Articles avec #escalade-alpi tag

Publié le 18 Août 2017

Monsieur Peillex, sur un ton un peu présomptueux et condescendant (ce n'est pas un procès sur la forme mais la remarque tombe à point nommé quand on défend une certaine humilité face à la montagne), vous signifiez dans un nouvel arrêté concernant la voie normale du mont Blanc, "la fin de la récréation", i.e. la fin des "conneries" (excusez du mot mais aucun ne sied mieux que celui-ci) sur cet itinéraire, entendons par là, la fin des touristes en short et baskets. 

Je tenais à vous signaler que vous ne réglerez rien du tout avec cet arrêté qui pourrait même être contre-productif.

  • Tout d'abord, cette liste est à mes yeux incomplète : le casque, les gants manquent à l'appel. Entre les pierres du couloir du Goûter et l'altitude, ces deux éléments sont à mettre au devant de la scène. Je vous invite à relire l'incantation à l'ascension du Mont-Blanc en "fast & light" que j'ai écrite dans Montagnes Magazine en juin dernier avec une liste précise du matériel recommandé.
  • Elle frise aussi le ridicule (le coup de la crème solaire m'a bien fait sourire, de même que le masque de ski qui pourra être utile certes par grand mauvais temps mais dans ce cas, autant prescrire un sac de couchage de secours et une pelle à neige aussi pour se creuser un abri).
  • Enfin elle impose un matériel inutile pour une ascension en solo (corde), à moins que votre objectif soit d'interdire d'y aller seul bien que ce mot me fasse doucement sourire. Quand j'y suis allé "seul", j'ai arrêté de compter après avoir dépassé deux cents personnes...).

Monsieur le Maire, je tenais à vous rappeler la responsabilité qui est la vôtre en amont des problèmes que vous soulevez. Vous accusez Jornet de montrer le mauvais exemple mais vous promouvez votre ville grâce au toit de France. Saint-Gervais-les-Bains devient Saint-Gervais Mont Blanc. Sur la page d'accueil du site, de belles photos de "la Bosse". Toute la communication faite autour de ce sommet mythique est la première responsable. 

D'autre part, si je regarde ma liste de matériel pour le Mont Blanc en fast & light, je m'aperçois que je suis globalement en règle, tout comme l'immense majorité des prétendants au sommet. Même les chaussures (des chaussures d'approche basses mais aussi rigides en pointe que d'autres modèles plus techniques). Même en imaginant que vous modifiiez cette liste, je vous assure que vous ne résoudrez rien ainsi. Les accidents qui prêtent à réflexion en montagne, vous l'avez vous même dit, relèvent de l'inconscience. Pas de l'imprudence. Quand on va en montagne, on va sur un terrain a priori dangereux. On est donc imprudent. L'inconscience, c'est de ne pas se connaître. Tout le problème est là. L'autonomie. Nous y voilà. Toute l'alchimie de ce sport, c'est de savoir si je peux aller en relative sécurité ici ou là avec mes compétences et si oui, avec quel matériel. Imposer une liste ne sert à rien. Kilian (et il est loin d'être le seul) est bien plus en sécurité en baskets (même si reconnaissons-le, ce n'est pas le matériel le plus adapté à la pente de neige au-dessus du refuge Vallot) que bon nombre de randonneurs croisés en grosses, fatigués par un effort auquel ils ne sont pas habitués, marchant en crabe avec des crampons utilisés pour la première fois et croulant sous le poids de leur sac à dos. De même que caler sa sortie dans des conditions météorologiques idéales (et donc de reporter et/ou changer d'objectif si ces dernières ne le sont pas) est un facteur primordial de sécurité n'entrant pas encore compte dans votre "restriction".

Au contraire, avec cet arrêté vous prenez des risques. Vous faites croire à certains qu'avec cet équipement, ils sont parés, sans même se poser la question de leur expérience. Vous limitez la réflexion et la préparation personnelles qui sont formatrices. Vous ouvrez une porte à ce qu'on vous accuse de ne pas avoir fait de même sur d'autres itinéraires ou dans d'autres situations...

Monsieur le Maire, on en reparle dans quelques années mais vous ne réduirez pas les accidents ainsi. Comme partout, il y a des inconscients. Un peu plus ici qu'ailleurs mais pas à cause de l'équipement Monsieur Peillex. A cause de la suprématie du Mont Blanc en terme d'altitude, du hasard de l'existence de cette voie normale "facile", de l'utilisation commerciale qu'en font les communes alentour dont la vôtre et si... de l'équipement en fait. Mais pas celui du sac à dos ; l'équipement mécanique en trains, téléphériques et refuges autour de ce sommet et faits par les hommes afin de le rapprocher de monsieur tout-le-monde. 

Je vous invite à réfléchir à tout cela et à revoir votre copie avant les évaluations de rentrée avec comme ligne de conduite, la formation, la prévention et l'autonomie.

Bien à vous

Lionel Tassan

Voir les commentaires

Rédigé par lta38

Publié dans #humeur, #escalade-alpi

Repost 0

Publié le 15 Août 2017

Jean-Pierre alias JP est un gros amateur de bambées sauvages en Belledonne et ailleurs. Il n'en avait pourtant jamais gravi le point culminant du massif, le Grand Pic. Aussi, lorsqu'il me parle de son envie d'y aller, je ne peux que me réjouir de l'y accompagner.

Les jambes ne sont pas trop là ces jours-ci mais finalement, ça passera bien. Il faut dire que les 2100 mètres de montée sèche depuis la Gorge sont quasiment sans aucun répit mises à part les cinq minutes au lac Blanc.

Après la petite punition éboulesque du col de la Balmette, les trois-cents derniers mètres sont un enchantement. On contourne l'ensemble des difficultés ne laissant qu'un seul pas de 3 et une "randonnée du vertige" pour se hisser au rond-point sommital.

Un plaisir de voir la joie de mon compagnon du jour se hissant sur le point culminant de Belledonne et un plaisir de mon côté de la partager malgré des jambes lourdes. Mon neuvième passage ici haut. C'est un peu le sommet de l'année pour moi puisque m'y rendant en moyenne une fois tous les trois ans, c'est la troisième en moins de deux mois en cet été 2017.

Le côté moins joyeux reste le constat de la dégradation du glacier de Freydane déjà relevé lors de mes deux précédents passages. Cette fois, il est bien attaqué. Un gros trou rocheux apparaît à l'aplomb de la Croix. On sent bien que l'épaisseur s'amenuise. Combien de temps encore va résister le gros bourrelet de la langue terminale ?

Pour les images, toujours en attente de mon hybride, je n'avais que le compact à petit capteur de Stella. Sinon, jetez un oeil à la galerie de JP.

Le glacier de Freydane en bien piteux état

Le glacier de Freydane en bien piteux état

Au secours ! Un fou en baskets sur un glacier !! J'appelle Jean-Marc Peillex.

Au secours ! Un fou en baskets sur un glacier !! J'appelle Jean-Marc Peillex.

On bascule versant nord

On bascule versant nord

Du sommet : lac Blanc (moins beau à cette époque de l'année qu'en juin-juillet), les bien-nommés Rochers Rouges, le reliquat du glacier de Freydane

Du sommet : lac Blanc (moins beau à cette époque de l'année qu'en juin-juillet), les bien-nommés Rochers Rouges, le reliquat du glacier de Freydane

Un des deux vieux câbles (plus de cent ans) qui jonchent encore la voie normale à deux passages un peu plus raides que le reste mais au demeurant complètement inutiles

Un des deux vieux câbles (plus de cent ans) qui jonchent encore la voie normale à deux passages un peu plus raides que le reste mais au demeurant complètement inutiles

Le glacier de plus en plus sous les blocs rocheux. Bon pour la conservation mais pas pour les yeux

Le glacier de plus en plus sous les blocs rocheux. Bon pour la conservation mais pas pour les yeux

Le côté positif, c'est qu'on a de l'eau quand on veut. Parti seulement avec 0,5 litre pour 2100 m de dénivelé. J'aurais même pu partir à vide.

Le côté positif, c'est qu'on a de l'eau quand on veut. Parti seulement avec 0,5 litre pour 2100 m de dénivelé. J'aurais même pu partir à vide.

Voir les commentaires

Rédigé par lta38

Publié dans #randonnée sportive, #escalade-alpi

Repost 0

Publié le 25 Juillet 2017

Le video de cette magnifique traversée d'arêtes avec François.

Voir les commentaires

Rédigé par lta38

Publié dans #escalade-alpi

Repost 0

Publié le 23 Juillet 2017

Il y a dix ans, je me lançais dans l'écriture d'un topo d'escalade sur le massif de Belledonne. Paru en 2010, Belledonne Escalade aux éditions VTopo grâce à l'excellent travail de montage de Cédric, se voulait être une compilation de l'activité "grimpe" dans ce massif a priori peu propice. Au final, des voies équipées, d'autres en terrain traditionnel mais aussi des arêtes pratiquées régulièrement. Pour aller un peu plus loin, outre une petite sélection de randonnées un peu insolites pour découvrir le massif, je tenais à chercher des itinéraires à mi-chemin entre la randonnée et l'escalade, essentiellement des arêtes ne dépassant pas le 3 (parfois le 4) et sur de courts passages.

Ces skyline m'ont apporté beaucoup de plaisir. J'ai découvert une richesse insoupçonnée de ce massif malgré parfois de sacrées bouses peu recommandables. Toujours ce rocher lichéneux amovible made in Belledonne duquel j'ai fait fait ma spécialité. On apprend ; on s'y habitue et on finit par aimer et y être efficace.

Toujours en 2007, je voulais marquer ce projet par longue une traversée d'arêtes. Parti à dix heures du matin du Gleyzin, j'avais enchaîné les crêtes de Berlanches, du Vay, des Grandes Lanches, la pointe du Gleyzin, le Charmet de l'Aiguille (tout cela non sans mal en raison du brouillard qui avait compliqué la navigation et surtout l'anticipation), la pointe de Comberousse, finissant au coucher du soleil à la Porte d'Eglise par un magnifique bivouac. L'idée était de boucler le tour en vingt-quatre heures mais il avait fallu se rendre à l'évidence : ce fut plus long que prévu. Entre les erreurs d'itinéraire et le poids du sac avec le matériel de bivouac, je n'étais encore pas assez expérimenté. Le lendemain, plutôt que de poursuivre par les arêtes j'avais bouclé par les Trois Laux puis le passage de Tigneux. Cette traversée fut bouclée en 2015 en faisant dans l'autre sens la section croix du Léat -> Comberousse par toutes les crêtes de Tigneux et un ou deux passages pas piqués de vers en terme d'engagement (entendez par là, grimpe sur du rocher délicat en solo).

J'en ai fait de nombreuses ces dix dernières années, notamment l'arête ouest des portes de l'Eglise, celle du rocher d'Arguille (un must dans le genre), les petites arêtes du Mouchillon (devenues relativement classiques), toutes les arêtes entre le col de la Vache et la cime de la Jasse, le tour royal de Vénetier (dément !! à coup sûr sur le podium et certainement le plus grand pourcentage de bon caillou), le bouzin du pic de la Pierre au rocher de l'Homme puis vers Roche Rousse ou encore, pour ne citer que ceux-là, celui que j'avais qualifié (au jour de sa réalisation) comme "le plus beau" : le tour complet du Doménon avec dix sommets à la clé, terminé à la nuit noire après une matinée de boulot.

La récente reconnaissance en solo des arêtes entre la Croix et le Grand Pic de Belledonne a rendu possible ce projet de tour complet du lac Blanc par les arêtes. Pourquoi cette skyline est-elle au final "la plus belle" de Belledonne dans le style de ces chevauchées aériennes réalisables à la (demie-)journée ? Car la beauté reste un paramètre subjectif. Certes. Et (voir supra), le meilleur ratio bon/mauvais caillou est au Vénétier grâce à la traversée du Pin (et une suite pas si moche). Mais ici, on a d'abord le plus beau lac du massif (le lac Blanc donc). Ah mince, c'est encore un critère subjectif. Alors venons-en à l'objectivité. Cette traversée permet de fouler douze vrais sommets dont parmi les plus emblématiques du massif (Grande Lance, Croix, Grand Pic, Homme). Elle "récupère" au passage la traversée des trois pics reconnue comme étant une des (la ?) plus esthétiques du massif et sans doute la plus parcourue. Elle foule le point culminant des randonneurs (la croix) et le point culminant tout court.

Au niveau des chiffres, en partant de pré Comté, on tourne autour des 2800 m de dénivelé dont plus de 1600 sur les arêtes. 25 kilomètres (seulement) dont 15 sur les arêtes. Et cette fois, on a (presque) réussi à tenir le rythme de 3 km/h sur l'ensemble de la course en progression (environ 45 minutes de pauses cumulées sur l'ensemble de la course soit 8h30 de progression et - donc - 9h15 au total). Je n'en demandais pas tant si bien que je suis le premier surpris d'être à 12h30 au sommet du Grand Pic après un départ de la voiture à 7h30. Il faut dire qu'avec l'ami François (Kern), on n'est pas là pour acheter du terrain (ça tombe bien, il n'y a pas grand chose de solide pour y construire une quelconque bâtisse). Heureusement que l'animal sortait d'une grippe. Cela m'a permis de passer à ses yeux pour quelqu'un qui ne marche pas trop mal malgré son âge qui avance d'un an chaque année. Côté technique, il faut compter sur un ensemble "d'escalade" en 2 (mais du vrai 2, pas le 2 qu'on vous annonce sur les topos dans les portions de jonction des grandes voies alors qu'il s'agit de la marche ou presque) et des passages de 3 réguliers : un au départ de la PLD, un au départ de la GLD, 100 m soutenus dans le pilier ouest des Rochers Rouges, tout le long de la traversée Croix - Grand Pic (avec trois passages de 4b à 5a rappelés), puis encore sur Roche Rousse et Roche Noire. Les deux derniers sommets (Homme + Excellences) sont de la randonnée niveau "supérieur". 4 rappels en tout (10 mètres chacun : 3 pour s'affranchir des sections raides du pic Central en désescalade donc + 1 après le col de la Balmette dans un ressaut mixte 3/herbe vertical sur un bloc bien péteux - n'est-ce pas François ?). Ah oui, j'oubliais. Les douze sommets chevauchés sont, dans l'ordre d'apparition : Petite Lance de Domène (2596 m) ; Grande Lance de Domène (2790 m) ; pic Couttet (2764 m) ; Rochers Rouges (2823 m) ; Croix de Belledonne (2926 m) ; Pic Central de Belledonne (2945 m) ; Grand Pic de Belledonne (2977 m) ; Pic Lamartine (2752 m - celui de la crête, pas le pic "décalé versant Allemond) ; Roche Rousse (2753 m) ; Roche Noire (2726 m) ; Rocher de l'Homme (2770 m environ - le vrai sommet n'est pas côté sur IGN) ; Pointe des Excellences (2638 m).

Et le plus important : on s'est régalés ! Un grand merci à François pour sa bonne humeur et son humour à toute heure. Et à Belledonne pour nous offrir ce formidable terrain de jeu. Un aboutissement personnel de l'expérience acquise lors de ces dix années à "courir" les arêtes de la chaîne.

Départ de l'arête menant à la PLD

Départ de l'arête menant à la PLD

Grosse ambiance sur la PLD. Ces nuages rendent l'affaire encore plus belle

Grosse ambiance sur la PLD. Ces nuages rendent l'affaire encore plus belle

Sur l'arête de la PLD

Sur l'arête de la PLD

Arrivée au sommet de la GLD

Arrivée au sommet de la GLD

Plongée sur le pilier ouest des rochers Rouges, sans doute le morceau le plus grimpant de l'ensemble

Plongée sur le pilier ouest des rochers Rouges, sans doute le morceau le plus grimpant de l'ensemble

Vue sur la croix (de Belledonne) et la brèche Duhamel dans laquelle descend François, depuis la remontée au pic Central

Vue sur la croix (de Belledonne) et la brèche Duhamel dans laquelle descend François, depuis la remontée au pic Central

Pic central de Belledonne

Pic central de Belledonne

Section pic Central - brèche Reynier. A coup sûr la plus aérienne, la plus belle et la plus difficile si on ne tire pas les (trois petits) rappels. En fait, les deux premiers permettent de s'affranchir de deux fois un pas vertical de deux mètres en 4. Le troisième évite le petit surplomb (5a probablement) le plus dur de tout l'ensemble.

Section pic Central - brèche Reynier. A coup sûr la plus aérienne, la plus belle et la plus difficile si on ne tire pas les (trois petits) rappels. En fait, les deux premiers permettent de s'affranchir de deux fois un pas vertical de deux mètres en 4. Le troisième évite le petit surplomb (5a probablement) le plus dur de tout l'ensemble.

Remontée au Grand Pic par le couloir sud-est. Magnifiques jeux de nuages

Remontée au Grand Pic par le couloir sud-est. Magnifiques jeux de nuages

Sommet du Grand Pic. Une bonne chose de faite. Mais il en reste.

Sommet du Grand Pic. Une bonne chose de faite. Mais il en reste.

François nous décrit le tas de cailloux d'où l'on descend

François nous décrit le tas de cailloux d'où l'on descend

Pic Lamartine. Deux sommets. Le sommet de la crête (d'où est prise la photo) et le pic proprement dit (sur la photo), décalé de la ligne et sur le versant Allemond.

Pic Lamartine. Deux sommets. Le sommet de la crête (d'où est prise la photo) et le pic proprement dit (sur la photo), décalé de la ligne et sur le versant Allemond.

Le méconnu petit lac de Roche Rousse (tout proche de la crête)

Le méconnu petit lac de Roche Rousse (tout proche de la crête)

Roche Rousse. La splendide dalle sommitale

Roche Rousse. La splendide dalle sommitale

La dalle de Roche Rousse dans l'autre sens

La dalle de Roche Rousse dans l'autre sens

Roche Noire : la dalle sommitale (moins grande que celle de Roche Rousse) du sommet sud. Tout au fond à droite : les lances de Domène qui ont inauguré la skyline

Roche Noire : la dalle sommitale (moins grande que celle de Roche Rousse) du sommet sud. Tout au fond à droite : les lances de Domène qui ont inauguré la skyline

Le dièdre (3c) en bon rocher (rare sur cette section) à désescalader après la dalle de roche Noire

Le dièdre (3c) en bon rocher (rare sur cette section) à désescalader après la dalle de roche Noire

Après le rocher de l'Homme, descente de la pointe des Excellences. Le tour est bouclé. On s'affale quelques instants en contemplant la chevauchée avant de descendre sur le lac Blanc et la vallée

Après le rocher de l'Homme, descente de la pointe des Excellences. Le tour est bouclé. On s'affale quelques instants en contemplant la chevauchée avant de descendre sur le lac Blanc et la vallée

En bleu, l'accès montée. En jaune, le retour. En rouge, les arêtes bien sûr !

En bleu, l'accès montée. En jaune, le retour. En rouge, les arêtes bien sûr !

Voir les commentaires

Rédigé par lta38

Publié dans #escalade-alpi

Repost 0

Publié le 22 Juin 2017

Quelle chaleur ! Impossible de grimper en plaine, même à l'ombre. Il faut choisir un site d'altitude. Pas évident pour le soir compte tenu du temps disponible entre la route et la marche d'approches. Et quelques orages pourraient pointer. Mieux vaut se garder une petite marge d'échappatoire. Pour changer, direction la dent de Crolles et les couennes au-dessus du sangle de la Barrère. Certes, il faut une bonne heure de marche en plein soleil mais il y a un peu d'air et, à mi-chemin, le trou du Glaz et ses 12°C nous offre cinq minutes de rêve.

Approche par le beau sangle de la Barrère

Approche par le beau sangle de la Barrère

Parce qu'on aime bien la grande voie et que la sortie sur le plateau au milieu des rhododendrons est toujours aussi féérique, on opte pour deux petites voies de trois longueurs plutôt que des couennes se terminant au milieu de la face.

Première voie "l'été en pente douce". Cela fait un moment que je voulais venir visiter cette grande dalle qui a vraiment une belle gueule avec son relais intermédiaire. L1 est annoncée 6b. Eh bien c'est peut-être le 6b le plus dur de la terre. Déjà, il faut s'arracher du sol par un mouvement violent bien morpho. Et puis, un peu plus haut, grimper plusieurs mètres en dalle sans pied et sans main... ou presque. Si j'avais lu 6c+, je n'aurais pas décoté !!! Pour nous deux, ce sera la longueur la plus difficile du jour. Après une traversée courte en 2 jusqu'au gros pin (enchaînée avec L1), on sort par une belle dalle en 6a avec un départ plein gaz. Du très beau rocher. Relais bien placé pour les photos. Restent quinze mètres de mixte 3b/herbe pour le plateau.

L1 de "l'été en pente douce". 6b sur le papier, (au moins) 6c sur le terrain. Que doivent-être les 7a/a+ à côté ?

L1 de "l'été en pente douce". 6b sur le papier, (au moins) 6c sur le terrain. Que doivent-être les 7a/a+ à côté ?

R3 de "l'été...". Belle longueur

R3 de "l'été...". Belle longueur

Sortie sur le plateau

Sortie sur le plateau

C'est reparti pour un tour. Baskets, dépose d'un sac et de tout le superflu puis retour sur le sangle pour une autre voie "Topo or not to be".

L1 = 6b+ Magnifique mur rouge à trous avec de beaux mouv'. C'est très bien équipé. Là encore, 6c n'aurait pas été volé. Sont sévères ici ! La suite se gâte : seconde partie de la longueur en dalle et en traversée, certes plus facile (je dirais 5c) mais bien sur les pieds et avec deux points vraiment loin. Le premier n'autorise pas la chute du leader qui irait se fracasser sur la vire huit mètres en-dessous. Et les deux ne rassurent pas le second qui pourrait se mettre deux beaux pendules avec percussions, les pas les plus délicats arrivant juste après avoir déclipé !! Il aurait suffit de décaler un point : le mettre deux mètres plus bas et en mettre un autre un mètre cinquante plus haut. Pour une économie d'un point, on prend de gros risques.
L2 = 6c Le rocher n'est pas beau voire un peu douteux mais les mouvements sont vraiment sympa pour passer ce bombé teigneux. La cote est, cette fois, bien calée. Longueur assez courte.

L3 = 5c pas si facile qu'il n'en a l'air. Un bon 6a à mon sens. Sortie très belle, légèrement déversante sur bacs.

Les rhododendrons du plateau

Les rhododendrons du plateau

Départ de "topo...". Magnifique !

Départ de "topo...". Magnifique !

Arrivée à R2 de "topo..."

Arrivée à R2 de "topo..."

Dernière longueur bien raide

Dernière longueur bien raide

Une autre façon de découvrir la Dent. Il y a encore des choses à faire dans cette face ouest même si le potentiel diminue sérieusement au regard de mon niveau. A moins que de nouvelles voies fleurissent : ce n'est pas la place qui manque, notamment autour de "Une seconde la vie".

Encore une belle soirée "after taf" avec Candice, en espérant pouvoir en faire une dernière avant les vacances.

Voir les commentaires

Rédigé par lta38

Publié dans #escalade-alpi

Repost 0