Articles avec #humeur tag

Publié le 19 Juillet 2017

Retour à la maison après ce séjour italien et montée à la Dent de Crolles habituelle. A la descente, proche du parking, je rencontre un ouvrier fort sympathique en train de creuser une petite tranchée d'évaluation des eaux sur le sentiers. Nous discutons un moment.

Ultra fréquenté, le site du col du Coq (ski/raquettes sur bec Charvet et Pravouta, randonnée sur la Dent et Pravouta, escalade, vol, vélo de route...) nécessite d'être "aménagé" pour concilier nature et fréquentation humaine. Cela a commencé par le parking d'hiver il y a quatre ans. Puis s'est poursuivi par les barrières incitant à ne plus couper les sentiers et dont on voit déjà les effets (positifs). Cette année, cela se poursuit : "toute" (entendez par là, les zones déjà marquées) la montée à la Dent est balisée de cordons "anti-coupe", une croix a été posée à Pravouta (les croix sur les sommets sont une tradition), des panneaux pédagogiques nature sont en place au début du Sentier (pourquoi pas, cela reste à moins d'une minute du parking). Dernière construction : un box toilettes sèches au parking en même temps réaménagé.

Tout cela me paraît positif. La fréquentation est là , autant diminuer son impact. Cependant, il va bien falloir s'arrêter. On parle maintenant d'une buvette au col du Coq et là je dis STOP. Certes c'est très agréable de pouvoir s'asseoir et boire un coup avant de rentrer mais pour cela, après quelques minutes de voiture, il y a du côté est, le bar de Saint-Pancrasse et ses nouveaux gérants très accueillants. Et côté intérieur, la ferme de Brevardiere ou le bar-restaurant sur la place de Saint-Hugues. De quoi faire travailler le commerce local existant sans apporter de nouvelles nuisances (bruits surtout mais aussi dechets) sur le site du col du Coq. Si on protège d'un côté (ENS du Col du Coq, réserve des hauts de Chartreuse) et qu'en périphérie on fait n'importe quoi en contrepartie (car finalement le côté "protégé" attire du monde), où est le bénéfice "global" ? Un peu comme en Vanoise : on vous interdit de bivouaquer dans le parc mais sur la limite administrative, on trouve une grosse gare d'arrivée de téléphérique !!!

Une buvette au col du Coq ? C'est quoi la suite ? Un accro-branche ?Un box de location de VTT avec boarder cross sur l'ancienne station de ski ?

Parking d'accès à la DentParking d'accès à la Dent

Parking d'accès à la Dent

Toilettes sèches

Toilettes sèches

Panneau d'information au début du sentier à la Dent (photo floue, désolé...smartphone...pas vérifié)

Panneau d'information au début du sentier à la Dent (photo floue, désolé...smartphone...pas vérifié)

Balisage de l'ENS

Balisage de l'ENS

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Rédigé par lta38

Publié dans #humeur, #randonnée sportive

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Publié le 7 Juillet 2017

Attention ! Il ne s'agit pas d'un plaidoyer contre les bergers qui subissent aujourd'hui une crise sans précédent. Merci de lire ce billet jusqu'au bout avant de s'enflammer sur ce sujet déjà abordé sur ces pages et qui déchaîne les passions.

J'ai découvert, après discussion avec des amis, l'existence d'un (nouveau ?) moyen pour lutter contre la présence du loup à proximité des troupeaux parqués. Il va de soi que la situation aujourd'hui difficile des éleveurs, en raison de la pression sans pitié infligée par les grands groupes fabricants de produits finis et revendeurs, est accrue en certains endroits par la présence permanente du grand prédateur et que des solutions doivent être étudiées. Ici, il s'agit d'un canon à gaz qui émet une détonation à des intervalles définis (un ami m'a rapporté une détonation par minute pendant plusieurs heures, d'autres tous les quarts d'heures...). Ce pourrait être quelque chose comme ça.

Un ami basé dans le Vercors me dit qu'il est fortement gêné toutes les nuits depuis sa maison par les coups de butoirs de ces effaroucheurs. Un autre m'a rapporté hier qu'il avait été surpris par ces détonations incessantes subies durant une randonnée en Belledonne du côté de la crête des Plagnes. Même en pleine montagne, on peut s'interroger sur le bien-fondé de l'autorisation de cet objet : nuisances jusqu'à des centaines de mètres pour ceux qui viennent ici chercher un environnement sonore à l'opposé (qu'ils soient dans leur cadre professionnel ou personnel), parfois au prix d'efforts physiques, matériels (financiers) et chronophages importants. Sans parler des retombées sur la faune locale (une étude a-t-elle été réalisée là-dessus ?). 

Les petits troupeaux ont, par le passé, beaucoup apporté à la biodiversité avec l'ouverture des milieux : on trouvait en-dessous de la limite des forêts, de nombreuses clairières aujourd'hui devenues de plus en plus rares et parfois réhabilités par des programmes de restauration au prix de nombreux efforts. Aujourd'hui, on est resté sur cette idée de l'entretien du terrain par les troupeaux en oubliant que certains d'entre eux n'ont plus la même dimension. 

Je l'ai observé lundi dernier sur la dent de Crolles s'il fallait en douter encore. Le sur-pâturage est tout sauf un allié de la biodiversité. Il crée de l'érosion et nettoie tout sur son passage. Comme si cela ne suffisait pas, on nous a rajouté les patous. Aujourd'hui, les randonneurs ont peur. Ils choisissent de plus en plus leur itinéraire en fonction de la non-présence de ces chiens dont beaucoup ne savent pas faire la différence entre un loup et un bipède. Le travail de certains corps de métiers qui vivent de l'outdoor est impacté. Et comme si cela ne suffisait pas, on nous rajoute les coups de canon. A quand une nouvelle facétie ?

Personnellement, je ne suis pas sectaire et j'ai déjà réalisé avec plaisir des comptages et autres échanges avec les chasseurs ou les éleveurs. Je déteste ces affrontements de castes entre les uns et les autres. Mais on se borne à poursuivre un modèle économique dépassé (lire ici... et là). Et je commence à être remonté contre tout ça parce que notre liberté d'aller et venir, d'écouter, de sentir... est sans arrêt remise en cause par les uns et les autres. Parce que d'un côté on affole tout le monde par l'état de la planète et de l'autre, on autorise tout et n'importe quoi allant dans le sens contraire.

Alors aujourd'hui, j'en appelle au loup. Loup, je sais que tu es intelligent. Apporte-nous une solution. Montre-nous que tu as compris et que ces effaroucheurs ne vont pas t'empêcher d'agir. Ainsi, ils disparaîtront. Je suis désolé pour les bergers. Je n'ai rien contre eux a priori. Ils font un travail difficile. Mais s'ils m'emmerdent alors que je ne leur crée pas de problème, comme n'importe qui, je ne peux pas être content. Cette phrase "J'en peux plus de ces bergers" a été prononcé hier par un ami en discutant de tout ça. Quelqu'un d'ouvert, à l'écoute, tout sauf sectaire. Oui mais voilà, quand on s'autorise à utiliser de tels moyens dans l'esprit "peu importe si ça dérange tout le monde - humains et animaux - dans un rayon de trois kilomètres", les positions vont finir par se radicaliser des deux côtés et tout ça n'est pas bon. Pas bon pour le berger. Pas bon pour le randonneur. Pas bon pour le loup...

Que l'on trouve des solutions qui respectent tout le monde. Mais les patous débiles et 125 décibels, je dis NON, sans l'ombre d'une hésitation !

Haute vallée du Veyton en Belledonne. Un lieu qui a déjà fait couler beaucoup d'encre sur le débat loup vs mouton. Qui aurait envie de laisser le vallon le plus sauvage du massif sous les coups de canon ??

Haute vallée du Veyton en Belledonne. Un lieu qui a déjà fait couler beaucoup d'encre sur le débat loup vs mouton. Qui aurait envie de laisser le vallon le plus sauvage du massif sous les coups de canon ??

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Rédigé par lta38

Publié dans #humeur

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Publié le 30 Juin 2017

Le réchauffement climatique n'est contesté par personne. La part d'émissions anthropiques reste sujette à discussions houleuses entre ceux qui affirment la responsabilité de l'humain et ceux cherchant à le disculper.
N'étant pas un spécialiste, je garde les deux idées dans ma tête mais j'ai beaucoup de mal à croire à la théorie des climato-sceptiques car jamais depuis l'existence de l'homme, la concentration en CO2 n'a augmentée aussi vite. Les études effectuées sur les glaces qui conservent le dioxyde de carbone depuis des millénaires ont montré de manière indiscutable le côté exponentiel de la courbe depuis la révolution industrielle.
 
La corrélation de deux phénomènes semble ainsi difficile à contester aujourd'hui. Dans tous les cas, les conséquences sont dramatiques pour nos glaciers alpins. Ce que j'ai observé sur une vingtaine d'années est édifiant. Alors que doivent dire les "anciens" ?
 
Quand j'étais ado, Belledonne recelait quelques petits glaciers avec même des crevasses (Gleyzin, Argentière, Freydane...). Dans les années 90, j'ai pu m'en rendre compte sur le terrain. Aujourd'hui, les deux premiers ont pratiquement disparu et le troisième s'accroche comme un rat aux parois d'un navire en train de sombrer. Et le rat subit d'année en année un traitement du style "Weight Watchers". Pire encore : les glaciers des Ecrins. Le glacier Blanc embrassait la passerelle du torrent en 1994 lors de mon premier passage ici. Aujourd'hui, il semble se situer au niveau refuge quelques trois-cents mètres de dénivelé plus haut. Les Ecrins étaient le symbole des séracs. Les couloirs restaient en neige tout l'été car la glace sous-jacente participait à l'inertie. Aujourd'hui, tout s'est aminci. Le glacier du Tabuchet ressemble à une feuille d'aluminium. La Pilatte court sans s'arrêter en direction des Bans. Le dernier endroit où l'on se sent encore dans une cathédrale de glace reste la face nord de la barre des Ecrins entre 3400 et 4000 mètres d'altitude. Partout ailleurs, la montagne glaciaire fait pitié.
Idem dans le massif du Mont-Blanc où la face nord-est des Courtes devient désormais un couloir. Le ski de pente raide facile d'hier devient plus technique avec des contre-pentes plus raides, des rochers guettant la chute.
 
Cet été m'inquiète ; cumuls de neige faibles cet hiver ; canicule précoce en juin. Depuis six ans (pas de quoi en faire des statistiques certes), je note scrupuleusement chaque année la date à laquelle le dernier lambeau de neige disparaît à l'oeil nu depuis ma fenêtre sur quelques sommets remarquables. Par exemple, pour la face ouest du Grand Colon, la moyenne se situe dans la dernière semaine de juillet. Cette année, elle est sèche depuis le 28 juin !!! Pour la face ouest de la cime de la Jasse, c'est plutôt durant la seconde quinzaine d'août. Elle ne passera pas le 14 juillet cette année.
 
Ce constat est sans appel : 2015, qui faisait déjà grise mine au regard des autres années 2000, est largement battue. Si l'été s'avérait plus chaud que la normale, les glaciers déjà mis à nu à des altitudes exceptionnelles pour la date, vont morfler comme jamais. 2017 pourrait, après 2003, être le second coup de massue du troisième millénaire.
 
Au grand regret des professionnels du tourisme et des touristes eux-mêmes attendant avec impatience d'aller se faire dorer la pilule au bord de mer ou de faire le lézard sur les parois rocheuses, il n'y a plus qu'à souhaiter un été particulièrement frais et humide. Oui je sais, personne n'en veut ; moi non plus.
 
On peut toujours rêver : pour contenter tout le monde, je signerais bien pour un thermomètre oscillant entre 23 et 28°C et trois jours de soleil sur quatre.
De plus en plus tôt. Lac Blanc (Belledonne ; alt : 2180 m) dans des conditions semblables de déneigement. Respectivement : 13/07/2013 ; 23/06/2016 ; 11/06/2017. Si cette série n'a aucune logique (on pourrait très bien retrouver des conditions intermédiaires l'année prochaine comme dans dix ans), elle montre au moins la faiblesse de ce début d'été : une fonte précoce et, au-delà, un enneigement bien faible qui mettra très vite le glacier de Freydane à nu et donc en bilan de masse déficitaire. Tout en sachant que les deux semaines ayant suivi la dernière image ont été caniculaires et que désormais, l'état de nos montagnes est de l'ordre de ce que l'on observe normalement début août. Quand on sait que juillet est le mois qui a le plus d'influence sur l'ablation...
De plus en plus tôt. Lac Blanc (Belledonne ; alt : 2180 m) dans des conditions semblables de déneigement. Respectivement : 13/07/2013 ; 23/06/2016 ; 11/06/2017. Si cette série n'a aucune logique (on pourrait très bien retrouver des conditions intermédiaires l'année prochaine comme dans dix ans), elle montre au moins la faiblesse de ce début d'été : une fonte précoce et, au-delà, un enneigement bien faible qui mettra très vite le glacier de Freydane à nu et donc en bilan de masse déficitaire. Tout en sachant que les deux semaines ayant suivi la dernière image ont été caniculaires et que désormais, l'état de nos montagnes est de l'ordre de ce que l'on observe normalement début août. Quand on sait que juillet est le mois qui a le plus d'influence sur l'ablation...
De plus en plus tôt. Lac Blanc (Belledonne ; alt : 2180 m) dans des conditions semblables de déneigement. Respectivement : 13/07/2013 ; 23/06/2016 ; 11/06/2017. Si cette série n'a aucune logique (on pourrait très bien retrouver des conditions intermédiaires l'année prochaine comme dans dix ans), elle montre au moins la faiblesse de ce début d'été : une fonte précoce et, au-delà, un enneigement bien faible qui mettra très vite le glacier de Freydane à nu et donc en bilan de masse déficitaire. Tout en sachant que les deux semaines ayant suivi la dernière image ont été caniculaires et que désormais, l'état de nos montagnes est de l'ordre de ce que l'on observe normalement début août. Quand on sait que juillet est le mois qui a le plus d'influence sur l'ablation...

De plus en plus tôt. Lac Blanc (Belledonne ; alt : 2180 m) dans des conditions semblables de déneigement. Respectivement : 13/07/2013 ; 23/06/2016 ; 11/06/2017. Si cette série n'a aucune logique (on pourrait très bien retrouver des conditions intermédiaires l'année prochaine comme dans dix ans), elle montre au moins la faiblesse de ce début d'été : une fonte précoce et, au-delà, un enneigement bien faible qui mettra très vite le glacier de Freydane à nu et donc en bilan de masse déficitaire. Tout en sachant que les deux semaines ayant suivi la dernière image ont été caniculaires et que désormais, l'état de nos montagnes est de l'ordre de ce que l'on observe normalement début août. Quand on sait que juillet est le mois qui a le plus d'influence sur l'ablation...

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Rédigé par lta38

Publié dans #humeur, #nivo-météo

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Publié le 13 Juin 2017

Méditations lors des dernières sorties en baskets autour de la maison et un billet qui va peut-être faire parler mais compte tenu de l'actualité suite à l'appel de l'ECI, je ne pouvais passer sous silence cet échange entre passionnés.

Avant l'avènement d'internet, l'immense majorité d'entre nous utilisait les topos papiers pour trouver des idées de balades, escalades, itinéraires à skis... et/ou la carte IGN. Sans ces documents, la montagne serait restée sauvage et déserte, hormis quelques grandes classiques connues et sues de tous.

A la fin des années 90, des sites communautaires sont apparus sur Internet (skirando.com devenu bivouac ; skirando.ch devenu camptocamp ; belrando désormais skitour...). Le principe est simple : chacun peut renseigner les conditions de sa sortie, décrire un itinéraire nouveau ou le modifier. Plus tous les à-côtés : fora, petites annonces, meetic de la montagne... Un outil génial utilisé par beaucoup silencieusement (en tant que simple lecteur), et activement par quelques irréductibles de la communication électronique dont je fais partie.

Personne ne peut nier le fait que sans une description antérieure à l'existence de ces sites web (et donc sans ces pionniers qu'ils soient découvreurs d'itinéraires à skis ou surtout équipeurs/ouvreurs de voies d'escalade ou encore défricheurs d'itinéraires cachés à la Pascal Sombardier...), les bases de données de ces sites seraient bien pauvres. Les noms des voies d'escalade, il faut bien les avoir lus quelque part pour pouvoir en parler. Idem pour les itinéraires à skis aux noms inventés par les ouvreurs.

La discussion lancée par l'ECI et reprise sur c2c tourne malheureusement beaucoup aux échanges infructueux comme souvent sur les réseaux sociaux, sans qu'il en découle une solution efficace. J'ai moi-même signé cet appel car partageant certaines revendications de ce dernier :

1- Que l'ouvreur d'une voie (escalade, pente raide à skis...) soit mentionné dans une fiche topo quand il est connu, et surtout systématiquement le nom du ou des topos papiers associés qui ont permis au créateur de la fiche de l'éditer. Si j'avais été le créateur de skirando.ch ou de skitour, je n'aurais pas permis qu'un itinéraire puisse être entré dans la base de données sans citer la source papier qui a permis de le faire connaître. C'est le principal (et quasi seul) reproche que je fais aux webmasters.
Et aujourd'hui, avec l'ampleur des bases de données, le travail à faire pour y remédier est colossal, j'en suis conscient. Il reste une solution intéressante qui contenterait tout le monde et n'imposerait pas beaucoup de temps aux modérateurs : lister tous les topos papiers existants (si ça se trouve, ils sont déjà tous dans la base de données "librairie") et faire qu'ils soient systématiquement associés à un itinéraire sur c2c se déroulant sur le même massif et concernant la même discipline, que cet itinéraire soit dans le topo ou non. Cette solution a d'autres défauts mais elle reste à mes yeux meilleure que la formule actuelle.

2- Que les sites de couenne (escalade sportive d'une longueur) ne soient pas décrits avec tracés exhaustifs des voies. Il faut savoir que ces sites sont, pour la plupart, conventionnés et que l'édition des topos permet d'en financer l'entretien. Si ces topos sont systématiquement repris sur le net, pourquoi les acheter ? En ce qui me concerne, pas de souci car j'achète systématiquement tous les topos des sites sur lesquels je vais, question d'éthique. Mais tout le monde ne fonctionne pas comme moi. S'il est facile de faire une photo d'une vaste paroi et de tracer grosso modo les itinéraires de grandes voies sur un croquis, il est très compliqué d'en faire de même avec précision sur un petit site école avec une grande densité de voies. C'est un travail long et méticuleux et il faut un grosse dose d'altruisme (une qualité de plus en plus rare) pour oser se lancer dans ce travail gratuitement et le mettre à disposition des autres. Ne nous voilons pas la face : si un connaisseur d'un site produit un topo de ce style, il y a des chances qu'il s'inspire directement du topo original. Le hic, c'est donc de proposer une telle plateforme qui laisse cette possibilité qui sera forcément utilisée par certains sans que personne puisse prouver quoi que ce soit et de dire que ce n'est pas la faute des créateurs du site. C'est un peu, toutes proportions gardées, comme si on fabriquait des voitures et qu'on laissait les gens faire ce qu'ils veulent avec en se disant : ce n'est plus de notre responsabilité... Fort heureusement, il y un code la route comme il y a des normes imposées aux fabricants.

Une avancée dans ce sens est à mon niveau tout bénéf' pour tout le monde :

- Elle respecterait davantage une certaine éthique

- Elle ne demanderait pas un travail colossal

- Elle ne nuirait en rien aux sites communautaires au regard de l'offre actuelle

- Elle empêcherait que naisse un jour un saboteur qui vienne s'identifier anonymement et pirate la base de données en modifiant/détruisant/faussant les itinéraires. Ne parlons pas de malheur mais tout existant dans ce monde, cette hypothèse est malheureusement à garder présente à l'esprit.

- Elle atténuerait l'orage en cours ce qui est toujours une bonne chose

Bon week-end ensoleillé à toutes et à tous ; la météo s'annonce favorable pour prendre l'air et pourquoi pas, pour méditer tranquillement de tout cela.

Orage en cours aussi sur la dent de Crolles

Orage en cours aussi sur la dent de Crolles

Alors que la veille, c'était carte blanche pour une montée digestive

Alors que la veille, c'était carte blanche pour une montée digestive

Renaissance après l'orage : l'envol des jeunes mésanges charbonnières du nichoir (image iPhone 5)

Renaissance après l'orage : l'envol des jeunes mésanges charbonnières du nichoir (image iPhone 5)

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Rédigé par lta38

Publié dans #humeur

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Publié le 28 Mai 2017

Kilian Jornet est un immense personnage. Un mental et un physique hors normes lui ont permis de remporter la plupart des grands ultra-trails de la planète. Mais l'homme vit sa passion de la montagne à fond et ne se "contente" pas de faire de la basket sur sentiers. Il a transposé son mode ultralight à la haute montagne.

Kilian est un de ces rares sportifs qui arrivent à vivre de sa passion. Pour ce faire, il joue la carte de la communication tout en restant humble ce qui est tout à son honneur. Il apporte sa connaissance à l'évolution du matériel et des pratiques. Un peu comme l'était un Ayrton Senna à la formule un. Un jour adulé, le lendemain décrié par les mêmes (on se rappellera du record au Cervin et de, quelques jours après, l'hélitreuillage sur l'éperon Frendo en raison d'une bielle coulée par sa partenaire), il ne laisse personne indifférent. Qu'on puisse lui reprocher, en cas de sauvetage, des limites d'un équipement trop light peut se concevoir et prêter en tous les cas à discussion entre passionnés, mais parfois, il est des réactions qui me dépassent comme tout le matraquage effectué autour de sa performance à l'Everest. Kilian était parti pour établir une référence sur un aller-retour depuis le dernier village habité et non le camp de base mais il a dû s'arrêter au retour au camp de base avancé en raison de son état. Il annonce avoir attrapé un virus qui l'a retardé et affaibli dès l'altitude de 8000 m ; peut-être tout simplement qu'il n'a pas supporté l'altitude (à moins d'un véritable virus). Peu importe car au final, il a tout de suite annoncé qu'il n'avait battu aucun record. Son temps reste toutefois un des meilleurs jamais réalisés sur la portion camp de base -> sommet et une énorme performance depuis le dernier village. Il n'a pas fait mieux que Hans (Kammerlander) mais a ouvert les possibilités d'un aller-retour d'une traite depuis la civilisation. Et sans oxygène (bien sûr), ce qui reste exceptionnel car moins de 170 personnes l'ont réussi à ce jour depuis Reinhold (Messner) en 1978 avec Peter Habeler.

Bien sûr, la presse s'est emparée de tout cela et en a fait les grands titres. Plusieurs alpinistes sont alors montés au créneau en annonçant qu'il n'avait rien fait d'extraordinaire. Jalousie des uns ? Aigreur des autres ? Car il existe en effet cette rivalité entre "véritables" alpinistes (avec tout le barda qui sied) et les "collants-pipettes" qui les doublent en courant. Cette rivalité, par ailleurs, ne s'effectue que dans un sens (alpinistes -> coureurs). Serait-ce parce que les seconds, supposés non "montagnards" car venant de la course à pied, irritent par le fait qu'ils vont plus vite que les supposés expérimentés ?

Kilian n'a rien d'inconscient. Il ouvre la voie comme l'ont fait d'autres par le passé et dans d'autres registres. Ses records au Kilimandjaro ou à l'Aconcagua ont été battus. Et alors ? Il reste un immense champion. Les records sont faits pour être battus. Et, n'en déplaise à certains, Kilian est aussi un grand alpiniste. On n'oubliera pas ses réalisations majeures à skis de pente raide. Il reste le premier (et le seul à ce jour) à avoir skié sans aucun artifice la voie des Autrichiens aux Courtes, là où les plus grands champions (Tardivel, Malnuit, Lamiche...) avaient tous posé (au moins) un rappel. En admettant (ce qui n'est pas certain du tout) qu'il ait bénéficié de conditions un peu meilleures que les précédents, il n'en a pas moins fait parler la technique pour passer skis aux pieds. Et puis, savoir choisir LES conditions ne fait-il pas parti de la qualité d'un montagnard ?

On ne compte plus les premières à skis, pentes raides et/ou enchaînements. Les victoires aussi en ski alpinisme. L'aller-retour canon au sommet du Cervin depuis Cervinia (moins de trois heures) ou au mont Blanc depuis Chamonix (moins de cinq heures) explosant les précédents records. Alors certes, il ne se lance pas dans la face sud de l'Annapurna ou une Goussault-Desmaison en solo mais entre une chose et l'autre (il reste capable de faire la nord de l'Eiger derrière le regretté Ueli Steck en quatre heures et quelques et à la descente, Ueli avait bien qualifié que c'était tendu pour le suivre), Kilian aura marqué et apporté beaucoup au monde de la montagne.

Et pour faire taire les grincheux, voici qu'il revient à nouveau de l'Everest (qui, à ce jour, a déjà fait deux allers-retours sans oxygène depuis le camp de base en six jours ???) en approchant de très près l'horaire de Kammerlander (17h vs 16h45), avec comme passif, le premier aller-retour sûrement encore présent dans l'organisme. Et toc !

Bravo Kilian et merci Jocelyn d'être un des rares à retranscrire, au plus juste à mon humble avis, l'état des lieux autour du Catalan.

En parallèle, d'autres champions s'expriment plus près de chez nous. Pierre Gignoux ne se contente pas de s'asseoir sur ses victoires à la Pierra Menta et autres courses de ski-alpinisme en fabriquant ses chaussures en carbone. Il reste lui-aussi, à cinquante ans, un athlète hors pair. Vététiste de haut vol, parapentiste, il a aussi été le premier à réaliser une traversée intégrale de Belledonne à skis, de Chamrousse au Grand Cucheron, et avec la manière. Cette traversée, il l'a peaufinée pour en faire "Belledonne 8000", un périple de huit mille mètres de dénivelé avec dix sommets. D'une seule traite ! Cette année, il a aussi fait un Pralognan -> Grand Paradis en passant par la Grande C(l)asse (!!!). Mais il affectionne aussi les intégrales depuis la maison avec approche à vélo. Parti avec son staff l'été dernier de Saint-Martin-d'Uriage, il a rallié le sommet du mont Blanc (seul, tous les autres ayant explosé) avant de revenir en une vingtaine d'heures au bercail (350 km de vélo ; 5000 m de dénivelé en tout...). Récidive la semaine dernière vers le dôme des Ecrins avec deux grosses pointures du ski-alpinisme. Partis à trois, ils finissent à deux au sommet, Pierre étant devant, à la montée comme à la descente.

Tout cela a un lien : ce n'est sans doute pas pour rien si Pierre a "choisi" Kilian comme ambassadeur de sa marque (ou l'inverse - voire probablement les deux).

Mont Blanc AR à vélo de Grenoble en à peine plus de vingt heures

Dôme des Ecrins AR depuis Grenoble en un peu moins de 13h30

Belledonne 8000

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Rédigé par lta38

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