Publié le 5 Mai 2020

Nous sommes à quelques jours d'une levée du confinement ; si celle-ci venait à être confirmée jeudi 7 au soir. Une levée qui pourrait être plus difficile que le confinement lui-même. Durant ce dernier, on ne pouvait pas faire grand chose ; là, il faudra sans doute agir avec beaucoup de réflexion et de restrictions. A quoi s'attendre, notamment pour nos activités de pleine nature ?
- La règle des 100 km. A priori, il sera possible, pour tous, de se déplacer dans un disque de rayon 100 km centré sur son domicile. Sans doute un peu plus juste que l'option département pour ne pas pénaliser les dix millions de Franciliens ou les Terrifortains, même si les habitants de bord de mer se voient amputer la surface maritime. De toutes façons, l'objectif n'est pas de sillonner les moindres recoins de son disque mais de pouvoir bouger un peu, afin de s'évader et reprendre un minimum de vie sociale.
- Les "gestes barrières". Un nouveau mot dans toutes les bouches (comme le mot "déconfinement" qui n'est pas dans le dictionnaire) mais qui résume les changements d'habitudes que nous allons devoir opérer. Pour les activités d'intérieur, les salles d'escalade, par exemple, ne pourront pas réouvrir tout de suite. Espace Vertical a annoncé que les abonnements seront prolongés à la réouverture. Merci à eux ! Et il faut s'attendre à une interdiction de rassemblements de plus de 10 personnes (sauf dans les salles de classes... oui, je sais, premier pic du billet mais je ne pouvais pas passer à côté de cette incohérence)
- Concernant les activités elles-mêmes, il semblerait qu'on pourrait retrouver le chemin des montagnes. Il nous faut toutefois attendre l'annonce officielle du gouvernement et la levée de l'arrête préfectoral (pour l'Isère, et sans doute ailleurs aussi) qui l'interdit pour le moment, arrêté prolongé le 2 avril, avant l'annonce de la date du 11 mai.

Que se passe-t-il si cet arrêté perdure ? Cela paraît totalement improbable mais étant donné le lot d'incohérences depuis le début de la crise, plus rien ne pourrait me surprendre. Si tel était le cas donc, nous n'aurions pas le droit de reprendre la randonnée et, a fortiori, toutes les autres activités de pleine nature. Et il faut bien avoir présent à l'esprit que dans ce cas, la levée du confinement n'en serait pas une. Car une randonnée commence sur le seuil de sa maison. On aurait donc le droit de faire 100 km mais uniquement avec un moyen de transport (voiture, moto, vélo ?). En gros, uniquement sur les routes ? Pas sur les sentiers ? Cela paraît tellement absurde que je n'ose pas y penser. Le gouvernement, qui ne passera sûrement pas sur ces pages, devra s'attendre à une désobéissance massive de ce que j'entends d'untel ou untel, de personnes ayant pourtant bien respecté le confinement jusqu'à présent. Car bien évidemment, tout cela a assez duré. Rappelons au passage que le nombre de cas de Covid-19 en réanimation sur La Tronche est passé à zéro et que les urgences sont vides...

En toute logique donc, on devrait pouvoir reprendre le chemin des sentiers. Quels sont les risques et les situations à éviter, d'autant que tout le monde est "mort de faim" ?
- Mollo mollo au départ. Ce ne sont pas les petits footing du dimanche à 8 km/h qui auront permis de garder la résistance pour de longues randonnées. Pour les habitués, cette période peut-être considérée comme une période de repos du corps. Ca peut être très positif et ils doivent pouvoir ré-attaquer normalement. En revanche, pour les randonneurs réguliers mais non "acharnés", cette reprise doit être progressive pour éviter les risques de blessures et ils seront favorisés (entorses...) par la pause et la "torpeur" des muscles et articulations. Ce serait vraiment con, et le mot est ici bien choisi, d'avoir passé tout ce temps à attendre pour devoir stopper dès après la reprise !
- La faune s'est habituée, pour certaines espèces, à l'absence de l'homme, malgré sans aucun doute des randonnées sauvages et les pièges-photos seront probablement de bons indicateurs (promis, je n'enverrai pas les images à la Gestapo ! ). Il faudra être vigilant ; non pas qu'il faille s'empêcher de bouger, je reste fidèle à ma ligne de présence raisonnée de l'homme dans la nature. Mais ce que je veux dire, c'est que l'on pourrait avoir des situations un peu inédites comme la nidification d'oiseaux (je pense aux rapaces notamment) au milieu de voies d'escalade habituellement fréquentées et redevenues calmes avec le confinement. A nous d'être intelligents et de signaler ces situations, tout en décalant horizontalement nos ascensions. A ce propos, et cela est habituel chaque année, cette période est l'époque des naissances chez les cervidés et autres mammifères (lièvres...). Les jeunes ont la consigne de jouer le camouflage et de ne pas bouger. Si on tombe dessus, il n'est pas abandonné. Prenons-le en photo rapidement si on le souhaite mais laissons-le et quittons les lieux.
- Quelles activités ? Il faudra voir ce qu'on nous autorise officiellement. La haute montagne sera-t-elle permise ? Etant donnée la reprise générale sur tous les fronts et, pour certains départements en tous cas, la disponibilité des services de soin, la logique (mais encore une fois, la logique fait parfois deux avec certains élus...) serait d'autoriser toutes les activités de montagne dans le respect des fameux gestes-barrières. Rappelons au passage, au niveau des accidents, que toutes les activités de pleine nature terrestres réunies font moins de 250 morts par an, la noyade un millier, la route entre 3000 et 4000 et les accidents domestiques autour de 20000 ! "Nos" activités représentent donc environ 1% de ces accidents.

On attend donc avec impatience que cela se décante pour pour pouvoir à nouveau s'évader un peu, après cette période un peu stressante pour beaucoup de monde. Cela ferait le plus grand bien et puis, demeure tout à fait compatible avec les distances physiques imposées (je déteste cette appellation de distance sociale - la distance sociale, beaucoup en souffrent en ce moment ; on peut être à distance physique sans être en distance sociale !!!). Car il est grand temps que cesse cette mascarade. Autant, il fallait cadrer au départ, apprendre et avancer avec prudence ; autant là, nous avons du recul, nous avons appris à vivre avec le virus et cette absence de liberté de déplacement est maintenant ressentie par beaucoup comme totalement injuste. Il est difficile d'admettre que dimanche prochain, il sera toujours interdit d'aller randonner seul sur un bon sentier et que vingt-quatre heures plus tard, on tolèrera la présence de 17 personnes (1 enseignant, 1 ATSEM et 15 élèves) ensemble enfermées dans une classe de maternelle !!!

Dernier point : attention quand même au retour de bâton. Pour soi (déjà dit plus haut, gare à la reprise !) mais aussi pour tous. De nos comportements peuvent découler des mesures restrictives qui, même si elles s'avéraient injustes, seront réelles et poseront des problèmes. A nous de montrer une reprise intelligente et qui tient compte de la problématique actuelle.

Grand-duc d'Europe. Archives 2010. Sur un site d'escalade de la cuvette grenobloise.
Grand-duc d'Europe. Archives 2010. Sur un site d'escalade de la cuvette grenobloise.
Grand-duc d'Europe. Archives 2010. Sur un site d'escalade de la cuvette grenobloise.
Grand-duc d'Europe. Archives 2010. Sur un site d'escalade de la cuvette grenobloise.

Grand-duc d'Europe. Archives 2010. Sur un site d'escalade de la cuvette grenobloise.

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Rédigé par lta38

Publié dans #humeur, #animaux

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Publié le 1 Mai 2020

Il est un animal de nos montagnes fort étonnant. On le voit peu, et quand on le voit, c'est généralement furtif lorsqu'il détale. Et pourtant, il est bien là comme en attestent les nombreuses traces dans la neige. Très nocturne et très confiant dans son camouflage, le lièvre variable est une véritable prouesse de création de dame nature. Quelques images (je n'en ai pas beaucoup) d'un animal qui mérite qu'on s'y attarde et qu'on le protège.

En mue d'automne
En mue d'automne
En mue d'automne
En mue d'automne

En mue d'automne

En hiver
En hiver
En hiver
En hiver
En hiver
En hiver
En hiver

En hiver

Levreau bien caché

Levreau bien caché

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Rédigé par lta38

Publié dans #animaux

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Publié le 29 Avril 2020

Souscription Belledonnne Escalade édition 2020. 23€ (29€) => https://forms.gle/dcMXkN7pvhdx86f86

Le titre est épuisé. Dix ans, deux tirages et un franc succès m'ont amené à le reprendre. Le travail de réédition est en phase terminale et une nouvelle version verra le jour courant juin.

L'investissement pour ce genre d'ouvrage pourrait presque paraître démesuré. Mais quand on aime, on ne compte pas. La résultante de ces années passées à arpenter les montagnes ne se compte pas en quelques dizaines voire centaines d'euros de droits d'auteurs mais bien en la satisfaction du travail accompli et surtout en le temps passé là-haut. Là est la valeur inestimable de cet engagement.

Une telle passion et a fortiori, une tel livre, ne se fait pas tout seul. Lorsqu'un projet comme celui-ci arrive au bout, il est temps de remercier toutes celles et ceux qui m'ont aidé de près ou de loin. Je ne citerai personne, de peur d'en oublier ; chacun se reconnaîtra :
- Famille et amis proches pour le soutien, la confiance, la réalisation finale ;

- Spécialistes du massif pour l'échange d'informations ;
- Partenaires de courses pour le partage de la corde, souvent sous la contrainte des photos.

Je tenais aussi à remercier les nombreuses personnes qui m'ont envoyé leurs avis et critiques durant ces neuf années d'existence de la première version. Certaines modifications ont bien évidemment été prises en compte. Il est notamment ressorti des horaires un peu sévères, bien que personnellement, je les trouve moins sévères que ceux de Rébuffat il y a quarante ans. Dans Belledonne, de nombreuses arêtes demandent une progression avec assurance en mouvement. C'est de loin le point le plus délicat, y compris pour un guide, surtout lorsqu'il y a des rappels intermédiaires. Et il est en effet plus difficile d'avoir un bon niveau dans la progression simultanée assurée que de faire du 7a.

Concernant ce nouveau topo, outre les corrections, il se voit étoffé de nombreuses voies :
- Si l'on exclut l'addendum Taillefer qui ne sera pas reconduit dans la V2, nous passons d'environ 100 à 150 voies décrites sur Belledonne.
- Les nouveautés concernent pas mal d'itinéraires équipés mais aussi d'anciennes lignes oubliées et "déterrées" lors de sorties d'exploration fructueuses.
- Et à noter la suppression de quelques voies présentant trop peu d'escalade au regard de la marche d'approche ou trop peu d'intérêt. L'augmentation du contenu "grimpant" de 50% s'accompagne donc également d'une amélioration qualitative.
- Amélioration qualitative également de l'iconographie : sans être un photographe d'escalade au sens "s'installer sur une stat' et photographier une cordée", l'oeil a progressé, le matériel emporté aussi puisque l'ensemble des images ont été faites avec un capteur micro 4/3 voire même parfois au plein format ce qui n'était pas le cas dans la première édition.
- Les voies d'escalade sont décrites précisément et tracées sur photos : cotation, historique (première), approche, cheminement, descente. Dans les nouveautés par rapport à la première version, l'abandon de la cotation globale (D, TD) au bénéfice d'une cotation maximale et d'une cotation obligatoire. Et l'apparition du matériel type à emporter, nombre de paires, longueur de corde, numéros de friends...
- En parallèle, des commentaires techniques, culturels, historiques... viennent compléter le tableau. Merci aux spécialistes du massif qui ont accepté de répondre à mes questions et me donner leurs informations : Anne Bauvois, Stéphane Bauzac, Patrice Bret (+), Jean-Michel Cambon (+), Serge Coupé (+), Xavier Dorel, Yannick Guérillot, Philippe Halot, Emmanuel Pellissier, Julien Pierson, Stéphane Vallon, Damien Vaugoyeau... Et merci à Jean-Michel Asselin qui signe une superbe préface !

Concernant l'équipement, les recettes, l'investissement, Belledonne est un massif à part. Hormis les sites sportifs (non décrits dans cet ouvrage qui ne concerne que la grande voie), il n'y a pas vraiment d'ouvreur pouvant se revendiquer "du massif". C'est d'ailleurs pourquoi il n'existait aucun topo depuis 1947 et celui de Félix Germain. En Belledonne, chacun équipe un peu dans son coin : quelques voies de Manu (NDLR Pellissier), de Marc Malvolti, de Xavier Dorel... Seul le secteur de Chamrousse fait véritablement l'objet d'un équipement méticuleux de la part de quelques personnes qui ont été contactées pour discuter avec elles de la teneur du topoguide Belledonne Escalade : Philippe Halot pour les lacs Robert, Damien Vaugoyeau et Stéphane Vallon pour la Petite Corse et Jean-Michel Cambon pour les rochers de l'Homme.

Le topoguide Belledonne Escalade redonne un nouveau souffle au massif y compris à son auteur puisque c'est décidé : dès que ce sera possible, je retournerai sur ces montagnes pas seulement pour les gravir mais aussi pour participer à l'équipement avec, donc, un réinvestissement d'une partie des recettes du topo dans cet équipement. A suivre donc.

En attendant la parution, vous pouvez donc pré-commander le topo à un prix avantageux avant le mois de juin : 23€ au lieu de 29€ !

Formulaire ici : https://forms.gle/dcMXkN7pvhdx86f86

La nouvelle couverture

La nouvelle couverture

Un aperçu du topo
Un aperçu du topo
Un aperçu du topo
Un aperçu du topo

Un aperçu du topo

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Rédigé par lta38

Publié dans #Belledonne, #escalade-alpi, #publications

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Publié le 28 Avril 2020

Lorsqu'une forêt est coupée, lorsqu'un loup est tué, lorsqu'une rivière est polluée, c'est notre patrimoine qui est abîmé. Tout ce que la nature a conçu appartient par défaut à tout le monde et à personne. Bien évidemment chaque être vivant a son impact et au fur et à mesure du développement d'une espèce (ou de sa disparition), l'ensemble en est modifié. L'être humain a profondément marqué notre paysage. Jusqu'à quel point ? Quelles en sont les limites ? Il serait temps que nous les fixions. Jusqu'à quand peut-on continuer à exploiter la forêt tropicale ? Jusqu'à quand peut-on racler les fonds marins ?

Une de mes autres préoccupations est passée inaperçue et commence à surgir ces jours-ci. Il s'agit de la pollution de notre ciel nocturne par un projet faramineux : Starlink. Si vous n'en avez pas entendu parler, il s'agit d'un projet (et d'autres similaires se préparent) lancé par le mégalo Elon Musk visant à envoyer 42000 mini satellites à environ 550 km d'altitude afin de permettre d'avoir internet en tout point de la planète et avec un bon débit ! Actuellement, environ 400 satellites ont été lancés et si le projet est définitivement validé, le reste suivra. Je vous laisse imaginer ce que deviendra notre ciel... Voici une simulation qui fait froid dans le dos. Je ne comprends pas comment on peut donner l'aval d'un tel projet. Un jour viendra, il faudra prendre les armes et faire le ménage... En attendant, c'est à pleurer.

https://www.youtube.com/watch?v=LGBuk2BTvJE&feature=youtu.be&fbclid=IwAR3z3hpay40vvyN71HhLJw1cv4D3kRU7HQwaTmJVEO5b37deBc42e3CK8X0

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Rédigé par lta38

Publié dans #nuitée, #humeur

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Publié le 27 Avril 2020

On commence un peu à tourner en rond. La plupart des migrateurs sont arrivés (il en manque encore quelques uns quand même : guêpier, martinet noir...). Il me fallait trouver une activité intéressante durant le confinement. Ce fut chose faite mais maintenant, ça commence à bien faire. D'autres (activités, espèces...) nous attendent. On peut relire le billet de la veille sur ma vision des déplacements.

Cela devrait se décanter le 11 mai ; dans moins de deux semaines maintenant. On attend les déclarations d'Edouard Philippe. Une chose m'inquiète toutefois : la réaction des gens qui sont "morts de faim" de pouvoir bouger, ce qui paraît normal. J'espère que le gouvernement aura la présence d'esprit de ne pas passer de "rien" à "tout" ; i.e. du kilomètre au territoire national. Après avoir interdit aux Lozériens de sortir (rappel : département français n'ayant eu aucun cas de décès par le Covid-19), il serait bien mal avisé du jour au lendemain d'autoriser aussi bien ces derniers que les habitants de départements très touchés à se mélanger. J'ose donc espérer qu'on va y aller progressivement, histoire de voir comment les choses se passent. Un calendrier logique pourrait être le suivant : jusqu'à la fin mai, autorisation de déplacement dans son département, jusqu'à la fin juin, autorisation de déplacement dans sa région, et pour l'été, national, avec les précautions d'usage (distance, masques...) bien évidemment. Je croise les doigts.

En attendant, je poursuis mes petites sorties à observer les oiseaux. Toujours les huppes (3 chanteurs ce matin).

Houpoupou !
Houpoupou !

Houpoupou !

Rougequeue noir (femelle)

Rougequeue noir (femelle)

Chardonneret élégant

Chardonneret élégant

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Rédigé par lta38

Publié dans #humeur, #animaux

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