Publié le 6 Août 2015
Quoi de plus beau que le contrastes des saisons dans notre pays tempéré, parfaitement centré sur le quarante-cinquième parallèle ? Retour donc sur la saison passée et cette belle sortie au pas de Berrièves par une petite vidéo.
Grimper, glisser, marcher ou tout simplement regarder. Tout (ou presque) ce que l'on peut faire ou voir en montagne (et parfois aussi ailleurs).
Publié le 6 Août 2015
Quoi de plus beau que le contrastes des saisons dans notre pays tempéré, parfaitement centré sur le quarante-cinquième parallèle ? Retour donc sur la saison passée et cette belle sortie au pas de Berrièves par une petite vidéo.
Publié le 5 Août 2015
Les couleurs, ce sont d'abord celles de la haute montagne. Ici, le vert de l'alpe contraste avec le bleu du ciel (encore grand beau aujourd'hui), le jaune de la roche et le blanc des glaciers (même si ces derniers sont bien malades). Et au milieu des grimpeurs colorés sur cette falaise des Chéserys justement fréquentée de par ses voies faciles équipées, à une heure du parking et face au mont Blanc et à la Verte.
Après deux petites semaines en Bretagne où "le mystère des couleurs" aura tourné en boucle dans la voiture sur demande des filles (une des plus belles histoires pour enfants que je connaisse, et une musique signée Da Silva), voici donc que les couleurs reviennent à l'ordre du jour et ce n'est pas encore fini : troisième jour dans le massif et que de bruit ! Des aéronefs en tout genre (hélicos - et pas uniquement celui des secours), des avions de tourisme et aujourd'hui encore on en a bien pris plein les oreilles. En rajoutant à cela un camion benne sans doute au travail du côté de Montroc, le ronron de la route du col des Montets où la circulation est continue du matin au soir... Du bruit, on en a vu de toutes les couleurs quoi ! Vivement le retour dans nos calmes montagnes dauphinoises.
Enfin, les couleurs, ce sont les noms données aux voies du secteur : la bleue, la jaune, la rousse,... Pour nous, ce sera aujourd'hui la voie rouge. Six longueurs en 5b max équipées sur broches sur un très bon rocher (excepté l'armoire posée au milieu de L3, méfiat), essentiellement en dalle avec deux passages (crux de L1 et L3) plus raides et fissurés. Dommage toutefois que les ouvreurs n'aient pas pensé à les rendre abordables pour de la vraie initiation. Quelqu'un de peu téméraire se fera sans doute peur dans des dalles (même en 4a) avec des points à huit mètres. Les passages plus durs restent toutefois bien équipés.
Plutôt que de taper des rappels (et porter 50 m de corde supplémentaires), on choisit l'option à pieds par le haut. Encore cent mètres de dénivelé droit dans les rhodos (trace) pour rejoindre le sentier de retour et faire ainsi une boucle. Une jolie demie-journée avec Val sur un secteur très fréquenté (les aiguilles Rouges), encore plus par les randonneurs que par les grimpeurs. Quelle foule ! Et ça monte à toute heure, par toute température. En short, en pantalon, en robe (si si), en baskets, en grosses, en gros sac, sans le moindre centilitre d'eau... Bref, bievenue à Chamonix. Personnellement, c'est le côté qui me dérange le plus (après le bruit - mais finalement les deux sont liés) mais comment ne pas comprendre l'engouement des gens pour cette vallée et ces montagnes mythiques, chargées d'histoire et de symboles ?
Publié le 3 Août 2015
Lever 7h. Il fallait dormir un peu. On a finalement laissé tomber la fameuse voie "Miss-tique" en face est du Moine, au moins aussi belle que le Druide paraît il. Thib' préfère y aller en pleine forme et pas le lendemain d'une grosse journée et moi j'ai la peau des doigts bien râpée et je n'ai pas envie de subir cette voie de niveau égal à celle de la veille mais un peu plus longue. Je préfère progresser encore en granit. Donc réveil un peu plus tardif et direction l'arête sud du Moine pour faire une voie bien méconnue, trouvée sur les cahiers du refuge et qui nous tente bien : "les chemins de traverse" aux pinacles du Moine. cru Piola/Strappazzon, annoncée par le guide suisse comme une très belle et longue course d'arêtes... On se déleste de quelques coinceurs (bien que ne sachant pas trop le matériel requis) et on se dirige vers l'attaque qui se situe un peu à gauche de "Méphisto".
Trois longueurs (5c++ ; 6a+ ; 6a) amènent à l'arête où l'on pnse que les difficultés seront peu soutenues. Certes, ce n'est pas la continuité d'une grande face mais ça grimpe. Toujours entre 5c et 6b. Quelques spits sont placés très judicieusement, soit lors de passages en dalle, soit pour indiquer l'itinéraire. Quelle classe ces ouvreurs ! On aurait pu se passer des trois spits le long de la fissure du crux en 6b mais c'était sans doute pour rassurer dans ce passage bien athlétique et on prend.
Au final, une course splendide que nous conseillons vivement. L'approche se fait bien en baskets en ce moment et pour descendre, on n'a fait que le premier rappel. Pour la suite, on a fait "les porcs" comme le dit Thibaut et traversant des vires et un couloir, quelques pas de désescalade et hop, un bon quart d'heure de gagné pour le retour au Couvercle.
La voie ? Douze longueurs, rien à jeter malgré un peu de lichen par endroit mais point gênant. Trois rappels intermédiaires pour les manip et une sacrée ambiance. Sans parler du cadre face aux Jorasses et au mont Blanc. Encore un petit coin de Paradis !
Ca vaut bien un petit topo.
"Les chemins de traverse" aux trois pinacles du Moine, TD+ 6b (6a+ obligatoire), 450 m. Prendre un jeu de friends C3 et C4 jusqu'au n°2 et quelques câblés (facultatifs).
Publié le 2 Août 2015
Après une journée froide et pluvieuse, deux jours de grand beau sont annoncés. Thibaut est disponible et ça fait longtemps qu'on n'a pas grimpé ensemble alors feu. On sort l'artillerie et direction Chamonix. J'ai fait pas mal de granit à Ailefroide, à la tête de la Maye, à Dibona mais finalement assez peu sur la protogine du Mont-Blanc. Et surtout, il y a déjà quelques temps et dans des voies classiques équipées soit sur goujons, soit sur pitons. Se lancer dans une voie difficile (on continue dans le registre des ED) sur coinceurs est une première pour moi et c'est non sans une petite appréhension (pour moi) que nous empruntons le train du Montenvers.
Echelles, marche, échelles... nous voici sur le sentier de la Charpoua que l'on quitte assez vite dans les éboulis à droite en direction de la face ouest du Moine. Nous atteignons la base du couloir Moine-Nonne et commençons la partie délicate de l'approche. Un passage un peu exposé sur des dalles amène à une corde fixe qui permet de remonter une zone compacte en 4 puis on poursuit plus facilement, toujours en ascendance à droite. On gagne une petite brèche au feeling et on traverse le couloir suivant en légère descente pour gagner le grand cirque qui va nous amener au pied de la voie convoitée : la voie du Druide.
On ne se presse pas car l'attaque est encore à l'ombre et toujours mouillée par les pluies de la nuit. On pose les sacs, on mange un bout on s'équipe et on démarre tranquillement. 12h30. L1 (6a+) sera la seule longueur que nous n'enchaînerons ni l'un ni l'autre en raison d'une dalle trempée qui nous vaudra le pied sur le spit. Rien de bien méchant, d'autant que la suite ne sera que pur plaisir mais une longueur qui va nous prendre une heure à deux.
Pour L2 (6b+), compte tenu de mon expérience, du niveau de Thibaut et du caractère encore mouillé du dièdre, je laisse mon partenaire faire le travail et poursuis mon apprentissage de ce rocher en second. Les pieds tiennent partout.
Thib' se tape la dalle de L3 (6c sur 20 mètres, 4 points... ne pas trembler) et enchaîne. Idem derrière ... mais derrière ! Quelle longueur ! Toutefois, le fait d'enchaîner en second me motive pour grimper enfin en tête et L4 (6b) n'est qu'une formalité.
L3 et son 6c "psychodalle" En second, on est beaucoup plus serein même si on pourrait penduler un peu. Et ça enchaîne même.
Du coup, j'impose sans discussion à mon compagnon de me laisser faire la fameuse fissure de L7 sur coinceurs (6c) et pars surmotivé. Et ça enchaîne ! Quelle longueur !!!! Il n'y en a pas des dizaines des longueurs comme ça. Quarante cinq mètres de fissure qui se durcit au fur et à mesure pour finir par des crochetages de demi-phalanges, les pieds sur des petits gratons qu'il faut sentir malgré mes chaussons morts, quasi troués.
Descente hyper efficace en rappels.
On profite du paysage de cette fin de journée splendide. Le saucisson (bien que j'ai très largement diminué la consommation de charcuterie depuis quelques mois) est appréciable, de même que le bout de tomme (là-encore une petite entorse à mon "régime" sans lait de vache).
Les belles choses ont une fin. Il serait bien de ne pas arriver trop tard au refuge du Couvercle où nous attend le repas du soir. Il est déjà dix neuf heures trente. Sur les conseils de Mick, on tire droit dans le couloir sous la face et en louvoyant, on finit par arriver sur le sentier sans sortir la corde. Et hop, une demie-heure de gagnée même si on aurait pu grappiller encore dix minutes par un couloir herbeux raide mais les baskets slick du Tibal n'auraient pas apprécié (enfin, c'est plutôt lui qui n'aurait pas apprécié). Après avoir appelé le refuge pour leur donner une heure approximative d'arrivée, on se délecte de ce paysage du soir dans un massif où le silence est enfin retrouvé (que d'aéronefs en journée...).
La jonction avec le refuge est longue. On monte, descend, monte, descend. Et des p... d'échelles.
La soirée finit de la plus belle façon : superbe repas, refuge calme, paysage somptueux, rencontre en live de Vivian Bruchez (nous ne nous connaissions que par messages électroniques), petite séance de photo nocturne avant que la lune ne sorte. Et une petite mais bonne nuit de sommeil.
Sur le chaînon des Ecclésiastiques, sous le Moine, la Nonne, l'Evêque, le Cardinal... si le pardis existe, c'est sûr, on y était.
Aiguille du Moine, voie du Druide, 320 m, ED, 6c (6c obligatoire). Prendre un jeu de Camalots C3, un jeu de Camalots C4 jusqu'au n°3 (qui permet de protéger le début de L4 avant d'atteindre la lunule) en doublant tous les autres, ainsi qu'un jeu de câblés. Laisser cinq dégaines disponibles.