materiel

Publié le 6 Avril 2021

Allez, je remets une pièce dans le juke-box à propos de ces accessoires dédiés au ski de randonnée. Cela n'est que mon avis et je conçois parfaitement que d'autres ne le partagent pas forcément totalement. En revanche, après plus de 25 ans d'expérience, il sera difficile de me faire changer d'avis. J'ajoute que le choix d'en reparler ici est motivé en partie par "la mode" et la communication orchestrée autour de tout ça par les fabricants notamment, et certains arguments de vente mis (parfois trop) systématiquement en avant :
- fixations à plusieurs niveaux de cales de montée
- peaux avec attache arrière
- couteaux faisant partie de la panoplie
- crampons = accessoires au cas où, non indispensable.
- fixations vendues avec leaches ou frein-ski

La cale de montée
Cet outil serait nécessaire pour éviter que le talon de la chaussure ne retombe à plat à chaque foulée, ce qui occasionnerait une fatigue supplémentaire. Mon point de vue est le suivant :
- Oui dès que la trace devient ascendante, l'absence de cale occasionne une fatigue musculaire.
- Mais cette fatigue disparaît avec de l'entraînement ; i.e. avec un peu d'expérience, on révise la nécessité d'une cale (trop haute).
- Plus la cale est haute plus l'ampleur de la foulée diminue et donc, plus on fait de pas et enfin, plus on se fatigue.
- Si on veut un système rapide (passage montée/descente sans tourner la talonnière), une cale est indispensable
=> Je suis donc intimement convaincu que la meilleure combinaison réside dans une cale basse de type "compétition", i.e. entre 35 et 40 mm de hauteur avec clapet rapide pour passage M/D. Sinon, pour les fixations à talonnière rotative, pas de cale du tout. Voir plus bas les explications détaillées de Fabien Viguier, auxquelles j'adhère totalement aujourd'hui.

Les peaux
De plus en plus, "on" propose à l'acheteur des peaux prêtes à l'emploi plutôt que de lui conseiller de les acheter au mètre. Ces peaux sont adaptées au ski avec attache arrière pour soit-disant éviter le décollement. Mon point de vue est le suivant :
- Les peaux prêtes à l'emploi coûtent plus de 150€ ; en achetant au mètre, on tombe autour des 100€
- L'attache arrière occasionne un frottement supplémentaire (de l'attache) et un frottement supplémentaire des 20 (à 30) cm de peau inutile (pour l'accroche) à l'arrière du talon
- Bien tendue, l'attache arrière cintre la peau ; un décollement se produit sur les côtés arrière et peut se propager à toute la peau
- Mal tendue, l'attache arrière saute et ne joue plus son rôle tout en frottant encore davantage au sol
- Pour être habitué aux nombreux "repeautages" lors d'une sortie, je n'ai pas de problème particulier de décollement à partir du moment où on colle bien ses peaux et qu'on les mets contre soi au chaud sous la dernière couche (et non dans le sac) lors des descentes intermédiaires. Les quelques cas problématiques sont indépendants de l'absence d'attache arrière.
=> Pour moi, l'attache arrière est à proscrire, la peau étant coupée à 20/30 cm du talon. On a donc besoin de seulement 3 m (=2x150 cm) de peau à la coupe. La découpe "maison" demeure facile en suivant bien le mode d'emploi et à la portée d'un débutant.

Les couteaux / crampons
Les couteaux permettent de mieux accrocher sur les dévers en neige dure. Mon point de vue est le suivant :
- Oui ils permettent de mieux accrocher sur les dévers en neige dure.
- On les emporte souvent pour rien.
- Ils prennent de la place dans le sac à dos
- Ils coûtent autour de 60€ pour environ 200 g ; une paire de crampons Leopard Petzl 100€ pour 330 g et un encombrement équivalent dans le sac. Pour certaines courses, les crampons seront de toutes façons indispensables, peut-être en plus des couteaux dans le sac à dos donc.
- Si on les met à tout bout de champ, on ne progresse pas en toucher de neige.
- En apprenant à bien accrocher sur la neige (et donc sans mettre les couteaux), on passe sans couteaux jusqu'à un point où, au-delà, mettre des crampons est préférable.
- La progression en crampons est plus sûre et plus rapide qu'avec des couteaux
- La "pénibilité de la manip'" (= mettre/enlever les couteaux) fait qu'après les avoir mis, souvent on les garde encore sur des sections où ils sont vraiment inutiles.
=> Je n'ai pas acheté de couteaux depuis la perte de l'un d'entre eux (échappé des mains dans une pente) durant l'hiver 99 et je m'en porte très bien. Dès que je le pense nécessaire, je prends les crampons. En cas de doute, il n'est pas plus contraignant pour un débutant d'avoir une paire de Leopard dans le sac systématiquement plutôt que des couteaux.

Les leaches
Ils permettent de relier le ski à la chaussure en cas de déchaussage, ce qui évite de perdre un ski dans la pente
- Si on a peur de perdre un ski dans la pente on peut remplacer le leach par un stop-ski
- Le stop-ski est plus lourd, plus cher et ne suffit pas à retenir le ski en pente (assez) raide et neige dure
- En cas d'avalanche, le leach empêchera de pouvoir dégager la victime qui sera retenue au ski ; il peut aussi empêcher le skieur de rester en surface, entraîné au fond par ses skis.
- Avec leach, en cas de chute, la proximité du ski fait risquer un traumatisme (retour du ski qui tape dans la tête du skieur)
- Quand on fait plusieurs manip' montée/descente, le leach impose une pénibilité (et une perte de temps) supplémentaire(s).
=> Pas de leaches sur mes skis

Le frein
Il a la même vocation qu'en ski de piste : empêcher le ski de partir dans la pente, quoique moins efficace qu'une lanière.
- Inconvénients pour la rando : supplément de poids (montée), manip supplémentaire (parfois pénible), déclenchements intempestifs.
- Pierre Gignoux fait un pied de nez à tous les fabricants en supprimant ces trois inconvénients dès son premier essai (voir vidéo ci-dessous).
=> Pas de frein sur mes skis mais le système Gignoux me conquiert. Il n'est pas impossible que j'y vienne.

Le plaidoyer du skieur Fabien Viguier sur les inconvénients de la cale de montée. A lire et à relire.

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Rédigé par lta38

Publié dans #ski-glisse, #matériel

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Publié le 12 Février 2021

Il semblerait qu'on ait tendance à privilégier les points suivants dans son matériel :
- Le ski. D'abord pour des raisons techniques, éventuellement pour des histoires de look et enfin pour le côte social : comme les "djeuns" s'identifient entre eux à la marque de leurs fringues, le randonneur a parfois besoin de s'identifier à son ski.
- La chaussure. Pour des raisons techniques mais aussi d'ergonomie : il faut qu'on s'y sente bien.

Et qu'en parallèle on néglige le DVA et la fixation. Pour le DVA, j'avais alerté il y a quelques années sur le côté discutable du randonneur équipé de skis dernier cri mais d'un vieil Ortovox F1 non révisé. Pourtant, un bon DVA (et un bon savoir-faire) sont indispensables pour retrouver rapidement celles et ceux avec qui on randonne. Ce point me semble en amélioration. D'abord par la force des choses ; les vieux ARVA étant de plus en plus au rebut. Mais aussi parce que la formation porte ses fruits. Et c'est une bonne chose.

Reste la fixation.
Hormis les acharnés qui recherchent souvent la légèreté, nombreux sont des randonneurs qui vont au moins cher à savoir, une Dynafit Speed (d'occasion). Cela reste un très bon choix. Son fonctionnement est simple et elle fait le job avec sa talonnière élastique. Il reste cependant un point crucial : le réglage DIN. Sur cette Speed (comme sur beaucoup de modèle), le réglage minimal (frontal comme latéral) est à 5. On a tendance à assimiler le chiffre 5 à 50 kilos. C'est une erreur. Cette valeur est à pondérer selon de nombreux critères en plus du poids de la personne :
- le niveau/le style de ski
- la pointure de chaussure
- l'âge du skieur (qui influe sur sa façon de skier ; le fait aussi que le risque d'accident est plus élevé et plus problématique à réparer pour les seniors)

Pour les gabarits légers donc, cette valeur 5 n'est pas adaptée. Regardons le tableau ci-dessous. On comprendra que pour une fille de 50 kilos, le réglage de la fixation devra être de :
- 4/4,5 pour une bonne skieuse de pointure 38
- 3,5 pour une débutante en pointure 37
En sachant que plus on skie doucement, plus il sera difficile de déchausser. Je connais beaucoup d'accidents problématiques (fractures) qui se sont déroulés lors de chutes à très faible vitesse par non-déchaussage.

Le réglage des fixations

Cette sur-côte de la valeur DIN intervient parfois par méconnaissance, souvent par peur de déchausser alors qu'il ne l'eût pas fallu. Rappelons à cette occasion que dans des endroits où il ne faut pas déchausser (pente raide, passage exposé en neige dure etc), il existe un truc tout simple pour s'en prémunir : relever le levier de la butée pour verrouiller, puis l'abaisser à nouveau une fois sortie de la portion en question. 

Des solutions.
Si on tient vraiment à conserver sa (vieille) speed (ou consoeur), il existe un autre truc facile à mettre en place pour limiter les problèmes. Beaucoup d'accidents se produisent par non déchaussage latéral (ligaments entre autres). Pour cela, on peut déjà démonter la grosse vis arrière, sortir le grand ressort et enlever le petit ressort intérieur (avant de remonter le système en ne laissant donc que le grand ressort). Cela diminue la valeur DIN qui n'aura plus rien à voir avec la valeur inscrite sur le repère. Il faut alors faire des essais pour trouver le bon réglage. A la maison, ski au pied, chaussure verrouillée descente, ski bloqué (par un tiers par exemple) : faire un mouvement brutal et latéral du talon et trouver la valeur adéquate pour pouvoir déchausser dans les à-coups les plus forts. A noter qu'on peut aussi aller légèrement au-delà des 4 mm usuels entre la talonnière et l'arrière de la chaussure pour diminuer la valeur de déclenchement. Tout cela est bien évidemment à tester avant usage. Il reste le problème frontal : celui-ci n'a malheureusement pas de solution suffisante y compris en reculant légèrement la talonnière. Les chutes frontales (blocages subites du ski dans une neige collante ou sur un relief dur) peuvent avoir pour conséquence des fractures tibia/péroné. Dans ce cas, la meilleure solution reste la fixation adaptée. Il y en a de plus en plus sur le marché. Notons par exemple respectivement la Plum Pika / Guide 7 avec butée ET talonnière dont la valeur DIN est réglable jusqu'à la valeur 4 / 3,5. On retrouve cette valeur de 4 sur l'entrée de gamme Dynafit (Speed Turn) mais au prix d'une talonnière beaucoup trop haute, diminuant l'amplitude et le confort de la foulée. Cette hauteur de 60 mm (alors qu'à mon sens l'idéal se situe à 35-40 mm) ce retrouve par ailleurs sur la Plum Guide 7, faisant de ce fait la Pika comme ma préférée des 3.

Plum Pika et Guide 7
Plum Pika et Guide 7

Plum Pika et Guide 7

Cette question se pose encore plus sur du matériel enfant. Car on n'a pas forcément envie de mettre le prix pour un nombre limité de sorties et de dénivelé. Tout en sachant que la valeur 3,5 DIN risque même d'être encore trop élevée. Les enfants doivent être briefés. A skis de randonnée, les bonnes bases consistent à garder de la marge en descente, afin de limiter l'accident. En n'oubliant pas qu'un secours pourra être un peu longuet, dans le froid, inconfortable etc. En restant prudent et en diminuant la valeur latérale grâce au truc du ressort énoncé plus haut, on doit pouvoir débuter dans des proportions de sécurité acceptable, en attendant l'arrivée sur le marché (et celui de l'occasion) de modèles adaptés et... abordables !

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Rédigé par lta38

Publié dans #ski-glisse, #matériel

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Publié le 2 Février 2021

Ce créneau s'annonçait très serré. Et plus on s'en approchait, plus il semblait improbable. Devant monter à Saint-Martin (d'Uriage), je tente quand même le coup tant qu'à être (quasi) sur place. La station de Chamrousse a appelé son domaine de ski (aménagé) "Mountain park". C'est également l'endroit le plus adapté (géographiquement parlant) pour essayer la nouvelle chaussure de la firme grenobloise Gignoux, basée à Saint-Martin. Cette chaussure se nomme justement la Mountain.

Alors, malgré la neige qui s'annonce fort mauvaise, je me trouve une bonne excuse pour monter là-haut. Bilan : il a plu jusqu'à plus de 2000 m puis reneigé, re-plu. Il faut cheminer dans 40 cm de colle. A la montée, la trace est faite ; en revanche, à la descente, sans le damage, c'est une catastrophe. Certains skieurs (sans doute d'un niveau moyen) redescendent à pied par moments...

Pour un véritable essai, on repassera, mais en attendant, voici un petit aperçu de cette chaussure :

- Coque en carbone, comme la Black et les Race, autres modèles de la marque.
- Chausson par Palau. A la différence de celui de la Black (pour la Race, c'est un bikini), il est plus épais, plus molletonné, plus confortable et sans doute plus isolant contre le froid. Sa durée de vie devrait également être meilleure. Il semble jouer un rôle supplémentaire (par rapport à celui de la Black) dans le maintien du pied pour la descente. Il ne dispose pas de semelle intérieure par contre.
- Laçage intérieur : serrage du coup du pied par cordon avec petit bloqueur ainsi que par un scratch. De ce fait, c'est un peu plus long à préparer qu'une chaussure classique où une fois qu'on a mis le pied dans les chaussons, on passe directement aux crochets.
- Serrage extérieur : le laçage intérieur remplace ainsi le collier inférieur. En revanche, l'unique collier supérieur de la Black est remplacé par un double collier permettant un appui plus marqué et situé nettement plus haut. Un petit bloqueur évite le glissement des deux languettes tibiales. A la descente, la Black était redoutable en torsion mais manquait d'appui frontal. Le changement est radical avec la Mountain ; on s'en aperçoit avant le premier virage. Elle devrait correspondre aux skieurs qui "envoient" en appui languette.
- Etanchéité totale grâce à une guêtre qui remonte très haut, bien plus haut que sur n'importe quelle autre chaussure. Ce point était insuffisant sur les Race et perfectible sur la Black.
- Passage montée/descente par simple abaissement de levier. Le levier est fixe mais on peut choisir l'inclinaison (deux réglages) et demander de faire monter un levier dynamique. Idem Race et Black
- Inserts Low-tech évidemment, compatibles Ultimate 3 à l'avant (biseautés).
- 740 g par pied (vs 600 g pour une Black et 500 g pour les Race).
- 1850€ TTC, livraison UE

A noter qu'il est tout à fait possible de l'essayer. Contact : https://pierregignoux.fr/produit/mountain/

Ne pas se fier aux images : neige ultra lourde quasi inskiable
Ne pas se fier aux images : neige ultra lourde quasi inskiable

Ne pas se fier aux images : neige ultra lourde quasi inskiable

Combo léger descente : Gignoux Mountain + Dynastar F-Team (89 au patin) + Gignoux U77
Combo léger descente : Gignoux Mountain + Dynastar F-Team (89 au patin) + Gignoux U77
Combo léger descente : Gignoux Mountain + Dynastar F-Team (89 au patin) + Gignoux U77

Combo léger descente : Gignoux Mountain + Dynastar F-Team (89 au patin) + Gignoux U77

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Rédigé par lta38

Publié dans #Belledonne, #matériel, #ski-glisse

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Publié le 22 Janvier 2021

Pour comprendre l'essence de ce retour, il est nécessaire de connaître mon parcours photographique côté matériel. Après avoir eu trois reflex 24x36 de 1986 à 1999, je suis passé au compact 24x36 (toujours argentique) pour le transport en montagne (sauf photo animalière) et il a fallu attendre 2003 pour que je dispose de mon premier appareil photo numérique. Autant dire que quand je regarde aujourd'hui les images faites avec ce premier "APN", je mettrais bien tout à la poubelle s'il ne s'agissait pas de conserver des souvenirs. Et cela jusqu'en 2008 avec d'autres compacts/bridges à (tout) petit capteur. A partir de là, les choses ont changé et j'ai souvent jonglé entre deux systèmes, un reflex et un léger.
- 2008 : Canon EOS 450 D (APS-C)
- 2010 : Canon S95 (compact)
- 2013 : Canon EOS 60D (APS-C, remplaçant le 450D)
- 2014 : Panasonic GM1 (MFT, remplaçant le S95)
- 2016 : Canon EOS 6D (FF, remplaçant le 60D)

Je suis donc habitué depuis 5 ans aux images plein format et je dois dire que le petit Panasonic, qui me rend bien des services de par sa compacité, est loin du compte et me sort presque par les yeux, notamment en raison de la (très mauvaise) qualité des RAW niveau colorimétrie. Malgré tout, il y a une différence énorme dans le sac à dos (et encore plus fixé sur la bretelle par le système Peak Design) entre ce dernier et son petit 24-62 (300 g) et le 6D accompagné du 17-35 (1300 g) Tamron !!!

Je cherchais donc une solution qui me permette de conserver la qualité d'image (voire l'améliorer encore un poil) en réduisant significativement les critères poids/encombrement dans l'unique but d'emporter plus souvent le "gros". Cela ne pouvait passer qu'en changeant de système. Il existait des solutions APS-C mais :
- Le système Canon EF-M est quand même orienté très amateur au niveau des optiques natives. Sera-t-il pérenne d'ailleurs ?

- Le système Fuji est vraiment cher pour de l'APS-C
- Le FF c'est quand même autre chose...

En restant en plein format, l'idée était de passer sur un hybride FF Canon (donc gamme R) et changer petit à petit les optiques, les anciennes EF restant 100% exploitables moyennant les 125 g de la bague d'adaptation. Le petit EOS RP s'est naturellement imposé, étant le plus petit appareil photo full frame du marché avec le Sony A7C. Et ce, malgré ses performances limitées : quand on maîtrise bien son matériel, ce qui fera la différence ne sera pas le boîtier mais la qualité des optiques qu'on mettra dessus et la présence du photographe au bon endroit et au bon moment. On verra peut-être dans quelques années pour un boitier performant.

Le constructeur n'a pas menti

Le constructeur n'a pas menti

Intéressons-nous maintenant de plus près à ce petit RP.

  • Le capteur : 26 mp. C'est une belle définition et un net progrès par rapport à mon 6D (20 mp), permettant un recadrage supplémentaire si besoin. En parallèle, les capteurs classiques actuels plein format sont de 24 mp (Sony A7III, Nikon Z5/6, Lumix S1/5).
  • Le boitier. Il ne pèse que 483 g avec la batterie là où le 6D atteignait les 780 g. C'est le plein format le plus léger du marché ; même le Sony A7C, un poil plus compact, reste 20 g au-dessus. Avec de nombreux joints d'étanchéité, il est annoncé "tous temps". Un bon point pour une utilisation extérieure comme celle que j'en fais.
  • L'AF Dual Pixel est considéré aujourd'hui comme le plus performant du marché. Sur le 6D, on disposait de seulement 11 collimateurs ! Le RP utilise presque 90% de la surface du capteur et s'appuie sur près de 5000 points. Avec en plus une sensibilité de -5EV, l'AF du RP paraît efficace et est un progrès pour moi, même s'il n'atteint pas celui du R6, notamment pour le suivi.
  • La rafale est poussive, parmi ce qui se fait de moins bien sur le marché. Il faut bien "justifier" l'entrée de gamme. Seulement 5 im/sec. A titre personnel, pour 95% des photos que je fais, cela me suffit... et me facilite le tri d'après ! Et ce n'était pas mieux sur le 6D... avec un buffer plus vite saturé. J'ai donc encore gratté un peu. A noter que sur le 6D, en mode silencieux (qui restait plus bruyant que l'obturateur du RP, on tombait à 3,5 im/sec)
  • Le viseur (2,36 mp, grossissement 0,7). Je l'ai trouvé un poil plus agréable que celui de l'A7III de mon père malgré une définition égale et un grossissement légèrement supérieur. On notera que le dernier né de cette même marque, l'A7C, conserve la même définition mais un grossissement de seulement 0,59... Le viseur du RP est donc de qualité au regard de ce qui se fait aujourd'hui. En basse lumière, je m'y suis totalement fait. En revanche, en plein jour et notamment dans la neige, il demande une adaptation.
  • La prise en mains est bonne avec une poignée bien grippée. Les deux molettes de réglage personnalisables tombent sous le pouce et l'index droit. Elles me permettent de régler rapidement le diaph (je travaille presque exclusivement en mode AV = priorité ouverture), les ISO (avec la touche m-Fn juste à côté) et l'éventuelle sur(sous)-exposition volontaire. Je regrette toutefois l'absence d'écran supérieur, conservé sur les autres modèles Canon. Ainsi que la roue-commutateur on/off main gauche pas très pratique : pourquoi ne pas avoir conservé le petit cran de l'EOS 6D qui tombait naturellement sous le pouce gauche ?
  • L'écran monté sur rotule est efficace et gagne en précision sur celui du 6D.
  • Capteur. Le boitier n'est pas stabilisé (contrairement au R6) mais il paraît que le capteur exploite les informations d'un objectif stabilisé pour améliorer les performances stabilisatrices. Personnellement je ne suis pas capable de faire une comparaison sans un test précis... que je n'ai pas fait. Etant personnellement très stable, cet argument n'est pas ma priorité.
  • Montée en sensibilité. Les images sont excellentes à 3200 ISO et demeurent très bonnes à 6400 ISO. A 12800, c'est encore largement exploitable. Il me semble qu'il y a un progrès perceptible par rapport au 6D, d'au moins 1/2IL. Voir les tests.
  • Format des images. Le CR3 existe en compressé, permettant de diviser par deux ou trois le poids des images. Je n'ai pas d'avis pour le moment sur l'inconvénient de cette compression. A noter que les images RAW restent un peu sous les 30 Mo là où celles de l'A7III, pourtant un peu moins bien défini, approchent 50 Mo. Je ne sais pas d'où vient cette différence mais ne m'en plaindrai pas.
  • Prise de vues nocturne. Il paraît qu'il y a un mode fort intéressant. Non essayé à ce jour.
  • Mode silencieux. Dommage qu'il ne soit utilisable qu'en mode scène !!! Cependant, l'obturateur reste moins bruyant que celui du 6D et son claquement de miroir. Y compris lorsque ce dernier était en mode dit "silencieux", qui tombait la rafale à 3,5 im/sec. (oui je sais, déjà dit plus haut).
  • Autonomie : le RP est annoncé 230 vues. Fort heureusement, la réalité est tout autre. Avec deux batteries supplémentaires (dont le poids équivaut à celui d'une LP-E6), on n'est finalement pas si mal du tout. Notez plutôt :
    - Première série, sans faire attention à quoi que ce soit (utilisation de l'écran, rafales...) : 429 vues
    - Deuxième série, un peu plus avare sur la rafale : 500 vues
    - Troisième série, rafale régulière mais aucune utilisation de l'écran, visualisation sur EVF si besoin : 849 vues
    Il semblerait que la clé soit de visualiser les images sur le viseur et non sur l'écran pour optimiser l'autonomie. J'ai lu qu'avec les plus grosses batteries (LP-E6 dernière génération) de l'EOS R5 annoncé à moins de 500 vues, des photographes pros avaient réussi à dépasser très largement les 2000 images !!!

Un dernier point, et pas des moindres : le tarif. Avec 1300€, bague d'adaptation EF/RF incluse, c'est tout simplement, et de loin, le moins cher des boîtiers hybrides plein formats actuels (je ne parle pas d'anciens modèles type A7II dont il resterait des fonds de cartons). A noter qu'en étant attentif à l'évolution des tarifs, on peut l'obtenir moins cher sans passer par des sites en ligne peu recommandables. Je l'ai trouvé à 1150€. Attention à ne pas céder à une offre sans la bague : elle est actuellement très difficile à trouver seule et ce serait dommage d'acquérir un boîtier neuf et de devoir attendre d'y monter ses optiques EF. On notera également l'offre Canon "créer votre kit" qui permet d'obtenir des remboursements à l'achat de ce RP et d'une optique de cette liste.

Comparaison 6D / RP / GM5, nu et avec objectif standard de type 24-105 (site camerasize)
Comparaison 6D / RP / GM5, nu et avec objectif standard de type 24-105 (site camerasize)

Comparaison 6D / RP / GM5, nu et avec objectif standard de type 24-105 (site camerasize)

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Rédigé par lta38

Publié dans #matériel

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Publié le 13 Janvier 2021

L'arrivée de Canon dans le domaine des hybrides et la sortie en quelques mois de nombreux objectifs et boîtiers montre que le monde de la photo subit un second basculement après le passage au numérique au début des années 2000 : celui du passage au viseur électronique. Nous avons déjà vu ici les avantages et inconvénients de chaque système mais pour le résumer à nouveau rapidement, on pourrait dire qu'en acceptant un matériel un peu plus énergivore et en perdant la visée optique (argument moindre car je suis étonnamment surpris par les viseurs numériques), on gagnera sur les points suivants :
1- Compacité et poids du matériel (argument capital pour moi qui transporte tout ça en montagne)
2- Rapidité des obturateurs et des AF
3- Contrôle direct de l'exposition (argument moindre car l'histogramme demeurait à mon sens suffisant)

Pour ce passage à l'hybride, j'avais le choix entre conserver la totalité de mes objectifs et opter pour un boîtier performant ou prendre un boîtier d'entrée de gamme (tout en restant en plein format) et m'offrir un super télézoom pour les plans serrés et l'animalier. J'ai choisi cette seconde solution, sachant que le boîtier me conviendrait suffisamment pour 95% de mes images et que la qualité serait de toutes façons au rendez-vous.

Avec trois télézooms (70-200 f/2,8 et f/4 puis 100-500), Canon bouscule les standards en mettant la barre très haute concernant le critère poids/encombrement :
- RF 70-200 f/2,8 = 1070 g
- RF 70-200 f/4 = 695 g (et collier de pied inutile vue la compacité)
- RF 100-500 f/4,5-7,1 = 1370 g

C'est clairement ce troisième qui m'a immédiatement intéressé car ultra polyvalent, plus léger qu'un 70-200 f/2,8 en montures classiques et faisant office de super télé pour l'animalier. Confiant sur la qualité optique (ce que confirment toutes les "reviews"), deux points restaient toutefois négatifs :
- le tarif : 3100€ !!
- l'ouverture glissante à f/7,1

Pour le second, après observation du petit tableau ci-dessous, on se rend compte qu'il se comporte pratiquement comme le 100-400 Canon à focale équivalente (f/5,6 jusqu'à 363 mm) et mieux que le 100-400 Tamron ! Finalement, le f/7,1 n'intervient que sur la toute fin de la plage focale. On peut donc considérer ce téléobjectif comme un 100-400 classique auquel on peut aussi utiliser 25% de grossissement en plus. Et cette différence n'est pas minime car en plein format, la focale de 400 mm reste un peu juste. C'est véritablement à partir de 500 mm qu'on peut être considéré bien équipé en animalier.

En ayant donc gagné ces 25% (20% si on considère mon ancien ensemble 300 f/4 + TC 1,4) ainsi que 30% de définition permettant un peu de crop (EOS RP = 26 mp vs EOS 6D = 20 mp), l'ensemble devient fort intéressant.

A droite, le 100-500 sur le petit RP. En comparaison avec mon ancien EOS 6D et un 100-400, Tamron ou Canon.

A droite, le 100-500 sur le petit RP. En comparaison avec mon ancien EOS 6D et un 100-400, Tamron ou Canon.

Restait le tarif. Et là, je dois dire que j'étais refroidi. Cependant, l'offre Canon "créer votre kit" rembourse 300€ sur cette optique en l'achetant séparément avec un boîtier. Et sinon, il reste le 100-400 Tamron a un tarif redoutable.

Pour celles et ceux qui seraient intéressés par ce 100-500, voici quelques points de comparaison :
- Piqué : Pour s'en convaincre, voir ces images de chevêchette : monté sur le petit RP, le plus bas de gamme des hybrides, c'est supérieur à mon Canon EF 300 f/4 (sans extender) monté sur l'excellent 6D et ce, quelle que soit la plage focale. Ce zoom est  au top de la technologie actuelle concernant la qualité d'image. Pour plus de précisions, je renvoie aux différents tests en ligne qui le donnent meilleur que les 100-400 de marque.
- En mains : le fût est un peu gros lorsqu'on travaille à main levée. Il faut s'y adapter quand on vient d'un 300 f/4 ou d'un 100-400 Tamron. En revanche, il semble du même gabarit que le 100-400 Canon dernière version.
- Poids réel. Si le poids correspond exactement à celui annoncé par le fabricant, il faut y ajouter le poids du pare-soleil (qui était inclus car télescopique sur le 300 f/4). Ainsi, tout compris (pare-soleil et bouchons), on est exactement à égalité avec le 300 f/4 + extender et 200 g au-dessus du 100-400 Tamron. Notons toutefois qu'il aurait fallu utiliser la bague EF/RF pour ces deux-là soit 125 g de plus, ou alors rester sur un boitier reflex (donc plus lourd). Grosso modo, le gain de poids n'est pas significatif voire nul mais en revanche, on gagne en qualité et en range.
- AF. Il m'est apparu précis. Et bien plus rapide que celui du 100-400 Tamron. Il paraît qu'il est nettement moins bon sur le RP que sur un R6. Ca doit donc dépoter.
- Stabilisation : j'ai fait beaucoup d'images de chevêchette (qui ne bougeait donc pas) au 500 mm à 1/50è de seconde à main levée et il n'y a quasiment aucun déchet. L'optique est annoncée 5 stops. Et ce, sans compter sur une éventuellement stabilisation supplémentaire du boîtier.

Au final, je trouve que ce 100-500 est une excellente alternative aux gros blancs compliqués à transporter en montagne et a minima deux fois plus chers. Avec une qualité qui s'en rapproche : je n'ai vu un tel piqué qu'en utilisant un 300 f/2,8 ou un 500 f/4 (série L of course) prêtés par Doms. En comparaison avec ces gros blancs, il faut considérer que le tarif, la polyvalence et le poids/encombrement ne se paient au final que par l'ouverture, autour de 1,5 IL en moyenne.

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Rédigé par lta38

Publié dans #matériel

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