Articles avec #materiel tag

Publié le 15 Septembre 2020

Etant presque novice dans ce domaine, j'ai toutefois beaucoup appris en six mois ; que dis-je, en trois mois ! Cependant, il me reste tant à apprendre ! Ce partage est donc tout autant pour rendre compte de mon expérience au complet novice comme pour avoir les réactions des vrais habitués afin de corriger/progresser.

Ouvrir une voie (du bas), impose d'abord de porter le matériel. D'où une recherche, mais ça je sais faire, de la légèreté absolue. Mais il faut toutefois ne pas se passer d'un outil qui serait indispensable et parer aux éventuelles (mauvaises) surprises. Par où on commence ?

 

Le Harnais : léger et confortable pour l'attente au relais et les pauses pendu sur un friend, un crochet ou autre. Le Sitta (Petzl) remplit très bien ce rôle ! 240 g en S. Noter le porte-marteau maison.

Sitta (Petzl)

Sitta (Petzl)

Les friends. Les Camalot (Black Diamond) restent une référence. Les modèles ultralight (du 0.4 au 4) permettent d'économiser de précieux grammes et n'ont pas d'équivalent.

Camalot UL 0.5 et 2 (Black Diamond)

Camalot UL 0.5 et 2 (Black Diamond)

Les dégaines. Nombre à optimiser selon ce que l'on pense ouvrir. J'utilise les Ange (Petzl) que j'ai depuis un bon moment mais d'autres modèles légers font tout aussi bien l'affaire.

Ange L (Petzl)

Ange L (Petzl)

Des pitons. Y compris dans le cadre d'ouverture d'une voie entièrement sur plaquettes, une lame et une cornière pourront rendre de précieux services. Evidemment, s'il s'agit d'une voie en trad, on emportera davantage de clous.

Deux vieux pitons Charlet-Moser

Deux vieux pitons Charlet-Moser

Les points. On a le choix entre le diamètre 12 et 10. Le 10 est amplement suffisant et on gagne énormément en poids (pour le transport) mais aussi en diamètre (forcément) et en longueur de perçage donc en batterie donc en nombre de points "mettables" avec un accu chargé à bloc. Pour info : point (complet) Petzl coeur bolt inox 10 = 110 g (117 g pour l'équivalent chez Fixe) ; en 12 (Fixe) = 150 g !! Ma préférence niveau finition reste la Coeur Bolt. Le goujon est aussi un poil plus court (que l'équivalent chez Fixe) ce qui permet de percer presque 1 cm de moins et donc, de gagner plus de 10% de batterie. Ce n'est pas négligeable. Attention à bien percer toute la longueur du point (et pas seulement la longueur du goujon qui sera dans le rocher car en cas de raté, cela permet d'enfoncer complètement le goujon au marteau et de le rendre quasi invisible).

Coeur Bolt inox 10 (Petzl)

Coeur Bolt inox 10 (Petzl)

Fixe 12 mm

Fixe 12 mm

Le perfo. Ici un Bosch GBH 18V EC (1,7J). Poids : 2,1 kg avec son équipement (+ 550 g pour l'accu). Il faut le customiser un peu pour pouvoir le porter en bandoulière. Ci-après, mon système réalisé à partir d'une sangle molletonnée destinée au transport d'un trépied photo (dont je ne me servais jamais). J'ai également réalisé un protège-mèche (petit tube creux) grâce à l'idée de Xavier Dorel (merci à lui), escamotable facilement et maintenu par un élastique. Il ne s'agit pas de se planter la mèche en cas de chute, et même de se brûler avec juste après avoir percé. L'accu de 5Ah est un excellent choix. Avec un second accu et une mèche de qualité, on ne pourra pas parvenir à l'épuisement de l'énergie disponible avant épuisement du stock de points. En gros, vous ne pourrez pas transporter suffisamment de points !!
A noter qu'il n'y a pas de système de sécu. Le perfo est tenu à la main, en gardant la sangle en bandoulière quand c'est possible, sinon à bout de bras... S'il vient à tomber dans la manip, c'est mort. Et l'assureur en-dessous ne sera pas à la fête, sans le protège mèche !!! A voir pour les situations difficiles : il doit falloir le laisser sur le point précédent et le récupérer à l'aide d'un ensemble fifi + cordelette (suffisamment longue). Pas encore testé ; je n'ai équipé que des lignes bien en-dessous de mon niveau max (6a+ maxi sur du très court). Je perce en équilibre sur les pieds, en me tenant de la main gauche au rocher.

Perfo, gros plan sur le protège-mèche et accu
Perfo, gros plan sur le protège-mèche et accu
Perfo, gros plan sur le protège-mèche et accu

Perfo, gros plan sur le protège-mèche et accu

La mèche. Il existe plusieurs marques. Celle-ci est top avec une pointe à quatre pans. Dans du granite (ce qu'il y a de plus dur), j'ai pu planter 37 points (diamètre 10) avant d'épuiser l'accu avec une mèche neuve  !!! Dans du calcaire, on passe sans souci la quarantaine. Je me demande s'il n'y a pas moyen de prendre un foret de 5 cm de moins quand même ! (à noter le marquage au scotch pour la limite du perçage). Ne pas lésiner sur la mèche (entre 8 et 10€) et sur son état. Mieux vaut dépenser quelques euros de plus que de devoir revenir une journée supplémentaire sur site pour finir le travail (entre le temps, la fatigue, l'essence... on ne fait que perdre !!!). Pas de place pour les rats dans ce petit jeu.

Mèche quatre pans avec marquage de la longueur totale du goujon

Mèche quatre pans avec marquage de la longueur totale du goujon

La clé. Une clé de 17 pour visser les goujons de 10. Celle-ci (photo ci-dessous) est un peu trop longue et le bras de levier risque de casser le système : il faudrait en trouver une plus courte (ou la scier) ; en attendant, ne pas serrer comme un mulet. Pas de cordelette pour sécuriser la clé ; les cordelettes finissent pas s'emmêler et c'est vite un gros bazar sur le harnais. En cas de perte ou casse (ce qui sera toujours possible avec une cordelette), il faut de toutes façons une clé de secours. Une petite clé à molette permettra en outre d'utiliser d'autres diamètres (par exemple, si on a quelques goujons de 12 dans le tas ; ou pour serrer un maillon rapide destiné à un rappel).

Clé de 17 et petite clé à molette de secours

Clé de 17 et petite clé à molette de secours

Un crochet. Pour percer "sereinement" si on est au taquet. A ce jour, il est resté sur le porte-matériel mais je ne désespère pas de pouvoir l'utiliser :D :D :D.

Ici un crochet (Black Diamond) avec trois embouts différents

Ici un crochet (Black Diamond) avec trois embouts différents

Le marteau. Indispensable pour enfoncer le goujon avant de visser. Là, la cordelette est utile pour éviter de le perdre car on ne va pas emporter un second marteau de secours. La manip' est la suivante : on perce, on place le goujon à la main avec la dégaine dessus (le goujon est déjà sur la dégaine sur le porte-matériel, il ne faut pas perdre de temps si on est en équilibre précaire) et cela tient tout juste. On se saisit alors du marteau et on tape un premier coup pour commencer à entrer le goujon. Là, je maintiens la dégaine vers le bas avec l'index de la main gauche et je frappe avec la main droite. Cela maintient la plaquette dans le bon sens et évite de frapper sur la plaquette et sur le mousqueton du haut de la dégaine. Une fois l'ensemble enfoncé, je mousquetonne la corde et peut, si besoin, me "cabestaner" dessus. Il reste alors à visser tranquillement.

Vieux marteau Camp. Lourd mais on peut taper comme un mulet. A voir un autre modèle plus court et un peu plus léger.

Vieux marteau Camp. Lourd mais on peut taper comme un mulet. A voir un autre modèle plus court et un peu plus léger.

Le relais. Il comporte deux points, généralement espacés de 30 à 50 cm, l'un au-dessus de l'autre mais pas à la verticale. En fait cela dépend surtout de la configuration du rocher. Si un bloc s'avérait un tantinet douteux, il est plus que conseillé de ne pas mettre les deux points dessus. Pour un relais de rappel, il est déjà prêt (corde entre les deux points, maillon rapide serré à la clé). On perce un premier trou, on plante le premier goujon (celui du bas, avec le maillon) et on perce pour le second au-dessus en fonction de la longueur de la corde de liaison (tout cela avec de l'anticipation avant le premier perçage...)

Un relais de rappel

Un relais de rappel

La brosse à gratter. Une petite brosse métallique pour les lichens et mousses gênantes. Ce modèle n'a pas encore été expérimenté mais il est petit et léger. Il devrait dépanner mais s'avère insuffisant pour de gros travaux.

Petite brosse métallique

Petite brosse métallique

De la cordelette. En rab, en fond de sac. Pour une échappatoire. Avec peut-être un maillon rapide, un Escaper (Beal) selon la longueur de corde qu'on aura emporté. Un gros casse-tête car on est déjà chargé et la corde, c'est ce qui peut être de plus lourd. A chacun de voir en fonction de ses projets.

Cordelette de secours

Cordelette de secours

Et le casque ? Encore une fois, le poids et le poids ! Le nouveau Sirocco Petzl se fait quasiment oublier sur le sac : 170 g en taille S, suffisant pour ma petite tête.

Sirocco Petzl

Sirocco Petzl

Le sac à dos pour porter tout ça. Là encore, pas de choix unique mais des dizaines de possibilités. On fait avec qu'on a mais un dos confortable et une bonne ceinture, ainsi qu'une capacité d'au moins 30 litres sont nécessaires. Ce modèle Terrex (40 litres, avec sangles de compression latérales pour adapter le volume au contenu) est ce que j'ai trouvé de mieux dans ma cave. Il n'est pas trop lourd (1 kg environ) et suffisamment adapté pour porter jusqu'à 15 kg. Avec fermeture rapide à enroulement.

Adidas Terrex Solo Lightweight
Adidas Terrex Solo Lightweight

Adidas Terrex Solo Lightweight

Et bien sûr, optimiser tout le reste. En Belledonne, gourde filtre (pour moi Katadyn Be Free, déjà maintes fois présenté ici) vide qu'on remplira au dernier moment (des torrents partout), coupe-vent ou pas, quelle bouffe ? bâtons pour aide à la marche...

Bon courage ! Et merci de vos retours/conseils !

Voir les commentaires

Rédigé par lta38

Publié dans #escalade-alpi, #matériel

Repost0

Publié le 3 Septembre 2020

Connaissez-vous le Lens2scope ? Moi oui ; enfin, depuis une dizaine de jours, grâce à mon ami Laurent qui me l'a fait découvrir. Il date ce petit outil (2012) mais je n'en avais jamais entendu parler. Le fabricant japonais Kenko a eu une bonne idée avec cet accessoire qui se monte directement sur un téléobjectif, pour le transformer en longue-vue. Je l'ai trouvé à 130 € en monture Canon. L'ensemble est on ne peut plus compact et léger puisqu'il n'ajoute que 160 g au poids du téléobjectif. Il transforme mon 70-200 en une longue-vue 7-20x ; mon 100-400 en une 10-40x. De quoi permettre des observations détaillées même si on ne soutiendra évidemment pas la comparaison avec une lunette Swarovski à 2500 balles !! Après une petite prise en mains, voici les bons (et les moins bons) points duLens2scope :
++ Compacité/légèreté (161 g) si on est en sortie photo animalière et donc, qu'on a déjà dans le sac à dos un boîtier et un téléobjectif
++ Prix doux (100 - 250 € selon les sources)
+ Netteté (c'est assez propre, assez surprenant même)

- Fragilité. Tout plastoque, on dirait un jouet. Une chute et il explose je pense.
- - Angle de champ. C'est là l'inconvénient majeur ce qui, du même coup, diminue le confort de l'observation
- Luminosité. On est loin d'une vraie longue vue. Dès que la lumière baisse, la différence est sensible.

Sans importance : Collier de pied fourni inutilisable (on aura de toutes façons celui du télé) ; housse cheap ; l'oeilleton de protection de l'oculaire tient mal.

En résumé : un superbe accessoire dont il ne faudra pas se priver dans le cadre d'une sortie montagne (donc avec de la marche, en terrain accidentée), destinée d'abord à la photographie, et qui permettra de dénicher certains sujets, voire de prendre quelques bons moments d'observation depuis un affût en attendant que le sujet principal ne se montrer. Pour une utilisation de type "ornitho" en zone humide (par exemple), il demeure insuffisant de par le confort de visée en cas d'utilisation prolongée, et la qualité globale au regard d'une vraie longue-vue.

Le Lens2scope sur la balance

Le Lens2scope sur la balance

Sur le 70-200 et sur le 100-400
Sur le 70-200 et sur le 100-400

Sur le 70-200 et sur le 100-400

Voir les commentaires

Rédigé par lta38

Publié dans #matériel

Repost0

Publié le 25 Mai 2020

Samaya est une petite entreprise annecienne qui a mis au point une tente quatre saisons, i.e. capable d'appréhender les contraintes imposées par l'hiver ou la haute altitude en expédition. Suite à un échange avec Christophe Dumarest, alpiniste dont la présentation n'est plus à faire, j'ai eu la chance de l'avoir à l'essai quelque temps. La crise sanitaire passant par là, je m'étais contenté du déballage et du montage à la maison.

Avec la météo qui tourne au grand beau et une situation débloquée, il me tardait d'aller sur le terrain. Pour une première fois, je suis allé me poster en Belledonne, à 2000 m d'altitude, une nuit un peu frisquette. J'avais même emporté l'ordinateur portable pour "télétravailler" et profiter du confort de la tente.

Bien évidemment, les conditions étaient clémentes : pas de vent, 3°C la nuit. Pas vraiment de quoi en faire un test poussé. Mais à défaut, cette nuit a constitué une bonne prise en mains du matériel. 

Tout d'abord, au niveau du poids. Tout compris, à savoir la tente dans son sac de rangement, les arceaux dans leur sac de rangement et les piquets (tous) dans leur sac de rangement, on arrive exactement à 1700 g. Les 1662 g annoncés sont donc justes. C'est un poids remarquable pour une tente de cette gamme, qui comprend quand même trois longs arceaux pour la stabilité. Les matériaux ont été étudiés finement pour en arriver là. Le concept mono paroi y est sans doute pas étranger non plus bien entendu.

Au montage, ce concept de mono paroi fait justement toute la différence. Il suffit se pousser les arceaux dans leur fourreau, de les arquer et hop, la tente est montée. Ce n'est pas aussi rapide qu'une 2 Seconds mais franchement, si on exclut la gamme Décat' dont l'encombrement en mode rangement exclut le transport en montagne (ou alors, sur du court et avec de la motivation...), je n'ai jamais monté une tente aussi rapidement. Ensuite, on la décale (mode auto-portant) pour trouver l'emplacement idéal. Et même une fois montée et plantée, le fait qu'elle soit auto portante et qu'on ait donc pas à réajuster un double-toit, il est facile de la changer de place. Ainsi, je me suis même offert le luxe, une fois le soleil couché, de la tourner pour avoir l'ouverture au soleil levant le lendemain matin. Je n'ai eu qu'à enlever/remettre les six piquets.

Justement, parlons des piquets. L'ensemble est constitué de 14 piquets (assortiment de 9 et 12 cm de long). Je ne sais pas si c'est une première mais l'idée de mettre des dents est tout simplement géniale. Pour la première fois, enfin des sardines qui ne sortent pas toutes seules. Et à 60 g les 12, autant dire que ça ne pèse pratiquement rien. Si comme moi, on n'a pas besoin de haubaner, 6 sardines courtes à 25 g l'ensemble suffiront.

L'intérieur est spacieux pour deux ; autant dire que seul... Je craignais un peu l'humidité pour le matériel. La température est descendue quand même à 3°C et l'herbe était trempée au petit matin. Pourtant, rien n'est apparu à l'intérieur. J'avais ouvert les deux larges aérations latérales et le chapeau. Pas la moindre trace de condensation. Ni par le toit, ni par le sol. Propre !

A l'intérieur, les deux grandes poches m'ont permis de ranger tout le matériel. Au final, je me suis fait une petite session pouvant être qualifiée de luxueuse dans la nature. Sans compter que je trouve cette petite tente vraiment chouette mais ça, c'est subjectif. Pour plus d'informations comme l'imperméabilité annoncée à 20000 mm (oui oui...), le mieux est de se rendre sur le site du fabricant. Elle sera également présentée dans le prochain Montagnes Magazine spécial bivouac à paraître incessamment sous peu.

Bivouac de luxe
Bivouac de luxe
Bivouac de luxe
Bivouac de luxe
Bivouac de luxe

Bivouac de luxe

Croissant le Lune, Mercure, et même Vénus sur la première
Croissant le Lune, Mercure, et même Vénus sur la première
Croissant le Lune, Mercure, et même Vénus sur la première

Croissant le Lune, Mercure, et même Vénus sur la première

Oiseaux du lendemain au retour : fauvette babillarde et rouge-queue noir
Oiseaux du lendemain au retour : fauvette babillarde et rouge-queue noir
Oiseaux du lendemain au retour : fauvette babillarde et rouge-queue noir

Oiseaux du lendemain au retour : fauvette babillarde et rouge-queue noir

A noter le petit kit de réparation au cas où et, pour guère plus de 200 g, le vestibule additionnel (non montée ce jour - une prochaine fois) qui permet de s'installer à 3 et d'avoir un emplacement protégé pour ranger le matériel de l'équipe.
A noter le petit kit de réparation au cas où et, pour guère plus de 200 g, le vestibule additionnel (non montée ce jour - une prochaine fois) qui permet de s'installer à 3 et d'avoir un emplacement protégé pour ranger le matériel de l'équipe.
A noter le petit kit de réparation au cas où et, pour guère plus de 200 g, le vestibule additionnel (non montée ce jour - une prochaine fois) qui permet de s'installer à 3 et d'avoir un emplacement protégé pour ranger le matériel de l'équipe.
A noter le petit kit de réparation au cas où et, pour guère plus de 200 g, le vestibule additionnel (non montée ce jour - une prochaine fois) qui permet de s'installer à 3 et d'avoir un emplacement protégé pour ranger le matériel de l'équipe.
A noter le petit kit de réparation au cas où et, pour guère plus de 200 g, le vestibule additionnel (non montée ce jour - une prochaine fois) qui permet de s'installer à 3 et d'avoir un emplacement protégé pour ranger le matériel de l'équipe.

A noter le petit kit de réparation au cas où et, pour guère plus de 200 g, le vestibule additionnel (non montée ce jour - une prochaine fois) qui permet de s'installer à 3 et d'avoir un emplacement protégé pour ranger le matériel de l'équipe.

Voir les commentaires

Rédigé par lta38

Publié dans #Belledonne, #matériel

Repost0

Publié le 24 Décembre 2019

On en parle, on en a déjà parlé sur ces pages et la saison ayant bien démarré, avec la démocratisation totale de cette activité, il est temps de faire un petit mode d'emploi/récapitulatif.

- A partir de quand ? Dès que l'enfant a fait ses premiers pas sur les skis. Il n'y a pas vraiment de règle mais, de mon expérience, je dirais dès la deuxième saison. La première, en général vers l'âge des trois ans, on apprend à l'enfant à glisser. Se limiter aux petites stations doit suffire. Mais dès la suivante, on peut initier l'enfant à la randonnée, la descente se faisant d'abord sur des secteurs damés. En revanche, les sorties avec l'enfant dans le porte-bébé sont à proscrire. Ou alors, de très courtes balades par beau temps. En général, on ne les fait pas car toute l'organisation demandée est démesurée au regard de la sortie. Ou alors, il faut viser une auberge de moyenne montagne où l'on monte par une route (exemple : les Allières en Vercors). Après vingt minutes de montée, on se pose, l'enfant peut tâter la neige. On passe à autre chose. Puis, après un bon repas, on redescend à la voiture en quelques minutes. Un bon plan. Mais il ne faut pas se lancer dans de véritables randonnées. L'enfant n'en retire absolument aucun intérêt. C'est beaucoup trop long pour lui. Et quelque part, on a beau être un as du ski, on n'est jamais à l'abri d'une gamelle. Randonner avec les enfants, c'est d'abord randonner pour eux. Si c'est pour le faire pour nous, on le fait sans eux.

- Où ? Là encore, la progression sera calibrée. Il faut viser des secteurs où on pourra descendre sur des pistes damées : domaines des stations de ski en début de saison et n'ayant pas encore ouvert, routes enneigées damées par les passages ou alors la neige de printemps. La pente sera faible et le risque d'avalanche sera nul. Je dis bien nul même si par définition, le risque zéro n'existe pas. Autour de Grenoble, la montée au Charmant Som depuis le col de Porte, sans forcément aller au sommet, le Grand Rocher, le crêt du Poulet, la Croix de Chamrousse, les hauteurs de Prapoutel, les Plagnes depuis le Collet d'Allevard, le pré de l'Arc ; un peu plus tard, la crête de Brouffier, le col du Sabot, Pravouta, la Botte... Au printemps, les possibilités augmentent. Ne pas négliger le ski de névé de fin de saison (Iseran pont de la Neige...). Dans des secteurs de vacation comme le Queyras, il existe de nombreux vallons parcourus par des routes non déneigées, autant de buts de balades : Valpréveyre depuis Le Roux d'Abriès, le col Agnel depuis Fontgillarde, vallon de Saint-Véran... Penser aussi aux stations qui proposent des forfaits Rando : Valfréjus, Aussois, Chamrousse, Pralognan. Les nuits en refuge peuvent être un bon prétexte de motivation. Dans tous les cas, ne pas viser de gros dénivelés. La première année, 200 à 300 m suffiront amplement. Même vers l'âge de dix ans, à moins d'une sollicitation spéciale de l'enfant qui serait déjà devenu un mordu, ce qui est très rare, 800 m semblent un maximum. Ajoutés à une première montée avec des remontées mécaniques, ça peut déjà faire une belle descente.

- Comment ?

  • Au tout début, j'ai tracté mes filles dans une luge. Pour essayer. Dès la fin de leur première saison sur les skis. Pas trop longtemps bien sûr. Avec des pauses ludiques. A la descente, l'enfant retrouve alors ses skis alpins avec lesquels il est familiarisé. La luge courait derrière moi à la descente, sur des routes presque plates.
  • Ensuite, j'ai très vite expérimenté le tractage de l'enfant monté sur ses skis (de piste), avec un élastique (quelques euros chez Casto, le bleu). Là encore, ça ne peut pas durer trop longtemps mais j'ai fait jusqu'au Charmant Som de cette façon. J'ai ensuite monté des vieux skis de piste avec des Emery Chrono et des vieilles peaux. Ainsi, l'enfant pouvait monter par lui-même. Mais je ne trouvais pas sérieux de le laisser descendre avec. Entre les skis très courts et la fixation sans la moindre sécurité, je ne voulais pas risquer une mauvaise expérience de dégoût. Du coup, je portais les skis alpin pour qu'elles puissent descendre avec. Je l'ai fait avec mes deux filles ensemble donc deux paires de skis à porter ; vu la longueur des sorties, ce n'était pas très contraignant. Inconvénient pour l'enfant : très peu de débattement sur les chaussures (d'alpin donc) et ensemble lourd. Proportionnellement à lui, c'est même énorme en fait. Du coup, j'avais enlevé le système nécessaire à la descente (puisque la Emery n'était destinée qu'à monter) pour gagner quelques grammes mais ça n'a pas changé grand chose.
  • J'ai alors bricolé un peu leurs chaussures d'alpin pour y entrer deux vis latérales à tête capables de recevoir les inserts d'un avant Dynafit. Exit les Emery, remplacées par la butée avant seule d'une Low Tech. Et là, c'est vraiment devenu léger. C'est à mon avis la meilleure combinaison pour ne pas avoir à porter skis et chaussures de l'enfant (x2 si on en a deux...) mais seulement les skis. Au niveau poids, ça devient clairement top.  L'inconvénient reste le débattement de la chaussure en montée. On aura intérêt à trouver (pour une poignée d'euros généralement) des chaussures de débutant à un seul crochet, deux au maximum, quitte à être moins bien en descente. Ce ne sera pas le plus gênant pour les enfants. A noter enfin qu'au début, j'alternais entre portions tractées et d'autres où l'enfant montait par lui-même, progressivement, jusqu'à abandonner totalement le portage. 
  • A partir de la pointure 35, les chaussures à inserts sont disponibles. Il faut fouiner dans les bourses et sur Le Bon Coin. J'ai tout trouvé ainsi. De même pour les skis. Une paire de skis alpin rebutée ira également très bien. Pour les fixations, on trouve maintenant très régulièrement des Low Tech classiques (i.e. Dynafit TLT Speed) pour 100€ et moins en occasion. Et on aura conservé ses vieilles peaux qu'on n'aura plus qu'à redécouper à la bonne dimension.
  • Pour le montage, même sans gabarit et sans perceuse à colonne, ça le fait très bien. On n'est pas non plus au micron près. Je ne suis pas bricoleur et j'y suis parvenu. Pourquoi pas vous ?

 

- Quelques détails matériel

  • Skis : taille enfant -5/10 cm pour la maniabilité. Largeur patin entre 70 et 85. Autour de 75 amplement suffisant pour les débuts où on évitera la poudre trop profonde. 85 semble un maximum. De manière générale, on va descendre cool, avec des sujets légers. Le matériel sera peu mis à contribution. Une vieille paire de skis ira très bien.
  • Fixations : Dynafit TLT Speed car c'est la seule fix à 700 g qu'on trouve d'occasion à des tarifs très abordables. Et elle demeure increvable.
  • Peaux : recycler ses propres vielles peaux en les retaillant
  • Chaussures : à partir du 35 avec inserts. Peu importe le modèle. De préférence pas trop lourd si on a le choix. Occasion évidemment. Du choix sur LBC et dans les bourses.
  • Budget normal estimé : en suivant les conseils prodigués ici, compter pour l'ensemble skis, chaussures, fixations, peaux, compter autour de 250€. En comparaison des 1500€ nécessaires en moyenne pour un équipement équivalent neuf d'adulte, l'investissement reste très limité. Cela pourra toutefois paraître beaucoup pour quelques sorties dans l'hiver. Mais "c'est le prix" et dans tous les cas, on pourra en faire profiter la/le deuxième et surtout, le revendre pratiquement au même tarif une fois devenu inadapté.
  • Matériel de sécurité. Le triptyque DVA-pelle-sonde demeure indispensable même en choisissant des sorties risque "zéro". L'enfant doit prendre l'habitude d'être bien équipé. Pour être sérieux, il faudrait même l'emporter en station dès lors qu'on fait du ski de bord de piste histoire d'être cohérent. L'enfant est un apprenant débutant. Il ne sait pas où placer le curseur. Dans de nombreuses sorties décrites sur ces pages, je n'emporte pas de DVA mais je me refuse de le dire. Je le fais parce que j'estime qu'il ne me servira à rien. Mais je peux faire ce choix qu'après des années de pratique. Il est totalement imprudent d'apprendre à un débutant à choisir ses sorties avec ou sans ce matériel. 
  • Casque : de même, systématique

 

- Et sur le terrain ?

  • Apprentissage du pas glissé, sans lever le ski, et utilisation du débattement de la chaussure
  • Conversions : rapidement, il faut apprendre à les faire. En revanche, il faut aussi apprendre à les minimiser.
  • Trace : doser l'inclinaison. Pas trop raide, pour la glisse, l'effort, l'accroche.
  • Eviter les trop longs plats d'approche car on y passe beaucoup de temps, pour ne pas vraiment faire de ski à la descente.
Tractage de l'enfant sur ses skis alpins. Précision : la piste de ski de fond était en pré-damage de novembre avant ouverture, la veille d'un gros coup de foehn... Il ne s'agit pas d'aller s'amuser au milieu des fondeurs...

Tractage de l'enfant sur ses skis alpins. Précision : la piste de ski de fond était en pré-damage de novembre avant ouverture, la veille d'un gros coup de foehn... Il ne s'agit pas d'aller s'amuser au milieu des fondeurs...

Skis de randonnée d'approche (avec portage des skis de piste pour la descente) : très léger en montée. Détail de la vis à tête creuse inserrée (puis creux retravaillé) directement dans le plastique puis collée, suffisant pour des contraintes de montée
Skis de randonnée d'approche (avec portage des skis de piste pour la descente) : très léger en montée. Détail de la vis à tête creuse inserrée (puis creux retravaillé) directement dans le plastique puis collée, suffisant pour des contraintes de montée

Skis de randonnée d'approche (avec portage des skis de piste pour la descente) : très léger en montée. Détail de la vis à tête creuse inserrée (puis creux retravaillé) directement dans le plastique puis collée, suffisant pour des contraintes de montée

Détail d'un pack à 250€.

Détail d'un pack à 250€.

Pour faire comme les grands

Pour faire comme les grands

Voir les commentaires

Rédigé par lta38

Publié dans #ski-glisse, #matériel

Repost0

Publié le 7 Juillet 2019

Voilà maintenant deux ans que je me suis lancé dans cette aventure passionnante, en plus du reste ! Beaucoup plus de temps passé sur le terrain que je ne le pensais. Beaucoup plus de temps aussi pour le placement des caméras. J'ai déjà publié quelques billets à ce sujet sur le blog et voici aujourd'hui des informations complémentaires sur ce que j'ai pu apprendre durant ces deux années en précisant que je suis loin d'en être encore un spécialiste !

- Première remarque. J'ai à ce jour cinq caméras. Et quand on en a cinq, il nous en faudrait six. Quand on en a vingt-huit, il nous en faudrait vingt-neuf. Bref. C'est sans fin !

- Choix du modèle. J'ai été enchanté par la qualité des images diurnes du Browning Extreme. Un must. Sans doute moins bon de nuit que d'autres modèles mais la nuit, je considère les images comme informatives. Ce que je recherche, ce sont de belles images de jour. C'est aussi un des plus rapides en déclenchement. On doit en trouver encore sur le marché mais le fabricant l'a remplacé par l'Advantage, un poil meilleur en tout (qualité de nuit, sensibilité) mais presque trop performant : il faut savoir le placer pour éviter les déclenchements intempestifs.

- Camouflage. Un bon piège, c'est un piège indétectable, que ce soit par l'humain comme par l'animal.

  • Humain. Le risque, c'est évidemment de se le faire voler. Le meilleur cadenas du monde ne sera pas une garantie suffisante. Mieux vaut le rendre inaperçu. Petit tuto ici. On peut encore faire mieux en réalisant un masque en résine en se servant du blister de l'emballage qui épouse parfaitement la forme du piège. Je n'ai pas (encore) essayé. J'ajoute un câble Python Master Lock au cas où. Avec une pince Monseigneur, ça ne fait pas grand chose mais tout randonneur n'a pas une pince sur lui. Il lui faudra revenir.
  • Animal. Ce que je ne savais pas au départ, c'est que les animaux détectent les ultrasons émis par le piège. Il semblerait que ceux-ci soit envoyés dans l'axe du piège. Il faut donc privilégier les prises de vues de profil. La distance joue également : plus on est proche, plus ça émet. Il faut donc choisir un recul minimum. Problèmes : les images de près sont quand même plus sympas, lorsqu'un animal se déplace assez rapidement comme le loup, les passages de profil ne sont pas les plus agréables, le terrain ne permet pas toujours le bon placement. J'essaie de plus en plus de privilégier le trois-quarts face qui est un bon compromis. Cela n'est pas sans problèmes : si l'animal est dans l'autre sens, il sera de trois-quarts dos, les ultrasons demeurent sensibles. Faites votre expériences et enlevez dès que cela génère du dérangement.


- Zone de Détection. L'idéal est que l'animal entre dans le cadre de visée légèrement en-dessous de la ligne médiane horizontale et de profil. Dans ce cas, le piège peut même se déclencher à l'entrée de l'oreille dans le champ. Bien positionné, ça marche aussi de trois-quarts mais de face, on peut avoir le déclenchement au dernier moment avec l'animal qui sort du cadre. Un fiasco. Les deux modèles cités de chez Browning ont à la fois un écran de contrôle pour visualiser le cadrage en live et un mode "motion test" qui permet de se mettre à la place de l'animal et de voir si le piège vous détecte grâce à une diode rouge.

- Intempestif. La caméra se déclenche par capteur thermique. Un animal a sang chaud pénètre dans le champ de détection et active le procédé. Toutefois, cela n'est pas imparable. Si la non-détection d'un animal est probablement très rare, la détection de "rien" demeure, elle, relativement fréquente. Cela semble le cas lorsque la caméra vise une zone au soleil avec de forts contrastes (neige + troncs sombres) au printemps mais aussi les jours de fort vent qui peuvent générer l'apparence d'un mouvement latéral d'un corps plus chaud (branche sombre etc) que le reste. Il faut donc veiller à éliminer toutes les branches parasites du champ de vision (au premier plan).

- Hauteur de placement. L'idéal reste la prise de vue à hauteur d'animal. Cela n'est pas toujours évident : au printemps, les arbustes et autres plantes (fougères, pétasites...) poussent vite et on se retrouve parfois avec un dispositif inopérant ; en hiver, la neige impose de réhausser le matériel, parfois, au bout de quelques heures. Au printemps, il faudra également revenir rabaisser le piège (et pas trop tard !), sous peine de s'imposer une escalade arbustive !

- Alimentation. Le matériel précité reçoit huit piles AA. Il est préférable de les équiper au lithium. C'est plus cher à la pile mais moins cher au nombre d'heures d'utilisation. Les Advantage disposent d'un réglage "alkaline/lithium" afin d'optimiser l'affichage du pourcentage restant. Dans tous les cas, ne pas se fier au pourcentage. Surtout sur les Extreme : un affichage 90% indique qu'on n'est pas loin de... la fin !!! Je me suis donc équipé (pour moins de 20€) d'un petit voltmètre compact acheté chez Casto qui me permet de tester les piles à chaque relevé. Une suffit ; si le jeu a été utilisé de manière homogène (et pas des piles dépareillées sans vérification), la tension de chacune d'entre elle sera la même. Les Lithium, contrairement à ce qui est écrit dessus, affichent normalement 1,81 ou 1,82 V lorsqu'elles sont neuves. En-dessous de 1,60 V, il ne leur reste plus grand chose : on les finira dans la souris bluetooth de l'ordinateur par exemple. A noter quand même que la valeur relevée sur le terrain remonte après deux jours de répit : un affichage 1,65 V indique donc des piles qui pourront encore durer un certain temps s'il n'y a pas de grand froid et si le piège n'est pas soumis à de l'intempestif. Au fur et à mesure de son expérience, on acquiert, comme pour tout, de la connaissance qui permettra de savoir s'il faut changer (ou pas) les piles en fonction de la fréquentation du secteur et de la date supposée du prochain relevé. Lorsque je sais que je ne vais pas revenir avant un certain temps, il m'arrive de changer des piles à 1,68 V, surtout en hiver. Je les réutilise à un autre moment, lorsque je sais que je vais revenir rapidement. Les piles sont rangées chez moi dans de petits sacs zip sur lesquels j'inscris la tension, prise deux jours après le retrait des pièges (elle ne variera plus). Browning propose aussi un rack externe permettant de rajouter un jeu de huit piles pour une plus grande longévité. J'y passerai sûrement l'hiver prochain.

- Stockage. J'utilise des cartes mémoires Sandisc SD Ultra 64 Go (18€). Attention à ne pas les utiliser dans d'autres appareils. Cela pourrait créer des dommages aux pièges. Dans tous les cas, il faut formater systématiquement pour être tranquille. Un "delete all" sur le piège suffit.

- Autre matériel : marqueur. J'ai fini par colorier la face avant supérieure (entre les led noires, autour de la lentille...) en noir car le camouflage Browning est trop clair et a tendance à s'éclaircir avec le temps. Sur du lichen c'est parfait mais pas dans toutes les autres configurations. Scie pliable : pour élaguer tout ce qui gêne. Ne pas oublier les clés des différents câbles python pour déplacer/enlever un piège si besoin. Attention, elles sont fragiles et cassent facilement à l'intérieur si on force comme c'est souvent le cas l'hiver avec le gel. Ne pas hésiter aussi à mettre un coup de WD40 de temps à autre pour éviter que le système ne se grippe.

Piles rangées par tension, voltmètre, cartes SD, scie, clés, marqueur

Piles rangées par tension, voltmètre, cartes SD, scie, clés, marqueur

Piège détecté par les animaux. J'ai dû l'enlever.
Piège détecté par les animaux. J'ai dû l'enlever.
Piège détecté par les animaux. J'ai dû l'enlever.
Piège détecté par les animaux. J'ai dû l'enlever.

Piège détecté par les animaux. J'ai dû l'enlever.

Celui-ci est un peu mieux

Celui-ci est un peu mieux

Quoique pas pour tout le monde

Quoique pas pour tout le monde

Voir les commentaires

Rédigé par lta38

Publié dans #animaux, #loup, #matériel, #Belledonne

Repost0