Bilan de l'hiver 2026
Publié le 4 Mai 2026
Bon. Nous sommes début mai et devons pouvoir dresser le bilan de l'hiver 2026. Y compris si une période durable et exceptionnellement fraîche et humide pour la date se produirait dans les jours à venir car cela ne suffirait probablement pas à inverser la donne. Les réserves que j'avais émises en février lorsque certains annonçaient qu'on skierait jusqu'en juillet se sont, malheureusement, avérées justes.
Tout d'abord, qu'entend-on par bon ou mauvais hiver ? Froid ? Neigeux ? Bien pour le ski ? Chacun fixera ses critères mais quel que soient ceux que l'on choisisse, la conclusion restera la même. Nous parlerons donc de bon hiver lorsqu'il aura été bien enneigé, que l'enneigement aura été durable au sol, lorsque les températures auront été froides et, accessoirement, lorsqu'il aura permis une bonne qualité de ski. 2026 ne remplit aucune de ces cases !!!
- En-dessous de 1000 mètres : enneigement bien faible et peu durable.
- Entre 1000 et 1500 mètres : enneigement variable ; bon à très bon en février mais rien d'exceptionnel sur la longueur de l'hiver.
- Décembre anticyclonique intégral.
- Début de saison de ski sympa en novembre, exécrable en décembre, correct en janvier, excellent en février (mais avalancheux), correct en mars (mais avec une météo capricieuse), très bof en avril.
- Températures douces exceptée une courte période froide début janvier.
Au-delà de ces considérations, un bon hiver en termes de neige dépend de deux critères : le cumul et le profil (températures notamment) du printemps. Là encore, 2026 ne répond à aucun des deux critères.
- Le cumul. C'est ce qui permet de résister plus ou moins à la fonte printanière. Lorsqu'il est tombé trois mètres de neige en février, c'était trois mètres de neige fraîche. Si on avait eu la même quantité de neige au sol suite à des chutes régulières depuis novembre, ces trois mètres résulteraient d'un cumul double ou triple (ramenés à 3m suite aux différents tassements et redoux), affichant une bien meilleure résistance à la fonte de par la densité de la neige. C'est, par exemple, ce qui s'est passé en 2013 ou, plus modestement en 2014, 2016 ou encore 2019. Il ne fallait donc pas s'y tromper.
- Les températures du printemps. Avril annonce le début des jours les plus longs de l'année et donc une incidence (angle que fait le soleil avec le sol) importante. Cette année, avril a été incroyablement doux et sec. Sans doute un mois record. Les températures relevées ce mois d'avril 2026 sont probablement très proches de celles des mois de juin des années 80-90 ! Où sont les avrils d'antan lorsqu'on voyait parfois virevolter les flocons jusqu'en plaine et la moyenne montagne reprendre régulièrement plusieurs dizaines de centimètres de neige fraîche ? Déplus en plus rare ! Une catastrophe, faisant passer l'enneigement d'excédentaire à déficitaire entre 2000 et 2500 m d'altitude comme en témoignent les chiffres : par exemple, au 3 mai, la station nivôse de l'Aigleton (2250 m - Belledonne), affichait cette année 170 cm de neige au sol. La moyenne sur ces quinze dernières années est de 210 cm ! Pourtant, elle affichait fin février le deuxième meilleur enneigement au sol sur ces mêmes dates !! On a donc un déficit d'environ 40 centimètres sur ce site repère et à en lire les différents bulletins nivo-météo, il semble que tout le monde s'accorde pour dire que l'enneigement en montagne est aujourd'hui légèrement déficitaire pour la date.
2026, même s'il a permis à certaines stations de ski de moyenne montagne de tirer leur épingle du jeu, reste donc au final un hiver moyen si on le compare aux hivers depuis 2010 (je ne remonte pas jusque dans les années 70 sinon...!!!). Il faudra peut-être s'en contenter et se dire que dans les années à venir, ce genre d'hiver ne sera finalement pas si mal !
Les faces d'altitude sont par ailleurs extrêmement sèches : il me semble ne les avoir jamais vues aussi sèches à cette date. Entre les vents, la déglaciation et la sécheresse d'avril, les couloirs du glacier Noir ou du bassin d'Argentier font très peur. C'est très inquiétant pour l'été à venir. Mais on a encore la possibilité de voir arriver la mousson d'altitude (d'ailleurs, c'est en cours) qui pourrait réserver du ski de qualité pour les amateurs de pente raide entre mi-mai et mi-juin. Malheureusement, en-dessous de 2500 mètres, la situation n'évoluera plus et la moindre journée ensoleillée ramènera vite les conditions au constat d'aujourd'hui. Nous surveillerons la date du passage à zéro de la balise de l'Aigleton. La date moyenne sur ces vingt dernières années est le 9 juin. A suivre...
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