Publié le 23 Avril 2019

Alors voilà. Je viens de regarder les températures moyennes du sud de la Norvège en juillet : il fait en moyenne 20°C ! Hier, le thermomètre est monté à 23°C à Oslo et 24°C à Åndalsnes. Et aujourd'hui, ils prévoient la même chose. Pourtant, avec le ciel clair, nous tentons de croire cette fois à un meilleur regel que la veille. Dès le départ à 200 m d'altitude dans le hameau de Rabben, il y a une très légère croûte de regel. On s'imagine que ça va s'améliorer en remontant. En fait, le regel va s'avérer très limité y compris à 1700 m au sommet du Gjuratinden, magnifique sommet du Romsdal. Pour rejoindre l'arête terminale, on ne fait pas les malins en passant sous les corniches dans le petit couloir d'accès. Une fois passée en mode crampons, la dernière pente est inquiétante : le pied s'enfonce dans la manteau pourri. Je reste rassuré parce que les grosses avalanches que nous avons vus partir en direct ou avons vu les traces, se sont toutes déroulées sous les 1200 m d'altitude. Mais bon, on reste assez impatient de mettre les skis et on zappe le bloc rocheux sommital pour chausser sur l'épaule.

Cet immense versant sud-ouest, haut de mille mètres, est une merveille pour le ski. Nous le descendons un à un, sans traîner et en nous arrêtant à chaque fois au niveau de points de sécurité. Bien évidemment, il n'est pas question d'en faire davantage et nous allons nous "contenter" de cette magnifique boucle de mille cinq-cents mètres de dénivelé. On termine dans un vallon ultra sauvage entre les cours d'eau en furie puis sur les dépôts de monstrueuses avalanches avant le petit portage final. Sans doute une des plus belles courses alpines (mais abordable, ski = 4.2) du secteur.

Montée à peaux
Montée à peaux

Montée à peaux

Arête finale

Arête finale

Descente
Descente
Descente
Descente

Descente

Finish
Finish

Finish

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Rédigé par lta38

Publié dans #ski-glisse, #Norvège

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Publié le 22 Avril 2019

Nous avons profité de la journée de mauvais temps de la veille pour changer de région. Nous terminerons ces quelques jours norvégiens du côté d'Åndalsnes. Ici, nous rencontrons un peu plus de traces, un peu plus de skieurs, tout étant relatif. Au parking, il y a même un gars en chaussures Gignoux ! On commence à voir du matériel de randonnée un peu plus léger et un peu plus adapté à la randonnée que ce que nous avions vu jusque là. Bien qu'il soit déjà tard dans la matinée et qu'il fasse très chaud, il y a du monde dans la montée au Skarven. Une véritable classique. Je ne sais pas ce que veut dire ce mot en norvégien mais il y a (au moins) deux Skarven dans ce secteur. Plus un troisième sur l'île de Tustna que nous avons skié l'hiver dernier. Les sept-cents mètres de montée sont vite avalés. Malgré la chaleur, nous ne résistons pas à la descente du couloir est. Une belle ligne d'une parfaite rectitude sur sept-cents mètres, plongeant dans un lac. La contre-pente rive gauche nous permet de nous tenir à l'écart de la corniche puis la rive droite, un poil nord, offrira du bon ski. Et au final, malgré ces températures, de beaux virages de haut en bas.

Nous remettons les peaux pour aller boucler sur un second sommet de l'autre côté du lac : là encore, la voie normale de montée, un peu fréquentée, contraste avec la face sud complètement vierge. Sur le bas, ça tourne au ski de combat au milieu des bouleaux. Pour ma part, je choisis de skier dans un ruisseau recouvert de neige tout en me méfiant d'éventuels trous. Il fait de plus en plus chaud. La partie de pousse-bâtons pour revenir est un peu longue sous une chaleur accablante. Arrivés à Åndalsnes, le thermomètre affiche vingt-trois degrés !! Hallucinant pour la date !

Montée au Skarven face à la mer
Montée au Skarven face à la mer

Montée au Skarven face à la mer

Couloir est du Skarven
Couloir est du Skarven
Couloir est du Skarven

Couloir est du Skarven

On remet les peaux

On remet les peaux

Face au couloir est tout juste descendu

Face au couloir est tout juste descendu

Se méfier des corniches, surtout avec ces chaleurs
Se méfier des corniches, surtout avec ces chaleurs

Se méfier des corniches, surtout avec ces chaleurs

Au sommet du Smørbottind

Au sommet du Smørbottind

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Rédigé par lta38

Publié dans #ski-glisse, #Norvège

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Publié le 20 Avril 2019

Changement de secteur mais aussi changement de temps : on est à peu à l'ouest du Jostedalsbreen et on part dans l'idée d'enchaîner deux montées. Le départ se fait sur un plateau à 500 m d'altitude au milieu de jolies cabanes norvégiennes typiques. Après une montée au milieu des lagopèdes, on se fait saisit par le vent. La combe nord prévue réserve du bon ski en-haut : neige un peu dure mais très bonne accroche et pente assez raide interdisant la chute. La partie inférieure colle sérieusement. Le vent annonce la perturbation du lendemain et s'accompagne de redoux. On craint une limite pluie-neige élevée pour la fin de notre séjour. Mais après les excellentes conditions rencontrées jusque là, il serait indécent de se plaindre. En revanche, l'accumulation de bonnes sorties et les conditions moyennes du jour ne nous incitent pas à remettre les peaux comme prévu.

Le soleil joue déjà à cache-cache avec les nuages avant notre départ

Le soleil joue déjà à cache-cache avec les nuages avant notre départ

Première partie dans les bouleaux

Première partie dans les bouleaux

Vue sur le fjord

Vue sur le fjord

Petit coup de cul final

Petit coup de cul final

Haut de la face nord du Storlogpiken
Haut de la face nord du Storlogpiken

Haut de la face nord du Storlogpiken

Ski à la voiture

Ski à la voiture

Bière (locale) à la maison

Bière (locale) à la maison

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Rédigé par lta38

Publié dans #ski-glisse, #Norvège

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Publié le 19 Avril 2019

Grosse réflexion aujourd'hui sur la choix de la course. Etants dans cette vallée d'Olden, nous souhaitions y faire une sortie mais les limites de l'enneigement sont plus hautes que dans les vallées plus à l'est. Et tous les accès se font en bas. Il y a bien une route tout au fond de la vallée mais on nous dit qu'elle est fermée. Le parking autorisé reste toutefois à 160 m d'altitude avec une neige supposée trois-cents mètres plus haut. Faut quand même pas exagérer, on ne fait pas mieux sur les classiques de Belledonne en ce moment. En revanche, on ne sait pas trop ce que vont donner l'itinéraire de montée envisagée par le raide Kattanakken et la descente supposée par le Tjøtabreen.

Le mieux est d'aller voir sur place... On a fait quatre jours de super ski ; si on doit buter, on le fera sans regretter quoi que ce soit. Ce genre d'aléa fait partie du jeu que nous avons choisi.

Au départ, on découvre un site touristique : une petite route fermée (l'été ce serait sans doute l'enfer sinon) et le choix entre deux-cents mètres de dénivelé à pied pour rejoindre le lac glaciaire sous le Briksdalsbreen (qui a désormais reculé comme tous les autres) ou un transport par petites voitures électriques. Pour nous, ce sera les baskets évidemment, d'autant que dans la dernière section de cette balade touristique, nous allons passer rive gauche sur le sentier du Kattanakken.

A ce stade de la journée, nous ne savons pas si nous allons skier. La neige est plus haute que lors de nos dernières sorties. Le couloir de descente convoité ne passe pas. La montée au Kattanakken ne semble pas taillée pour le ski : ça sent les mille mètres sur les mollets (au moins) et sans la certitude de pouvoir descendre par le glacier. Bref, ça ne sent pas très bon.

Départ dans un site splendide. Mais va-t-on skier ?
Départ dans un site splendide. Mais va-t-on skier ?

Départ dans un site splendide. Mais va-t-on skier ?

Au fur et à mesure de la montée, on découvre un passage possible, bien raide et le long d'une cascade, vers 750 m d'altitude, permettant de prendre pied sur les faciles pentes supérieures. Reste à savoir quelle neige on y trouvera, surtout si on descend à six heures du soir... D'un autre coté, une langue de neige le long des barres rocheuses, permet de skier au retour à peine cent mètres au-dessus du lac moyennant un court déchaussage. Finalement, on va peut-être skier...

Nous poursuivons à pied par le sentier, plus rapidement que par ces bandes de neige puis posons les baskets sous le couloir repéré. Crampons et piolet sont de rigueur et en dix minutes, le passage est sorti. La neige est excellente. Avec ces conditions, le ski ne devrait pas poser de souci au retour même s'il y a une section à cinquante degrés et un tout-droit obligatoire sur une bande de glace avec réception à un bon quarante, heureusement non exposé !

On poursuit encore un peu avec les crabes car c'est vraiment exposé et les pentes restent un peu soutenues puis on peut passer enfin en mode peaux et nous prenons tranquillement de la hauteur.

On reprend de la hauteur avec les peaux cette fois

On reprend de la hauteur avec les peaux cette fois

Des pentes plus douces sur le glacier

Des pentes plus douces sur le glacier

Une fois sur le glacier, j'apprécie d'avoir un peu de débattement dans les chaussures même si je n'ai pas emporté les Gignoux. La TLT6 reste correcte sur ce point de vue et la différence est sensible avec Thibaut qui se promène avec des quatre crochets. Le faux-plat nous prend un peu de temps pour finir au sommet mais quelle vue et quel dépaysement ! Il aurait été dommage de s'arrêter avant cette bosse du Ramnane.

Plat final

Plat final

Au sommet
Au sommet

Au sommet

Premiers virages avec un peu de pente devant l'atypique falaise sommitale
Premiers virages avec un peu de pente devant l'atypique falaise sommitale

Premiers virages avec un peu de pente devant l'atypique falaise sommitale

La descente est connue car nous allons revenir sur nos traces : une petite pente sympa, un long schuss où il faut se concentrer pour ne pas empaler un ski dans les nombreux reliefs causés par le vent puis une pente transformée excellente au milieu des séracs. Un peu de neige dure puis du gros sel nous amènent au passage clé qui se négocie presque facilement dans ces conditions. Encore du névé, un court déchaussage sans avoir oublié de récupéré les baskets et hop, on déchausse au soleil juste au-dessus du petit lac glaciaire. Quelle descente et quel itinéraire ! Personnellement, j'ai adoré. Et pas la moindre trace de ski, sauf sur les glaciers tout en-haut où les locaux doivent se balader en traversée ski-cross.

Ski au milieu des séracs
Ski au milieu des séracs

Ski au milieu des séracs

Ca plonge

Ca plonge

Derniers virages

Derniers virages

Un peu de portage en baskets pour finir
Un peu de portage en baskets pour finir
Un peu de portage en baskets pour finir

Un peu de portage en baskets pour finir

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Rédigé par lta38

Publié dans #ski-glisse, #Norvège

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Publié le 18 Avril 2019

On n'est pas pressés. Ici, la neige dégèle très lentement et compte tenu des températures, n'a pas le temps de pourrir en profondeur. Après quelques images du lever de soleil, retour au chaud et début de matinée farniente.

Un beau début de journée
Un beau début de journée
Un beau début de journée

Un beau début de journée

9h30. C'est parti pour les premiers virages dans le versant nord bien poudreux remonté deux jours auparavant. Aujourd'hui, ce sera ski-alpinisme sur un itinéraire tracé sur la carte et un peu de visu depuis trois jours. Après sept-cents mètres de (très bonne) descente, remise des peaux jusqu'à une bosse et c'est reparti pour à nouveau six-cents mètres de pentes nord. Encore du bon ski mais le bas a pris davantage le vent, si bien qu'on tire assez vite à gauche sous le Tyvareset.

Descente 1
Descente 1
Descente 1
Descente 1

Descente 1

Descente 2

Descente 2

La remontée au sommet suivant s'avère alpine. De loin, elle paraissait bien raide mais finalement, comme très souvent, les pentes sont beaucoup plus aimables une fois dessus. Les crampons s'avèrent nécessaires car la neige est un peu dure mais l'ascension reste décontractée dans des pentes qui ne dépassent jamais les quarante-cinq degrés.

Cinq sommets norvégiens
Cinq sommets norvégiens

C'est là que les surprises commencent. On avait envisagé rejoindre un col à l'ouest puis basculer versant nord. On skie donc sur la crête, prudemment en raison de monstrueuses corniches surplombant les faces nord, jusqu'à un ressaut qui nous avait laissé quelques (petits) doutes sur la carte. L'arête se réduit à sa plus simple expression. Il faut pourtant aller voir : je suis obligé de faire un tout-droit et un braquage sec. Là, il ne faut vraiment pas se la coller. La sanction tombe : ça ne passe pas. Il faudrait désescalader trente mètres de mixte, un peu compliqué pour nous avec un seul piolet. En tous cas pour moi. Je remonte rejoindre Thibaut et nous skions un petit couloir sud avec un passage bien raide, que nous avions repéré d'en-face et, en traversant à niveau moyennant quelques poussettes de bâtons et autres pas de patineur, rejoignant l'endroit convoité sans remettre les peaux mais en visualisant de dessous le passage initialement prévu et mon dernier virage de repérage : effectivement, il ne fallait pas le louper...

Bref, nous sommes passés autrement mais sûrement. Sauf qu'il nous est impossible de basculer sur le versant nord. Les corniches sont partout surplombantes. On ne peut pas s'avancer pour voir. Après avoir analysé toutes les solutions, on zappe cette option et on poursuit facilement sur le Storskredfjellet, le quatrième sommet du jour.

Des corniches énormes interdisant l'accès au versant nord et demandant des précautions d'évolution
Des corniches énormes interdisant l'accès au versant nord et demandant des précautions d'évolution

Des corniches énormes interdisant l'accès au versant nord et demandant des précautions d'évolution

La suite est connue : une face ouest un peu dure en guise de transition puis un dernier sommet, le Geitafjellhyrna où nous rencontrons les deux premiers randonneurs de la journée, un sympathique local et son guide venus par les plates étendues depuis le téléphérique de Loen. Les mille deux-cents mètres de descente plein sud jusqu'aux baskets déposées la veille sont une formalité. Il ne faut que quelques minutes pour les parcourir. On peut parfois se demander si l'effort fourni pour les monter est vraiment récompensé dans ces conditions. Fort heureusement, l'essence de ce genre de parcours est ailleurs. Quand aux baskets, posées en plein milieu du sentier, elles n'ont pas bougé d'un iota. Ici, le vol ne fait pas partie des règles du jeu. On a même trouvé le premier jour une paire de skis posée à la limite de l'enneigement, contre un arbre le long du sentier. Sans doute par un local qui ne souhaite s'affranchir du (pourtant court) portage. Les skis sont sans aucun doute toujours là !

Dernière descente : grosses courbes en neige transformée à point

Dernière descente : grosses courbes en neige transformée à point

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Rédigé par lta38

Publié dans #ski-glisse, #Norvège

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