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Publié le 25 Juin 2020

La prime pour retrouver le tueur de l'ours pyrénéen est toujours dans l'attente d'être distribuée. Tandis que certains élus, donc responsables de notre pays à leur échelle, encouragent "la montagne à rester muette". Autant je comprends parfaitement la détresse d'un éleveur lorsque celui-ci voit son troupeau attaqué, autant je n'accepte pas qu'une personne censée représenter l'ensemble des citoyens n'ait pas une attitude neutre ou en tous cas, conforme à la loi, loi qui n'a pas été respectée dans le cas présent. Cette attitude inacceptable de la préfète de l'Ariège est toutefois évocatrice des problèmes posés par les grands prédateurs, le principal étant le loup. Mais pour connaître un peu le sujet, il faut avoir conscience de comment le gouvernement essaie "d'acheter" une certaine paix sociale sans résoudre le problème. Pour cela, il faut s'intéresser à l'espèce.

Le loup est un carnivore de taille respectable. Il chasse principalement les grands ongulés. Tous y passent (chamois, chevreuil, cerf, mouflon, sanglier) ou presque (le bouquetin doit être une proie plus anecdotique). L'équivalent du mouflon version domestique est le mouton, du chamois la chèvre (c'est d'ailleurs le petit nom que l'on donne à la femelle chamois). Ces espèces font donc aussi partie du menu. Et de manière très occasionnelle pour des meutes spécialement nombreuses, de plus gros herbivores (équins, bovins).

Les chiffres Maploup pour 2020 sont éloquents : à la moitié de l'année, sur le dispositif des départements 26, 38, 73 et 74, on note 649 ovins tués pour 740 animaux domestiques au total soit à peine une centaine pour toutes les autres espèces réunies. Les bovins et caprins comptent pour 75% des restants. On peut donc se focaliser essentiellement sur le cas du mouton et essayer de comprendre pourquoi.

Si les bovins et équins peuvent mieux résister de par leur taille, les caprins et ovins sont plus vulnérables. Les élevages de chèvres sont rarement d'immenses troupeaux. Ils sont plus faciles à surveiller. Ils sont aussi bien moins nombreux. Le mouton en revanche est élevé en troupeaux modestes (300 têtes) à très intensifs (plus de 2000 bêtes). Pour ce dernier cas, il est impossible de les parquer chaque nuit et de les parquer tout court. Ils ont besoin d'espace. Ces grands troupeaux sont donc les plus vulnérables. Dernier point et non des moindres, l'attitude d'un mouton. C'est un animal qui n'est pas développé pour faire face au loup. Sa domestication par l'homme l'a rendu moins intelligent, moins vif. La fuite est quasi impossible. Dans un troupeau, c'est la fête pour le loup qui s'en donne à tous les cuissots qui lui passent sous les dents. Les moutons (de Panurge... pas appelés ainsi pour rien) fuient sans aucun bon sens. Il arrive qu'ils se précipitent tête baissée par-dessus une falaise. Le résultat pour l'éleveur peut être catastrophique.

Le mouton est donc une proie facile. Pourtant, certains loups ne s'y attaquent peu. Les meutes bien enracinées, avec plusieurs subadultes présents pour prêter main forte ont tout intérêt à rester sur de l'animal sauvage. Et les loups le savent. Quiconque a observé un loup dans la nature (généralement brièvement et de manière fortuite) a pu noter que l'animal s'est rapidement éclipsé. Parfois après quelques secondes d'observation, sans affolement. Mais éclipsé. Le loup hait l'homme. Contrairement à ce qu'on peut lire dans les journaux, les loups ne sont pas en train de modifier leur comportement et de venir faire des affûts près des villages pour attendre un enfant qui se serait un peu éloigné du reste de la troupe ! Le loup sait très bien que l'homme est son pire ennemi. C'est désormais inscrit dans ses gênes. Et donc, si la meute est bien organisée et installée sur le territoire de nombreux cervidés par exemple, ce sont ceux-ci qui auront sa préférence. Pour sa tranquillité. C'est typiquement le cas de la meute que je suis ; les prélèvements d'animaux domestiques par an se comptent sur les doigts de la main. Mais il n'y a pas que des meutes de loups. Il y a aussi des loups qui vivent (et errent) dans l'espoir de trouver/fonder une meute. Ces loups, souvent seuls, rarement à plus de deux, manquent d'expérience et de moyens. Ce sont souvent ceux-là qui s'attaquent aux troupeaux, par facilité. La faim les pousse. 

Lorsqu'un éleveur subit une attaque, il peut remplir un dossier pour demander la présence du louvetier. Le louvetier peut être contacté pour des tirs d'effarouchement ou des tirs de prélèvement. Le prélèvement se fait aux abords du troupeau, en surveillant jour et nuit l'arrivée éventuelle des prédateurs. Cependant, une étude menée par Jean-Marc Landry, grand spécialiste du problème, montre que plus de la moitié des loups observés à proximité d'un troupeau n'a pas l'intention de s'y attaquer. Il s'agit juste de loups de passage. Dans ce cas, le tir éventuel ciblera donc moins d'une fois sur deux un loup responsable. Mais il y a pire. Le tir de défense renforcé : il est accordé et accompagné de plusieurs louvetiers avec un cadre élargi au-delà du troupeau (en gros dans les montagnes environnantes). Un ou plusieurs loups peuvent être abattus sans qu'ils soient à proximité du troupeau. Le pourcentage de chance que ces animaux avaient l'intention d'attaquer est encore inférieur... Ainsi, on ne tire pas les loups qui posent problème ou au moment où ils posent problème mais des loups "au hasard" de la rencontre. Dans le cadre de tirs de défense renforcée, l'élargissement géographique fait qu'on peut tirer carrément une autre meute que celle qui avait fait parler d'elle. Et le pire, sans distinction alpha/subadultes. Et en dégommant un loup alpha, la meute est complètement destructurée et cela se solde régulièrement par une dispersion d'individus qui se retrouvent dans le cas du loup seul, qui s'attaquera donc plus facilement à un troupeau. Voilà pourquoi le système actuel fait grincer des dents :
- chez les défenseurs du loup qui voient la destruction d'une espèce protégée sans que le problème ne soit résolu
- chez les éleveurs qui voient que le problème n'est pas résolu (et demandent parfois une augmentation des quotats)

Voilà les faits. Il faudrait aller plus loin dans l'étude du comportement des loups pour trouver des solutions viables. Il faut savoir aussi que beaucoup d'éleveurs préfèrent éviter les tirs de loups (y compris lorsqu'ils sont inquiétés) et ce, par respect du monde vivant. Ne pas se fabriquer des clichés "pour ou contre le loup". Et la protection des troupeaux, d'autant plus qu'ils ne sont pas trop importants, fonctionne régulièrement (mais pas toujours il est vrai) si les mesures sont bien appliquées : bergers de surveillance, chiens de protection en nombre suffisant (préconisations = 1 chien pour 100 ovins - mais on reste régulièrement en deçà d'après mes observations). 

La saison d'été est lancée. Les moutons sont de retour dans les alpages (vus par exemple au col du Glandon). On aimerait tous (en tous cas c'est mon souhait) voir les attaques diminuer et les prélèvements de loups non atteints. De mon côté, malgré une petite déroute printanière avec une caméra volée, je poursuis mon apprentissage sur cet animal. Il est vraiment surprenant. Le couple alpha n'a pas fini de m'étonner.

Ils sont toujours là. Des images de jour qui font plaisir !
Ils sont toujours là. Des images de jour qui font plaisir !
Ils sont toujours là. Des images de jour qui font plaisir !

Ils sont toujours là. Des images de jour qui font plaisir !

Le rhododendron : Belledonne colorée en rose de juin à juillet.

Le rhododendron : Belledonne colorée en rose de juin à juillet.

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Rédigé par lta38

Publié dans #loup

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Publié le 11 Mai 2020

Ce titre n'évoque ni la fin d'une guerre, ni le célèbre journal, ni encore la fin du Covid-19 et encore moins la possibilité d'être aussi libre qu'avant. Il ne reflète que partiellement la réalité mais il est sans doute très proche de ce que nombre d'entre nous ont ressenti en ce jour avec la possibilité de reprendre (entre moult autres choses) ses activités préférées et sans devoir justifier un déplacement. Cela reflète cette journée et sera encore valable demain ; cependant, je ne parie pas pour la suite. J'espère...

De mon côté, les projets sont nombreux entre les retrouvailles avec le rocher vertical, les randonnées à la rencontre du printemps en montagne qui commence tout juste (débâcle des lacs, fleurs, faune...), peut-être une sortie pour clore la saison de ski, le suivi du loup... et bien sûr, les sorties en famille. La météo s'annonçait catastrophique. La veille pourtant, une fenêtre se dessinait sur la matinée après les pluies de l'aube. Serré tout ça. Pour commencer, j'ai donc choisi une randonnée sans histoire sur bons chemins pour aller récupérer les cartes mémoires de caméras automatiques. Pour le reste, je n'ai pris qu'un petit sac à dos avec le strict minimum mais le parapluie. Sur bons sentiers, lorsque les bâtons ont pour moi une utilité anecdotique, je trouve que le bon vieux parapluie reste un excellent moyen de se protéger d'une grosse averse, bien mieux que la veste Gore-Tex qui finit toujours par lâcher ou la grosse cape sous laquelle on transpire comme un cochon. Le parapluie est resté sur le sac. Côté photo, c'est assez rare pour être signalé mais je n'ai pris que le 70-200 f/4 sur le petit EOS 100D : un ensemble léger qui oblige à chercher des cadrages un peu serrés (équivalent 24x36 = 112-320 mm), permet la proxi-photo et laisse une chance de sauver une image en animalier.
PS : au final, pas le grand beau temps mais quasi pas une goutte de pluie de la journée...

Brumes et lumières. Renaissance de la nature en moyenne montagne.
Brumes et lumières. Renaissance de la nature en moyenne montagne.
Brumes et lumières. Renaissance de la nature en moyenne montagne.
Brumes et lumières. Renaissance de la nature en moyenne montagne.
Brumes et lumières. Renaissance de la nature en moyenne montagne.
Brumes et lumières. Renaissance de la nature en moyenne montagne.

Brumes et lumières. Renaissance de la nature en moyenne montagne.

Plusieurs passages de jour : ça fait plaisir !
Plusieurs passages de jour : ça fait plaisir !
Plusieurs passages de jour : ça fait plaisir !

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Rédigé par lta38

Publié dans #Belledonne, #loup, #paysages

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Publié le 9 Février 2020

Allez, une petite dernière pour profiter de cette petite poudre de moyenne montagne, bonne et homogène entre 1400 et 1900 m d'altitude là où le vent n'a pas eu d'effet. Et tant qu'à faire, autant lier l'utile à l'agréable : direction le secteur des loups pour relever deux caméras en place depuis un mois et demi. Bon, en toute honnêteté, cette sortie aura quand même été moins bonne que les deux précédentes : descentes bonnes moins longtemps, manque de neige en partie basse (bon, j'ai sans doute poussé un peu trop bas) mais je n'aurai pas fait le voyage pour rien avec de nombreux passages de loups même s'ils sont tous nocturnes.

Parlons des loups. Ils sont également à l'affiche au cinéma en ce moment. On se souvient du premier Opus du Haut-Alpin Jean-Michel Bertrand "La vallée des loups". Il faut savoir qu'à la suite de son film et de son succès, des opposants se sont montés contre lui. Un film qui, pourtant, n'abordait pas la problématique loups - éleveurs. Cela n'a pas empêché une partie de ces derniers de faire pression sur le tournage du second film en influençant notamment certains financements. Sauf erreur de ma part, cela avait valu le retrait du partenariat avec le département, parmi tant d'autres pas en arrière. Le réalisateur tenta de contrer ce coup bas en lançant un financement participatif qui fut très rapidement couronné de succès. Car il faut bien être clair : si aujourd'hui, les conditions sont encore compliquées pour de nombreuses espèces sur le terrain, il y a une prise de conscience de la nécessité de sauvegarder notre biodiversité et globalement, les Français y sont favorables.

Les jours ont passé. Malgré les bâtons dans les roues allant jusqu'aux menaces de mort (oui... pour un film), la suite est dans les salles depuis la mi-janvier. Il s'appelle "Marche avec les loups". Après l'avoir vu en avant-première en la présence du réalisateur à la Vence Scène à Voreppe, je me suis encore plus régalé au deuxième visionnement à l'Espace Aragon (Villard-Bonnot) et la famille tout autant. La quête de la poudre, des loups et de tant autres belles choses offertes par la nature. Un vaste programme...

NB : projections du film ce jour autour de Grenoble : Pathé Echirolles, le Club, Les Ecrins (Le-Bourg-d'Oisans), Cinéma Théâtre (La Mure), Bel'Done (Allevard), PASSrl les écrans (Voiron), Paradiso (Tullins), le Montcelet (Entre-Deux-Guiers) et (pour Rogier) à la salle Jean Marais de Puy-Saint-Vincent. Ce mercredi : le Club, Pathé Echirolles et Le Clos (Autrans). Le week-end prochain : Le Club, Pathé Echirolles, PASSrl les Ecrans, Le Cartus (Saint-Laurent-du-Pont), Jean Renoir (Pontcharra). A noter une séance également ce jeudi au Schuss (Chamrousse).

Petite poudre chez les loups (petite poudre acte 3)
Petite poudre chez les loups (petite poudre acte 3)
Petite poudre chez les loups (petite poudre acte 3)
Petite poudre chez les loups (petite poudre acte 3)

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Rédigé par lta38

Publié dans #Belledonne, #ski-glisse, #loup

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Publié le 3 Janvier 2020

Marchons avec les loups, mais les vrais ! Car les autres, les loups "humains", nous marchons avec eux depuis la nuit des temps...
Ciel voilé +(donc) pas de transformation + petites contraintes personnelles + sorti 7 jours sur 7 précédemment = pas de sortie ce vendredi. L'occasion de vous parler une nouvelle fois de notre planète qui souffre. Le loup, le vrai, ajoute dans certaines circonstances, des difficultés aux éleveurs/bergers. Beaucoup s'en sortent, n'étant pas touchés ou mettant en place les mesures préconisées de protection. Parfois, cela ne fonctionne pas comme on aimerait. L'état français, a minima soucieux de notre biodiversité, les aide et les indemnise correctement. Pour toutes ces raisons, les agriculteurs, les éleveurs, les ruraux, ne sont pas tous remontés contre le loup. Loin de là. Ils essaient de faire de leur mieux comme beaucoup essaient de diminuer l'emploi de pesticides et de trouver des solutions alternatives efficaces pour pouvoir continuer à travailler en respectant la Terre. De même que je connais des chasseurs qui estiment n'avoir aucune priorité sur la grand canidé et n'ont rien à reprocher à sa présence.

Mais il y a aussi les autres. Et parmi eux, de grandes instances qui beuglent plus fort que tout le monde, faisant beaucoup de mal et donnant, en sus, l'impression que c'est toute une corporation voire tout un département qui pense comme eux. En première ligne de ce billet, la FDSEA05 (fédération des syndicats agricoles des Hautes Alpes) qui appelle à manifester ce dimanche 5 janvier contre... la projection d'un film. Un film qui n'est pas du tout tourné contre les agriculteurs mais qui parle du loup. Un film qui essaie de comprendre comment vivent les loups et comment on pourrait essayer de vivre avec les loups.

Le loup n'est pas un problème en soi pour le biodiversité. On doit pouvoir continuer à vivre sans les loups. Le problème, c'est que notre impact n'est pas que sur les loups mais sur toutes les espèces. "On" ne veut pas de loup pour ne pas trop gêner les éleveurs. "On" accepte de détruire les abeilles et les insectes parce qu'on ne veut pas se passer de pesticides. "On" détruit le blaireau parce que parfois, il cause quelques dégâts sur les cultures... Plus près de chacun d'entre nous, nos voitures écrasent les hérissons, nos chats détruisent les petits passereaux... A bien y regarder, chacun d'entre nous est responsable de la destruction de la biodiversité. La cause à la conjonction de deux facteurs : notre empreinte écologique personnelle grandissante du fait de la technologie disponible et la démographie. Les conséquences sont désormais bien visibles sauf à avoir de grandes oeillères : incendies massifs en Australie (allez voir les images, c'est assez impressionnant), températures en hausse extrêmement rapide, fonte du permafrost... Sans parler de l'air que nous respirons. Le loup, les abeilles, les oiseaux, les hérissons, les blaireaux... tous les animaux doivent, parmi tant d'autres choses, avoir toute notre attention. Et c'est à chacun de faire de petites gestes à son niveau. C'est tout. Aucune dérogation ne doit être accordée ; sinon, par enfantillage et jurisprudence, on n'en sortira pas ("Maîtresse, lui il a droit, pourquoi pas moi ?").

Honte à la FDSEA05 qui, je l'espère, ne s'attirera que du mauvais en appelant au boycott d'un film apportant une richesse culturelle. Nous y croyons à en voir leur page Facebook plombée de messages contre eux et à regarder l'appel au soutien de Jean-Michel Bertrand que j'ai lancé sur ce même réseau social : déjà près de 150 partages et likes en à peine 12h dont une nuit ! On ne lâche rien. Et au passage, un très grand soutien à tous les nombreux agriculteurs qui, dans le silence et la douleur de leur métier, essaient chaque jour tant bien que mal de subvenir dans ce système douloureux, en essayant de faire de leur mieux pour limiter leur impact. Il ne faut pas hésiter à en parler également car c'est vraiment un métier difficile et l'amalgame est très facile de nos jours.

En résumé, allons voir le film "Marche avec les loups" qui sort en salles le 15 janvier (et courage à Jean-Michel qui le projète dans une énième avant-première ce dimanche 5 à Gap et qui sera confronté à cette manifestation) : c'est de loin la meilleure réponse à faire.

 

Le passage des loups. Image d'avant Noël, lors de mon dernier relevé de caméras.

Le passage des loups. Image d'avant Noël, lors de mon dernier relevé de caméras.

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Rédigé par lta38

Publié dans #loup, #humeur

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Publié le 19 Décembre 2019

Merci à Jocelyn et Petzl pour ce reportage sur mon activité de "piégeage" photographique de loups. Malgré les désillusions qui ont suivi les belles images de l'hiver et du printemps dernier, ma motivation reste intacte. En parallèle, un autre reportage circule actuellement sur les écrans. Il s'agit du film de Laurent Joffrion et Vincent Munier : "Ours, simplement sauvage". Tourné dans les monts cantabriques, au coeur d'un pays de densité de population équivalente à celle de la France, ce documentaire nous montre des images impensables à réaliser en France. Loups, Vautours, loutres, ours... cohabitent sur un même territoire. Pourtant, nous ne manquons pas d'espaces favorables tels les hauts plateaux du Vercors, les Pyrénées, les Cévennes... Probablement la faute à un passé cynégétique trop extrême qui a, au-delà de la chasse elle-même, ancré un certain nombre d'idées incompatibles avec cette faune, dans la tête de nos concitoyens.

Malgré des avancées positives et une évolution des moeurs, il faudra encore du temps. En Espagne, en Italie, aux Etats-Unis..., les prédateurs ne font pas l'unanimité. Mais, contrairement à nous, ces pays ont réussi à conserver des espaces qui leur sont favorables alors qu'ici, c'est encore "la guerre" pour un demi-millier de loups et une demi-centaine d'ours. Les réalisateurs ont voulu sans doute nous donner un signal fort. Le film se termine par une citation de John Muir : "Lorsqu'on tire sur un seul fil de la nature, on découvre qu'il est attaché au reste du monde". A méditer...

On entend souvent le refrain : être pour ou contre le loup. Comme pour nos retraites, nos chefs d'état savent diviser le peuple pour mieux régner. L'amalgame est fait : il y a ceux qui sont pour le loup et ceux qui sont contre. En regardant "Ours..." vous entendrez un des acteurs vous dire "On n'a pas à être pour ou contre l'ours ou le loup comme on n'a pas à être pour ou contre l'orage". Là encore, à méditer... profondément.

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Rédigé par lta38

Publié dans #loup

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