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Publié le 20 Septembre 2020

Petit à petit, l'oiseau fait son nid. Petit à petit, l'homme grignote sa planète. Ce n'est pas comme si on n'était pas prévenu. C'est pourquoi, tout aménagement nouveau est de plus en plus soumis à une sévère règlementation. Ouf ! dira-ton ! Sauf que malheureusement, les décisions finales ne sont pas toutes dans la même logique et on sait bien que celui qui aura la force d'appuyer sur ses "bons" arguments en minimisant les négatifs aura plus de chance de réussir. Et cette force de communication, de persuasion... est souvent possible par la puissance financière. Fort heureusement, des gens n'hésitent pas à mouiller la chemise et prendre parfois le dessus sur les entrepreneurs. Cela reste rare mais pas impossible (cf aéroport ND des Landes, Center Parcs de Roybon).

Plus généralement la question mérite d'être posée ? Doit-on être systématiquement opposé à tout nouveau gros aménagement ? Oui et non. Oui parce qu'il y a urgence à stopper ce grignotage sur la nature. Non parce que l'espèce humaine doit s'organiser pour poursuivre sa vie. Alors quelle solution ? J'aime assez ce qu'on appelle le principe de compensation. Mais non pas une compensation en "achetant des points CO2" mais une véritable compensation sur le terrain. A titre d'exemple, une station de ski qui souhaiterait développer son domaine en construisant une nouvelle remontée mécanique devrait rendre à la nature une surface équivalente, par exemple en démantelant une autre partie de son domaine ou en rachetant (et démantelant) une autre station par un partenariat... etc. 

Il y a encore plus grave qu'un bâtiment ou une remontée mécanique qu'on pourra toujours démanteler un jour : une cicatrice quasiment impossible à combler. C'est bien ce qui menace le massif du Mont-Blanc encore aujourd'hui. Une route forestière de 14 kilomètres est en passe d'être créée. Outre la cicatrice visuelle dans le paysage, ce qui est déjà très grave dans un forêt balafrée par des aménagements plus ou moins anciens (remontées mécaniques, pistes forestières...), on note d'autres arguments dont ceux-ci :
- risque de pollution des sols par le revêtement goudronné prévu
- dérangement d'une espèce nicheuse emblématique et très en danger (extinction proche en France) : le pic tridactyle
- traversée de zones humides et cours d'eau
- apport de nuisances sonores en plus de celles de l'exploitant (4x4 en période de chasse, moto-cross...)

Tout cela pour permettre à de longs camions (grumiers) de faire ce qui est actuellement fait en tracteur.

Le dossier complet est à chercher sur cette page.

Les observations sont à transmettre avant le 8 octobre à cette adresse.

Petit aperçu sur cette carte :
- en jaune, une portion de route forestière qui sera recouverte du liant bitumé
- en bleu d'anciennes pistes forestières qui seront élargies et aménagées
- en rouge les sections entièrement nouvelles

Nouvelle menace sur le Mont-Blanc

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Rédigé par lta38

Publié dans #paysages, #humeur

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Publié le 7 Septembre 2020

Le Mont-Blanc (écrit tel quel = massif), surtout le mont Blanc (écrit ainsi = sommet lui-même) et plus particulièrement la voie normale (celle du Goûter - improprement appelée voie Royale par ceux qui, aujourd'hui, cherchent à modifier sa fréquentation après avoir tout fait pour l'augmenter en la nommant ainsi) est en passe de subir une règlementation inédite en France. Dans notre beau pays, peut-être le plus beau du monde de par la variété de ses paysages, de sa culture, de son histoire... , nous avons du mal avec ce genre de règles. Aux Etats-Unis par exemple, ça rigole beaucoup moins avec les législations drastiques des parcs nationaux par exemple.

Pays le plus touristique au monde, la France est de ce fait ultra fréquentée sur les sites phares que sont les cotes méditerranéennes, Paris, les châteaux de la Loire ou encore, le Mont-Blanc. Cela oblige à une certaine gestion des flots et des nuisances qui en découlent. Les règlementations paraissent indispensables dans ces cas-là. Le code de la route ne serait sans doute pas le même s'il n'y avait qu'un million de véhicules dans notre pays. Dans la nouvelle règlementation prévue, on retrouve beaucoup de ce qui est déjà interdit et qui devrait l'être de partout tant aujourd'hui on est au clair sur les détériorations apportées : 
- Article 3-1 : jeter dans la nature...
- Article 3-2 : détruire, arracher...
- Article 3-3 : détruire animaux...
- Article 3-4 : faire du feu
- Article 3-8 : extraire des matériaux...
Et spécialement ici :
- Article 2-1-5 : bivouac interdit sauf en cas de force majeure. Ce point pourra prêter à discussion mais étant donnés le type d'ascension (rapide et peu technique) et le nombre de personnes qui l'entreprend, il me paraît judicieux d'interdire cette nuisance sur un si petit espace.
- Article 2-1-7 : réservation obligatoire. Pour les mêmes raisons que le bivouac et l'organisation du "bazar", ce point m'apparaît in fine comme nécessaire. L'AR journée (sans résa donc) demeure (ouf !) autorisé pour qui aura les moyens. Cela n'empêchera pas quelques naufragés mais on ne peut guère faire mieux je pense.

En revanche, d'autres points prêtent à discussion :
- Article 2-1-3 : règlementation sur les animaux domestiques (en laisse ou interdits). Quid de la chasse ? Pour être crédible, un tel article ne doit pas faire d'exception.
- Article 2-2-2 : équipement approprié conforme aux us et coutumes. Qui juge ? Pourquoi ? L'habit ne fait pas le moine. Jornet est en sécurité en basket ; un autre ne le sera pas avec un Nomic dans chaque main. Point absurde !
- Article 2-2-2 encore : cordée de 3 maximum. Au nom de quoi ? Ne peut-on pas laisser les gens en décider. On peut progresser raisonnablement jusqu'à 5 (et c'est même mieux pour les crevasses) en glacier pas trop raide, quitte à passer en 2+3 sur l'arête des Bosses.
- Article 2-2-2 enfin : matériel superflu inutile. Pas le droit d'emporter un appareil photo ? Une flûte à bec ? C'est quoi cette mascarade ?
- Article 3-5 : pas de manifestations... Pourquoi ? A partir du moment où elles respecteraient les autres points (dégradations notamment) ? Monsieur Peillex fait une fixation sur l'hurluberlu anglais au rameur... "Tu" parles d'une affaire... J'attends également de voir ceux qui ont les moyens d'obtenir une dérogation.
- Article 3-7 : interdiction de déployer une banderole (même humanitaire...). No comment'

Dernier point, l'article 1 définit la zone de cet arrêté. La majorité des mesures proposées (hormis les articles 2-1-5, 2-1-7, 2-2-2 et 3-7) devrait en réalité être appliquée sur tous les espaces naturels. Et elles le sont (et donc, beaucoup de bruit au final, comme souvent, par le premier magistrat de Saint-Gervais, pour pas grand chose). Il semble toutefois que les quelques points importants ici sont liés à la fréquentation exceptionnelle d'un tout petit espace à savoir, la voie normale du mont Blanc depuis Saint-Gervais. Ainsi, cet arrêté devrait s'appliquer, à mon sens, avec quelques modifications évoquées, uniquement sur cette voie et pas sur les itinéraires des Grands Mulets et des Trois Monts.

En résumé, je donnerai un avis défavorable au projet tel que présenté. Il doit être repris sur quelques points.

Terminons par un "deux poids deux mesures" qui nous laisse penser que Monsieur Peillex réfléchit beaucoup/surtout/aussi avec son porte-monnaie, soient deux gros aménagements prévus en parallèle et qui vont causer beaucoup plus de tort à ce site qu'un Anglais avec un rameur, un drapeau au sommet et même un tunnel sous le couloir de la "Mort" !!!
- 13 km de pistes forestières en prévision. Un véritable carnage, notamment dans le magnifique versant ouest du Prariond (et est de la Tête Noire)
- L'aménagement de la gare du Nid-d'Aigle et de celle de Bellevue (qui sont pourtant très bien telles qu'elles sont), qui attirera encore plus de monde (vous pouvez payer pour venir voir les glaciers, tant qu'il en reste, mais s'il vous-plaît, ne montez pas trop haut !)

- L'arrêté se trouve ici.
- Les avis sont à envoyer au plus tard le 9 septembre à cette adresse : ddt-consultations-publiques@haute-savoie.gouv.fr

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Rédigé par lta38

Publié dans #humeur

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Publié le 10 Juin 2020

On se souviendra de cette année 2020. Elle a commencé par un anticyclone exceptionnel en janvier rendant la saison de ski atypique et peu enviable, que seul un séjour arctique dans des conditions exceptionnelles, prévu en amont, a permis d’en sortir. A peine rentré, un virus historique vient tout mettre à plat sans autre forme de réflexion. C'est la panique du côté des autorités, dépassées par un événement il est vrai inédit. Le pays à l’arrêt pendant deux mois...

Depuis un mois maintenant, les activités ont repris peu à peu. Les activités mais aussi les mauvaises actions qui, par ailleurs, n’avaient pas toutes cessé durant le confinement. On avait continué à tirer des loups, une action de première nécessité sûrement ! Des bénévoles (c’est le cas des louvetiers) étaient en effet autorisés à sortir quand on refusait dans le même temps d’en faire de même à un photographe professionnel. Aujourd’hui, ce sont les ours qui trinquent. Il fallait remonter en 2004 pour trouver un ours dégommé au fusil en France avec Cannelle et on pouvait penser que les mentalités avaient évolué. Malheureusement, le 9 juin 2020, un nouveau méfait vient d’être commis par un anti-ours/loup/prédateur(?). L’état annonce qu’il va porter plainte mais je suis très pessimiste sur les suites. On est parfaitement capable de trouver le coupable. Il doit détenir une arme. Cela réduit le champ des présumés coupables. Il faut réfléchir un tel acte puis le réussir. Très vraisemblablement on ne peut être seul dans un tel projet. Probablement l’histoire d’un réseau (déjà un groupuscule cagoulé avait annoncé la couleur en 2017 - on croît rêver en voyant cette vidéo). Il y a forcément des fuites. Et nous disposons de moyens pour une telle enquête. Car c’est un acte fort. Qui s’attaque au patrimoine de tout un pays. Si on cherche plus loin, si l'ours génère quelques inquiétudes et problèmes pour quelques personnes qu'on ne peut pas laisser sans aide (et c'est ce que nous essayons de faire), il apporte énormément de bien à tous les autres. Combien de gens travaillent grâce à l'ours ? Des accompagnateurs, des offices de tourisme, des hébergeurs... qui accueillent les touristes venus non pas pour observer l'ours mais pour une immersion dans son domaine. Sans parler du rêve et de la sauvegarde de la biodiversité qui profite à tous ! Il suffit d'un acte pour anéantir des efforts colossaux et un travail sans relâche (de restauration des ursidés pyrénéens). Pour m’être fait volé une caméra automatique il y a quelques jours, toutes proportions gardées, je prends la mesure de la déception et de l’anéantissement d’un travail, d’un projet. Quelle satisfaction peut-on retenir dans sa tête après de tels actes ? Et il y a fort à parier que l’affaire en restera là. La pression est trop forte. En ne retrouvant pas le coupable, on tolère quelque part un acte pourtant officiellement interdit.

Fort heureusement, l’homme n’interfère pas que dans ce sens avec la nature. Il sait aussi la parcourir les yeux ouverts. Sa présence laisse forcément des traces ; comme n’importe quel animal sauvage. Mais il y a trace et trace. Entre le piétinement d’une prairie et l’abattage d’un ours, mon choix est vite fait. Nous ne pouvons pas vivre comme des ours justement. Rester cloîtrés dans nos maisons et garder la nature comme un sanctuaire. Nous faisons partie d’un tout et je militerai toujours pour cette idée d'homme faisant partie d'un ensemble. Une des belles « introductions » de l’homme dans la nature s’appelle l’escalade. C'est à mes yeux un des plus beaux sports bien que mon plafonnement au 7b dans les meilleurs moments de ma forme fait de moi un grimpeur modeste. L'escalade apporte l'engagement physique que l'on retrouve dans le sport en général, l'engagement mental (quand on grimpe en tête, le seul fonctionnement "valable" à mes yeux pour "valider" ce sport) et l'engagement technique soit trois valeurs essentielles quand d'autres sports y compris de pleine nature n'engagent que la première. Il n'y a qu'à voir comme un grimpeur comme Patrick Edlinger avait réussi à le faire comprendre à des milliers de personnes méconnaissant complètement cette activité.

L'escalade reste un sport assez peu dangereux contrairement à ce que les images peuvent laisser croire aux néophytes, si on reste concentré dans les manipulations de corde (rappels, moulinettes, assurage). Les accidents restent toutefois possibles, comme en témoigne celui de Vingrau et avec les conséquences qui en ont découlé. A la suite de ce jugement, la FFME vient de se désengager des sites extérieurs au printemps 2020. On s'attendait à des conséquences en cascade et les premières interdictions commencent à avoir lieu. Après celles du Sancy, elles concernent aujourd'hui le massif des Calanques. L'ONF n'autorise plus la pratique sur le territoire qu'il gère, i.e. de la Candelle à la rive droite d'En-Vau puis tout le secteur du cap Morgiou, autrement dit, l'essence même du massif et une grosse partie ! On imagine la tête que ferait Rébuffat s'il pouvait encore voir tout cela ! On ose espérer une mesure transitoire en attendant de faire changer les choses, la plus grosse aberration étant que légalement, le propriétaire d'un terrain peut être tenu responsable d'un accident non causé par un tiers. En résumé, si vous grimpez en solo ou faites une erreur de manip', c'est de votre faute mais si un bloc de rocher se détache au moment où vous êtes en train de grimper dessus (ou dessous !), on pourrait mettre en cause le propriétaire ! Et c'est bien là-dessus qu'il faut essayer de faire bouger les choses ! Il "suffit" de modifier la loi.

Les grimpeurs ne sont pas des sauvages. La querelle concernant la protection de la nature est une ineptie. Tous doivent (et peuvent) travailler ensemble. Lorsque je publie une information concernant le saccage de notre nature (loup, ours, aménagement, exploitation...) nombreux sont les grimpeurs qui réagissent. Ils y sont sensibles. Il faut essayer d'avancer tous ensemble. S'exciter sur les réseaux sociaux par fora interposés est une perte de temps totalement inutile. En revanche, partager l'information est essentiel. Cela fait partie de ce que je sais un peu faire et que je fais avec ma sensibilité. D'autres s'attèlent à oeuvrer en intervenant localement. Ne montons pas les uns contre les autres mais au contraire unissons nos forces. Ours, rochers... même combat. L'un et l'autre sont à protéger pour le bonheur des hommes. Quant à nous tous, randonneurs, naturalistes, grimpeurs, vététistes lambda, il faut aussi que l'on soit le plus possible en accord avec le milieu. Ne pas allumer de feu quand c'est interdit ou fortement recommandé (i.e. presque partout donc) ; s'interdire de grimper une ligne lorsqu'une espèce sensible (faucon ou autre) y est découverte en pleine reproduction (et partager l'information), bivouaquer et non camper... Nos bonnes attitudes attestent aussi du respect que l'on a pour notre patrimoine naturel et nous donne davantage de crédibilité.

Depuis quelques jours, je me suis promené seul dans la discrétion ; il faut dire que la météorologie n'est pas très favorable à la foule et aux idées. Une sortie repérage en Belledonne dans l'optique d'équiper un parcours rocheux initiatique intéressant. L'actualité sur l'escalade ne me fera pas renoncer. Une sortie relevé de caméras avec la fameuse mauvaise surprise du piège volé. Rapidement évacuée par la rencontre de nombreux animaux lors de cette sortie, les animaux adorant ces conditions fraiches, humides et avec peu de visibilité : cerfs, chevreuils, sangliers... de partout. Je ne vais pas me décourager. Je continue à réfléchir à de nouveaux projets. Que les déceptions n'altèrent pas notre motivation et mobilisons-nous contre tout ce qui paraît inconcevable !

Exploration rocheuse en Belledonne. Quel dommage, au risque de me répéter, que le fabricant (Adidas) ait arrêté la production de la Scope !

Exploration rocheuse en Belledonne. Quel dommage, au risque de me répéter, que le fabricant (Adidas) ait arrêté la production de la Scope !

Des sangliers en veux-tu en voilà. Avec ces deux marcassins observés de très près, sur mes gardes, des fois que la mère soit dans les parages...
Des sangliers en veux-tu en voilà. Avec ces deux marcassins observés de très près, sur mes gardes, des fois que la mère soit dans les parages...
Des sangliers en veux-tu en voilà. Avec ces deux marcassins observés de très près, sur mes gardes, des fois que la mère soit dans les parages...
Des sangliers en veux-tu en voilà. Avec ces deux marcassins observés de très près, sur mes gardes, des fois que la mère soit dans les parages...

Des sangliers en veux-tu en voilà. Avec ces deux marcassins observés de très près, sur mes gardes, des fois que la mère soit dans les parages...

Eclaircie vespérale. Corneilles noires en Grésivaudan

Eclaircie vespérale. Corneilles noires en Grésivaudan

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Rédigé par lta38

Publié dans #Belledonne, #escalade-alpi, #animaux, #humeur

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Publié le 12 Mai 2020

Le ministère des sports a publié un guide d'accompagnement pour la reprise des activités sportives. Il est ici. L'idée est bonne même si beaucoup ne le liront pas. L'état fait son travail, ne critiquons pas tout sur tout. Le problème provient du contenu. Par exemple, il dit qu'il est possible de reprendre l'escalade mais uniquement sur voies d'une seule longueur pour l'instant (i.e. jusqu'à la date du 2 juin après quoi, nous verrons). A en regarder de plus près le contenu du papier, on se rend compte que des activités ayant un pourcentage important de traumatismes (ski, parapente) sont autorisées en précisant, par exemple pour le parapente, "en individuel" et on comprend bien que ce qui est mis en avant n'est pas l'accidentologie des voies de plusieurs longueurs mais le fait de se croiser à deux au relais. Quand on voit le nombre de personnes qui se croisent dans les transports en commun (notamment franciliens) et qu'on sait à quel point l'escalade en grande voie est marginale, choisie et que le partenaire est lui-aussi choisi, on est en droit de s'interroger sur le cohérence et le véritable risque d'envoyer en réa des wagons de nouveaux contaminés par ce biais.

Quelque part, on ne voit pas trop comment cela peut se mettre en place sur le terrain... On peut gravir une grande voie d'une traite, sans relais. La technique est fiable. On commence à grimper et une fois en bout de corde, on place une micro traction sur le premier point rencontré. En cas de chute du premier, il sera retenu par le second comme à corde tendue mais en cas de chute du second, c'est la micro qui bloque et il n'y a pas de chute du leader. On peut ainsi avaler une grande voie d'une traite avec une corde de 50 m, un tirage bien géré et un paquet de dégaines.

Trêve de plaisanterie, examinons maintenant de plus près le document du ministère.

L'escalade autorisée ? Oui mais... ou non mais...

Page 51
Escalade et alpinisme autorisés. Ils sont allés jusqu'à réfléchir à la parade en bloc. Il y a un truc qui m'échappe : une loi existe-t-elle sur le bloc indiquant sur quelles voies il faut obligatoirement une parade et quelles autres il n'en faut pas ? A titre perso, je pare mes filles même sur un sol plat terreux avec les pieds à un mètre cinquante de haut... Et c'est quoi un bloc de faible hauteur ? Ils rêvent. Les grimpeurs ne feront absolument pas cas de ça et c'est impossible à vérifier sur le terrain.

L'escalade autorisée ? Oui mais... ou non mais...

Page 52
Ah ben finalement les voies de plusieurs longueurs ne sont pas autorisées.

Randonnée : arrêts prolongés sur les points caractéristiques non autorisés. J'ai failli m'étouffer. Tout cela est juste du bon sens. Pour le reste, si on interdit quelque chose, il faut pouvoir le normer. C'est quoi "prolongé" ? Combien de temps ? Qui déclenche le chrono ? Qui mettra une amende ? Sur quel critère ?
Croisements 1,5 m. Encore du bon sens. D'ailleurs, en effort, 1,5 m est largement insuffisant. D'autre part, sortir du sentier en certains endroits est plus dangereux que d'y rester. On risque la glissade, la petite (voire +) blessure...
Contrôles DVA : ils ont même pensé à le dire. Heureusement car sinon, je pensais m'approcher jusqu'à 30 cm de ma/mon partenaire !

L'escalade autorisée ? Oui mais... ou non mais...

Page 53
Ah ben finalement la grande voie pourrait être autorisée sans faire de relais (cf technique micro-trax donc)
Même position sur la cordée !!! Mais où vont-ils chercher tout ça ????

Au lieu d'un tel torchon, qui n'a par ailleurs pas valeur d'arrêté, un appel au bon sens, doublé d'un message bienveillant n'aurait-il pas été préférable ? D'autant que cela met dans la difficulté nombre de professionnels. Je croyais justement que cette reprise était en partie motivée par un sauvetage économique ; me serais-je trompé ?

Comment peut-on passer autant de temps à écrire des choses aussi ridicules qu'incohérentes avec le reste, voire divergentes selon comment on les comprend, pour des pratiques aussi marginales ? Il est normal de mettre le paquet sur les situations critiques : transport, regroupements en intérieur, voire d'appeler les gens à rester vigilants de partout en se rappelant la fragilité des services de secours mais là...

J'avais été agréablement surpris des annonces récentes à propos des activités extérieures. Je m'étais sans doute emballé trop vite ! Et comme disait Le Papet Yves Montand dans Manon des sources : "Attendez, attendez la suite des couillonades !"

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Rédigé par lta38

Publié dans #escalade-alpi, #humeur

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Publié le 10 Mai 2020

On y est. C'est demain. On ne sait pas pour combien de temps. Va-t-on vers une "libération" progressive ou vers un futur "re-"confinement ? Devin qui peut l'annoncer. En attendant, de plus en plus de voix s'élèvent pour dénoncer les incohérences du système et peut-être aussi une occasion saisie pour davantage de surveillance de la population. En ce qui concerne la montagne, la Haute-Savoie a montré l'exemple. En toute logique, l'Isère devrait suivre. Les mesures annoncées par le sept-quatre sont les suivantes :
- Toutes activités autorisées sauf spéléologie
- Groupes de plus de 10 personnes interdits
- refuges / cabanes interdits

Ces règles s'accompagnent de recommandations de bon sens : reprise progressive en-dessous de son niveau pour limiter les risques et éviter les lieux à forte fréquentation. Cinq mètres d'écart (entre deux personnes) pour la randonnée ; dix mètres d'écart à vélo ou course à pied. L'interdiction des cabanes non gardées me paraît aussi être du bon sens : si elles sont autorisées, on ne pourra pas empêcher les échanges rapprochés entre personnes de foyers différents. Le respect de ces règles et des recommandations est important pour ne pas compromettre notre liberté dans les jours à venir.

Sur le terrain, le relâchement est déjà bien visible depuis plusieurs jours. Des personnes commencent à se rendre en voiture sur les parkings de randonnée. D'autres postent leur sortie bien au-delà du kilomètre sur les réseaux sociaux. Cela me surprend un peu :
- si on a réussi à se contenir et ne pas publier pendant près de deux mois, pourquoi ne le fait-on pas jusqu'au bout ?
- quel dommage de risquer les 135€ dans les derniers jours
Je précise qu'il y a des procès verbaux qui ont été dressés suite à des publications sur les réseaux sociaux. Il y a là un gros sujet de discussion mais je ne le lancerai pas aujourd'hui ici.

Je ne juge pas la sortie en elle-même. D'ailleurs, certains doivent s'interroger sur ce que j'ai fait durant ces deux mois. Je ne dirai rien de plus que ce qui est publié sur ce blog... J'ai dénoncé l'incohérence de ces privations dans la seconde partie de ce confinement en expliquant pourquoi et ne reviendrai pas dessus. Au passage, une bonne chose, la fin de cette attestation dérogatoire qui me sort par les trous du nez.

Allez, on y est. Essayons d'agir avec discernement et de rester positif pour la suite. Quelques photos d'oiseaux. Ca chante beaucoup moins ; les oiseaux sont affairés avec la nidification. La huppe fasciée est toujours là. Je l'observe furtivement pratiquement tous les jours mais elle est totalement silencieuse. Je comprends ça comme un signe de la nidification mais quant à être capable de la prouver...

Le moineau friquet. Oublié ? Méconnu ? En régression ? Sans doute un peu des trois et pourtant, un petit passereau fort sympathique à regarder.
Le moineau friquet. Oublié ? Méconnu ? En régression ? Sans doute un peu des trois et pourtant, un petit passereau fort sympathique à regarder.

Le moineau friquet. Oublié ? Méconnu ? En régression ? Sans doute un peu des trois et pourtant, un petit passereau fort sympathique à regarder.

La mésange bleue. Photo croppée.

La mésange bleue. Photo croppée.

Vue plusieurs fois depuis la début du confinement : la fauvette à tête noire.

Vue plusieurs fois depuis la début du confinement : la fauvette à tête noire.

Martinet noir

Martinet noir

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Rédigé par lta38

Publié dans #humeur, #animaux

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