Publié le 15 Octobre 2016

Deux heures. C'est ce qu'il me faut pour faire l'aller-retour maison-sommet de la dent de Crolles. Parfait pour s'aérer quand on n'a pas davantage de temps. Suffisant aussi pour cogiter quand "ça veut"...

Aujourd'hui, peut-être parce que c'est avec lui que j'ai gravi ma première Dent en 1999 par le pilier sud (voie Coupé), j'ai repensé à Nico. Plus de sept ans. Plus de sept ans déjà. Plus de sept ans que cette putain d'avalanche complètement imprévisible t'a emporté.

Tu étais de ceux qui faisaient dans la discrétion. Contrairement à moi, tu n'avais ni blog, ni compte sur un quelconque réseau social. Tu ne participais à aucune publication. Tout ce que tu faisais, c'était pour toi et pour partage avec tes amis. Tu étais un vrai skieur. Toi. Tu aurais pu faire le Nant Blanc ou les Autrichiens si tu ne te laissais pas impressionner par un manque de "confiance alpine" dans le sens de la montée. Tu avais torché le couloir de Barre Noire en neige complètement béton bien avant que j'eusse remonté les trente mètres que nous avions commencé ensemble parce que moi, avec ces conditions de neige, je n'ai pas le niveau. Et inversement, à la Dent, tu m'avais laissé mener la cordée devant en me faisant confiance.

Putain que ça passe vite. Bientôt huit ans au printemps prochain. Pourquoi ce petit hommage aujourd'hui ? Ben tout simplement parce qu'on ne va pas attendre les anniversaires, tristes ou gais, pour penser aux autres. Aujourd'hui, tu m'as accompagné sur cette nouvelle montée sur ma montagne "fétiche". Et c'était une belle sortie. Simple. Mais belle. Comme les moments que nous avons passé ensemble durant une petite quinzaine d'années. On ne t'oublie pas Nikos !

La première vue depuis le sommet que j'ai eu lors de la sortie au pilier sud avec Nico en 1999

La première vue depuis le sommet que j'ai eu lors de la sortie au pilier sud avec Nico en 1999

Le Grand Pic de Belledonne, gravi avec Nico en 1997

Le Grand Pic de Belledonne, gravi avec Nico en 1997

Vue depuis l'arête de la Gorgette

Vue depuis l'arête de la Gorgette

Nico dans le pilier sud

Nico dans le pilier sud

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Rédigé par lta38

Publié dans #randonnée sportive, #portraits

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Publié le 14 Octobre 2016

La saison de brame n'est pas encore terminée mais voici un premier montage d'images animées. C'est très difficile de photographier et de filmer en même temps, surtout dans un secteur aussi "fermé" et où les animaux bougent beaucoup, encore plus avec un seul boîtier. Au-delà, je ne suis pas satisfait de la qualité d'images vidéos y compris avec le reflex, si bien que je me demande s'il n'y a pas un réglage que je maîtrise pas. Pour moi, malgré les vingt megapixels, c'est inférieur à ce que j'obtiens avec la GoPro. Si on peut me tuyauter... Pour homogénéiser l'ensemble, également avec les quelques plans du piège photo, j'ai donc tout transféré en HD "seulement" soit 1080. Inutile de passer en plein écran, à moins d'avoir encore un bon vieux dix-sept pouces.

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Rédigé par lta38

Publié dans #brame du cerf

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Publié le 13 Octobre 2016

Nouveau tour du soir sur le secteur "bas". Pas un son. L'humidité, le froid, l'absence de raires... m'incitent à ne pas faire d'affût et à monter jusqu'au sommet du secteur. Afin de limiter le dérangement, le resterai sur les chemins. La pluie rend la progression plus discrète que les jours précédents. J'arrive sur une zone que je sais être favorable. J'avance prudemment. Tout à coup, je distingue une masse rougeâtre dans une éclaircie de la forêt. Un cerf est là, couché, silencieux.

Je n'ose plus bouger. Je sais par habitude qu'ils lèvent la tête très régulièrement pour scruter les alentours; S'il le fait au moment où je bouge, c'est mort. Je ne suis pas très bien caché mais je me fais le plus petit possible, pose le trépied au sol et attend.

Au bout d'un moment, il lève la tête, puis la repose.

Il finira par regarder dans ma direction et s'inquiéter. Sans se presser il se lève et se déplace, sans doute pas très loin. Je n'insiste pas. C'est le même que celui de jeudi dernier.

Le dix (4+10) cors de jeudi dernier, couché sur un replat
Le dix (4+10) cors de jeudi dernier, couché sur un replat
Le dix (4+10) cors de jeudi dernier, couché sur un replat

Le dix (4+10) cors de jeudi dernier, couché sur un replat

Je poursuis la route et atteins le sommet après avoir dérangé deux biches. Des traces, il y en a. Des odeurs aussi. Le brame n'est pas fini, c'est sûr. Mais aujourd'hui en tous cas, il est plus silencieux. Je décide d'aller voir un peu plus haut où je ne suis jamais allé et c'est la surprise : une magnifique zone de clairières, sans doute la plus belle de tous le secteur avec des traces, des places de brame. Je photographie quelques mésanges qui batifolent mais de cerf, point. Il faudra en tous cas revenir en cet endroit qui se prête merveilleusement bien à l'affût avec de beaux points de vue.

Une vue de la clairière découverte (image IPhone 5c brute)

Une vue de la clairière découverte (image IPhone 5c brute)

Mésange noire

Mésange noire

Mésange bleue

Mésange bleue

Les jours raccourcissent à vitesse grand V. Je descends avant la nuit et "tombe" sur un daguet qui s'alimente sur le chemin. Il n'a rien vu. Je m'accroupis au milieu de petit sapins en bordure du sentier et attends qu'il se montre un peu plus. Je fais une série d'images à 12800 ISO à 1/8è de secondes autant dire qu'on voit mieux sur l'écran après avoir déclenché qu'en vrai. J'attends qu'il s'éloigne... ce sera quasi la nuit. J'allume la lampe frontale et rentre.

Daguet (12800 ISO)

Daguet (12800 ISO)

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Rédigé par lta38

Publié dans #brame du cerf

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Publié le 12 Octobre 2016

Dernier jour de beau temps avant un passage perturbé puis un week-end bien rempli pour les filles ; aussi, je leur propose d'aller manger le soir au niveau d'une cabane avec l'espoir d'entendre et voir quelques animaux. L'idée est accueillie positivement. Il n'en reste pas moins qu'il faut gérer la montée en la meublant avec des histoires, des discussions. Le petit défi du jour consiste en ce que les filles identifient tout ce qu'elles voient ou entendent durant la marche.

Citons pêle-mêle le brame du cerf toujours au rendez-vous, un chevreuil sur le chemin, des traces de sanglier, des arbres (épicéa, sorbier, noisetier...). Un peu plus loin, un pic noir passe devant nous et se pose sur un tronc.

- Il creuse des trous occupés ensuite par la chouette de "Tegmam", nous dit Emie.

Nous gagnons une superbe boulaie. L'heure du goûter. Puis la cabane. Il fait bien froid mais un petit feu nous permettra de conserver une température supportable. Durant le dîner, une chevêchette se fait entendre, ainsi que la troupe de becs-croisés qui la houspillent.

Descente à la tombée de la nuit. Ca brame encore un peu. Stella voudrait sortir sa frontale mais je l'encourage à essayer encore de s'en passer car on distingue suffisamment le sentier. C'est alors qu'un animal s'agite dans un bosquet. Il nous a repérés. Il s'enfuit en courant sur une piste forestière si sèche qu'on croirait entendre un cheval sur le bitume ! Puis il remonte, traverse le sentier devant nous à une trentaine de mètres. Dans une semi-obscurité, nous distinguons des bois, alors qu'il ralentit comme pour nous saluer en coupant notre itinéraire. Un raire. Le cerf disparaît dans la sombre forêt.

Quelques champignons durant la montée

Quelques champignons durant la montée

Une montée paisible et variée

Une montée paisible et variée

Des feuilles mauves !

Des feuilles mauves !

La superbe forêt de bouleaux/sorbiers

La superbe forêt de bouleaux/sorbiers

Pause goûter

Pause goûter

Sorbier

Sorbier

Pause dîner

Pause dîner

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Rédigé par lta38

Publié dans #brame du cerf, #paysages, #balade

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Publié le 11 Octobre 2016

Plus que jamais, suite aux accidents de l'automne dernier mais surtout au choix de notre président de région d'accorder des budgets importants aux fédérations de chasse plutôt qu'aux associations œuvrant pour la biodiversité et l'harmonie de l'homme avec la nature, le débat pro/anti chasse revient sur le tapis. C'est un sujet sensible auquel j'ai toujours refusé de participer du moins sous cette intitulé car c'est un débat sans fin dans lequel chaque camp saura argumenter ; cela ne m'empêche pas d'avoir bien sûr ma propre façon de voir les choses et l'envie d'en faire évoluer certaines dans le sens que je pense être le bon pour l'avenir de l'homme sur la Terre et qui commence par celui de nos enfants.

Les derniers bouillonnements en date via les réseaux sociaux se retrouvent autour d'une société (parmi tant d'autres) que je ne nommerai pas afin de ne lui faire aucune promotion, qui choisit de vivre en emmenant des clients partout sur la planète pour des "chasses-voyage". Elle propose à ses clients de les emmener sur des territoires d'exception à la recherche d'espèces mythiques en valorisant, à en croire ses vidéos, l'acte final et les trophées. J'ai toujours pensé qu'il était préférable d'être chasseur pour se nourrir et partager en famille et entre amis plutôt que d'arpenter les rayons boucheries des supermarchés. En revanche, mettre le plaisir de tuer et la recherche du plus beau trophée, de la plus grande circonférence ou de je ne sais quel chiffre au premier plan, est une toute autre approche que je ne partage absolument pas.

Faut-il pour autant injurier ceux qui le pratique en utilisant la facilité des réseaux sociaux ? C'est une question que je me suis posée suite à la conspuation générale qui a accompagné les exhibitions d'un ancien champion de ski, ambassadeur d'une "région" de montagne, ancien vainqueur du Dakar ayant (donc) participé à ces expéditions de chasse au trophée à travers le monde et posant fièrement sur des photos avec les animaux abattus. Il est facile de piocher dans le riche catalogue de ce qu'on appelle tout simplement les gros mots de la langue française et de les plaquer sur internet. Soyons clairs : je ne prends pas la défense de "notre" Haut-alpin reconverti et gage même qu'il a probablement ici franchi une barrière d'impopularité dont il est lui-même responsable, même s'il n'est peut-être pas à l'origine de la publication de ces images (il est fort probable que ce soit la société engagée qui les ait diffusées dans le but premier de se faire de la promo "voyez, les grandes célébrités font appel à nos services"). Le dicton "qui va la chasse perd sa place" prend ici tout son sens et je ne vais pas plaindre notre chasseur de mouflon-du-bout-du-monde à coup d'avion, char et carabines à lunettes, loin d'être donc à armes égales avec l'animal comme l'annonce la publicité du guide.

Cependant, je souhaite rester en marge du lynchage médiatique qui en a découlé. Lorsqu'il y a eu les annonces de Chamrousse concernant l'hypothétique télésiège des Vans, la municipalité a également reçu "ses" mots (maux). On ne peut pas se contenter de cela. Quant à la manière, elle est plus de discutable. En revanche, nous pouvons faire en sorte que notre monde bouge autrement. Cela faisait des années que je m'intéressais au programme d'une association comme Mountain Wilderness parmi tant d'autres. Leur implication dans le dossier Chamrousse m'a fait échanger avec eux. Cet événement m'a fait prendre mon adhésion. Et si justement ces images de chasse au Kamtchatka avaient pour effet de nous faire passer d'une action passive à une action active ? Et si tous ceux qui s'insurgent réservaient leurs mots pour un (petit) chèque (67% déductible des impôts) d'adhésion à une association comme Mountain Wilderness ou une autre qui oeuvre pour l'homme et la nature ensemble ?

PS : je n'ai aucune action chez MW et n'ai été incité par personne pour écrire ce billet

PS : je n'ai aucune action chez MW et n'ai été incité par personne pour écrire ce billet

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Rédigé par lta38

Publié dans #humeur

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