus que la cotation des longueurs, c'est la cotation globale qui est la bonne : cette voie est une vraie TD.
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Le panorama est de plus en plus beau au fur et à mesure de la grimpe : Grande Motte, Grande Casse...

 

P1130139 - copieDes longueurs exigeantes

 

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Et la récompense d'un vrai sommet même si l'on est loin du mont Pourri.

 

P1130159 - copieAu final, une belle course en montagne (5 heures d'escalade, 2h15 de rappels et désescalades où il faut rester concentré - cherchez Jean-Marc dans un rappel)

Quelques chiffres. Cotations par longueur : 6a ; 5b/c ; marche ; 5c ; 5c ; 6a ; 5b/c ; 5c ; 6a+ ; 3b ; 6a ; 5c ; 3b ; 3b -
hauteur : 400 m

Une fois au bas de la face, ça ne pinaille pas : une heure de descente par ce sentier toujours efficace, sous une lumière magnifique bien qu'un peu trop chaude. Et un dernier regard (en-haut, à gauche sur la photo), à notre pic pointu. Highly recommended climb.

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Rédigé par lta38

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Publié le 24 Août 2010

P1130101 - copieRetour au granit pour cette journée où la météo devrait nous laisser le temps de grimper. Certes des nuages menaçants sont annoncés dès la mi-journée mais à priori sans conséquences. Ayant déjà testé "l'orage-du-soir-qui-arrive-avant-midi", nous optons pour un secteur peu engagé où l'on peut tirer des rappels. La cascade d'En-Bas se situe rive droite du Vénéon dans les Ecrins, quelques kilomètres avant la Bérarde. Pour une reprise en douceur, nous partons dans "chaude pisse", une voie TDinf de 200 m de long, très centrée sur le 5/5+. C'est suffisant pour commencer car il faut retrouver ses marques sur ce rocher. Jean-Marc n'a pas grimpé depuis plusieurs mois et moi je n'ai fait que deux voies faciles cet été. Dire qu'il y a quelques années je courrais sur les dalles d'Ailefroide dans tout ce qui était inférieur au 6b. Aujourd'hui, on en est loin. Je n'ai pas encore réapprivoisé l'adhérence extraordinaire de ce rocher. "Chaude pisse" s'avère peu homogène : après un coup de cul en 5c dès le départ, la suite de L1 est (trop) facile. Ensuite vient L2 qui est très belle. Annoncé dans le 5b, elle doit comporter un pas de 5c/6a. L3 est plus facile dans le 5b. Suivent deux longueurs un peu végétatives (5a puis 3b) pour aller rejoindre le magnifique dièdre chamoniard dans lequel Babeth resplendit sur la photo du topo de Jean-Michel (Cambon of course). Ca doit valloir 6b cette affaire. Deux petites longueurs en 5 et on est sorti pour aller prendre les 3 rappels de 45 m qui conduisent, efficacement, au bas de la face.

P1130113 - copieIl n'est alors pas tout à fait midi et le ciel s'est couvert ce qui est une aubaine compte tenu de la chaleur ambiante  et de l'endroit où nous sommes (face su d, 1700m d'altitude). Les nuages n'étant encore pas trop menaçants, on décide de partir pour une autre voie : "un p'tit pipi au lit". Elle est annoncée un peu plus dure, très centrée sur le 5+. Une TD de 200 m également. La première longueur met dans le bain : un 5c de conti avec des points parfois fort éloignés, loin de ce dont nous a habitué JMC dans ses dernières réalisations : une toute petite dizaine de dégaines suffisent pour cette longueur de 40m. Jean-Marc fait la même remarque pour la longueur suivante en 5b/c. Dans L3, ça commence à dérouler de mieux en mieux et le petit mur en 6a qui clôture la longueur ressemble fort au gneiss des tours de l'Homme à Chamrousse. L'équipement est rapproché pour ce passage athlétique. Rebelotte pour les dalles à plat ventre dans L4 où tout est sur les pieds (5c). L5 est magnifique, un 6a+ à placements : dommage qu'il fasse si chaud (le soleil perce quelque fois et on sue comme des gorets sous nos casques). Je finis la longueur le casque au baudriller. Le 6a+ de la dernière longueur passe finalement assez bien : un mur athlétique très bien protégé. Il faut, par contre, assurer sur les 3 premiers points car une chute du leader finirait à coup sûr sur l'assureur avec les conséquences (désastreuses) attendues : assureur assomé, corde lâchée, leader 50 mètres plus bas... Pour éviter cela, l'assureur a intérêt à être vaché avec du mou et ne pas hésiter à plonger d'un côté en cas de chute du leader. Une traversée facile ramène aux rappels de la première voie. Pour finir, on va se baquer dans le ruisseau de la cascade d'En-Bas : un vrai bonheur pour se rafraîchir. On en sort presque refroidis !

 

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Jean-Marc dans le dièdre chamoniard de "chaude pisse"

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Rédigé par lta38

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Publié le 22 Août 2010

Aujourd'hui, c'est ma fille Emie qui prend place dans le porte-bébé pour un petit tour à la fraîche le matin. Dès le départ, la vue me permet de revoir dans son ensemble le périple de la veille à la pointe Percée. perceeP1130011 - copie Je profite également des P1130095 - copiepremières mûres mûres. Il y a    même quelques noisettes qui commencent à tomber des arbres. L'autom ne approche. Initialement, je devais monter par le sentier qui longe le TMB jusqu 'à St-Gervais depuis le Fayet et revenir par le sentier de la cascade. Malheureusement, je n'ai pas trouvé l'amorce du sentier de descente. Pourquoi ? A cause des travaux de la déviation routière de St-Gervais qui va emprunter un pont sur le Bon Nant. L'entrée du sentier est donc barrée et impossible à prendre. Peut-être y-a-til un autre passage mais, ne le connaissant pas et n'étant pas indiqué sur la carte, je me contenterai d'un aller-retour. 

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Au passage, un petit topo matos. Si vous cherchez un porte-bébé, il n'y a pas à lésiner. C'est du Deuter et du haut de gamme : le kid confort III. Portage confortable, assise confortable, protège pluie/soleil rétractable, nombreuses poches de rangement. De quoi facilement le lester jusqu'aux 22 kg (PTAC) annoncés par le constructeur. Il est même vendu avec un nounours en peluche ! L'occasion d'ouvrir très prochaînement une rubrique "matériel" sur ce blog. Au programme sans doute : matériel technique de montagne, de rando, de ski, photo... A suivre donc.

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Rédigé par lta38

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Publié le 21 Août 2010

P1130074 - copieVoici un point culminant (celui des Aravis), sur lequel je n'ai jamais posé mes pieds. La veille au soir, je me décide à combler cet écueil etant donné que le parking n'est "qu'à" 500 m au-dessus de Sallanches, je décide de partir tout en bas depuis la ville. 2300 m de dénivelé d'une seule traite avec des passages qui demandent de l'attention et même un peu d'escalade. Je me fixe comme but de parvenir au sommet en 3h00. Pour la descente, je projète de passer par un autre sentier qui, une fois revenu sur l'épaule face aux 4 Têtes, part vers le sud jusque sous la pointe de Chombas. Ainsi, mis à part les 500 m sommitaux, je pouP1130076 - copierrai faire une boucle. En contre-partie, ce retour est plus long que l'aller avec pas mal de distance. Compte-tenu que la partie rocheuse sera sans doute plus longue à la descente, l'horaire ne devrait pas être très différent de celui de la montée. Je l'estime à 2h30. Avec 15 minute de pause au sommet, je dois donc boucler l'ensemble en un peu moins de 6 heures. 

Le lendemain, il fait encore nuit quand je quitte l'église de Sallanches. Pour rejoindre Burzier (parking de départ habituel), je guenille dans la nuit : le sentier annoncé balisé sur la carte ne l'est pas et ça dénivelle moins bien que prévu. J'ai perdu 10 minutes (45 au lieu de 35 minutes estimées) une fois arrivé à Burzier. C'est un peu décourageant mais cela ne va pas m'empêcher de poursuivre. Doran, col de Doran, ça déroule. Entre le col de Doran et celui des Verts, il faut monter en traversant de grandes pentes herbeuses puis caillouteuses sur lesquelles évoluent des bouquetins. Ce sera le plus délicat de la journée : éviter les nombreuses pierres envoyées en bas par les grands ruminants cornus. J'ai trouvé le passage assez craignos avec ce paramètre dont il faut tenir compte.

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J'arrive enfin au pied des difficultés rocheuses : une suite de cheminées aménent en face sud où l'itinéraire devient moins raide. Plusieurs ressauts faciles mais demandant un pied sûr (de l'escalade niveau 2 voire un ou deux petits pas de 3) amènent à l'aérienne arête terminale par laquelle on finit.

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Je regarde la montre : 3h10 !! Mon estimation aurait été parfaite sans les égarements du début. Mais fi des horaires, il fait beau, le panorama est à 360° et je suis seul. Pas très longtemps car un jeune couple monté par le versant ouest arrive à mes côtés. La fille a visiblement été très impressionnée et se demande comment elle va redescendre. Le gars (qui prépare la CCC - bonne chance à lui) la réconforte. J'empoigne mes bâtons et entame la descente. Je décide de garder les cannes à la main pour les portions faciles où je suis plus efficace mais ils me gênent dans deux ou trois passages où je les les lance avant de descendre.

Rapidement, je suis au bas de la face où deux cordées attaquent. Dans la traversée herbeuse, c'est rebelotte les bouquetins : deux grosses cocottes minutes me passent à dix mètres à une vitesse ahurissante. Casque ou pas (je n'en ai pas étant parti ultra light avec juste 1,5 litre d'eau et quelques biscuits) c'est la boîte en sapin si un tel blocos avec son inertie venait à vous percuter la tête. Aussi, je ne traîne pas et me retrouve rapidement sur le sentier qui traverse vers le sud et l'alpage de Chombas. A partir de là, je vais souffrir de la chaleur jusqu'au bout. 13°C le matin au départ, ça laissait présager une journée chaude. C'était déjà chaud à la montée mais supportable (perso, ma température optimale pour ce type d'effort est aux alentours de 7°C - 5°C c'est un poil froid, 10°C, c'est déjà trop chaud - à chacun son curseur - celui de Laurent Dupré est sans doute inférieur de plusieurs degrés !). Les chalets d'alpages et les hameaux défilent sous mes yeux. Les jambes sont bien là et la fin s'avèrera moins pénible avec des passages boisés et ombragés. Le chrono affiche 2h30 pour la descente.

L'horaire, qui n'est pas une fin en soi et, dans le cas présent, loin d'être un record, m'apporte nénamoins une grande satisfaction : celle de pouvoir prévoir à l'avance avec exactitude, le temps dont j'ai besoin pour faire une grande course. 

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Rédigé par lta38

Publié dans #escalade-alpi

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