Course de montagne dans les Calanques

Publié le 23 Avril 2013

Sur les falaises du sud, on fait de belles escalades. Mais il existe quelques voies qui peuvent s'apparenter à une (grande) course de haute montagne à la journée. Jugez plutôt. Départ tranquille vers 8h30 de la Gardiole. Une bonne heure de marche en direction du Devenson et on arrive aux rappels "d'état d'urgence". Le temps de s'équiper, boire un coup et c'est parti pour cinq rappels en plein gaz (fil d'araignée, au-dessus de 200 m de rien, quelle ambiance !). Au pied de ceux-ci, il est déjà 10h30. On traverse sous le Baou Rouge en suivant des "stats" fraîchement installées et on arrive en haut d'un rappel de 50 m qui nous amène au bord de l'eau. La gestion des cordes prend un peu de temps afin de ne pas les mouiller. On se pause, on mange et il est presque midi quand on attaque la voie. Les trois heures pour arriver au pied (sauf à vouloir se presser) semblent incompressibles. Finalement, c'est comme en montagne. Pour la suite, douze longueurs de grimpe nous attendent. Là encore, c'est comme en montagne.

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Les trois premières longueurs mettent dans l'ambiance. Ce nouvel accès plus rapide que les rappels avec jeté de corde ne font pas gagner de temps car ils rajoutent une longueur de plus (6c) au ras de l'eau. Pas terrible pour s'échauffer. En revanche, ils ont l'avantage (ou l'inconvénient) de supprimer l'engagement initial car une ligne sur scellements permet de les remonter (et ça semble pas bien dur) au cas où notamment la mer rendrait impraticable les premières longueurs. S'ensuit les deux longueurs originelles toujours en traversée : un premier 5c où la moindre zipette garantit le bain au premier comme au second (et en ce qui me concerne la mise à la poubelle du tout nouveau Canon s100 !). On démarre pas tranquille. Idem dans la suivante : le bain n'est plus forcément garanti car on est un poil plus haut (encore que avec le mou de la corde...) mais ça devient dur. C'est annoncé 6b, les mains à plats dans une strate hyper grasse et les pieds dans un dévers sans prise. C'est quoi cette cotation ? Ni Thibaut (7a/b à vue) ni moi ne tentons l'enchaînement !!!

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Il est treize heures et on est encore à l'altitude zéro. On attaque une cheminée en 5c avec des points loin. La sortie est grande ambiance car on se retourne face à la mer. Attention au pendule (+ percussions) en cas de chute ! Après une longueur de transition (5b) où l'on passe dans une arche, Thibaut se colle à la fissure en 6b/c. La sortie est hyper grasse. A tout moment, les pieds peuvent zipper. Magnifique longueur. En second, je suis obligé de laisser pendre le sac sous le baudrier dans la partie "sandwich" (on joue le rôle du jambon).

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A partir de là (R5 originel, R6 pour nous), on peut commencer à parler d'escalade "normale". Du rocher sec et bien adhérant. Ca commence par une longueur en dalle (6b plutôt que 6a+ annoncé) avec des pas obligatoires et qui font bien mal aux pieds puis le crux pour bibi : un magnifique 6c tout en placement avec des verticales. Et toujours quelle ambiance dans le cirque du Devenson. Très beau 6b au-dessus sur des réglettes acérées, bien technique. On se régale. Puis vient une longueur facultative de 10 m tout au plus dans un dièdre très technique (6b bloc). On peut l'éviter par une vire mais Thibaut refuse. Cela ne lm'aurait point dérangé vu l'absence de logique mais autant faire la voie en entier. On arrive au collet de la tour Save.

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L'ultime longueur est le clou du spectacle. Pas bien difficile pour un 6a+ mais d'une rare beauté sur le pilier d'aragonite. 50 mètres d'escalade d'une traite. On en voudrait 300 !!!!

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Retour sur le plancher des vaches. On a quand même mis cinq heures trente pour faire ces douze longueurs. On n'a pas été plus rapide que dans une voie à Presles et c'est une horaire que l'on retrouve dans une belle course de montagne. Après une pause contemplative, on revient en bouclant par le sentier vert de l'Oule plutôt que par le GR. C'est un peu plus long mais on voit du pays. Une heure quinze pour regagner la Gardiole dont la moitié sous une petite pluie rafraichissante. C'est un peu moins long qu'en montagne pour le retour mais l'ensemble reste suffisant pour occuper une journée et pouvoir faire ce parallèle entre une voie à la Dibona, dans les aiguilles de Chamonix et "pour la mémoire de nos enfants", voie moderne des Calanques dans laquelle on ne dépasse jamais l'altitude 300.

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Rédigé par lta38

Publié dans #escalade-alpi

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carine 26/04/2013 14:56


ouh la rien qu'a revoir les photos je me souviens bien de cette traversée épique avant d'attaquer la grimpe proprement dite...j'en avais CH-- !!!

lta38 26/04/2013 16:44



C'est clair que c'est vraiment dur pour le niveau annoncé avec en plus un rocher glissant, la menace de la mer. Tous ceux qui m'en ont parlé en ont gardé un certain souvenir... qui ne mettait pas
d'attaque pour la suite. Il faut y aller posément en avançant de point en point.