Publié le 6 Septembre 2018

Allez, c'est parti. Les acteurs s'échauffent. Bientôt le grand spectacle.

Cette année, je posterai avec plus de parcimonie, probablement un peu de décalage. Notre biodiversité souffre. A nous d'être vigilants, de réfléchir à notre approche, nous faire oublier au maximum dans ce genre "d'activité". Puisse la nature nous offrir encore longtemps tous ces spectacles.

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Rédigé par lta38

Publié dans #brame du cerf

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Publié le 4 Septembre 2018

C'est le nombre de personnes désormais autorisées quotidiennement sur la voie normale du mont Blanc versant Saint-Gervais. Pour y être passé plusieurs fois, je constate aussi un nombre non négligeable de personnes qui n'ont pas le niveau requis : physique (des horaires hallucinants, des rythmes "ressauthillariesques"), technique (attitudes sur les pentes de neige), de connaissances (sacs contenant 50% d'inutile, avec à côté des oublis, choix des passages...). Mais cette mesure préfectorale fait surtout suite à une fréquentation jugée trop grande ce que personne ne conteste.

Quelles sont les conséquences directes ?

- Des gendarmes seront placés quelque part, probablement vers Tête Rousse afin de filtrer le passage en échange de justificatifs : les réservations au refuge du Goûter seront les laisser-passer. Ceux qui partent de Tête Rousse devront aussi justifier de leur nuitée. Quant aux "summiters" à la journée avec un point de départ plus bas, ce sera sans doute après discussion qu'on les laissera (ou non) passer. Les autorités jaugeront de la capacité du prétendant. Comment ? A la tête du client ? A son matériel ? A son baratin ? (liste de course, vocabulaire ?). Sans doute un peu de tout ça.

- Il apparaît peu probable que le contrôle se fasse 24h/24 ; on va sans doute assister à des passages nocturnes plus réguliers.

- On risque peut-être aussi d'avoir des tentatives de contournement en terrain douteux (dangers supplémentaires) bien que la topographie des lieux ne le permette pas trop.

Quelles sont les raisons qui ont motivé cette règlementation inédite en montagne ?

- La sécurité. Je reste dubitatif sur ce point. La moyenne des accidents mortels sur cette voie est inférieure à quatre par an (chiffres Fondation Petzl sur la période 1990-2011) avec de fortes disparités (17 morts en 2017). Bien sûr chaque vie mérite d'être sauvée mais, compte tenu du nombre de passages sur cette voie (plus de 300 par jour favorable sur les trois mois estivaux), on peut considérer que le taux de décès reste très faible. De plus, l'assujettissement à la réservation de la nuitée est indépendant de la sécurité. Rien ne dit que parmi les futurs acceptés, il n'y ait pas les moins bien préparés à cet itinéraire. Pour faire du chiffre sur la sécurité, une mesure comme la division par deux du taux d'alcoolémie autorisé lors de la conduite aurait sans aucun doute des résultats bien plus probants... Il reste toutefois la sécurité en cas de problème (incendie notamment) dans un refuge dont les normes d'accueil sont souvent dépassées. Celle-ci ne peut être ignorée.

- Le confort. Là, c'est effectivement le véritable souci avec des refuges qui dépassent les capacités d'accueil et Jean-Marc Peillex, maire de Saint-Gervais-Mont-Blanc, fait preuve de bon sens en pointant du doigt un problème qui est loin d'être nouveau contrairement à ce qu'on laisse transparaitre : je ne faisais pas encore d'alpinisme dans les années 80 et je me souviens pourtant des reportages sur les couloirs de la mort, les gens qui dormaient sur les tables au Goûter... Cet inconfort, à des moments de pointe touristique, se retrouve dans les parcs d'attraction, à l'attente aux péages d'autoroute, à la benne de l'aiguille du Midi, à la sortie du dernier Star Wars, au concert de U2... avec les dangers liés en cas d'attentat, d'incendie, d'intempéries, de problème technique... Cela ne génère pourtant pas de règlementation et encore moins de verbalisation.

Pourquoi la montagne a-t-elle toujours ce traitement à part ?

- Dans le cas présent, cette limitation n'a que peu d'impact sur les retombées financières des partenaires (commune, CAF, professionnels du tourisme en tous genres)

- Elle pourrait même aller en sens inverse en augmentant le quota des guides de Saint-Gervais : en prenant un guide, vous serez assurés de la réservation. Cette limitation aura donc un fort impact sur les "sans-guide".

- Le mythe de "l'Alpe homicide" reste bien présent, un peu comme le rôle de LA Bête pour le loup. Les traditions ont la vie dure ; en particulier, les autorités s'appuient sur les jugements du grand public majoritairement néophyte. Un accident en montagne est souvent associé à un comportement suicidaire, de folie, d'inconscience...

Cette règlementation va-t-elle résoudre les problèmes évoquées ?

Il est encore tôt pour le dire mais :

- Pour la sécurité sur l'itinéraire, on en doute (voir supra), en tous cas pas significativement.

- Pour le confort, c'est possible mais il faudra attendre avant de conclure : les discussions vont être tendues entres les gendarmes (pour le coup, je n'aimerais pas en faire partie) et certains conquérants qui useront de tous les stratagèmes pour convaincre et on n'évitera pas les nuitées imprévues (et donc supplémentaires) d'alpinistes venus par les autres voies qui pourraient par la même voir leur fréquentation augmenter (d'autant plus que le niveau global des participants augmente)

- Elle reste un premier pas vers d'autres mesures de durcissement sûrement dans les cartons, qui pourraient avoir, cette fois, des retombées significativement positives sur les deux points (confort et sécurité) abordés.

 

Dans un monde de plus en plus normé, la montagne accouche donc d'un nouveau soubresaut. Nous sommes nombreux, parmi les pratiquants, à ne pas les cautionner. Les précédentes tentatives (on se souviendra par exemple durant l'hiver 1999 d'une interdiction de randonner à skis suite à l'avalanche de Montroc qui avait fait douze morts dans des chalets), très décriées, n'avaient pas trouvé de prolongation.

Nous espérons qu'il en sera de même avec cet arrêté qui reste en contradiction avec la liberté d'aller et venir. En même temps, la liberté de chacun s'arrête là où commence celle des autres. Cette limite, reconnaissons-le, peut paraître floue dans le cas présent. Mais la montagne comme la mer restent les derniers terrains sans règle. Malgré des activités connexes telles le trail et le ski-alpinisme qui tentent de poser des règles, la montagne de chacun d'entre nous est libre. Et, mis à part quelques pépins ça et là, avec des risques que nous connaissons et acceptons, il faut reconnaître aussi que ça se passe généralement bien et que la nature est indulgente y compris avec les inconscients (A l'inverse de l'inconscient qui travaille sur des machines humaines dangereuses : il est généralement rapidement rappelé à l'ordre).

Si l'on persiste à souhaiter une diminution pure et simple de la fréquentation du mont Blanc via le Goûter, j'avais évoqué la possibilité de fermer définitivement le refuge homonyme. Cela me paraissait bien plus intéressant que la fameuse liste de JMP qui frisait le ridicule et dont on ne parle presque plus. Mais cette mesure, pourtant tout à fait en accord avec cette idée de diminution et en adéquation avec le niveau physique grandissant des "touristes montagnards" (expression regroupant tout le monde, du plus néophyte à l'expert de haut niveau), ne l'est sans doute pas du tout avec ce qui reste encore et toujours le nerf de la guerre : l'argent !

​​​​​​​Dans tous les cas, c'est un beau sujet de dissertation. Vous avez deux heures !! Top !

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Rédigé par lta38

Publié dans #humeur

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Publié le 30 Août 2018

Cela fait des années que je regarde cette face en me disant qu’il y aurait sûrement quelque chose à faire...

Julien, passé au pied, a bien voulu tenter sa chance. Durant cet été 2018, il est arrivé par le haut, est descendu en rappel pour jauger de la faisabilité puis s’y est mis. Étant le premier ici, il a choisi d’exploiter la face sur sa plus grande hauteur. Samiloup est née. C’est la dernière voie moderne en Belledonne. Allez vous faire un avis ; moi j’ai trouvé ça pas mal du tout avec de belles longueurs. Vous apprécierez le travail de nettoyage au cours des quatre-vingts (!) heures nécessaires à cette réalisation et l’équipement quasi parfait : pas plus de 5c obligatoire et des points éloignés seulement dans les portions en 3 (fin de la dernière longueur essentiellement). A coup sûr un préambule à la traversée classique des dents du Loup (deux minutes de marche entre les deux) redonnant beaucoup d’intérêt au secteur (plus de grimpe, moins d’approche).

L1 : attaque au bas de la face sur un petit pilier clair (cairn). 6b. La plus soutenue (raide sur prises crochetantes), très belle longueur. Ca tire un peu sur les bras mais pas d'affolement, les points sont très bien placés.

L2 : 5b, longueur encore bien sympa. Bien traverser à droite sur la vire pour trouver le relais visible au dernier moment.

L3 : 6a léger dévers (un bon endroit pour photographier le leader). Revenir un peu à gauche ensuite puis monter droit au relais sur terrasse confort. Très beau passage au départ du relais.

L4 : 5c pour se remettre dans l'axe du sommet : vire à droite, petit pilier un peu teigneux puis relais à droite.

L5 : 5a. 50 m tout droit pour sortir au sommet. Les points s’espacent sur la seconde partie de la longueur vraiment facile.

Bravo Ju’ pour cette énergie déployée ; et un grand merci de m’avoir offert le privilège d’être le premier (après toi) à la faire en tête.

Dents du Loup, Belledonne. Samiloup, 6b (5c), 150 m (200 m de corde), Julien Pierson, été 2018.

PS : les photos ne reflètent pas vraiment l'ambiance de la voie car les passages les plus grimpants sont situés au début ou au milieu des longueurs et les arrivées au relais couchées sur les derniers mètres. Les quelques répétiteurs dont je fais partie ont bien aimé. Il n'y a qu' 1h15 de marche (allez, compter, 1h30 le temps de se préparer) ce qui est court pour Belledonne et avec la traversée des Dents derrière, ça occupera pas mal de temps (1h30 +2h pour la voie +2h30 pour la traversée +1h30 de retour + 30 min de pause = 8h en tout). On grimpe plus que l'on ne marche !! Pour le matériel, 12 dégaines, un petit jeu de friends (0,4, 0,5, 0,75, 1), 3/4 sangles, 1 corde à simple de 50 m et zou. On peut laisser un sac avec le surplus d'affaires et les bâtons dans le pierrier cinq minutes avant l'attaque de Samiloup. Yapluka !

L1

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L2
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L5
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Sommet
Sommet

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Rédigé par lta38

Publié dans #escalade-alpi

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Publié le 28 Août 2018

Après un début d'été sec et surtout bien chaud en juillet, les habituelles poussées de champignons avaient été contrariées malgré le beau départ du mois de juin. Il a fallu attendre, comme souvent pour le cèpe, la diminution des jours de fin août et pour la chanterelle, le retour de humidité en partie lié aux orages.

Aujourd'hui, nous aurons passé plus de sept heures dans la nature avec les filles, souvent hors sentier, à la recherche de ces petits trésors. Plus les années passent, plus ces cueillettes de champignons se résument pour moi à quelques jours. Leur conservation reste agréable mais je préfère désormais la consommation de saison, sauf pour les morilles que je soumets à dessiccation car ils s'y prêtent à merveille. Du coup, je me réserve en général trois ou quatre sorties durant l'été, auxquelles s'ajoutent celles d'automne qui restent des moments de pause au milieu d'une sortie au brame ou au retour d'une voie d'escalade. Je ne cherche plus vraiment ; je connais quelques coins qui me suffisent.

Je constate que beaucoup de gens s'y intéressent depuis longtemps, qu'il y a toujours une tentative de récolter des informations. Pourtant, ce n'est pas si compliqué. En y consacrant une fois pour toutes quelques sorties, surtout pour les espèces habituelles (cèpes, girolles, trompettes), ce n'est pas très compliqué d'avoir ses deux ou trois coins à soi. Mais c'est comme pour le brame du cerf. Beaucoup voudraient tout ça avec un minimum d'effort. Pour avoir expérimenté les deux formules (rechercher soi-même et récupérer de l'information chez autrui) et je parle en général (pas forcément pour les champignons), je ne peux qu'encourager tous les lecteurs de ce blog à faire eux-mêmes leur propre démarche pour atteindre leurs objectifs. Le résultat est bénéfique pour tout le monde :
- La satisfaction personnelle est bien plus grande
- Le respect des choses n'en sera que plus fort

J'en profite au passage pour donner quelques conseils/impressions :
- Une des choses qui m'énervent, c'est de voir au bord des sentiers des tas de champignons arrachés. C'est une manie qu'à l'homme pour je ne sais quelle raison. Un coup de pied pour voir de quoi il s'agit est souvent à l'origine de l'acte. Quel intérêt ? Soit on connait l'espèce et on le ramasse, soit on le laisse, non ? - Arracher ou couper ? Il paraîtrait qu'il vaille mieux arracher le champignon (délicatement, sans tirer tout le mycelium) plutôt que de le couper afin de ne pas laisser une partie dans la terre qui pourrait pourrir. Le couteau servira donc surtout à nettoyer.

​​​​​​​- Panier ou sac plastique ? Evidemment panier bien que ce dernier ne soit pas pratique en terrain pentu. Le sac plastique est vraiment néfaste pour la conservation le temps d'arriver à la maison.
- On peut aussi seulement les regarder, les photographier... Certains n'aiment d'ailleurs pas du tout les manger y compris ceux qui sont reconnus par les gourmets.

​​​​​​​Allez, zou, dans les bois. Bonnes récoltes ! (photos IPhone SE)

Contentes d'être là
Contentes d'être là

Contentes d'être là

Cèpe de Bordeaux (Boletus edulis)
Cèpe de Bordeaux (Boletus edulis)
Cèpe de Bordeaux (Boletus edulis)
Cèpe de Bordeaux (Boletus edulis)

Cèpe de Bordeaux (Boletus edulis)

Girolle (de son vrai nom chanterelle)
Girolle (de son vrai nom chanterelle)

Girolle (de son vrai nom chanterelle)

Les deux

Les deux

Celui-ci, il reste dans la nature !

Celui-ci, il reste dans la nature !

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Rédigé par lta38

Publié dans #balade, #récoltes

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Publié le 26 Août 2018

Montage de neuf minutes sur notre traversée du Danemark à vélo en juillet dernier. Quelques regrets sur le son avec impossibilité de monter davantage les niveaux de quelques dialogues complètement étouffés par le caisson de la GoPro 4 qui, de plus en plus, me déçoit, à commencer par son absence totale d'autonomie. Sinon, ça doit se laisser regarder malgré une certaine monotonie des images.

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Rédigé par lta38

Publié dans #vélo, #nuitée

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