loup

Publié le 13 Juin 2019

Le loup reste un sujet passionnant. Le récent débat organisé par la ville de Grenoble l'a encore montré. Passionnant de par l'intérêt suscité. Passionnant au sens où il déchaîne les passions. Cette soirée m'a permis de mieux entendre et comprendre la détresse de certains éleveurs. Le stress permanent subit lorsqu'on s'endort en se demandant ce qu'on trouvera au réveil. L'organisation demandée pour se protéger. Cela m'a permis aussi de comprendre pourquoi le grand public avait aussi du mal à entendre ces arguments. Peut-être en partie à cause de la forme de la communication de éleveurs. Lors de cette soirée, ils ont été les seuls à ne pas respecter les règles du débat, à s'enflammer. Ils communiquent aussi sur de mauvais points comme le risque, qu'un jour, un loup s'attaque à un humain. A condamner le loup y compris pour des faits qu'il n'a pas commis, on perd en crédibilité. Le spécialiste Jean-Marc Landry a, à ce sujet, bien répondu en expliquant que le dernier cas d'attaque officielle en Europe avait eu lieu en 1976 en Espagne : une morsure au bras par un loup suite à une tentative d'entrée dans la tanière !! En ajoutant que son fils, qui se promène toute l'été dans la forêt derrière leur maison du Jura suisse, a interdiction d'y aller à partir de septembre, pour un danger réel celui-là, celui des fusils. Et effectivement, les éleveurs ne militent pas pour autant contre la chasse. Rester factuel est à mon sens la meilleure façon de se faire entendre. Et au passage, pour m'être rendu par la suite sur les pages de quelques fers de lance de la lutte contre le loup, j'ai pu me rendre compte de la mauvaise qualité de la communication : phrases agressives, faute d'orthographe tous les deux mots... On n'est pas obligé d'être un as du Bescherelle pour élever des brebis comme pour beaucoup d'autres métier, par contre, il paraît important de savoir qu'on est incapable d'écrire correctement et le faire faire par un intermédiaire compétent. La meute des éleveurs gagnerait sans aucun doute à revoir la forme de son dialogue pour être mieux écoutée car malheureusement, beaucoup de gens jugent l'autre sur son "allure".

Du côté de la meute des "non opposants au loup", la soirée a été plus calme. A titre personnel, je m'étais gardé d'intervenir, venu simplement pour prendre de l'information. J'ai pu noter les questions posées sur le retour naturel ou non du loup et sur les effectifs. Pour ce qui est du retour, même si officiellement il s'agit d'un retour naturel (et pour moi ça l'est), on ne peut exclure des réintroductions "sauvages" ça et là et bien malin celui qui pourra affirmer ou infirmer quoi que ce soit. Cependant, je pense que c'est un faux débat. Le loup a toujours existé en Europe et même en France excepté quelques années dans toute l'histoire. Comme le vautour qui a pourtant été réintroduit. De même que le cerf, le mouflon, le bouquetin dont beaucoup de nos populations sont des réintroductions suite aux massacres humains. Réintroductions que personne ne conteste. Il n'y a pas lieu de se battre pour savoir si le loup a été réintroduit. Même si cela avait été le cas, cela ne donnerait pas plus de droit de le détruire.

Les meutes sont en augmentation en France et cette année, l'état prévoit de tuer une centaine de loups. Ca c'est la version officielle car on estime en effet que pour un loup abattu officiellement, pas loin d'un loup supplémentaire est tué. Les collisions avec les véhicules, par exemple, ne sont pas prises en compte. Mais il y a surtout le braconnage complètement sous-évalué. Lors de ma rencontre avec le loup l'automne dernier, si j'avais été en affût "chasse", il aurait suffit d'une balle. L'animal aurait roulé dans un bosquet de vernes et personne n'en n'aurait jamais rien su. Cette situation doit arriver régulièrement. Je sais aussi de source fiable que lors des actions de tirs officiels, tous les loups ne sont pas déclarés. Il faut donc s'attendre à une grande destructuration des meutes et probablement des effets non souhaités avec dispersion d'individus. Plus la recherche avance plus il semble que ces tirs létaux soient en effet néfastes également pour les éleveurs car on constate que ce sont souvent les loups "satellites" qui s'attaquent aux troupeaux. L'idéal serait "d'apprendre" au loup à ne pas toucher aux animaux domestiques. C'est un animal intelligent qui se souvient des "leçons" qu'on lui donne. Abattre un loup simplement parce qu'il est aux abords des troupeaux est complètement grotesque. D'après les études, près de 50% des loups qui sont repérés à proximité des élevages ne sont que de passage et n'ont pas l'intention de s'y attaquer. Un de mes amis a une vidéo de deux loups qui passent devant sa caméra dix secondes derrière un cerf, tranquillement, sans s'en soucier. Le loup chasse pour se nourrir. Il peut rester des jours sans manger. Après avoir consommé, il n'a pas besoin de chasser. Le loup n'essaie de tuer qu'une infime partie des proies qu'il croise.

Il ressort également que seule une petite partie des troupeaux subit de grosses attaques. Ce sont souvent les mêmes. Parfois ce sont des troupeaux mal ou insuffisamment protégés. Parfois ce sont des troupeaux qui fréquentent des milieux difficiles à sécuriser. Parfois ce sont des troupeaux situés dans des secteurs où les loups n'ont pas d'autres proies et se sont spécialisés dans le bétail. Les meutes que j'essaie de suivre sont plutôt spécialisées dans la faune de montagne. Elles permettent la régulation des cervidés notamment. Elles ne sont que plus difficiles à suivre. Malgré les heures passées là-haut, à l'heure des petits louveteaux dans les tanières, mon approche est au point mort. Ce qui pouvait devenir une certitude est devenu une absence. L'intelligence de l'animal me sidère. Je crois avoir encore énormément à apprendre des loups. Il y a de grandes chances que je ne vois pas la queue d'un louveteau cette année. Il se pourrait même qu'ils soient installés dans un autre vallée. Et puis ? Mon histoire avec cet animal continue et ce qui pourrait être considéré comme un échec n'est rien d'autre qu'un apprentissage en construction. Ne pas parvenir au but, reprendre son raisonnement, recommencer. Il n'y a pas d'échec, il n'y a qu'un chemin. Et cette difficulté me laisse penser qu'on peut bien continuer à tirer sur les loups, ce n'est pas demain la veille qu'il disparaîtra. Et peut-être même que cela augmentera les problèmes. L'être humain ferait mieux d'essayer de comprendre la nature et d'essayer de vivre avec elle plutôt que de la détruire. A chaque volonté il y a un chemin.

Il est bien passé dans le coin mais...

Il est bien passé dans le coin mais...

Une chevrette qui vient à ma rencontre

Une chevrette qui vient à ma rencontre

Rencontre avec des jeunes troglodytes fraîchement sortis du nid
Rencontre avec des jeunes troglodytes fraîchement sortis du nid

Rencontre avec des jeunes troglodytes fraîchement sortis du nid

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Rédigé par lta38

Publié dans #animaux, #loup, #Belledonne

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Publié le 2 Juin 2019

Loup y es-tu ?... Le loup, comme le lynx, sont typiquement les animaux que l'on ne voit pas mais qui eux, nous voient. A contrario du cerf ou du chevreuil qui s'enfuit bruyamment dans la forêt à l'approche du bipède, le loup  a de grandes chances d'être posé sur un rocher, au creux d'un arbre, sur un promontoire décalé des sentiers... et d'observer discrètement tout notre remue-ménage. Je ne le saurai jamais mais je serais très curieux de savoir combien de fois j'aurais pu l'observer si, en passant à proximité ou à portée de jumelles, j'avais été au courant de sa présence.

Depuis que j'ai entrepris de connaître un peu cet animal dans nos montagnes en 2018, je ne l'ai aperçu en direct qu'une seule fois. Nous verrons ce que 2019 nous réserve. En attendant, cette quête du loup reste avant tout un prétexte pour sortir et durant ces pérégrinations, la nature nous offre tout son cortège de trésors.

loup, renard, chamois, blaireau
loup, renard, chamois, blaireau
loup, renard, chamois, blaireau
loup, renard, chamois, blaireau

loup, renard, chamois, blaireau

chamois

chamois

Grimpereau des bois

Grimpereau des bois

Précédé de quelques heures seulement, compte tenu des températures

Précédé de quelques heures seulement, compte tenu des températures

Autre trésor
Autre trésor

Autre trésor

Rien que pour les yeux

Rien que pour les yeux

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Rédigé par lta38

Publié dans #animaux, #loup, #récoltes, #balade, #Chartreuse

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Publié le 23 Mai 2019

Depuis le 15 mai, la chasse aux blaireaux est ouverte. La vraie chasse. Le vrai blaireau. Animal fort sympathique à mon goût, ce petit omnivore nocturne blanc et gris est malheureusement fort mal aimé d'une (infime) partie de la population et pourtant, c'est cette infime partie qui obtient de le droit d'en tuer des milliers. Il serait soit-disant nuisible (pour une poignée de personnes).

Vous avez bien entendu. Nous sommes en 2019 et voilà ce que notre pays cautionne, autorise, encourage. Je ne suis pas adhérent du parti animaliste. Je n'en fais pas une priorité dans ma vie. BB n'est pas mon modèle. Seulement voilà, que la France accepte ces pratiques aujourd'hui m'écoeure au plus haut point et demeure très explicite sur l'état d'esprit de certaines personnes. Ce genre de résolution devrait être assujetti au choix du peuple et non une poignée de connards (terme employé pour la première fois sur ce blog et son ancêtre soit depuis près de vingt ans) parce que c'est ainsi qu'il faut les qualifier. Cette chasse se fait en traquant l'animal au terrier. En lâchant de petits chiens qui parcourent les galeries et font bouger les blaireaux. En élargissant les entrées des terriers avec pelles et pioches pour mieux les attraper avec des pinces géantes. Après quoi, meurtris mais encore vivants, ils sont jetés en offrande à l'armée de chiens qui termine la besogne à coups de canines.

Quand on s'extasie (parce que cela se termine souvent par la photo de groupe avec l'affichage du butin) devant de tels actes, on peut comprendre, toutes proportions gardées, que d'autres soient allés encore plus loin, avec des animaux comme avec des humains. Alors voilà, c'était le coup de gueule du jour. Je ne vais pas y revenir toutes les cinq minutes mais beaucoup trop d'entre nous ignorent ces pratiques barbares autorisées par le gouvernement Macron, comme par les précédents, sous la pression très certainement. Il était bon de le rappeler.

De mon côté, je prends goût au "piégeage bénin", celui de l'image fournie par des caméras automatiques. J'étais un peu dubitatif au départ, imaginant une certaine frustration de ne pas voir les choses en direct. Mais au final, cela me convient parfaitement et je suis moins souvent sur le terrain aux heures dérangeantes pour la faune (le matin tôt comme le soir tard), sauf vraiment les jours où je pars pour un sujet précis. Le relevé des images contribue à mon entretien corporel, l'émotion est bien présente et en plus, il y a un peu de technique et beaucoup de travail en amont. Voici quelques captures d'animations. Cela vaudrait le coup d'essayer le mode photo que je n'ai absolument pas encore utilisé depuis (presque) deux ans et mes débuts.

Loups !

Loups !

Chamois

Chamois

Martre

Martre

Gélinotte des bois. Une belle surprise

Gélinotte des bois. Une belle surprise

Piège en place

Piège en place

De bonne surprises

De bonne surprises

Crocus. Le printemps seulement maintenant en moyenne montagne

Crocus. Le printemps seulement maintenant en moyenne montagne

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Rédigé par lta38

Publié dans #animaux, #loup, #Belledonne

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Publié le 4 Mai 2019

Lettre à Mme Véronique Pueyo, journaliste
Lettre à la rédaction de France Bleu Isère
Lettre à M. Thomas Guillet, maire de Corrençon-en-Vercors

Lettre à M. Gilles Ruel, président de la société de chasse de Corrençon-en-Vercors
Lettre à M. Lionel Beffre, préfet de l'Isère

Bonjour

Je réagis à un article publié par France Bleu Isère intitulé "Corrençon-en-Vercors, un loup achève sa proie dans le centre du village" et paru ce samedi 4 mai 2019. Ce billet entretient la psychose du loup de manière inutile et il était impératif de rétablir un minimum d'objectivité.

Je passe rapidement sur le titre et le chapeau, peut-être destinés à faire cauchemarder les gens pas (ou peu, ou prou, ou mal) informés sur le loup, en particulier les habitants du Vercors. Quelle belle idée ! Je m'attarderai un peu plus sur le corps du billet en question :

- Vous tirez des conclusions (sur le loup) avant même le moindre résultat d'une étude ADN, étude ADN qui, même si elle prouvait que ce soit un loup, ne confirmera jamais le lieu de la scène. Il y a en effet suffisamment de personnes mal intentionnées "anti-loup" dans nos campagnes pour qu'il soit même possible que ce cadavre ait été rapporté ici par l'un d'entre eux en pleine nuit.

- Sans les mêmes conclusions, vous autorisez des tirs d'effarouchement. Et quand bien même : si les louvetiers venaient à abattre un loup, on n'aurait aucune preuve que ce soit le "coupable". Je m'intéresse à cet animal à titre personnel et je peux vous affirmer que l'espace de quelques heures, ils peuvent être à des kilomètres de là et ne pas y revenir avant plusieurs semaines. Cette mesure fait un peu l'enfant qui veut se venger de quelque chose. Puéril et sans effet. D'autant qu'il n'est même pas prouvé que la régulation des loups ait un effet "positif" pour ceux qui se disent gênés par l'animal. On le voit ; le loup est maintenant présent partout sur le territoire français, peut-être en partie à cause de cette dispersion causée par les tirs et l'éclatement des meutes.

- On peut lire que "le loup n'a plus peur de venir jusque dans les villages". Le loup n'a pas peur tant qu'il ne croise pas son ennemi de toujours. Il se "promène" la nuit : pour être heureux, vivons caché vous dira-t-il. Parfois, il se fait surprendre par un randonneur, un citadin qui passe par là. Après quelques secondes d'hésitation et d'identification, il fuit. Le loup craint l'homme et "gère tranquillement" cette crainte.

- "Le cerf a cru qu'il serait protégé du loup en entrant dans le village". Là, j'ai failli m'étouffer. Le cerf n'a rien cru du tout. On parle quand même d'un cerf !! Encore une fois, s'il n'a pas été déposé ici "artificiellement", ce cerf s'est retrouvé là suite à la panique lors de l'attaque (que ce soit un loup, un chien...) et lors de la poursuite. Point. A noter qu'il y a eu récemment le même type de conclusions sur un loup aperçu se nourrissant du cadavre d'une biche aux portes d'un autre village isérois. On a crié à l'entrée des loups dans les villages. En réalité, le cervidé avait été tué par percussion avec une voiture et l'opportuniste et intelligent canidé en avait profité. Simplement.

- Vous craignez les attaques de loup sur l'homme. Pour parler de ce que je connais à savoir, depuis la date du retour du loup en France en 1992 soit bientôt trente ans, aucune humain n'a été tué par un loup. Et même aucune blessure véritable n'a pu être trouvée. Et chaque année, "on" continue à perdre de la salive en entretenant cette psychose de l'enfant qui finira par se faire manger. L'être humain est suffisamment intelligent et prendra les mesures adéquates le jour où cela arrivera, si cela arrive. En attendant, arrêtons d'entretenir ces inepties et, au contraire, contentons-nous des faits. Et là, il y a du travail. Zero attaque de loups mais combien de chiens ? Dans le même laps de temps, sur une trentaine d'années, les accidents de chasse causent entre 15 et 20 morts par an soit peut-être 500 depuis le retour du loup et les autres "usagers" de la nature attendent toujours des mesures pour réduire les risques (diminution des zones géographiques autorisées à la chasse, réduction de la durée avec un jour de non-chasse le week-end, les vacances etc).

Réapparu en 1992 en France, le loup est effectivement un prédateur et le fait qu'il se nourrisse d'animaux n'est pas un scoop. Dans l'état actuel de notre biodiversité dont je ne vais pas faire la liste ici, il est impératif que tout être vivant soit protégé et que, lors de conflits avec l'homme (dans le cas du loup, je ne vois que celui avec les éleveurs), nous trouvions des réponses (et il y en a toujours) qui mettent la protection de la biodiversité en priorité. La presse peut aussi contribuer à tout cela en cessant ces billets "à grands titres" et se contentant de relater les faits.

Cordialement

Lionel Tassan, enseignant, alpiniste, naturaliste, auteur-photographe.

Loup photographié en Belledonne à l'automne 2018 (archives Lionel Tassan)

Loup photographié en Belledonne à l'automne 2018 (archives Lionel Tassan)

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Rédigé par lta38

Publié dans #animaux, #humeur, #loup

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Publié le 28 Avril 2019

Nombreux sont ceux qui suivent les loups aujourd'hui. Mais pas pour les mêmes raisons... De retour de Norvège, j'avais hâte de retrouver "mes" coins, mes habitudes. J'éprouve finalement autant de plaisir à arpenter des contrées lointaines inconnues que des forêts dans lesquelles je connais le moindre recoin mais avec un objectif précis et approfondi. Se focaliser sur quelques sujets et les "exploiter" à fond.

Cette étude personnelle du loup m'a déjà beaucoup appris sur cet animal et pourtant, je me considère encore comme un débutant. Il me faudra des années pour, peut-être, parvenir à un stade plus expert. En attendant, je poursuis mes recherches d'indices, ma collection d'images. Et puis, le loup demeure un fil conducteur mais il y a tout ce que l'on ressent/apprend/rencontre durant ces sorties d'immersion dans la nature.

Les autres habitants du secteur
Les autres habitants du secteur
Les autres habitants du secteur
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Les loups
Les loups
Les loups

Les loups

Point de doute. Celui-ci est passé quelques heures avant moi mais je ne le verrai pas.
Point de doute. Celui-ci est passé quelques heures avant moi mais je ne le verrai pas.

Point de doute. Celui-ci est passé quelques heures avant moi mais je ne le verrai pas.

Une météo qui contraste avec celle de Norvège !

Une météo qui contraste avec celle de Norvège !

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Rédigé par lta38

Publié dans #animaux, #loup, #Belledonne

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