Publié le 4 Février 2019

Grâce à la confiance d'Isabelle, j'expose dix-huit de mes photographies à la médiathèque Alas du CEA de Grenoble. L'accès reste possible pour tout le monde car le bâtiment est situé hors de la zone du CEA. L'entrée est bien sûr, gratuite.

Je reste preneur de tous vos commentaires concernant ces images dont le choix a été difficile. Il a fallu passer au-delà de certains paramètres personnels comme le côté émotionnel d'une image et même la qualité car sinon, je serais resté sur trois ou quatre espèces seulement. Or, je voulais présenter un petit panel des animaux de nos montagnes et il a fallu donc faire quelques compromis.

Si vous êtes intéressés par l'une ou l'autre de ces images, vous pouvez me le faire savoir en utilisant le formulaire de contact de ce blog.

L'exposition est visible jusque fin mars. Plus d'informations ici.

Un grand merci également à Aurélie (éditions Wadoo) pour l'affiche et à Emie pour l'installation. Et un merci très spécial à Fred Renaud (Mokko Editions / Graphic Design).

Expo photo
Expo photo

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Rédigé par lta38

Publié dans #animaux, #loup

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Publié le 3 Février 2019

Les Alpes du nord, i.e. grosso modo la partie française qui s'étend au nord d'une ligne passant par le col du Lautaret et le col de la Croix Haute, sont globalement mieux enneigées que leurs voisines du sud mais ces dernières bénéficient souvent de chutes de neige très intenses, lorsque le courant est au sud-ouest avec, pour les massifs à l'est de la Durance, une bonne protection contre les redoux. C'est pourquoi il leur suffit parfois d'une chute ou deux pour sauver une saison ce qui serait impensable pour un massif comme la Chartreuse qui a besoin de coups répétés pour en remettre une couche entre deux épisodes de redoux.

En ce jeudi 31 janvier, la situation était la suivante :
- Enneigement faible sur les Alpes du sud depuis un mois et qualité de neige peu engageante
- Enneigement bon et qualitatif sur les Alpes du nord au-dessus de 1500 m puis, depuis le début de la semaine, dès 800 m.

- Un flux de sud-ouest fortement perturbé est annoncé. Comme à l'habitude, il devrait donner autour de 60 cm de neige selon les secteurs et dépasser le mètre sur les sommets du Briançonnais.

Jacques Villecrose, ami et regretté nivologue pointu, écrivait dans le Toponeige Belledonne paru en 1996, quelque chose pouvant se résumer ainsi : "les flux de sud-ouest viennent aussi sur le secteur des Sept-Laux en frappant la barrière de la dent du Pra et les précipitations concernent aussi le versant nord (Haut Bréda)".

C'est exactement ce qui s'est passé ce vendredi avec un redoux qui ne rentrera pas comme on l'attendait, pour notre plus grand plaisir. Au final, la pluie ne s'est invitée que durant trois heures jusqu'à 1800 m sur le Vercors, 1500 m sur la Chartreuse et 1200 m sur Belledonne nord. Ces précipitations se sont ajoutées à celles du mardi puis de l'averse du mercredi matin et seront suivies d'une bonne trentaine de centimètres avec neige jusqu'en plaine le samedi. En 2013, une succession de perturbations à basse altitude avaient donné un enneigement record pour Chartreuse et Belledonne. Début février 2015, il était tombé trois fois cinquante centimètres en Chartreuse en trois jours consécutifs mais il doit falloir remonter aux grosses précipitations de février 1999 pour trouver une chute de neige aussi importante sur Belledonne nord en quelques jours, en faisant probablement le massif français le mieux enneigé actuellement.

La station du Collet-d'Allevard accuse un mètre cinquante à 1400 m et de grosses avalanches sont sans doute à attendre dans les versants sud-ouest avec le bref redoux prévu en milieu de semaine. Au Rivier-d'Allemont, elle n'aura pas attendu le redoux. Une énorme avalanche partie mille mètres plus haut sous les contreforts de la pointe du Sifflet est venue couper le village en deux. Les anciens savaient pourquoi ils n'avaient pas construit dans l'axe de ce talweg. En Chartreuse, il a, une fois n'est pas coutume, un poil moins neigé mais l'intensité reste remarquable et une énorme plaque s'est détachée spontanément sous la crête de Chamechaude. Les paravalanches, déjà bien remplis, n'ont pas pu jouer leur rôle et l'avalanche est descendue sur la Folatière puis a ravagé la forêt en-dessous jusqu'à l'arrivée du téléski !!! Fort heureusement, tout cela s'est produit de nuit. On aurait pu avoir cinquante morts !!! Historique ! La bonne nouvelle, c'est que les skieurs vont désormais disposer d'une corridor déboisé dans l'axe du sommet jusqu'en bas !

Avec l'absence de bonne visibilité et les conditions (deux jours consécutifs risque 5 puis risque 4), je ne suis pas allé jouer bien loin ce dimanche mais un petit tour au-dessus de la maison (prairie de la Dent, Charvet) était nécessaire pour s'imprégner de cette ambiance.

Chute de neige historique
Chute de neige historique
Chute de neige historique
Chute de neige historique
Chute de neige historique
Chute de neige historique
Chute de neige historique

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Rédigé par lta38

Publié dans #ski-glisse, #nivo-météo

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Publié le 31 Janvier 2019

Ils n’étaient que deux les petits cochons. Mais cela ne leur a pas empêché de pousser trois fois les petits cris propres au goret qui descend dans la neige profonde.

Le premier cri a été poussé après deux heures de brassage, parfois avec des appuis bâton difficiles, jusque dans une niche perchée en face est sous le dôme de Bellefond, juste à gauche de "la ligne à Boris". Nous ne pensions pas pousser si haut compte tenu des monstres quantités en place mais la raideur du petit couloir terminal nous l’avait naturellement purgé et les conditions paraissaient saines.

Alors que la neige nous accompagnait lors de la première partie de la montée, elle laisse désormais la place à un ciel couvert avec une bonne visibilité. Les sangliers couinent jusque vers 1250 m, là où la pente se couche et la forêt se muscle.

Montée forestière d'abord. Vers 1100 m, le mètre de neige est dépassé.

Montée forestière d'abord. Vers 1100 m, le mètre de neige est dépassé.

Puis au milieu des pins épars. Déjà résonnent les petits "gruik gruik" intérieurement

Puis au milieu des pins épars. Déjà résonnent les petits "gruik gruik" intérieurement

Thib' dans le petit couloir sommital

Thib' dans le petit couloir sommital

Puis au milieu des pins

Puis au milieu des pins

Les conditions !

Les conditions !

Il est temps de profiter de la tranchée creusée et de remettre le couvert. Cette fois, ça monte nettement plus vite et nous sortons plus à gauche pour se mettre dans l’axe d’une partie vierge bien skiante du milieu des petits pins épars. Il faut toutefois se méfier des accumulations de neige et ne pas taquiner les contre-pentes nord un peu raides, déjà soumises au léger vent de sud. Et re gruik !

Remontée dans la belle hêtraie

Remontée dans la belle hêtraie

On arrive dans les pins ; le soleil aussi !

On arrive dans les pins ; le soleil aussi !

Soleil pour cette deuxième montée. Superbe !
Soleil pour cette deuxième montée. Superbe !

Soleil pour cette deuxième montée. Superbe !

Gruik ! Gruik !

Gruik ! Gruik !

Troisième montée jusqu’à une autre niche sous les rochers, encore plus à gauche et encore une descente de cochon.

12h30. Le vent de sud se renforce, le soleil commence à chauffer. Allez zou ! Ca suffira pour aujourd’hui.

Grouink, grouink, grouink font les deux petits cochons !

Arrivée à la troisième niche

Arrivée à la troisième niche

100 au patin, c'était insuffisant ce jour et c'est assez rare que je le ressente pour être affiché !

100 au patin, c'était insuffisant ce jour et c'est assez rare que je le ressente pour être affiché !

Gruik ! gruik ! gruik ! dans la forêt

Gruik ! gruik ! gruik ! dans la forêt

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Rédigé par lta38

Publié dans #ski-glisse

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Publié le 30 Janvier 2019

Ce n'était pas prévu et une telle intensité est assez rare pour être signalée mais une averse de neige en à peine deux heures dans la matinée a rajouté plus de vingt centimètres sur les pistes de Saint-Hilaire. Et on ne peut pas damer pendant que les skieurs descendent...

Du coup, alors que j'étais parti pour laisser les filles skier seules et me faire trois ou quatre montées entrainement avec les peaux, je change les plans et prends un forfait. Déjà, pour leur trouver les meilleurs coups à la descente mais aussi en cas de pépin. Et il y en aura avec les nouveaux skis de piste de Stella réglés sans doute un peu trop "soft".

Pour ce qui est de l'état des lieux, la couche doit atteindre les soixante-dix centimètres au bas des pistes à mille mètres ce qui nous met la Chartreuse dans son plus beau manteau. Une belle après-midi d'apprentissage.

Apprentissage poudre
Apprentissage poudre
Apprentissage poudre
Apprentissage poudre
Apprentissage poudre

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Rédigé par lta38

Publié dans #ski-glisse

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Publié le 26 Janvier 2019

Départ tardif avec le lapin David. Monsieur fait la Foulée Blanche le lendemain et ne veut pas trop forcer. Parfait, je prends les fats. Je n'avais pas encore sorti les gros skis cette année. Je dispose de légers en 85, des skis à tout faire en 94 et de larges en 100. A ce propos, les peaux des 100 étaient fatiguées et avaient été recoupées l'an dernier en fin de saison pour servir de seconde paire aux 85 pour les longs circuits. Et je n'en avais pas racheté. Du coup, j'ai décidé que les peaux des 94 iraient aussi sur les 100. Etant donné que je ne prends les larges que pour les situations de grosse neige, inutile d'avoir des peaux adaptées. Et en plus, ça diminuera le frottement, premier point pénalisant à la montée avec des skis larges, plus que le poids.

Nous pensions aller faire un tour en face ouest mais comme il fait assez doux, direction l'habituel frigo du Gleyzin où beaucoup de randonneurs ont laissé du jus rien que pour monter au parking : plusieurs voitures arrêtées comme il se peut le long de la route faute de pouvoir monter. Et ceux qui y sont arrivés étaient soit en 4x4 soit chainés. L'occasion de rappeler l'anecdote vécu par David il y a quelques années ici même. En remontant sur la route, il se trouve bloqué par un conducteur mal équipé. Celui-ci est en plein milieu et ne peut aller plus haut. Il cherche à couper des branches de sapin pour tenter de poursuivre. S'ensuit une altercation car le Lapin lui demande, en toute logique, de se mettre sur le côté pour effectuer sa manip'. Refus total du blaireau (lapin, blaireau... que d'animaux dans le coin !) qui bloque tout le monde et "fait sa vie". Ce n'est qu'au bout de longues minutes qu'il finira par renoncer. Il est probable que ce matin, la montée au Gleyzin a dû être épique et que certains ont dû y laisser pas mal de temps avant de démarrer skis aux pieds. Rappelons que c'est une route encaissée plein nord, non salée, très étroite et très raide. Probablement l'accès goudronné (je ne parle pas de pistes forestières) le plus difficile en hiver dans nos montagnes. Personnellement, il n'est pas question de m'y rendre avec mon Peugeot Partner et ses roues de 215. Pas sans chaînes... que je n'ai pas (les chaînes, c'est comme les couteaux pour les skis - je déteste ça et en général, on s'en passe en faisant ce qu'il faut). Du coup, j'avais pris la Panda (non 4x4) et ça passe comme une lettre à la Poste. Le mode d'emploi pour le Gleyzin en conditions hivernales est le suivant :
- véhicule quatre roues motrices
- "pot de yaourt" ou équivalent équipé de pneus neige en bon état (Panda, C3, Clio...)
- autre voiture en mettant les chaînes obligatoirement à Pinsot sur la place
- sinon s'abstenir ; on peut aussi aller skier ailleurs, ce ne sont pas les montagnes qui manquent

Au passage, il faut noter que les comportements déplorables observés ici comme l'anecdote du Lapin ou le parking à l'arrach' sans respecter les riverains ont amené d'autres comportement déplorables de la part d'un (ou plusieurs) local (locaux) désabusé(s) et des séries de pneus crevés. Merci donc de respecter le site du Gleyzin.

Départ à 14h pour nous et il semble que le Z (la trace de montée) que l'on aperçoit à l'oeil nu au-dessus du refuge de l'Oule soit "propre", entendez par là, que les premiers ne soient pas encore descendus. Et effectivement, nous allons croiser plusieurs groupes qui descendent. C'est pourtant déjà le milieu d'après-midi et ces groupes sont pourtant partis probablement très tôt. C'est dire le temps perdu sur la route, mais aussi le temps passé par le(s) traceur(s) car de la neige fraîche, il y en a un gros paquet : quarante centimètres dès le départ et plus de soixante au-dessus du refuge. "C'est dément ! On s'est gavé", nous lance un groupe. Nous nous délectons de la descente à venir bien qu'un peu dubitatifs en voyant tout le monde descendre. Trois virages et ça s'arrête. Trois virages et ça s'arrête. Tout à cul, de petites courbes, des chutes... Nous aurait-on menti ? Ce serait donc ça leurs cinq étoiles ?? Parce que c'est beau, immaculé, hivernal, profond ?

Pour aller chercher le soleil, on tire à gauche au passage de Clarant dont les deux-cents derniers mètres ne sont pas tracés. Pour préserver les jambes du lapin pour le lendemain, je me colle au chantier. L'enfer. La montre, qui indiquait 15 m/min dans la remontée au-dessus de l'Oule tombe à 7 m/min et avec une débauche d'énergie de malade. Les skis restent littéralement au fond et le dessus est croûté. A la descente, c'est bien ça. Malgré la largeur, ce n'est pas la fête sauf sur quelques portions. Ca ne déjauge pas. Il faut attendre de passer sous le plateau des Motteux (2100 m) pour retrouver une neige agréable à skier mais bien tracée par les prédécesseurs. Pour en profiter, nous remettons les peaux sous les Grandes Lanches afin de rejoindre une portion vierge en excellentes conditions. Malheureusement, étant donnée la vitesse où elle est descendue, on retrouve vite la trafole. Le boarder sera sympa pour finir.

Au final, une belle montée sèche de 1600 mètres mais un peu déçus de la neige trouvée. A lire les compte-rendus, ça semblait assez généralisé sur Belledonne, sans doute en raison du vent de nord de la veille. Fort heureusement, on attend cinquante centimètres supplémentaires dès demain...

Belle ambiance hivernale malgré la déception de la qualité de neige
Belle ambiance hivernale malgré la déception de la qualité de neige
Belle ambiance hivernale malgré la déception de la qualité de neige
Belle ambiance hivernale malgré la déception de la qualité de neige

Belle ambiance hivernale malgré la déception de la qualité de neige

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Rédigé par lta38

Publié dans #ski-glisse

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