Leçons

Publié le 10 Janvier 2015

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J'ai eu mes premiers skis de rando durant l'hiver 1990-1991. Durant ces 25 dernières années, cette année est une des pires dont je me souvienne en terme de neige. Il y eut 1993 et l'absence de neige sous 2400 m jusqu'à la mi-février mais les autres mauvaises années (2002, 2007 et 2011) étaient quand même "skiables". Là, c'est vraiment pas bon.

Ayant envie d'essayer mes nouvelles chaussures, je me laisse quand même tenter par un tour vers le Collet-d'Allevard.

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Après avoir "donné" des leçons toute la semaine à mes élèves, c'est à mon tour d'en prendre une avec ces nouvelles chaussures. Je ferai un petit retour après quelques sorties. Pour le moment, mon esprit vagabonde en remontant en peaux le long de la piste des Plagnes en bien piteux état mais quand même fréquentée par quelques skieurs dont Nico avec qui j'échange quelques mots. Je repense à la "leçon" donnée par les terroristes mais surtout à l'immense élan de solidarité plein d'espoir qui y a fait suite. Un premier pisteur ralentit en passant à mon niveau "Restez-bien sur le rebord de la piste !". Tiens, c'est la première fois qu'on ne donne une "leçon" sur ce site, très fréquenté par les randonneurs. Je ne suis pas du tout dans l'idée de répondre. Avec les événements, je n'ai pas du tout envie d'entrer dans une polémique. "oui oui..."

Un peu plus loin, un autre pisteur. Qui s'arrête celui-là. "C'est interdit sur les pistes, et blablabla". "oui oui ne vous inquiétez-pas..." Et je continue. Là encore, pas envie d'entrer dans le conflit, pas aujourd'hui. Mais quelque part, ce donneur de leçon m'a irrité. Ne peut-on pas s'abstenir de vouloir toujours indiquer aux gens ce qu'ils doivent faire, où ils doivent aller ? La liberté d'expression on y tient. Mais je tiens tout autant à la liberté d'aller et venir. Si ce pisteur a parfaitement le droit d'indiquer à un randonneur qui remonte une piste qu'il doit faire attention (après tout, c'est son boulot, il ne sait pas à qui il a à faire en face), je trouve vraiment con d'en rajouter avec le "c'est interdit" d'autant que ce n'est pas interdit ! Ce coup-ci, je n'ai rien dit mais la prochaine fois, je rappelerai à ces donneurs de leçons que l'exploitant du domaine skiable n'est pas propiétaire du terrain mais gère les remontées mécaniques et qu'il n'a aucun droit de règlementation sur le terrain. "Vous avez tout faux si vous vous faites percuter" m'a t-il dit. Eh bien non je n'ai pas tout faux. Si je suis arrêté en plein milieu d'une piste, masque par un relief, un dimanche de grosse neige et fréquentation maximale alors oui j'ai tout faux. Par contre, si un jour comme aujourd'hui de faible fréquentation, je me fais percuter sur le rebord d'une piste en un endroit où la visibilité est parfaite, alors ce sera sans doute le percuteur qui sera "coupable". Laissons les gens libres de leurs déplacements, informons-les des dangers et laissons la justice faire son travail quand il y a lieu.

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Je pensais bricoler sur et autour des pistes mais du coup, je file au sommet des Plagnes et descends dans une neige pourrie dégueulasse (je vous dit pas le style avec les skis de 65 au patin) car il fait 10°C (oui en plein mois de janvier) en direction des prairies du Compas. Finalement, je ne suis pas malheureux d'être là ; l'ambiance est au calme, désert même. Je remets les peaux et remonte par le col de Claran.

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Au sommet des Plagnes, un randonneur à raquettes venu faire l'aller-retour jusqu'au col de Claran par les crêtes et un groupe de randonneurs à pied faisant une initiation à l'utilisation de DVA avec une accompagnatrice ou monitrice de ski. Le raquettiste ma dira qu'il s'est fait engueuler par la nana parce qu'il ne portait pas de DVA. Encore une donneuse de leçons... Le gars semblait bien informé et habitué des lieux. Aujourd'hui, avec les conditions actuelles, en montant par les pistes et en suivant les crêtes des Plagnes je ne vois pas ce qu'il pouvait arriver (risque 1, plaques d'herbe, pente faible). Un risque proche de zéro (pour ne pas dire zéro) et mille mois moins grand que sur la voie normale du mont Blanc un jour de juillet où 99% des alpinistes ne sont pas équipées de détecteurs de victimes d'avalanches.

Non, pitié, pas ça en montagne. Là-haut, je veux garder la paix.

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Fin des leçons pour aujourd'hui. Un magnifique coucher de soleil me vaudra une onglée malgré la température largement positive à cause de mes gants trempés. Je resterai jusqu'à la dernière seconde pour en profiter. J'y reviens un peu plus tard.

En attendant, je rentre en glissant sur les pistes qui font peine à voir : jaunes, marron, grises, glacées, caillouteuses... Des temps difficiles pour la petite station.

Rédigé par lta38

Publié dans #ski-glisse

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Commenter cet article

renarde1 11/01/2015 10:47


Oui, c'est une des pires années en terme de neige ! Je me souviens aussi, quand j'habitais en Italie (de 88 à 90) d'une année absolument sèche et dépouvue de neige sous 2600 m (peut-être 89 ?).
Tout est tombé fin février, en une seule et énorme chute.


Pour ce qui est des donneurs de leçons, j'en rencontre plein aussi dans le vélo, encore plus je crois parce que je suis une femme. Je me suis même fait engueuler parce que je roulais sans gants
(et avec les mains chaudes, je ne suis pas maso) par 2°C ...


Liberté de s'exprimer, liberté de circuler, ce sont deux facettes d'un même problème. Sans elles, la vie perd son sens. Les discours de haine trouvent un écho auprès de certaines personnes parce
qu'ils y trouvent quelque chose de certainement essentiel ...

lta38 13/01/2015 18:22



Vaste débat oui... en attendant, 2015 persiste à s'inscrire dans les (très) mauvaises années