Publié le 14 Mai 2026

« Si vraiment aucune pierre, aucun sérac, aucune crevasse ne m’attend quelque part dans le monde pour arrêter ma course, un jour viendra où, vieux et las, je saurai trouver la paix parmi les animaux et les fleurs. Le cercle sera fermé, enfin je serai le simple pâtre qu’enfant je rêvais de devenir… »
Lionel Terray, Les conquérants de l'Inutile - éditions Gallimard (1961)

Il y a fort longtemps, lorsque j'ai lu ce livre, cette phrase m'était restée. De même Patrick Vallençant dans ski extrême (Flammarion - 1979) racontait une journée au pied du couloir Piaget aux Agneaux durant laquelle, avec sa femme Marie-Jo, ils avaient exceptionnellement choisi de rester au pied à contempler la montagne plutôt que de la gravir, ajoutant qu'il enviait les gens se "contentant" de la contemplation. Ni Terray, ni Vallençant n'auront eu l'occasion de devenir les pâtres qu'ils avaient imaginés, le premier chutant avec Marc Martinetti au Gerbier lors d'un passage à corde tendue dans la fissure en arc-de-cercle et le second dans une falaise école des Cévennes lors d'une manipulation.

Les années passent. J'éprouve toujours l'envie d'aller en montagne pour skier, grimper mais aussi pour contempler. De plus en plus. Alors en ce jeudi de l'Ascension maussade, j'ai contemplé les tariers pâtres à côté de la maison, en pensant à Lionel Terray et à Patrick Vallençant.

Mâle et femelle
Mâle et femelle
Mâle et femelle
Mâle et femelle

Mâle et femelle

Cohabitant avec deux hypolaïs polyglottes chanteurs
Cohabitant avec deux hypolaïs polyglottes chanteurs

Cohabitant avec deux hypolaïs polyglottes chanteurs

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Rédigé par lta38

Publié dans #animaux, #publications

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Publié le 10 Mai 2026

Il y a deux ans, presque jour pour jour, je publiais un billet titré "à tout prix, à quel prix ?". Aujourd'hui, je remets une pièce dans le juke box parce qu'il est incompréhensible bien que probablement inconscient et surtout extrêmement dangereux de fonctionner ainsi. Et même complètement incohérent quand, quelques minutes plus tard, on va se mettre à trembler un mètre au-dessus d'un point lors d'un passage délicat obligatoire.

Avec mon ami Lolo, nous avons profité de deux belles journées printanières pour aller grimper dans le sud-ouest du Vercors. Une première journée aux Petits Goulets (petite grande voie "Jurassic Bac - bien sympa puis secteur Moby Dick - voir le superbe topo "Escalade libres en Royans-Vercors" de Romain Gendey et ouvreurs locaux) puis une seconde à Presles. Pour cette reprise (pas grimpé dehors depuis novembre et pas grimpé tout court depuis mon accident mi-janvier), il fallait gérer la non-conti : soit un peu dur mais pas long soit long mais pas dur. Pour cette seconde journée, nous avons opté pour la seconde option. Direction le secteur des Buis où une nouvelle voie "bières, chips, charcuterie" (6a+ court) sur 4 longueurs mène à la vire médiane sur laquelle on traverse de presque cinquante mètres à droite pour rejoindre une autre nouvelle voie "prises de guerre" (5 longueurs, 6a/6a+ avec un passage 6b). Un très bel enchaînement (surtout, prises de guerre car la première partie est en rocher encore interactif et un peu trop équipée à mon goût).

Pour cette voie comme pour l'autre voie récente située trente mètres à gauche et un peu plus dure ("bac car bonnes"), les topos mentionnent clairement la dangerosité de s'engager si une cordée est déjà présente dans la voie. Dé-con-sei-llé ! On ne peut pas être plus clair. Nous étions les premiers dans notre voie et durant les deux premiers relais, j'ai discuté avec la cordée qui évoluait dans la voie à côté. Nous avons eu beau crier "attention !" ; "ne restez pas là !", rien n'y a fait. Nous étions sidérés de voir que les grimpeurs s'amassaient par grappes pour s'engager derrière nous. Nous avons compté au moins neuf grimpeurs et n'avons sûrement pas tout vu !

Comment peut-on être aussi inconscient du danger ? Clairement, il est impossible de garantir quoi que ce soit même en faisant attention. Malgré l'énorme travail des ouvreurs, on ne peut être à l'abri d'une mauvaise surprise envoyant en bas un morceau suffisamment gros pour tuer instantanément même avec un casque. C'est d'ailleurs ici qu'il y a deux ans, une grimpeuse était tuée par la chute d'un bloc de plus de cinquante kilos, délogé par une cordée. J'ai presque envie de dire : comment peut-on être si con ? La vie ne vaut-elle pas qu'on revoit nos plans si une cordée est déjà devant ?

Alors certes, les ponts de mai, c'est habituellement la foule sur les sites d'escalades comme Presles, les Calanques, les Baronnies etc. Et il est donc difficile de s'y trouver seul. Mais bon, il y a suffisamment de voies à Presles (300 ?), y compris d'un niveau abordable et suffisamment d'autres voies où on pourra s'engager derrière une cordée sans prendre ces risques. Franchement, il est rarement mentionné ce genre de précaution donc lorsque c'est le cas, il faut en tenir compte !

Grimpeurs, si vous projetez 'bière, chips..." ou "bac car bonnes", levez-vous à six heures du matin si vous voulez y aller coûte que coûte ou prévoyez un plan B si une cordée est déjà engagée !!

Presles
Presles
Presles
Presles

Presles

Coûte que coûte, malgré l'épée de Damoclès
Coûte que coûte, malgré l'épée de Damoclès

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Rédigé par lta38

Publié dans #escalade-alpi

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Publié le 7 Mai 2026

Le mois de mai, c'est plein pot pour les oiseaux. Ca chante, ça nidifie, tous les migrateurs sont pratiquement arrivés. Bref, c'est la pleine saison pour l'avifaune.

Pouillot de Bonelli. Il m'aura donné du fil à retordre celui-là.
Pouillot de Bonelli. Il m'aura donné du fil à retordre celui-là.

Pouillot de Bonelli. Il m'aura donné du fil à retordre celui-là.

Circaète, buse variable et faucon crécerelle
Circaète, buse variable et faucon crécerelle
Circaète, buse variable et faucon crécerelle
Circaète, buse variable et faucon crécerelle

Circaète, buse variable et faucon crécerelle

Fauvette passerinette

Fauvette passerinette

Pie-grièche écorcheur. Une espèce qui est en forte régression mais que je vois de plus en plus régulièrement dans ma vallée. Suis-je plus observateur ou est-ce un petit regain ?
Pie-grièche écorcheur. Une espèce qui est en forte régression mais que je vois de plus en plus régulièrement dans ma vallée. Suis-je plus observateur ou est-ce un petit regain ?
Pie-grièche écorcheur. Une espèce qui est en forte régression mais que je vois de plus en plus régulièrement dans ma vallée. Suis-je plus observateur ou est-ce un petit regain ?

Pie-grièche écorcheur. Une espèce qui est en forte régression mais que je vois de plus en plus régulièrement dans ma vallée. Suis-je plus observateur ou est-ce un petit regain ?

Alouettes des champs et lulu
Alouettes des champs et lulu

Alouettes des champs et lulu

Tarier pâtre, mâles et femelle
Tarier pâtre, mâles et femelle
Tarier pâtre, mâles et femelle
Tarier pâtre, mâles et femelle

Tarier pâtre, mâles et femelle

Choucas des tours

Choucas des tours

Bihoreau gris et aigrette garzette

Bihoreau gris et aigrette garzette

Hirondelle de fenêtre

Hirondelle de fenêtre

Hypolaïs polyglotte
Hypolaïs polyglotte

Hypolaïs polyglotte

Bruant zizi

Bruant zizi

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Rédigé par lta38

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Publié le 4 Mai 2026

Bon. Nous sommes début mai et devons pouvoir dresser le bilan de l'hiver 2026. Y compris si une période durable et exceptionnellement fraîche et humide pour la date se produirait dans les jours à venir car cela ne suffirait probablement pas à inverser la donne. Les réserves que j'avais émises en février lorsque certains annonçaient qu'on skierait jusqu'en juillet se sont, malheureusement, avérées justes.

Tout d'abord, qu'entend-on par bon ou mauvais hiver ? Froid ? Neigeux ? Bien pour le ski ? Chacun fixera ses critères mais quel que soient ceux que l'on choisisse, la conclusion restera la même. Nous parlerons donc de bon hiver lorsqu'il aura été bien enneigé, que l'enneigement aura été durable au sol, lorsque les températures auront été froides et, accessoirement, lorsqu'il aura permis une bonne qualité de ski. 2026 ne remplit aucune de ces cases !!!
- En-dessous de 1000 mètres : enneigement bien faible et peu durable.
- Entre 1000 et 1500 mètres : enneigement variable ; bon à très bon en février mais rien d'exceptionnel sur la longueur de l'hiver.
- Décembre anticyclonique intégral.
- Début de saison de ski sympa en novembre, exécrable en décembre, correct en janvier, excellent en février (mais avalancheux), correct en mars (mais avec une météo capricieuse), très bof en avril.
- Températures douces exceptée une courte période froide début janvier.

Au-delà de ces considérations, un bon hiver en termes de neige dépend de deux critères : le cumul et le profil (températures notamment) du printemps. Là encore, 2026 ne répond à aucun des deux critères.
- Le cumul. C'est ce qui permet de résister plus ou moins à la fonte printanière. Lorsqu'il est tombé trois mètres de neige en février, c'était trois mètres de neige fraîche. Si on avait eu la même quantité de neige au sol suite à des chutes régulières depuis novembre, ces trois mètres résulteraient d'un cumul double ou triple (ramenés à 3m suite aux différents tassements et redoux), affichant une bien meilleure résistance à la fonte de par la densité de la neige. C'est, par exemple, ce qui s'est passé en 2013 ou, plus modestement en 2014, 2016 ou encore 2019. Il ne fallait donc pas s'y tromper.
- Les températures du printemps. Avril annonce le début des jours les plus longs de l'année et donc une incidence (angle que fait le soleil avec le sol) importante. Cette année, avril a été incroyablement doux et sec. Sans doute un mois record. Les températures relevées ce mois d'avril 2026 sont probablement très proches de celles des mois de juin des années 80-90 ! Où sont les avrils d'antan lorsqu'on voyait parfois virevolter les flocons jusqu'en plaine et la moyenne montagne reprendre régulièrement plusieurs dizaines de centimètres de neige fraîche ? Déplus en plus rare ! Une catastrophe, faisant passer l'enneigement d'excédentaire à déficitaire entre 2000 et 2500 m d'altitude comme en témoignent les chiffres : par exemple, au 3 mai, la station nivôse de l'Aigleton (2250 m - Belledonne), affichait cette année 170 cm de neige au sol. La moyenne sur ces quinze dernières années est de 210 cm ! Pourtant, elle affichait fin février le deuxième meilleur enneigement au sol sur ces mêmes dates !! On a donc un déficit d'environ 40 centimètres sur ce site repère et à en lire les différents bulletins nivo-météo, il semble que tout le monde s'accorde pour dire que l'enneigement en montagne est aujourd'hui légèrement déficitaire pour la date.

2026, même s'il a permis à certaines stations de ski de moyenne montagne de tirer leur épingle du jeu, reste donc au final un hiver moyen si on le compare aux hivers depuis 2010 (je ne remonte pas jusque dans les années 70 sinon...!!!). Il faudra peut-être s'en contenter et se dire que dans les années à venir, ce genre d'hiver ne sera finalement pas si mal !
Les faces d'altitude sont par ailleurs extrêmement sèches : il me semble ne les avoir jamais vues aussi sèches à cette date. Entre les vents, la déglaciation et la sécheresse d'avril, les couloirs du glacier Noir ou du bassin d'Argentier font très peur. C'est très inquiétant pour l'été à venir. Mais on a encore la possibilité de voir arriver la mousson d'altitude (d'ailleurs, c'est en cours) qui pourrait réserver du ski de qualité pour les amateurs de pente raide entre mi-mai et mi-juin. Malheureusement, en-dessous de 2500 mètres, la situation n'évoluera plus et la moindre journée ensoleillée ramènera vite les conditions au constat d'aujourd'hui. Nous surveillerons la date du passage à zéro de la balise de l'Aigleton. La date moyenne sur ces vingt dernières années est le 9 juin. A suivre...

Bilan de l'hiver 2026

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Rédigé par lta38

Publié dans #nivo-météo

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Publié le 26 Avril 2026

Le moineau friquet est en chute libre. Sa population a diminué de moitié en dix ans. La destruction ou la réhabilitation de vieilles granges ; la destruction des vieux arbres dans les vergers lui suppriment des lieux pour nicher. On peut l'aider en posant des nichoirs pouvant abriter plusieurs couples mitoyens (le moineau friquet niche en colonie). Petite séance photo de la colonie de friquet autour de chez moi. Une grande sensibilisation est lancée autour de cette espèce cette année par la LPO Aura.

Tête marron "chocolat au lait" et virgule noire sur la joue permettent de l'identifier à coup sûr.
Tête marron "chocolat au lait" et virgule noire sur la joue permettent de l'identifier à coup sûr.
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Tête marron "chocolat au lait" et virgule noire sur la joue permettent de l'identifier à coup sûr.
Tête marron "chocolat au lait" et virgule noire sur la joue permettent de l'identifier à coup sûr.
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Tête marron "chocolat au lait" et virgule noire sur la joue permettent de l'identifier à coup sûr.

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Rédigé par lta38

Publié dans #animaux

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