Encore un jour férié et encore une météo aléatoire (le bon jour c'était la veille mais pas moyen de se libérer). Direction Presles une fois de plus et après moult tergiversations avec Loisyann, on opte pour le secteur du Fou où les voies sont assez abritées de la pluie, assez courtes et avec possibilité de descendre en rappel si besoin. Nous partons pour Spelunca, une voie centrée sur le 6c. Première longueur tout à fait correcte : un 6b+ d'abord en dalle puis teigneux en surplomb qui réveille les phalanges. Le 6b qui suit, juste à côté du Fou est splendide : de magnifiques gouttes d'eau orange avec une sortie un peu engagée bien loin au-dessus du point. Jusque là tout va bien.
Arrive ensuite le clou du spectacle : un 7a majeurissime de près de 40 m de long. En tête, certains pas sont obligatoires (pas loin de 6c obl.). Pour ma part, c'est une des rares fois où je grimpe avec plaisir en second. En général, j'ai horreur de ça. Mais là, on teste mon "nouveau système" de grimpe sur une corde à simple (Joker 9,1 mm - grand confort pour le leader et pour donner du mou) avec hissage du sac et du coup en second, on se sent libre de ne rien avoir sur le dos et ça change tout. Et au final, je finis au relais en cochant la longueur et sans non plus avoir laissé toutes mes forces. Certes, ça "ne compte pas" car pour valider l'enchaînement d'une longueur, ce doit être en tête mais après avoir commencé par enchaîner un 7a après travail en salle, puis à vue, voilà que cette fois c'est en extérieur. Reste maintenant à en valider un en rocher et en tête.
M'enfin, ce n'est pas parce qu'on vient de cocher un 7a qu'on coche tous les 6c. La preuve, j'attaque immédiatement L4 en 6c les bras quand même un peu daubés et il y a un pas de pied bien aléatoire pour aller mousquetonner que je n'oserai pas tenter. La fin de cette belle longueur se termine dans une grotte où l'on fait relais avant de ressortir de l'autre côté.
La 5è longueur également en 6c de 35 m est pour Lois. Grande ambiance garantie. Pour la petite histoire, je patiente dix minutes au relais sans que rien ne se passe. Il est impossible de communiquer (oui je sais il existe des talkie-walkie...). Finalement, la corde se tend et j'attaque la longueur en préssentant qu'il y a quelque chose qui cloche. Pourtant, je suis sûr d'être assuré par mon leader. Quinze mètres sous le relais, tout s'éclaire. La corde d'assurage a fait une grande boucle autour du sac coincé sous un becquet lors du hissage (lors du hissage, le sac a dû emmener un moment la corde d'assurage). Loisyann ne le voyait pas du relais. Cela créait un frottement important sur la corde d'assurage et comme le début de la longueur est en traversée, il ne voulait pas tirer trop fort pour ne pas me déséquilibrer. Comme rien ne se passait, il a fini par tirer et j'ai pu grimper. Tout s'est bien passé mais si j'étais tombé et que la boucle de corde n'était pas restée autour du sac ce qui est probable, j'aurais fait un vol (ou pire au début de la longueur, un pendule plein gaz) d'environ huit mètres. Je m'en serais sans doute souvenu ! A l'avenir, c'est une configuraion à laquelle il faudra songer dans ce genre de manip même si, il est vrai, ce style de longueur ou on ne se voit pas, ne peut pas se parler, où ça tournicote... reste somme toute assez rare.