Publié le 25 Février 2019

Première sortie de ski en Autriche. L'idée était de n'absolument rien organiser et d'apprendre par soi-même en une semaine. Parmi les quelques recherches (quand même) que j'avais faite, j'étais tombé sur des webcams de stations de ski toutes proches (Axamer Lizum et Fulpmes) qui montraient des sommets dolomitiques an arrière plan. Il était certain que nous irions y faire un tour.

En arrivant un dimanche, il n'était pas possible de trouver une boutique pour acheter un topo. Aussi, pour le lendemain, nous partons pour une face observée en arrivant depuis l'autoroute...
Le sommet du Hochplattig présente un grand rideau strié de couloirs, donnant sur un plan incliné à trente-cinq degrés qui se déverse sur un immense ravin vertical. Autant dire qu'une fois là-haut, ce sera du "E4". Dans le jargon, du ski d'exposition maximale. Chute et avalanche même petite interdits...

Côté nivo-météo, l'anticyclone sévit depuis un moment donc comme nous sommes plein sud, on peut espérer de la neige transformée jusqu'au sommet à plus de 2700 m. Sauf que le vendredi, une petite chute de neige est retombée. Entre dix et vingt centimètres. Après deux jours de beau, nous n'y prêtons pas attention, pensant que ça a dû transformer.

En arrivant au parking, je trouve quand même que cette grande face est bien blanche. Comme s'il y avait encore de la neige fraîche... L'approche est longue en partant à 900 m d'altitude. On a le temps de discuter et de tirer des plans sur la comète.

Au-dessus des deux compères, la face convoitée

Au-dessus des deux compères, la face convoitée

Approche panoramique

Approche panoramique

2100 m : on passe en crampons. L'exposition devient maximale avec des lignes fuyantes

2100 m : on passe en crampons. L'exposition devient maximale avec des lignes fuyantes

2200 m. Le constat est sans appel. Il y a une vingtaine de centimètres de neige datant de vendredi, à peine humidifiée, posée sur un fond transformé dur. Le genre de conditions que je déteste dans les pentes sud pour deux raisons : quand ça chauffe, ça peut descendre. Souvent en petites coulées lentes mais bien denses, suffisantes pour embarquer quelqu'un et ici, le projeter sur le tremplin. Mais aussi par l'insécurité procurée en descente dans le raide. Le ski n'accroche pas et glisse avec la neige. L'heure est à la concertation...

Il est décidé que nous n'irons pas vers le couloir. De mon côté, je ne le sens pas du tout et si désaccord il devait y avoir dans le groupe, je choisirais de descendre. Mais là, point de désaccord. Nous avons tous trois conscience des conditions. Cependant, étant sur un petit éperon où le vent a dû balayer la neige lors de la dernière chute, nous sommes sur de la vraie transformée et remontons le plus haut possible tant que les conditions restent ainsi. A presque 2400 m, la neige fraîche devient omniprésente. Il est midi. On chausse et on se casse. La petite déception qui point ne durera pas et cédera la place à la satisfaction d'avoir identifié le problème. Juste avant de faire le premier virage, le couloir convoité est parcouru par une coulée silencieuse venue du haut. Bien protégés sur notre petit éperon, nous observons..

J'en discutais avec Sébastien (Escande) l'hiver dernier lors de l'écriture du Montagnes Magazine spécial ski de randonnée, à propos de la nivologie. Au-delà du bulletin, de l'observation du terrain, il y a aussi ce que l'on appelle l'intuition. Cela peut faire sourire quand on parle d'intuition nivologique alors que déjà, avec des observations rationnelles, on n'est pas souvent capable de tirer des conclusions sans équivoque. Et pourtant, cette intuition me paraît indispensable. Elle conditionne beaucoup mes choix. L'accumulation d'années de pratique et la reconnaissance de situations similaires. "Ca, ça ne bouge pas. Ca, ça craint".

Aujourd'hui, l'intuition était la bonne. La petite équipe fera 1500 mètres de très bon ski en grandes courbes, sans sommet, mais sans regret. Elle en sort même enrichie. Une très belle entrée en matière.

Intuition
Intuition
Intuition

Voir les commentaires

Rédigé par lta38

Publié dans #ski-glisse

Repost0

Publié le 24 Février 2019

Depuis le temps que j'en entends parler comme deuxième (ou première) capitale des Alpes avec Grenoble, j'avais très envie de m'y rendre. Nous avions prévu une semaine de ski avec Nico (Mossière) et Lio (Didier). Initialement, les Dolomites avaient notre préférence avec une session "couloirs" au programme. Seulement voilà. A quelques jours du départ, nous ne nous sommes toujours pas organisés et après coups d'oeil aux bulletins d'enneigement et aux webcams, le massif est plutôt en mode sécheresse. Et avec l'anticyclone installé sur l'Europe, ça sent la session "couloirs en neige béton" et ressauts mal comblés. C'est ainsi que l'idée d'Innsbruck me vient à l'esprit. Et avec l'enneigement excellent de l'Autriche cette année, c'est l'occasion de mettre les pieds pour la première fois pour nous trois dans ce pays.

Nous allons y revenir dans les billets suivants mais ce fut un excellent choix côté ski. Et tout autant pour le reste. Une ville fabuleuse, qui présente beaucoup de similitudes avec Grenoble ou Annecy (taille "humaine", entourée de montagnes, remplie de sportifs, taillée pour le vélo...) mais en mieux sur beaucoup de plans. Nous n'y avons pas trouvé de moment d'insécurité comme on peut le voir dans la capitale iséroise ou de tensions entre automobilistes et cyclistes. Nous n'y avons rencontré que des gens agréables, souriants, contents de vous rendre service. On y mange très bien et tout est à portée de main. Côté stations de ski, tout est très bien desservi depuis le centre par les transports en commun et là encore, nous avons du retard en France. La ville est propre. Les gens semblent globalement respectueux les uns des autres.

Dès la première soirée, avant même de mettre les skis, l'entrée en matière fut excellente.

Innsbruck
Innsbruck
Innsbruck
Innsbruck
Innsbruck
Innsbruck
Innsbruck
Innsbruck
Innsbruck
Innsbruck
Innsbruck

Voir les commentaires

Rédigé par lta38

Publié dans #paysages, #ski-glisse

Repost0

Publié le 23 Février 2019

Rédigé par lta38

Publié dans #ski-glisse

Repost0

Publié le 22 Février 2019

Pour clore cette semaine neige et soleil avec filles, on a fait un peu d'alpin dans la mini station du col du Barioz. Le Grand Plan, de son vrai nom, m'a accueilli quand j'étais gamin. On se lançait dans la "piste" noire non damée, parfois poudreuse, parfois bosselée, aujourd'hui reconvertie en domaine hors-piste pour des raisons de responsabilités sans doute.

La station bénéficie de l'excellent enneigement de Belledonne nord avec un départ plein nord à 1360 m d'altitude et une arrivée à 1700 m. Le grand téléski sort sur le plateau du crêt du Poulet d'où la vue est magnifique. L'unique piste rouge propose des pentes différentes et la possibilité d'éviter les murs raides si besoin. Un petit téléski et un fil neige pour débutants complètent la panoplie. Le tout pour 5 ou 6€ la demi-journée. Ici, on est loin des tumultes des grands domaines, surtout en cette période de vacances scolaires. L'aperçu que nous avons eu à Chamrousse la veille nous a définitivement convaincus. Sans attendre aux remontées et sans avoir peur de se faire percuter par un olibrius, nous avons fait un peu de technique sur les pistes sous ce beau soleil de mars février.

Et la super affaire de cette fin de semaine : une paire de TLT5 Performance en fort bon état comme nouvelle chaussure de rando de Stella.

Un peu de technique sur les pistes
Un peu de technique sur les pistes
Un peu de technique sur les pistes

Voir les commentaires

Rédigé par lta38

Repost0

Publié le 21 Février 2019

Oh la belle sortie ! Je cherchais une nouvelle idée pour emmener les filles en rando mais sans faire trop de dénivelé montée. Il faut y aller mollo pour éviter les déconvenues : trouver des descentes de qualité, du beau et encore du beau. Pas facile avec le cahier des charges dénivelé...
Direction Chamrousse. Nous débarquons vers 10h45. Peu de monde sur la route mais un parking plein à craquer. J'ai eu le bon nez de monter avec la Panda et me gare dans un trou de souris entre deux autres véhicules : créneau parfait avec vingt-cinq centimètres de place cumulée entre le devant et le derrière. Pile à l'arrivée du chemin des Dames. A la caisse : personne. Et hop, forfait rando en poche. La station propose pour 10€ (7€ pour les enfants) une montée à la Croix et une autre remontée (Casserousse ou Robert). Il manquerait la possibilité de prendre le TS de Bachad-Bouloud pour le retour lors d'une virée "sud" car nous, nous allons faire du sud...

Départ donc par la télécabine de la Croix. Les filles d'attentes des remontées mécaniques, malgré le débit, sont bondées. La station doit faire le plein comme beaucoup d'autres et c'est tant mieux. Mais tout ce tumulte ne nous fait pas regretter l'objectif de quitter les pistes au plus vite. Comme nous avons le temps et le forfait, nous commençons cependant par une première descente test vers les lacs Robert. Retour à la Croix en télésiège. Il est 11h30.

C'est parti pour une première descente par la combe sud-est : transformée impeccable. Un régal. Deux-cents mètres plus bas, un replat au calme, si proche et si loin des pistes à la fois (elles sont proches à vol d'oiseau mais nous n'avons ni le bruit ni la vue) nous accueille pour la pause déjeuner.

Combe sud-est parfaite ! La prochaine fois, on entre par le couloir direct !

Combe sud-est parfaite ! La prochaine fois, on entre par le couloir direct !

La pause

La pause

Et c'est parti pour l'ascension de la Botte. Une section avec les peaux puis une autre à pied sur l'arête. On travaille les manip', enfin, surtout moi sinon, on y passe un quart d'heure à chaque fois. Mais ça progresse doucement. Peu à peu, elles en font davantage et l'aide du responsable diminue à chaque sortie. Déjà, le chaussage des TLT est presque acquis. Une once d'alpinisme sur cette petite arête. On découvre que l'on marche très bien avec les chaussures de rando sur les cailloux. Sommet !

Montée au col de la Botte
Montée au col de la Botte

Montée au col de la Botte

Arrivée délicate au col de la Botte avec une petite marche gelée à franchir

Arrivée délicate au col de la Botte avec une petite marche gelée à franchir

Ascension de l'arête finale. Quel décor ! A noter un peu de monde sur les Vans et beaucoup déjà dans le sens de la descente à cette heure-là (13h30). Sans doute du bien mauvais ski (du trafolé insuffisamment dégelé) au regard de ce que nous allons faire ! De manière générale, sans doute en raison des appels à la prudence, les gens descendent trop tôt en neige transformée. Il faut bien se mettre en tête que face ouest = après-midi et non mi-journée.
Ascension de l'arête finale. Quel décor ! A noter un peu de monde sur les Vans et beaucoup déjà dans le sens de la descente à cette heure-là (13h30). Sans doute du bien mauvais ski (du trafolé insuffisamment dégelé) au regard de ce que nous allons faire ! De manière générale, sans doute en raison des appels à la prudence, les gens descendent trop tôt en neige transformée. Il faut bien se mettre en tête que face ouest = après-midi et non mi-journée.
Ascension de l'arête finale. Quel décor ! A noter un peu de monde sur les Vans et beaucoup déjà dans le sens de la descente à cette heure-là (13h30). Sans doute du bien mauvais ski (du trafolé insuffisamment dégelé) au regard de ce que nous allons faire ! De manière générale, sans doute en raison des appels à la prudence, les gens descendent trop tôt en neige transformée. Il faut bien se mettre en tête que face ouest = après-midi et non mi-journée.
Ascension de l'arête finale. Quel décor ! A noter un peu de monde sur les Vans et beaucoup déjà dans le sens de la descente à cette heure-là (13h30). Sans doute du bien mauvais ski (du trafolé insuffisamment dégelé) au regard de ce que nous allons faire ! De manière générale, sans doute en raison des appels à la prudence, les gens descendent trop tôt en neige transformée. Il faut bien se mettre en tête que face ouest = après-midi et non mi-journée.

Ascension de l'arête finale. Quel décor ! A noter un peu de monde sur les Vans et beaucoup déjà dans le sens de la descente à cette heure-là (13h30). Sans doute du bien mauvais ski (du trafolé insuffisamment dégelé) au regard de ce que nous allons faire ! De manière générale, sans doute en raison des appels à la prudence, les gens descendent trop tôt en neige transformée. Il faut bien se mettre en tête que face ouest = après-midi et non mi-journée.

La troupe au sommet
La troupe au sommet

La troupe au sommet

Deuxième descente pour nous sur trois-cents mètres de dénivelé dans la meilleure transformée qui soit. Un pur régal au point que je ne suis même pas inquiet de les voir aller parfois taquiner des bouts de contre-pentes avoisinant les quarante degrés ! Hors de question de saboter : on descend jusqu'au petit lac sous le col de l'Infernet et on remet les peaux. Le décor est carrément magique. Personne ne vient ici. C'est incompréhensible.

Descente extra en face sud-ouest à 14h
Descente extra en face sud-ouest à 14h
Descente extra en face sud-ouest à 14h
Descente extra en face sud-ouest à 14h
Descente extra en face sud-ouest à 14h

Descente extra en face sud-ouest à 14h

On remet donc les peaux. Un bout de plat, quatre conversions plus loin histoire de travailler la technique et nous voici au col de l'Infernet. La descente sur les lacs Achard est vite avalée puis il faut un peu pousser et patiner dans les traces de raquettes. Ici c'est le royaume de la raquette. A noter pour les randonneurs qui souhaiteraient s'y rendre à pied ces jours-ci : le coin en vaut vraiment la peine mais ne vous encombrez pas des raquettes. Elles sont carrément inutiles car l'itinéraire est entièrement damé. Cela sera beaucoup plus sympa en marchant normalement. Bon, à partir de là, cela devient moins intéressant car le sentier remonte par moments. Il faut déchausser et marcher un peu. Et comme (voir supra), il n'est pas inclus de prendre le TS de Bachad avec le forfait randonneur, on garde le sentier du haut. Cependant, avec du recul, il aurait été plus intéressant de descendre jusqu'à l'Arselle et remettre les peaux. On prendra un peu de temps pour rejoindre le début du chemin des Dames, avant de se laisser glisser et rentrer pratiquement dans la voiture skis aux pieds !!!

Essai transformé ! A tout point de vue. Une de mes plus belles sorties de ski de montagne avec les filles !

On voit bien la Botte d'où l'on vient en arrière plan

On voit bien la Botte d'où l'on vient en arrière plan

Remontée au col de l'Infernet
Remontée au col de l'Infernet

Remontée au col de l'Infernet

Passage sous le lac Achard

Passage sous le lac Achard

Voir les commentaires

Rédigé par lta38

Publié dans #ski-glisse

Repost0