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Publié le 28 Juin 2020

Il nous a quittés la semaine d'avant confinement et son enterrement n'avait pu réunir toute sa "grande famille", celle de ses amis et aussi de connaissances moins proches mais pour qui il comptait beaucoup de par son engagement dans le monde de l'escalade. On ne refera pas le monde. J'ai écrit ici ce que j'avais sur le coeur. Et sur le site de l'ECI, son fils Sylvain donne des détails sur l'accident.

En ce samedi d'été, près de cent cinquante personnes étaient réunies pour un adieu collectif à Chamrousse. Moment émouvant...

Peu après, me voici de retour sur le site de Chamrousse pour faire découvrir les voies de Jean-Mi à Antoine, jeune grimpeur qui promet. Un petit "brocken towers" à la fraîche. J'avais oublié que le pas de sortie de L3 était aussi bloc. Je l'avais pourtant réussi la dernière fois mais là, le confinement aura eu raison de ma motivation, doublé d'une erreur de lecture éliminatoire. Mais peu importe. La voie est belle et un peu soutenue. C'était parfait. Merci Jean-Mi pour ces beaux itinéraires !

Dans "brocken towers"
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Hommage
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Rédigé par lta38

Publié dans #escalade-alpi, #portraits

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Publié le 14 Mars 2020

« C’est vendredi 13 aujourd’hui, ça porte malheur ! »

Tels étaient les mots de ma grande fille Stella en partant ce matin au collège. En rigolant, je lui répondais que tout ça, c’étaient des conneries…

SMS du frérot sur le coup des 10h :

« Merde Cambon ! »

Un autre dans les secondes qui suivent.

« Tu as su pour Cambon ? »

Quoi ?!!? Hein ?!! Nooonn !!!!!

La nouvelle tombe tel un couperet. Notre Jean-Mimi national nous a quittés. En équipant les rochers de Ponsonnas, un éboulis vertical comme il aimait le nommer, l’ami s’en est allé. Une faute ? Un bloc sournois ? Peu importe. La conséquence est sans appel. On entend d’ici les parois de l’Oisans pleurer. En fait, j'avais raison. Ce n'est pas un malheur, c'est un séisme, une inondation de degré 8 sur l'échelle de Notre-Dame !

En quelques dizaines de minutes, les commentaires affluent sur la toile. La communauté montagnarde est abattue. Comme il l’écrivait lui-même dans ses topos : quel con mais quel con ! La pilule ne passe pas. L’animal devenait pourtant extrêmement prudent. De plus en plus. Après avoir bravé les grandes parois des Alpes telles la face sud du Fou ou la Walker avec Jean-Marc Boivin et dit lui-même qu’il ne voulait/pouvait plus suivre le rythme effréné de son acolyte, après avoir ouvert, avec le même matériel désuet, des voies engagées comme la directe nord à l’Olan avec son compère Bernard Francou, il était devenu maître dans l’ouverture de grandes voies (plus ou moins difficiles) avec équipement à demeure systématique. D’abord des lignes équipées du bas dans les années 80 puis de plus en plus régulièrement du haut, notamment après son écrasement sur une vire qui lui avait coûté les calcaneums. Avec, au fil des ans, l'ouverture de voies pour qu’elles soient répétées, i.e., avec un équipement réfléchi concernant la sécurité. Au début des années 2000, il découvre les rochers de l’Homme à Chamrousse et y fait une exploration systématique comme il le faisait à Ailefroide, à la tête d’Aval ou à la tête de la Maye dans les Ecrins. Les voies Cambon deviennent alors presque systématiquement équipées béton. Pour rendre accessible au plus grand monde l’escalade en grande voie, il ne faisait aucune concession. Un travail titanesque. La dernière fois que je l’avais rencontré sur les parois matheysines, j’avais ironisé en arrivant au relais d’où il s’apprêtait à descendre en rappel :

- Tu n’as pas été avare en points, j’en ai clippé un sur deux tout le long !  (rires)

- Sache, mon biquet impertinent, que si tu avais été là, tout seul, avec ce rocher décomposé, tu n’aurais pas fait le mariole !

De la répartie, il n’en manquait pas. J’adorais les conversations avec lui. Empreintes d’humour et de tacles à hauteur des chevilles quand cela se justifiait à ses yeux. Mais on sentait toujours au fond une profonde gentillesse.

D’autres l’auront davantage connu que moi pour mieux en parler. Mais Jean-Michel, c’était aussi un ultra-passionné-engagé. Je l’ai croisé en tant qu’instituteur (de très haute montagne) mais surtout en tant qu’équipeur. Si aujourd’hui, on devait retenir un nom ayant oeuvré pour l’équipement de grandes voies faciles et accessibles au plus grand nombre, ce serait Jean-Michel. Quel grimpeur aujourd’hui n’a pas escaladé une voie Cambon ? Combien de plaquettes lui doit-on dans nos montagnes ? Sans compter tout le reste : l'équipement des vires d'accès, les sentes taillées à la pioche...

Chaque rencontre avec le Maître me faisait le plus grand plaisir. Régulièrement, il me disait : « Mon petit Lio, je viens de terminer une nouvelle voie ; va voir, tu me diras ce que tu en penses, voilà le topo ! Mais tu le publies pas tout de suite hein ?!!? »

Au-delà de son oeuvre, Jean-Michel militait pour la mémoire montagnarde. Il lui tenait à coeur de rendre hommage à celles et ceux qui nous permettent de grimper. Que ce soit les ouvreurs, les réalisateurs de topos… Il m'avait beaucoup encouragé dans l'écriture de mon "Belledonne Escalade". Il faisait partie du petit groupe à l’origine de l’Appel des Ouvreurs et qui avait lancé cette lettre à la communauté sur les dérives de la non-maîtrise des topos électroniques et notamment, l’oubli de citation, de mémoire, des pionniers, des auteurs ; en résumé, de ceux grâce à qui nous grimpons. Un état d’esprit que je salue car on a trop tendance aujourd’hui à faire de l’escalade une consommation superficielle. Il n’était pas opposé aux nouveaux moyens de communication. Bien au contraire. Mais il était déçu de certains comportements qui en découlait. C’était aussi une partie de son noble combat.

Enseignant, père de famille, grimpeur, équipeur, engagement… mais aussi une plume d’enfer. Connaissant certaines de ses tirades par coeur, je prends toujours autant de plaisir à les relire une énième fois, avec le même fou-rire. Un condensé de rappels à la prudence, taquineries, ironies, hommages… le tout empreint d’une vérité difficile à contredire sans une dose de mauvaise foi. Son humour, sa verve, son enthousiasme, son talent d'écriture tout simplement, on le retrouve dans son topo "Oisans Nouveau Oisans Sauvage", qui fait date depuis fort longtemps. Réédité à de nombreuses reprises, il fait cohabiter ce qu'il appelle le terrain d'aventure (aujourd'hui "Trad"), l'Oisans sauvage, et les voies équipées, l'Oisans nouveau. Etendu à Belledonne sud, à la Matheysine et au Dévoluy. Un ouvrage de référence, aujourd'hui décliné en deux gros pavés (ouest et est). S'il ne fait pas encore partie de votre bibliothèque, il est encore temps. Ce livre est sans discussion possible la bible de l'"Oisans-Ecrins". Et il n'y aura pas de réédition... 

Le père Cambon ne laissait personne indifférent. Très souvent, on l’adulait pour l’ensemble de son oeuvre. Parfois, la critique était acerbe contre certaines de ses idées et de ses actions comme l’intérêt de sikater et ferrailler un rocher déliquescent. Fallait-il équiper ici ? Fallait-il mettre autant de points ? Mais au final, ces voies dont la légitimité était peut-être discutable, ne représentaient qu’une infime proportion de ses réalisations. Et comme il se plaisait à le dire, tout ça, c’est pour rire. Grimper reste un amusement et il ne faudrait quand même pas trop se prendre au sérieux. "Si on n’aime pas, on peut aussi passer son chemin" s'amusait-il à dire aux grimpeurs de niveau 7 et plus. En ajoutant qu'on avait aujourd'hui suffisamment le choix dans nos montagnes pour parcourir des voies qui correspondent à nos attentes et délaisser les autres sans privation. Et c’est finalement aussi ce recul qu’on appréciait chez Jean-Michel.

Aujourd’hui, la communauté alpine pleure. Ce ne sont pas des larmes mais des torrents qui coulent au pied de la Meije ou de la Dibona. La suite sera difficile. Quel vide immense pour nous tous ! Pour Babeth, sa compagne ! Pour Sylvain et ses autres fils ! Pour ses amis proches avec qui il a beaucoup grimpé ; la liste serait bien trop longue et incomplète ici ! Pour moi qui n’aurai plus l’immense plaisir de croiser son chemin et de le charrier sur une énième discussion à espace Vertical ou au sommet d’une voie. Pour nos montagnes !!

Nous allons continuer à grimper, à skier, à vivre. Mais rien ne sera plus comme avant. Désormais, tu ne seras plus là pour nous ouvrir la voie. Pour autant, nous te t’oublierons pas. Il ne sera pas un endroit en Oisans où je ne t'entendrai pas continuer à me taquiner. Nous continuerons à grimper tes voies avec le même plaisir. Ton oeuvre est monumentale et la communauté alpine t’en remercie du fond du coeur. On se console un peu en sachant que tu es parti en faisant ce que tu aimais. Avec une vie bien remplie. Loin des blablas d'en-bas. Merci mon Jean-Mi. Ton p’tit Lio.

Avec François Kern au trident de Cognet (2018), une de ses dernières réalisations qui est déjà devenue un must de grande voie facile équipée

Avec François Kern au trident de Cognet (2018), une de ses dernières réalisations qui est déjà devenue un must de grande voie facile équipée

Avec Stéphane Bauzac aux rochers de l'Homme dans Chourmo (2014), une des plus belles créations du Maître sur le site. (7a, 6b obl.)

Avec Stéphane Bauzac aux rochers de l'Homme dans Chourmo (2014), une des plus belles créations du Maître sur le site. (7a, 6b obl.)

Avec Stan Laurent à la Meije dans l'Ivresse (2013), une voie Cambon-Chapoutot exceptionnelle (6a, 5c obl.)

Avec Stan Laurent à la Meije dans l'Ivresse (2013), une voie Cambon-Chapoutot exceptionnelle (6a, 5c obl.)

Avec François Gouy dans la Walker de Livet (2005), la plus longue voie entièrement équipée (du monde ?) sur plaquettes by JMC (6c, 6a+ obl., 35 longueurs)

Avec François Gouy dans la Walker de Livet (2005), la plus longue voie entièrement équipée (du monde ?) sur plaquettes by JMC (6c, 6a+ obl., 35 longueurs)

Avec Julien Pierson dans Ranxerox à la tête d'Aval (2017), un de ses plus belles voies toutes confondues. Un mythe ! (7a, 6b obl. 24 longueurs).

Avec Julien Pierson dans Ranxerox à la tête d'Aval (2017), un de ses plus belles voies toutes confondues. Un mythe ! (7a, 6b obl. 24 longueurs).

Deux bouquins à lire et à relire absolument

Deux bouquins à lire et à relire absolument

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Rédigé par lta38

Publié dans #escalade-alpi, #portraits

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Publié le 3 Octobre 2019

Commence par un lever à 5h du matin et une montée sèche pour profiter du lever du jour au-dessus de la mer de nuages. Un oubli d'objectif ne me permet pas de vous proposer une image ou deux mais ce n'est pas grave. La journée se poursuit par une descente dans la forêt où les cerf brament. Ce n'était pas le but premier de la sortie mais n'ayant pas oublié le téléobjectif, au cas où, je m'octroie une demie-heure de "pause-affût" (je n'ai rien mangé depuis la veille) sur un passage régulier d'animaux. Un cerf me fera le plaisir de passer au bout de quelques minutes.
Je poursuis la descente... Une bonne douche. Et hop, au boulot. D'abord quelques corrections de copies puis trois heures de cours. Une fois les cours de l'après-midi dispensés, retour à la case départ pour les dix ans de ma petite Emie. Avec un beau coucher de soleil sur mon massif préféré. Avant l'extinction des feux, encore quelques préparations à peaufiner pour le lendemain. Il est déjà 23h. Ca suffira pour aujourd'hui. J'aime particulièrement ces journées où tout s'enchaîne sans temps mort, tout comme celles davantage "mono-tache" mais sur une plus longue durée.

Une histoire de 10 : un cerf dix cors, le coucher de soleil de 7h10 et 10 ans de vie, déjà !
Une histoire de 10 : un cerf dix cors, le coucher de soleil de 7h10 et 10 ans de vie, déjà !
Une histoire de 10 : un cerf dix cors, le coucher de soleil de 7h10 et 10 ans de vie, déjà !

Une histoire de 10 : un cerf dix cors, le coucher de soleil de 7h10 et 10 ans de vie, déjà !

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Publié le 16 Mai 2019

Après le rendez-vous à la Dent, voici celui du Grand Colon. Clôturer de cette façon la saison de ski sur ces sommets qui dominent Grenoble et réservent une fantastique lumière au soleil couchant est un immense plaisir. Bien sûr, ce Colon sera encore skiable un certain temps mais avec les prévisions incertaines à dix jours, il fallait profiter de cette ultime journée de grand beau.

Le Grand Colon ("Grand Colon baskets" dirait un certain Bertorcheur) de fin de saison, c'est un parking proche de la ville, à presque 1500 m d'altitude et une montée efficace et rapide en baskets par le sentier classique (en très grande partie déneigée), pour une descente sur du velours, de la neige de névé parfaite, dans l'entonnoir et le couloir qui y fait suite, avec déchaussage généralement à peine au-dessus de 1500 m d'altitude !

Donner rendez-vous aux amis à 20h là-haut, c'est l'assurance d'un beau moment de partage, certains n'hésitant pas à y monter de belles bouteilles. Une bonne rigolade aussi. On n'hésite pas à venir d'Annecy ou de Lyon et s'essayer (avec difficulté) à la course d'orientation pour rejoindre le sommet. Et une descente de type "lâcher d'animaux sauvages". Merci à tous ceux qui ont pu/voulu se joindre à la troupe. Une pensée particulière pour les absents, en particulier Jo l'habitué du GCB et ses bertonchinettes, MonLio blessé, Io bloqué par une réunion de crise...

Pas d'images de la descente ; je n'avais pas pris le petit appareil photo facilement "dégainable" et le gros reflex plein format était dans le sac. Et compte tenu de la vitesse d'exécution, je ne pouvais pas réagir. L'important était davantage dans la rencontre au sommet où je me suis essayé au jeu des portraits, moi qui ne suis pas du tout photographe portraitiste. Trombinoscope de la soirée sans légende. A la prochaine les amis. 

Le Grand Colon du soir
Le Grand Colon du soir
Le Grand Colon du soir
Le Grand Colon du soir
Le Grand Colon du soir
Le Grand Colon du soir
Le Grand Colon du soir
Le Grand Colon du soir
Le Grand Colon du soir
Le Grand Colon du soir
Le Grand Colon du soir
Le Grand Colon du soir
Le Grand Colon du soir
Le Grand Colon du soir
Le Grand Colon du soir
Le Grand Colon du soir
Le Grand Colon du soir
Le Grand Colon du soir
Le Grand Colon du soir
Le Grand Colon du soir
Le Grand Colon du soir
Le Grand Colon du soir
Le Grand Colon du soir
Le Grand Colon du soir
Le Grand Colon du soir
Le Grand Colon du soir
Le Grand Colon du soir
Le Grand Colon du soir
Le Grand Colon du soir
Le Grand Colon du soir
Le Grand Colon du soir
Le Grand Colon du soir
Le Grand Colon du soir
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Le Grand Colon du soir
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Le Grand Colon du soir
Le Grand Colon du soir
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Rédigé par lta38

Publié dans #portraits, #ski-glisse, #Belledonne

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Publié le 9 Février 2019

Nous partons tous plus ou moins loin. Que ce soit pour quelques jours au ski dans le Queyras ou un séjour plus long et plus lointain, bouger requiert une certaine préparation. Si la préparation du tracé de notre itinérance au coeur de la Norvège ou la recherche des couloirs skiables dans les Dolomites est une phase plutôt excitante des préliminaires, la logistique de base (transports en commun, hébergement, location de véhicules...) n'est pas des plus enthousiasmantes. Elle demande du temps sur ordinateur, sans forcément la certitude d'avoir trouvé les meilleurs plans encore disponibles au moment de la validation au regard de notre propre cahier des charges.

On peut cependant déléguer ce travail à des personnes tierces et c'est là le but de ce billet. Oui, il s'agit donc, comme je le fais de temps à autre, d'une petite promotion mais je reste fidèle à l'esprit de ce blog à savoir, ne pas faire de la communication à n'importe quel prix mais le faire uniquement lorsque je pense sincèrement que le produit en vaut la peine. Et cela est d'autant plus notable ici que je n'attends rien en retour.

Connaissant très bien la miss qui se lance dans cette aventure, je ne peux que la recommander. Pendant des années, elle a préparé ses propres voyages avec la plus grande précision et aura à coeur d'en faire de même pour tous ses clients d'autant qu'elle fait preuve d'une énorme motivation dans sa reconversion professionnelle. De toutes façons, vous ne risquez rien à tenter l'expérience, le devis est gratuit ! En se disant que si cela à forcément un coût, il se pourrait bien qu'il reste inférieur à la différence entre le budget que vous devrez accorder à cette logistique, et celui qui vous auriez dépensé si vous aviez fait les démarches vous-mêmes. Sans compter le temps économisé.

Candice, que vous voyez régulièrement en images sur ce blog dans la rubrique "escalade", se lance donc dans cette aventure et a monté "Vacances confiance". N'hésitez-pas à vous offrir ses services.

Toutes les informations sur son site.

Candice dans une voie d'escalade au Peney

Candice dans une voie d'escalade au Peney

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Rédigé par lta38

Publié dans #humeur, #portraits

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