Publié le 13 Octobre 2016

Nouveau tour du soir sur le secteur "bas". Pas un son. L'humidité, le froid, l'absence de raires... m'incitent à ne pas faire d'affût et à monter jusqu'au sommet du secteur. Afin de limiter le dérangement, le resterai sur les chemins. La pluie rend la progression plus discrète que les jours précédents. J'arrive sur une zone que je sais être favorable. J'avance prudemment. Tout à coup, je distingue une masse rougeâtre dans une éclaircie de la forêt. Un cerf est là, couché, silencieux.

Je n'ose plus bouger. Je sais par habitude qu'ils lèvent la tête très régulièrement pour scruter les alentours; S'il le fait au moment où je bouge, c'est mort. Je ne suis pas très bien caché mais je me fais le plus petit possible, pose le trépied au sol et attend.

Au bout d'un moment, il lève la tête, puis la repose.

Il finira par regarder dans ma direction et s'inquiéter. Sans se presser il se lève et se déplace, sans doute pas très loin. Je n'insiste pas. C'est le même que celui de jeudi dernier.

Le dix (4+10) cors de jeudi dernier, couché sur un replat
Le dix (4+10) cors de jeudi dernier, couché sur un replat
Le dix (4+10) cors de jeudi dernier, couché sur un replat

Le dix (4+10) cors de jeudi dernier, couché sur un replat

Je poursuis la route et atteins le sommet après avoir dérangé deux biches. Des traces, il y en a. Des odeurs aussi. Le brame n'est pas fini, c'est sûr. Mais aujourd'hui en tous cas, il est plus silencieux. Je décide d'aller voir un peu plus haut où je ne suis jamais allé et c'est la surprise : une magnifique zone de clairières, sans doute la plus belle de tous le secteur avec des traces, des places de brame. Je photographie quelques mésanges qui batifolent mais de cerf, point. Il faudra en tous cas revenir en cet endroit qui se prête merveilleusement bien à l'affût avec de beaux points de vue.

Une vue de la clairière découverte (image IPhone 5c brute)

Une vue de la clairière découverte (image IPhone 5c brute)

Mésange noire

Mésange noire

Mésange bleue

Mésange bleue

Les jours raccourcissent à vitesse grand V. Je descends avant la nuit et "tombe" sur un daguet qui s'alimente sur le chemin. Il n'a rien vu. Je m'accroupis au milieu de petit sapins en bordure du sentier et attends qu'il se montre un peu plus. Je fais une série d'images à 12800 ISO à 1/8è de secondes autant dire qu'on voit mieux sur l'écran après avoir déclenché qu'en vrai. J'attends qu'il s'éloigne... ce sera quasi la nuit. J'allume la lampe frontale et rentre.

Daguet (12800 ISO)

Daguet (12800 ISO)

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Rédigé par lta38

Publié dans #brame du cerf

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Publié le 12 Octobre 2016

Dernier jour de beau temps avant un passage perturbé puis un week-end bien rempli pour les filles ; aussi, je leur propose d'aller manger le soir au niveau d'une cabane avec l'espoir d'entendre et voir quelques animaux. L'idée est accueillie positivement. Il n'en reste pas moins qu'il faut gérer la montée en la meublant avec des histoires, des discussions. Le petit défi du jour consiste en ce que les filles identifient tout ce qu'elles voient ou entendent durant la marche.

Citons pêle-mêle le brame du cerf toujours au rendez-vous, un chevreuil sur le chemin, des traces de sanglier, des arbres (épicéa, sorbier, noisetier...). Un peu plus loin, un pic noir passe devant nous et se pose sur un tronc.

- Il creuse des trous occupés ensuite par la chouette de "Tegmam", nous dit Emie.

Nous gagnons une superbe boulaie. L'heure du goûter. Puis la cabane. Il fait bien froid mais un petit feu nous permettra de conserver une température supportable. Durant le dîner, une chevêchette se fait entendre, ainsi que la troupe de becs-croisés qui la houspillent.

Descente à la tombée de la nuit. Ca brame encore un peu. Stella voudrait sortir sa frontale mais je l'encourage à essayer encore de s'en passer car on distingue suffisamment le sentier. C'est alors qu'un animal s'agite dans un bosquet. Il nous a repérés. Il s'enfuit en courant sur une piste forestière si sèche qu'on croirait entendre un cheval sur le bitume ! Puis il remonte, traverse le sentier devant nous à une trentaine de mètres. Dans une semi-obscurité, nous distinguons des bois, alors qu'il ralentit comme pour nous saluer en coupant notre itinéraire. Un raire. Le cerf disparaît dans la sombre forêt.

Quelques champignons durant la montée

Quelques champignons durant la montée

Une montée paisible et variée

Une montée paisible et variée

Des feuilles mauves !

Des feuilles mauves !

La superbe forêt de bouleaux/sorbiers

La superbe forêt de bouleaux/sorbiers

Pause goûter

Pause goûter

Sorbier

Sorbier

Pause dîner

Pause dîner

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Rédigé par lta38

Publié dans #brame du cerf, #paysages, #balade

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Publié le 11 Octobre 2016

Plus que jamais, suite aux accidents de l'automne dernier mais surtout au choix de notre président de région d'accorder des budgets importants aux fédérations de chasse plutôt qu'aux associations œuvrant pour la biodiversité et l'harmonie de l'homme avec la nature, le débat pro/anti chasse revient sur le tapis. C'est un sujet sensible auquel j'ai toujours refusé de participer du moins sous cette intitulé car c'est un débat sans fin dans lequel chaque camp saura argumenter ; cela ne m'empêche pas d'avoir bien sûr ma propre façon de voir les choses et l'envie d'en faire évoluer certaines dans le sens que je pense être le bon pour l'avenir de l'homme sur la Terre et qui commence par celui de nos enfants.

Les derniers bouillonnements en date via les réseaux sociaux se retrouvent autour d'une société (parmi tant d'autres) que je ne nommerai pas afin de ne lui faire aucune promotion, qui choisit de vivre en emmenant des clients partout sur la planète pour des "chasses-voyage". Elle propose à ses clients de les emmener sur des territoires d'exception à la recherche d'espèces mythiques en valorisant, à en croire ses vidéos, l'acte final et les trophées. J'ai toujours pensé qu'il était préférable d'être chasseur pour se nourrir et partager en famille et entre amis plutôt que d'arpenter les rayons boucheries des supermarchés. En revanche, mettre le plaisir de tuer et la recherche du plus beau trophée, de la plus grande circonférence ou de je ne sais quel chiffre au premier plan, est une toute autre approche que je ne partage absolument pas.

Faut-il pour autant injurier ceux qui le pratique en utilisant la facilité des réseaux sociaux ? C'est une question que je me suis posée suite à la conspuation générale qui a accompagné les exhibitions d'un ancien champion de ski, ambassadeur d'une "région" de montagne, ancien vainqueur du Dakar ayant (donc) participé à ces expéditions de chasse au trophée à travers le monde et posant fièrement sur des photos avec les animaux abattus. Il est facile de piocher dans le riche catalogue de ce qu'on appelle tout simplement les gros mots de la langue française et de les plaquer sur internet. Soyons clairs : je ne prends pas la défense de "notre" Haut-alpin reconverti et gage même qu'il a probablement ici franchi une barrière d'impopularité dont il est lui-même responsable, même s'il n'est peut-être pas à l'origine de la publication de ces images (il est fort probable que ce soit la société engagée qui les ait diffusées dans le but premier de se faire de la promo "voyez, les grandes célébrités font appel à nos services"). Le dicton "qui va la chasse perd sa place" prend ici tout son sens et je ne vais pas plaindre notre chasseur de mouflon-du-bout-du-monde à coup d'avion, char et carabines à lunettes, loin d'être donc à armes égales avec l'animal comme l'annonce la publicité du guide.

Cependant, je souhaite rester en marge du lynchage médiatique qui en a découlé. Lorsqu'il y a eu les annonces de Chamrousse concernant l'hypothétique télésiège des Vans, la municipalité a également reçu "ses" mots (maux). On ne peut pas se contenter de cela. Quant à la manière, elle est plus de discutable. En revanche, nous pouvons faire en sorte que notre monde bouge autrement. Cela faisait des années que je m'intéressais au programme d'une association comme Mountain Wilderness parmi tant d'autres. Leur implication dans le dossier Chamrousse m'a fait échanger avec eux. Cet événement m'a fait prendre mon adhésion. Et si justement ces images de chasse au Kamtchatka avaient pour effet de nous faire passer d'une action passive à une action active ? Et si tous ceux qui s'insurgent réservaient leurs mots pour un (petit) chèque (67% déductible des impôts) d'adhésion à une association comme Mountain Wilderness ou une autre qui oeuvre pour l'homme et la nature ensemble ?

PS : je n'ai aucune action chez MW et n'ai été incité par personne pour écrire ce billet

PS : je n'ai aucune action chez MW et n'ai été incité par personne pour écrire ce billet

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Rédigé par lta38

Publié dans #humeur

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Publié le 9 Octobre 2016

Et c'est reparti, cette fois pour une journée complète. Je pars bien chargé avec pas mal de bouffe d'autant que je suis parti sans "petit-déjeuner", mais sans eau car le stock est déjà sur place. Il n'en reste quasi plus d'ailleurs.

Arrivé à l'affût du haut après une marche nocturne sous un concert de cerfs, il n'y a que deux animaux qui donnent de la voix sur mon secteur. Il fait vraiment très froid ; aussi je reste sur l'idée initiale d'aller voir aux lisières et ne m'attarde pas dans l'affût. C'est le calme total. Pourtant, il y a des traces et des crottes fraîches. Mais pas un raire. Comment les repérer ?

Fort heureusement, le paysage est splendide et j'en profite pour faire des photos. Un cerf au milieu eut été une image de carte postale !

Givre automnal sur palettes de myrtilles
Givre automnal sur palettes de myrtilles
Givre automnal sur palettes de myrtilles

Givre automnal sur palettes de myrtilles

Palette de bouleaux
Palette de bouleaux

Palette de bouleaux

Je persiste jusque vers onze heures en faisant tranquillement le tour du propriétaire. Sans succès. Je me résous à redescendre d'un étage et là, ça brame ! Je suis dans le bon sens question vent et j'en profite pour prendre le son d'un cerf tout proche mais invisible dans la végétation. Un autre lui répond un peu en-dessous de moi. Je suis sur un vieux chemin abandonné non répertorié et je me place assis au milieu de petits épicéas au cas où.

Quelques minutes plus tard, celui du bas sort sur le chemin.

Un joli dix cors

Un joli dix cors

Il décide de prendre le chemin et en plus dans ma direction. Je suis immobile, le 300 mm sur le trépied. L'animal fait une vingtaine de mètres dans ma direction puis disparait dans la forêt.

Il s'approche petit à petit
Il s'approche petit à petit

Il s'approche petit à petit

Dernier plan, plein cadre

Dernier plan, plein cadre

Je file ensuite me placer à l'entrée de la clairière que je surveille régulièrement et où j'ai aménagé un petit affût. A peine arrivé, ça brame. je n'ai pas le temps de me mettre dans l'affût qui est en contre-bas et me place le plus discrètement possible en haut. Le son semble venir dans ma direction et cette fois, j'ai le vent de face. Il se rapproche, c'est sûr. Le voilà, il sort...

Pas beaucoup de cors, mais une bien grosse ramure

Pas beaucoup de cors, mais une bien grosse ramure

De tous les ongulés, le cerf est quand même le plus fascinant de tous. L'observation de durera pas très longtemps car il va poursuivre sa course dans le bois et la fenêtre n'était pas très large mais c'est toujours un grand moment que d'observer un grand cerf. Ce sera le second coup de chance de l'après-midi. Je me posterai ensuite à proximité d'une souille mais sans succès. Je vais même y faire une (courte) sieste, couché dans la mousse. Je rentre à la voiture après onze heures d'immersion au milieu des cerfs.

Un peu de repos maintenant. Je ne remonterai pas ici avant jeudi au plus tôt.

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Rédigé par lta38

Publié dans #brame du cerf

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Publié le 8 Octobre 2016

Troisième week-end plein pot dans la saison de brame et arrivée brutale du froid accompagné par le vent de nord. Pas top pour les animaux, ayant remarqué en seconde partie de brame que le froid avait tendance à les inhiber. Cela se vérifiera encore ce week-end sans pour autant conclure que c'est la fin, loin de là car les animaux sont bien présents et nombreux sur certaines places. Autre souci pour moi : la majorité des itinéraires d'approche sur mes sites se font du nord vers le sud. De quoi être détecté et cela va se vérifier : plusieurs animaux dérangés malgré moult précautions. On va lever le pied sur le coin semaine prochaine afin de ne pas réitérer.

Je pars en milieu de matinée; Ca brame plein pot sur le secteur bas donc je m'y attarde avec l'idée de monter pour être en haut sur la seconde partie de l'après-midi.

Je dérange un premier cerf qui était déjà debout : il m'avait sans nul doute senti et surveillait mon arrivée. Quand il me voit, il prend la fuite immédiatement. Il s'immobilise un peu plus loin puis repart.

Premier cerf dérangé (image recadrée)

Premier cerf dérangé (image recadrée)

Je poursuis. Ca brame dans la combe en-dessous mais c'est trop boisé ; je poursuis vers l'affût. Je dérange une biche, suivie par un cerf.

Second cerf dérangé

Second cerf dérangé

GJe gagne toutefois l'affût et, bonne nouvelle, ça brame juste en amont. Je l'aperçois mais la forêt est trop dense. Il ne viendra pas. Au bout d'un moment, c'est silence complet. La motivation de l'affût retombe, d'autant qu'il ne fait vraiment pas chaud.

Je pars me réchauffer ; j'en profite pour relever les indices de présence. les animaux sont bien là mais aujourd'hui, ça ne veut pas.

 

Arbre écorcé, trace dans la boue, artiste déchiquetéArbre écorcé, trace dans la boue, artiste déchiquetéArbre écorcé, trace dans la boue, artiste déchiqueté

Arbre écorcé, trace dans la boue, artiste déchiqueté

Un beau biotope à cerf mais point aujourd'hui

Un beau biotope à cerf mais point aujourd'hui

Je poursuis vers le secteur du haut et emprunte un large chemin. Je "tombe" sur un cerf couché au bord du chemin à cinq mètres de moi. Cette fois-ci, le vent était bon ; il ne m'avait pas senti. Et comme j'avance en monde "fantôme", il ne m'avait pas entendu. Et comme iul était bien caché, je le l'avais pas soupçonné. Résultat : il part d'un bond malgré la présence d'un arbuste sec avec plusieurs branches (pas si petites) en travers qu'il défonce littéralement tel un cheval de course qui défoncerait les obstacles au lieu de les sauter. Il franchit le chemin sans même y mettre les pieds, "volant" directement dans la forêt en-dessous depuis le talus. Et de trois !

Secteur haut : pas grand chose à voir. Quasi pas de brame. Je fais le tour du propriétaire pour faire le point. Il y a des traces, des crottes. Ils sont là mais bien cachés et pas très expressifs.

La carte mémoire confirme cette présence avec de nombreuses séquences depuis une semaine. On va remonter demain en essayant de mieux gérer ce flux de nord glacial.

Pile où il fallait. Comme quoi, le placement n'était pas si mauvais...

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Rédigé par lta38

Publié dans #brame du cerf

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