Des hommes, des loups, des moutons, des patous...

Publié le 13 Septembre 2016

N'y voyez aucune hiérarchie dans cette énumération introductive : j'ai tout simplement respecté l'ordre alphabétique. Pas de longue tirade à ce sujet tant le domaine est complexe, sujet à diverses interprétations, sensible et aussi parce que le temps me manque.

Mais à l'heure de l'ouverture de la chasse, à l'heure où notre président de région préfère l'"écologie" à la sauce cynégétique plutôt que celles des associations de protection de la nature, de nombreux événements remettent le débat sur le tapis. Et l'on oublie très souvent de mettre le sujet dans un ensemble qui est la vie, chacun y allant de ses petits arguments personnels en ne pensant qu'à son propre quotidien. Aujourd'hui, il y a des hommes qui travaillent. Il y a des loups qui ont retrouvé une place importante dans l'écosystème. Il y a des moutons qui arpentent le territoire de montagne à la belle saison, il y a des patous laissés dans la nature censés protéger les précédents. Aujourd'hui, il faut aider les hommes à exercer leur métier plus durablement. Il faut protéger le loup comme maillon essentiel de la biodiversité.

Mais surtout de manière générale, l'homme et la nature sont indissociables. Aujourd'hui plus que jamais. La nature n'a pas besoin de l'homme ; en revanche l'homme a besoin de la nature. Pour nos enfants, compte tenu de la situation actuelle qui devient critique, on ne peut plus raisonner comme au milieu du siècle dernier.

Suite à la récente attaque, dans le Vercors, d'un veau par un canidé non identifié à la date de la première "enquête", on crie déjà au loup. Pourquoi pas. Mais de là à demander qu'un loup soit abattu en contre-partie, il y a un fossé. Comme si le loup allait comprendre la punition. Et de là à crier "que ça fait froid dans le dos de savoir que le loup est à nos portes", comme si c'était le début d'angoisses pour les populations du Vercors...

Aujourd'hui, je veux simplement dire qu'on doit considérer tout cela dans un ensemble. On ne peut plus se débarrasser du moindre "détail" qui nous gêne sous prétexte d'emploi ou de je ne sais quel autre soit-disante priorité. La priorité, c'est l'avenir de nos enfants, petits-enfants... à long terme, pas celle de notre petit nombril. Il y en a vraiment ras-le-bol de cet égoïsme.

Sur ce sujet épineux, un article récemment paru ouvre les yeux sur ce qui pourrait être le véritable questionnement. Car le loup a toujours existé. Il est assez irritant de voir que nombre de gens raisonnent comme si tout ce qui avait existé avant était de la merde, passez-moi l'expression. En France, il n'a été absent qu'une grosse cinquantaine d'années sur des millénaires. Sa présence est donc normale. Durant son absence, les éleveurs ont bénéficié d'un paramètre favorable à la gestion de leurs troupeaux et c'est bien pour eux. Mais la situation actuelle est au final, rien de plus normal et d'autant plus souhaitable pour la richesse de notre biodiversité, encore une fois indispensable à l'homme. Moi-même dans mon travail, il y a des années plus cool que d'autres, plus faciles. Je prends, et pour les autres, je fais avec.

Pour revenir sur l'article en question, Pierre Rigaux nous explique pourquoi il serait peut-être souhaitable de revenir à un élevage raisonné. De mes grands-parents paternels que j'ai adoré pour des tas d'autres raisons, j'ai toujours entendu cet "axiome" comme quoi "les moutons entretiennent la montagne". En grandissant et par simple observation des dégâts sur le terrain causés par les troupeaux intensifs, je suis devenu de plus en plus dubitatif.

Alors je vous invite à lire cet excellent essai qui a le mérite de s'appuyer sur des renvois et statistiques officiels pour étayer ses hypothèses. Et si on changeait ? Si on revenait à un élevage de petits troupeaux, moins agressifs pour le paysage, plus faciles à surveiller, à regrouper ? Les éleveurs ont un métier difficile et le loup l'a rendu encore davantage. Mais au nom de cette difficulté peut-on erradiquer une espèce aussi importante pour notre biodiversité et tout ce qu'elle apporte d'émerveillement, de passion et de mythe auprès de toute une population ?

Et si on arrêtait de monter les gens les uns contre les autres et qu'on essayait de travailler ensemble pour l'avenir de notre progéniture ? Utopique moi ?

PS : je supprimerai sans autre forme de procès tout commentaire polémique sur ce sujet, au bénéfice de messages et témoignages constructifs que l'on soit randonneur, berger, élu...

 

Rédigé par lta38

Publié dans #humeur

Repost 0
Commenter cet article

MonCahierNature 17/09/2016 09:13

Bonjour,
A l'heure où pour les autres bétails (bovins, porcins), seuls les élevages de grands troupeaux semblent pouvoir être rentables, que ce soit pour le lait ou la viande (concurrence avec les grands élevages de nos voisins européens allemands ou néerlandais), il serait probablement étonnant que de petits troupeaux d'ovins puissent être rentables, surtout avec un berger ?

lta38 18/09/2016 18:35

Bonjour à tous les deux
Débat intéressant. Au final, l'important ne serait-il pas de moins manger de viande, de ne plus l'acheter en supermarché (que j'évite autant que possible)... ? De toutes façons, continuer à consommer autant de viande est irresponsable pour l'avenir de nos enfants non ?

Spirou74 17/09/2016 20:14

Bonjour,
Ça dépend !
Il n'existe pas qu'une seule filière, qu'un seul marché. Tout le monde n'est pas (pas encore) obligé d'aller vendre sa production à la grande Distribution, je devrais plutôt dire: tout les producteurs ne sont pas obligés d'aller se faire "bip" par la grande distribution et de survivre uniquement grâce aux subventions, c'est à dire avec nos impôts.
Un petit producteur peut très bien supprimer les intermédiaires, vendre ses produits sur les marchés, en filière courte, via des AMAP ..., et survivre uniquement par le fruit de son travail. Il ne gagnera pas forcément mieux sa vie, mais je suis personnellement convaincu qu'il vivra mieux (plus autonome, plus indépendant, plus libre), que la nature autour de lui vivra mieux, que ses clients consommeront de meilleurs produits ...
Que dirait Jean Pierre Coffe de la filière agro-industrielle ???