chartreuse

Publié le 20 Février 2021

Peut-on d'ores et déjà tirer le bilan de cet hiver ? Nous sommes à une semaine du mois de mars (et donc du printemps météorologique), le manteau neigeux en Isère vient de passer à zéro à 1100 m d'altitude (hormis quelques fonds de vallées encaissées) et on nous prévoit (au moins) quinze jours anticycloniques avec des températures allant de 5 à 10 degrés supérieures aux normales !!

Prévisions à Grenoble

Prévisions à Grenoble

La question mérite d'être posée même si on n'aura pas la réponse : rien ne dit qu'on ne vivra pas une "glaciation" tardive et un printemps pourri type avril 2012 ou mai 2013. En revanche, ce qui est presque certain, c'est que le ski en Préalpes va tirer sa révérence d'ici ces deux semaines. Et même si on prenait du grand mauvais ensuite, la neige alors fraîchement tombée serait vite balayée une fois le beau temps revenu. Il faudrait vraiment une période de mauvais temps durable pour remettre l'hiver au programme sur Chartreuse et Vercors. Nous le saurons assez vite... En observant la balise nivôse du col de Porte (Chartreuse, 1300 m), on peut estimer qu'il restera moins de 40 cm de neige d'ici ces deux semaines. Il n'en faudrait pas deux supplémentaires derrière... (pour info, la moyenne de passage à zéro de cette balise sur ces dix dernières années se situe le 17 avril). Quant à la dent de Crolles, dont je fais généralement la dernière à skis autour de fin mars - début avril, elle pourrait être out dans deux semaines. Un record depuis 2011 ! Comme quoi, il ne suffit pas que la neige tombe : il faut aussi qu'elle reste. Le contraste entre les ubacs (très bien enneigés au-dessus de 1500 m) et les adrets (qui vont dérouiller) d'ici la mi-mars pourrait être saisissant.

Hiver 2021. Quel hiver ?

Cet hiver n'aura pas été marquant par la quantité de neige en plaine ou même vers 1000 m. C'est d'ailleurs pour cela que le sol est déjà sec à ces altitudes après seulement quelques jours de beau. En revanche, entre 1500 et 1800 m, il est excédentaire depuis la mi-janvier. Mais surtout, c'est sans doute un des meilleurs crus que j'ai pu voir concernant la qualité de la neige. Je n'ai pas souvenir d'avoir pu faire des sorties intégralement poudreuses, sans que le vent, le redoux ou la pluie ne viennent l'abîmer pour plusieurs jours, et ce, pendant pratiquement deux mois.

Pour illustrer l'enneigement en plaine, voici les données de cet hiver si on en restait là (relevés à Bernin, Isère, ait. 300) :
Jours avec chute de neige : 9 (moyenne 13)
Cumul de neige au sol  : 38 cm (moyenne 52 cm)
Nombre de jours avec chute de neige ou neige au sol* : 25 (moyenne 28)

* Il s'agit du nombre de jours où un carré dans un champ repère, à plat mais à l'ombre, reste enneigé. Le dernier jour avant la fonte, la vallée est donc globalement sèche.

Plus haut, le col de Porte (1300 m) accuse un cumul d'environ 380 cm à ce jour, et donc, compte tenu des prévisions, ce chiffre sera identique d'ici deux semaines. Il est tout à fait possible qu'il en tombe encore autant d'ici le mois de mai même si cela est peu probable. Pour information, la moyenne annuelle se situe aux alentours des 6 mètres. Nous verrons si on s'en approche ou pas. Du côté de l'Aigleton (Belledonne, 2240 m), le cumul atteint les 7,5 m mais cette valeur est un peu faussée par les chutes de neige (inutiles pour l'hiver) survenues entre fin septembre et mi-octobre (environ 1 mètre). Je n'ai pas la valeur moyenne mais durant les hiver 2013 et 2018, on avait dépassé les 10/11 mètres (record pour 2013 avec neige au sol en continue de fin octobre à mi-juillet !!!). Il est tout à fait possible que cette valeur soit atteinte cette année. De manière générale, la bascule se situe autour de 1500 m en Isère, 1300 m sur la Haute-Savoie : en-dessous, l'enneigement aura été déficitaire ; au-dessus excédentaire. A ce jour... A suivre !

Petit tour à la Dent. Encore un peu et on y grimpe ! (sans le vent).

Petit tour à la Dent. Encore un peu et on y grimpe ! (sans le vent).

Encore un tour à la Dent (mais seulement jusqu'aux falaises - sans faire le pas de l'Oeille donc) avec les filles. Une rando qu'elles n'avaient pas encore fait. Voilà qui est fait pour parfaire leur connaissance des classiques locales avant la fonte.
Encore un tour à la Dent (mais seulement jusqu'aux falaises - sans faire le pas de l'Oeille donc) avec les filles. Une rando qu'elles n'avaient pas encore fait. Voilà qui est fait pour parfaire leur connaissance des classiques locales avant la fonte.
Encore un tour à la Dent (mais seulement jusqu'aux falaises - sans faire le pas de l'Oeille donc) avec les filles. Une rando qu'elles n'avaient pas encore fait. Voilà qui est fait pour parfaire leur connaissance des classiques locales avant la fonte.
Encore un tour à la Dent (mais seulement jusqu'aux falaises - sans faire le pas de l'Oeille donc) avec les filles. Une rando qu'elles n'avaient pas encore fait. Voilà qui est fait pour parfaire leur connaissance des classiques locales avant la fonte.
Encore un tour à la Dent (mais seulement jusqu'aux falaises - sans faire le pas de l'Oeille donc) avec les filles. Une rando qu'elles n'avaient pas encore fait. Voilà qui est fait pour parfaire leur connaissance des classiques locales avant la fonte.

Encore un tour à la Dent (mais seulement jusqu'aux falaises - sans faire le pas de l'Oeille donc) avec les filles. Une rando qu'elles n'avaient pas encore fait. Voilà qui est fait pour parfaire leur connaissance des classiques locales avant la fonte.

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Rédigé par lta38

Publié dans #nivo-météo, #Chartreuse, #ski-glisse

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Publié le 8 Février 2021

C'est un mot à la mode. Dès qu'une situation sort de l'ordinaire, on parle souvent de vigilance. La mise en place de situations de vigilance (météo, terroriste, sanitaire...) est une communication qui a son importance pour le commun des mortels. Il reste à déterminer si le curseur est toujours bien placé. Pour ce qui nous intéresse (météo notamment), on notera que la vigilance n'est pas une vigilance absolue mais qu'elle est relative et ce point peut paraître discutable. On note en effet les points suivants :
- chutes de neige : dès que celles-ci sont prévues significatives en plaine (à partir de 5 cm en moyenne), un département passe en vigilance orange sauf les Hautes-Alpes (ça a bien dû arriver mais je n'ai jamais vu le 05 en vigilance neige). Pourquoi cette exception ? Pour y avoir habité, je peux témoigner que bien qu'habitant à 700 m d'altitude (vs 200 pour Grenoble), le Gapençais n'est pas mieux armé pour affronter la route enneigée que le Grenoblois, ni matériellement, ni techniquement.
- froid : je m'interroge sur la vigilance "grand froid" (en plus de vigilance neige) annoncée aujourd'hui pour les départements du nord (de la France) qui vont subir un ... -5°C. Cela a-t-il un sens ? Certes, cela n'est pas monnaie courante dans ces départements mais, contrairement à la neige, est-ce que cela génère une difficulté significative particulière ? Je ne pense pas.

De par ces petits exemples, même si peu importants au final, on pointe du doigt le système actuel, d'un côté très informatif mais d'un autre, peut-être trop protecteur. La dramatique avalanche des Orres en 1998 avait amené le maire du coin (si mes souvenirs sont bons) à interdire le ski de randonnée provisoirement. Je me souviens alors avoir vu émerger le slogan : interdire c'est déresponsabiliser.

La frontière n'est pas évidente à trouver. Aujourd'hui, on cohabite entre deux mondes, celui des professionnels qui font un énorme travail d'information et de prévention, et celui de l'Etat qui le fait aussi mais qui y ajoute de nombreuses interdictions parfois estimées complètement loufoques pour ceux qui connaissent bien le milieu concerné.

A propos des avalanches, domaine souvent montré du doigt, il faut prendre conscience de la mesure des choses. Les avalanches, sur dix ans, c'est 257 morts soit en moyenne moins de 26 par an. 26 de trop certes, mais cela reste un petit nombre et surtout, avec une tendance globalement stable malgré une explosion du nombre de pratiquants. Et il faut noter que l'arrêté pris par le maire haut-alpin il y a plus de vingt ans a fait très peu d'émules depuis. On peut donc considérer qu'en l'absence d'interdiction de circuler sur la neige, le ratio pratiquants/décédés est en chute libre. L'occasion de féliciter le travail effectué par tous les professionnels de la montagne. Et de voir que cela porte sans doute davantage ses fruits que des interdictions à tour de bras.

On termine en relativisant un peu, histoire de ne pas avoir l'impression que finalement, l'accident d'avalanche reste rare :
- les pentes sont davantage sécurisées par la fréquentation et la destruction artificielle des couches fragiles
- de nombreux pratiquants restent quasi exclusivement sur des domaines peu dangereux 

Vigilance donc et surtout cette année où tous les professionnels pointent du doigt un manteau neigeux particulièrement délicat sur les Alpes du nord avec un "mille-feuille" (nombreuses petites chutes de neiges superposées) et des couches fragiles (dont celle du sable du week-end dernier).

D'ailleurs, avec un mini-créneau (très) matinal, il m'est apparu sans histoire de réaliser une petite dent de Crolles , qui n'avait pris qu'une dizaine (15 maxi) de centimètres de neige contrairement à Belledonne. En arrivant sur le parking à 6h30 du matin, nous sommes déjà quatre personnes en route pour les sommets. Phénomène un peu grenoblois sans doute. Sommet au lever du soleil. Sans doute une sortie dangereuse pour le commun des mortels compte tenu de la configuration de cette course et de l'horaire mais jugée sans danger par les habitué(e)s. Comme quoi, tout est relatif...

Vigilance
Vigilance
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Rédigé par lta38

Publié dans #Chartreuse, #ski-glisse, #nivo-météo

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Publié le 23 Janvier 2021

Une fenêtre d'une demi-journée. Une nouvelle chute de 25 cm de neige remettant les paysages "à neuf" après deux jours de mini redoux. Des conditions délicates en montagne. Rien de tel pour rempiler avec les filles sur une balade forestière. Cette fois, il s'agira de gérer le slalom entre les arbres à la descente. La chance de pouvoir faire sa trace en s'écartant un peu de la ligne classique prisée par les raquettistes et quelques skieurs permettra aussi aux filles de tracer un peu et anticiper les endroits où il faut faire la conversion afin de ne pas être obligé d'en faire une autre cinq mètres plus loin ou de se prendre des branches dans le visage. Et une bonne glisse à la descente durant lequel le ski s'enfonce juste ce qu'il faut pour le plaisir.

Le plus compliqué restera la route avec des pneus qu'il est temps de changer : j'ai failli ne pas pouvoir remonter au col du Granier à cause d'un véhicule qui remontait à la vitesse d'un cycliste alors que justement, en montée, il faut garder de la vitesse pour éviter de se faire coincer. Inversement, à la descente, prudence pour bibi mais pas pour un prédécesseur qui glisse et finit sur le toit dans un ravin. Beaucoup de peur mais aucun mal. En résumé sur la neige : de bons pneus, avoiner en montée mais rester modeste dans les descentes.

Chartreuse, la Cochette depuis le Désert d'Entremont.

Glisses en nord Chartreuse
Glisses en nord Chartreuse
Glisses en nord Chartreuse
Glisses en nord Chartreuse
Glisses en nord Chartreuse
Glisses en nord Chartreuse
Glisses en nord Chartreuse
Glisses en nord Chartreuse
Glisses en nord Chartreuse
Glisses en nord Chartreuse
Glisses en nord Chartreuse
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Rédigé par lta38

Publié dans #Chartreuse, #ski-glisse

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Publié le 16 Janvier 2021

Samedi de grand beau et neige fraîche : ça sent la journée dehors. L'envie d'en profiter avec les filles me pousse à partir fort tôt et rentrer en milieu de matinée avant la suite. Ayant peu randonné en Chartreuse cet hiver, j'irai au plus simple, du côté du col du Coq, appareil photo sur la bretelle du sac à dos.

Comme souvent sur ce secteur, je pars seul et je finis avec les copains. La neige s'est bien densifiée en Chartreuse : en forêt, on ne touche plus et en prairie, l'enfoncement est limité. Les pentes de Pravouta semblent "safe" comme souvent. Depuis dix ans que j'habite au pied de ces montagnes et les parcoure très régulièrement, je n'ai vu qu'une seule coulée en face sud-ouest de Pravouta et aucune en face est. Pourtant, je suis certain que cette dernière peut partir... Sans doute que l'explosion du ski de randonnée et les multiples traces qui en découlent ici participent à la destruction des couches fragiles et de ce fait, la sécurisation de la pente. Une sécurité relative qui ne doit pas empêcher les skieurs d'optimiser leur tracé pour la sécurité. On ne sera jamais à l'abri d'une mauvaise surprise.

 Si j'ai le plaisir de poser les premiers virages de la journée, je n'ose pas imaginer à quel point les pentes de ce sommet seront crayonnées à l'heure du couvre-feu. Un beau réveil en Chartreuse. Et une suite qui promet tout autant.

Réveil
Réveil
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Réveil
Réveil
Réveil
Réveil
Réveil
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Rédigé par lta38

Publié dans #Chartreuse, #ski-glisse

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Publié le 31 Décembre 2020

Dernier jour de l'année et c'est reparti pour un tour avec les filles. La météo n'est pas folichonne : sommets bouchés, petite neige, vent. Nous ne dépasserons pas la limite des forêts. Pour changer, je choisis d'aller au col de Marcieu et de faire les six-cents mètres de dénivelé jusqu'à la falaise de l'Aup du Seuil. Dès le départ, il n'y a pas beaucoup de neige mais sur l'herbe, cela devrait aller. Cependant, on a beau monter, l'enneigement ne s'épaissit pas beaucoup. Ce coin est sans doute l'un des moins enneigés des Alpes à altitude égale. La pluie d'avant Noël et les forts vents ont tout décapé. La sous couche est discontinue et une fois sur le chemin au-dessus du téléski, je me demande si on va skier à la descente. Les cailloux ressortent partout. J'ai toujours espoir que cela s'améliore mais niet : les conditions resteront les mêmes jusqu'en haut à près de 1700 m. On croise même un skieur qui redescend... à pied.

On chausse en pleine tempête. J'explique aux filles qu'il va falloir skier finaud. Ce petit jeu n'est pas sans me déplaire. La neige est excellente. Au final, on arrivera à la voiture sans abîmer les skis et sans le moindre déchaussage. Il faudra ruser entre bonnes sections poudre, d'autres damées sur le chemin mais aussi passages caillouteux à éviter, dérapages, tout-droits !! Je ne conseille pas cette randonnée tant qu'il ne retombe pas au moins trente centimètres mais je confesse qu'avoir conduit les filles dans cette descente avec ces conditions était intéressant et qu'en plus, le ski était fort bon ! Lire le terrain est une des compétences requises pour randonner à skis en sécurité.

Poudre et tempête
Poudre et tempête
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Rédigé par lta38

Publié dans #Chartreuse, #ski-glisse

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