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Publié le 20 Septembre 2020

Le massif de Belledonne se compose essentiellement de roches cristallines fragilisées par les (millions d') années. On emploie généralement le terme de gneiss sans faire de distinction entre amphibolite, serpentinite, gabbro... Je ne suis pas très calé en géologie mais il convient de faire la part entre les roches sédimentaires (calcaires...) formées par dépôts successifs (on voit les strates...) et les roches cristallines (contenant des cristaux), lesquelles se divisent en deux parties : les roches magmatiques (issues du refroidissement de magmas) et les roches métamorphiques (métamorphosées par augmentation de température et/ou pression => recristallisation).

La partie centrale de la chaîne de Belledonne demeure cristalline mais le détail est beaucoup plus compliqué que cela. L'utilisation du terme "gneiss" par la communauté grimpante est soit incomplet soit erroné comme on le comprend sur les cartes de Maurice Gidon qui font la référence. On retrouve ce gneiss dit amphibolite sur les hauts sommets (puy Gris, aiguilles de l'Argentière, Grand Pic...) mais aussi des secteurs avec cette belle roche parfois de couleur verte qu'est la serpentinite (Galeteau...). Ce sont des roches métamorphiques. A ne pas confondre avec les gabbros qui s'immiscent par zones notamment dans le secteur de Chamrousse et qui est une roche magmatique (plutonique). On le retrouve dans les voies de Philippe Halot : Eulier, Vans...).

La roche magmatique "de référence" demeure le granite et c'est bien lui qui forme le socle de "l'accident" des Sept-Laux, ce grand plateau atypique du centre de la chaîne. On lui a par ailleurs donné le nom de granite des Sept-Laux, jusqu'à son extrémité nord à la pointe de Rognier, en passant par une fine bande sur la crête de l'Eglise, les Berlanches, le Grand Charnier et les Grands Moulins. Et autour des lacs des Sept-Laux existent probablement les plus beaux blocs rocheux de granite de Belledonne. C'est ici que nous avons déniché ce petit éperon et équipé en deux séances (un peu plus de vingt heures de terrain) trois voies d'escalade au superbe rocher, deux entièrement équipées sur plaquettes, et une en terrain dit traditionnel. En voici le détail même si il est probable qu'il faille attendre la saison prochaine pour en profiter confortablement compte tenu de l'altitude (2300 m) et l'orientation.

 

 

Triangle du lac Blanc 2320 m

Généralités
Ce petit triangle rocheux offre des vues magnifiques sur le plateaux des Sept-Laux. Composé de granite à la qualité quasi irréprochable, peut-être le plus beau du massif, il se prête à des escalades récréatives, contemplatives et initiatiques. De quoi apprendre et ou se faire plaisir sans se faire peur. Trois voies y ont été ouvertes durant l'automne 2020, dans l'optique de transporter un matériel minimaliste compte tenu de l'approche depuis la vallée. Il sera tout indiqué de faire étape sur le plateau, soit au refuge en période d'ouverture (mi-juin => mi-septembre), soit en bivouaquant. L'orientation est nord-ouest ; idéal par temps chaud l'été et praticable jusqu'à la fin septembre tant qu'il ne fait pas froid. Le soleil ne touche pas le pilier central (Trilaux) avant 15h à la mi-août.

Accès

Parking
Station du Pleynet 1450 m. Se garer tout au bout du parking.

Approche du refuge (1h50)
Nouvelle approche qui permet d'économiser 270 m de dénivelé à la montée et s'épargner la raide forêt depuis le Fond-de-France moyennant 100 m de remontée (en douceur) au retour.

Prendre une piste forestière herbeuse qui descend. Après deux cours lacets, elle part vers le sud. Ne pas prendre d'autres pistes qui descendent sur la gauche et rester toujours à flanc vers le sud. La piste devient sentier dans la forêt et rejoint une autre piste le long du torrent du Pleynet à 1350 m. Traverser le torrent et monter par cette piste pour rejoindre le sentier classique à 1500 m. Le suivre en passant par l'itinéraire du chalet du Gleysin de la Ferrière et le Cul-de-la-Vieille (plus rapide que par les Deux Ruisseaux). Après une traversée ascendante sous le roc de Pendet, un raidillon amène au premier lac, le lac Noir. On le contourne par l'est pour arriver au lac Carré. Traversée le barrage entre le lac Carré et le lac Cottepens pour atteindre le refuge.

Approche des voies (0h30)
Reprendre le GR738, passer entre les lacs de la Motte et le lac Cottepens (pont de pierre) et longer intégralement ce dernier jusqu'à son extrémité sud. En cinq minutes, gagner à gauche la base du triangle par une pente douce mi-herbe mi-rochers.

Les voies

Trilaux
5b (5a obligé) ; corde 30 m ; 8 dégaines ; ouverture (du bas) : J. Pierson et L. Tassan le 13 septembre 2020
Cette voie est la première ouverte sur le secteur. Elle parcourt le centre du triangle en suivant un pilier assez marqué sur le haut. Une petite longueur de transition à corde tendue (1 point pour donner la direction) amène à la dernière dalle magnifique. L'ensemble est assez soutenu dans la difficulté et les cotations pourront paraître un poil serrées. Cependant, l'adhérence du rocher est remarquable et facilite la tache. La première longueur, peut-être la plus belle de tout le secteur, est la plus dure et la plus soutenue.
Le nom évoque à la fois le secteur des Sept-Laux, la trilogie de ce triangle avec un petit clin d'oeil sans aucune prétention à Trilio, voie mythique des frères Rémy au mont Aiguille.

Narvalaux
5a (5a obligé) ; corde 50 m ; 8 dégaines ; friends 0.3 à 2 + petits câblés ; ouverture (du bas) : J. Pierson et L. Tassan le 13 septembre 2020
C'est une voie en trad' qui se protège remarquablement bien et constitue de ce fait une excellente école du terrain d'aventure. Elle pourra servir de prélude à la traversée Toit – Pyramide moyennant une heure de marche pour rejoindre le sommet du Toit à la sortie de la voie.
L1 : 5a (42 m). Cairn au départ. Suivre une rampe-dièdre en oblique à droite jusqu'à ce qu'elle bute sous des surplombs ; s'en échapper à droite pour rejoindre un petit pilier qu'on remonte avant de revenir à gauche par une fissure jusqu'à une excellente terrasse au pied de la grande dalle verte. 2 goujons dans la longueur ; relais sur 2 goujons.
L2 : 5a (30 m). Remonter la magnifique grande dalle en son centre avant de revenir sur son bord gauche. 2 goujons dans la longueur ; relais sur deux goujons.
L3 : 4c (25 m). Rester sur le fil à gauche en cherchant volontairement la difficulté. Une fissure à gauche amène au sommet du pilier ; relais aux choix multiples sur un gros bloc. Cette longueur est de loin la moins belle de tout le secteur.
L4 : Transition jusqu'au pied des dalles terminales.
L5 : 4c (25 m) Remonter la dalle par un système de petites fissures puis en tirant à gauche en dalle. 2 goujons dans la dalle ; relais sur 2 goujons, commun aux autres voies.
A noter qu'il est tout à fait possible de la parcourir avec une corde de 30 m si le second accepte de démarrer à corde tendue dans les 10 premiers mètres de L1 en 3c.
Le nom de la voie est un clin d'oeil à l'expression locale « narvalo ! » dont nous vous laissons le soin de chercher la signification si besoin.

A Laux Playmobil
5b (5a obligé) ; corde 30 m ; 8 dégaines ; ouverture (du bas) : J. Pierson et L. Tassan le 20 septembre 2020
Cette voie se déroule intégralement en dalles sur la partie gauche du pilier. Elle est pratiquement plein nord et sera à éviter après une pluie. Contrairement à Trilaux, les longueurs sont peu soutenues et la cotation se justifie généralement que sur quelques mètres, parfois un peu teigneux comme le petit pas de départ de L5. Avec une corde de 50 m on pourra doubler L1+L2 et L3+L4.
Le nom de la voie est une évocation des petits tracas du jour de l'ouverture, juste après une pluie, où il a fallu parfois s'employer pour pouvoir passer, l'un des ouvreurs s'exclamant à un moment, les deux pieds dans une sorte de bénitier : « Là, c'est carrément une piscine pour Playmobil ! ».

Descente
Sans difficulté par les pentes du versant sud (herbe et blocs) pour revenir à l’attaque, ou par le petit couloir au nord, un peu plus pénible mais toujours sans difficulté.

Astuces / idées

Approche
Il est possible de monter en VTTAE jusqu'à 1500 m (ou en VTT tout court d'ailleurs) depuis le parking classique de Fond-de-France et la piste forestière qui longe le torrent du Pleynet.

Eau
Il est inutile de se charger en eau. On pourra boire à la montée en démarrant la course puis ensuite au pied du roc de Pendet à 1900 m (source, tuyau) voire même avant en début de saison. Au-delà, il y a de l'eau partout. Prévoir une gourde filtre pour être tranquille.

Escalades
Pour « rentabiliser » la marche d'approche, les plus carnivores pourront sans souci enchaîner deux voire les trois voies du secteur. Sans compter la possibilité de poursuivre plus haut vers le Toit et la Pyramide. En prélude, on pourra aussi gravir le pilier dominant le refuge (Be in spire) ou les arêtes du Mouchillon (voire les deux !) le premier jour puis bivouac/refuge. On reste ainsi dans un niveau modéré.

Corde
Pour A Laux Playmobil et Trilaux, une cordée de trois ne disposant pas d'une corde de 60 m doit pouvoir s'en sortir avec une seul brin à double de 50 m et donc un encordement à 25 m. Pour cela, il suffira d'utiliser une vache pour les relais en reliant les deux points avec une sangle (et économiser au maximum la corde) et accepter pour la dernière longueur de « A Laux Playmobil », de finir à corde tendue, les seconds démarrant alors dans du 2a+ !

Bonne grimpe !

Les voies du triangle

Les voies du triangle

Ambiance du dernier jour d'ouverture, entre les gouttes...
Ambiance du dernier jour d'ouverture, entre les gouttes...
Ambiance du dernier jour d'ouverture, entre les gouttes...
Ambiance du dernier jour d'ouverture, entre les gouttes...

Ambiance du dernier jour d'ouverture, entre les gouttes...

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Rédigé par lta38

Publié dans #Belledonne, #escalade-alpi

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Publié le 20 Septembre 2020

Encore merci à tous les souscripteurs et à toutes celles et ceux qui ont acquis le topo depuis sa parution en juin. Un été favorable à la fréquentation de ce massif de proximité (crise Covid...) ce qui s'est traduit sur le terrain par une augmentation du nombre de cordées sur les grandes classiques (traversée Grand Pic, dents du Loup, arêtes du Pin, aiguilles de l'Argentière...), une présence continue sur de nouveaux secteurs équipées (dent d'Alexandre, Samiloup...) et un attrait pour des voies restées confidentielles jusqu'alors (amis du Ferrouillet, intégrales d'arêtes, éperon du refuge des 7 Laux...). Il n'en demeure pas moins que la partie nord de la chaîne, au nord du pas de la Coche, certes moins riche en rochers, demeure pénalisée par son éloignement de Grenoble, principale ville émettrice de grimpeurs. Je reste toutefois surpris de la faible fréquentation de deux itinéraires qui devraient attirer les "bons" grimpeurs :
- Au roc de Pendet, "t'es Oulx" (6c+ ; 6a obl.). En plus, il existe désormais un nouvel accès depuis le Pleynet : on descend 100 m par une piste forestière et on est à 1350 m. L'attaque de la voie étant à 2000 m sans aucun pinaillage, on peut raisonnablement tabler sur 1h15 pour parvenir à l'attaque depuis le parking ce qui en fait maintenant une des approches les plus courtes du massif !!!
- Aux Trois Dames, "le grand méchant loup" (7a ; 6a obl.). Le pas de 7a n'est qu'un pas et on peut tirer. Le reste ne dépasse pas le 6b. Granite somptueux. Là, il y a un peu plus d'approche (compter 1h45) mais ce n'est pas non plus "abo" et en enchaînant avec la traversée vers les Grands Moulins, cela fait une belle petite journée complète.

Depuis la mise à jour de ce topo, comme déjà abordé sur ce blog, je me suis (un peu) mis à chercher de nouvelles lignes. Aussi, cet été, j'ai pu rééquiper sans excès "papier, caillou, ciseaux" aux Grands Moulins. Une ligne qui devrait être un peu parcourue maintenant. Il existe également une petite voie d'apprentissage située sous le col de l'Aigleton qui a déjà été reprise. Mais la plus belle nouveauté pour la saison prochaine (plein nord à 2300 m d'altitude, ça va commencer piquer et à être mouillé...) pourrait bien être ce Triangle du lac Blanc comme nous l'avons surnommé, où nous venons d'ouvrir (du bas) trois lignes sincèrement très belles (deux voies entièrement équipées de 5-6 longueurs et une troisième en trad' de 4 longueurs). En attendant le topo que je suis en train de préparer et qui sera mis en ligne sur ce blog, voici quelques images d'avant-goût.

Nouveau secteur. Rocher au top. Ici dans Trilaux et Narvalaux, ouvertes avec Julien Pierson, l'ouvreur de Samiloup
Nouveau secteur. Rocher au top. Ici dans Trilaux et Narvalaux, ouvertes avec Julien Pierson, l'ouvreur de Samiloup
Nouveau secteur. Rocher au top. Ici dans Trilaux et Narvalaux, ouvertes avec Julien Pierson, l'ouvreur de Samiloup
Nouveau secteur. Rocher au top. Ici dans Trilaux et Narvalaux, ouvertes avec Julien Pierson, l'ouvreur de Samiloup
Nouveau secteur. Rocher au top. Ici dans Trilaux et Narvalaux, ouvertes avec Julien Pierson, l'ouvreur de Samiloup
Nouveau secteur. Rocher au top. Ici dans Trilaux et Narvalaux, ouvertes avec Julien Pierson, l'ouvreur de Samiloup
Nouveau secteur. Rocher au top. Ici dans Trilaux et Narvalaux, ouvertes avec Julien Pierson, l'ouvreur de Samiloup
Nouveau secteur. Rocher au top. Ici dans Trilaux et Narvalaux, ouvertes avec Julien Pierson, l'ouvreur de Samiloup
Nouveau secteur. Rocher au top. Ici dans Trilaux et Narvalaux, ouvertes avec Julien Pierson, l'ouvreur de Samiloup

Nouveau secteur. Rocher au top. Ici dans Trilaux et Narvalaux, ouvertes avec Julien Pierson, l'ouvreur de Samiloup

Et dans la partie sud du massif, encore un autre pilier qui devrait intéresser les amateurs de petites voies pas trop dures. Tout cela doit être peaufiné avant l'arrivée de la neige si je trouve le temps parmi tout le reste, ou au printemps prochain. C'est pourquoi les informations ne seront pas données avant. Merci de votre patience. Tout cela prend du temps : rien que cette journée où deux petites voies ont été équipées (2x5 longueurs, une équipée entièrement, une en trad avec 2 points par longueur + friends) nous aura pris 12h voiture-voiture. Merci aux partenaires qui offrent (ou permettent l'acquisition à un prix intéressant) les goujons et plaquettes : l'entreprise Petzl et ses "Coeur bolt" qui sont mes préférés de par leur finition, le club ECI qui s'investit énormément en Isère (et ailleurs) et l'ami El Pat qui m'a gentiment donné quelques plaquettes complémentaires. Le tout partagé avec Julien, l'ouvreur de Samiloup, désormais grande classique du massif.

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Rédigé par lta38

Publié dans #Belledonne, #escalade-alpi

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Publié le 12 Septembre 2020

Les Grands Moulins sont un "haut" sommet de Belledonne, bien individualisé et bien en avant de la chaîne sur sa partie nord. Visibles de loin depuis Grenoble, ils bénéficient de l'accès élevé de Val Pelouse et du refuge de la Perrière situé sur le GR738, et ce malgré une approche un peu longuette. On les réalise généralement par la voie normale de l'arête sud-ouest, parfois par l'arête nord un peu plus scabreuse et dans ce cas en traversée. En mode randonnée (randonnée ++ pour l'arête nord). En 2015, j'y ai ouvert une petite voie sympathique en versant est. J'y suis retourné ce jour avec ma petite Emie : montée par la Perrière puis le col de la Frèche, voie "Papier, caillou, Ciseaux" puis sommet par la fin de l'arête sud-ouest, descente par l'arête nord puis crêtes de la Grande Montagne d'Arvillard pour une boucle intégrale. Une belle journée en montagne, encore plus belle avec les jeux de nuages et les bouquetins !

Approche
Approche
Approche

Approche

Dans la voie
Dans la voie
Dans la voie
Dans la voie
Dans la voie

Dans la voie

Jeux de nuages

Jeux de nuages

Coucou les bouquetines !

Coucou les bouquetines !

Sommet
Sommet

Sommet

Descente sur l'arête nord
Descente sur l'arête nord
Descente sur l'arête nord

Descente sur l'arête nord

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Rédigé par lta38

Publié dans #Belledonne, #escalade-alpi, #randonnée sportive

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Publié le 8 Septembre 2020

C'est une des randonnées les plus courues de Belledonne. Découverte alors que je n'avais que dix ans avec mes grands-parents, c'était déjà, à l'époque, la cohorte de randonneurs dont le témoin immuable était le sentier creusé avec nombre de racines dégarnies.

La montée aux Sept-Laux (les vrais ; la station de ski n'ayant fait que leur emprunter le nom) depuis le Fond-de-France n'est pas forcément des plus belles. Une forêt de résineux très fermée précède un vallon plein nord, humide, garni de fougères et d'aulnes, écrasé sous les pointes du Mouchillon et le roc de Pendet. Et avec la présence, au loin des cicatrices de la station de ski, plus proche des ouvrages EDF (conduite forcé, pylônes...). Mais dès lors qu'on débouche en haut du raidillon répondant au doux nom du Cul-de-la-Vieille (bien plus efficace que la longue montée par le sentier parallèle dit des Deux Ruisseaux), tout change ! Certes, on n'échappe pas aux aménagements hydro-électriques : baraquements, poteaux, barrages... Mais le décor devient somptueux avec un plateau lacustre unique. Les dômes de granite sculpté contrastent avec le bleu de l'eau (et du ciel lorsqu'il l'est) et le vert des prairies. Et les hauts sommets (Cabottes, rocher Blanc...) qui l'entourent en sont séparés par des vallonnements doux évitant d'écraser l'ensemble. Un paysage unique en France.

Le plateau des Sept-Laux ne doit pas son nom aux lacs comme je l'ai cru pendant longtemps. On a souvent entretenu que le mot "Laux" était un pluriel de "lac" dans un patois d'autrefois. IGN même en faisait la référence en écrivant sur ses anciennes cartes : "Montagne des Sept-Laux (lacs)". Ainsi, on voyait fleurir les commentaires précisant qu'il y avait bien plus que sept lacs. Et que seulement sept d'entre eux, les plus importants, avaient été retenus. Il faut pourtant chercher l'étymologie ailleurs. Il semblerait que l'origine de ce nom provienne soit du mot lux (lumière) ou encore aurait dérivé de montagne du ciel en latin (coelio).

Actuellement, treize de ces lacs portent un nom mais d'autres, aussi "grands" que les plus petits nommés, ne le sont pas (encore). En effet, tout cela n'est pas immuable comme est venu le rappeler le lac de la Ratoune dont le nom était absent des cartes il y a peu.

Matinée lumineuse ici en ce beau mardi matin avec, après une montée à la fraîche, le café au refuge, un tour sous les contreforts du rocher Blanc et le lac du même nom, et un retour par les Deux Ruisseaux histoire de prolonger la boucle !

Les treize lacs
Les treize lacs
Les treize lacs
Les treize lacs
Les treize lacs
Les treize lacs
Les treize lacs
Les treize lacs

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Rédigé par lta38

Publié dans #Belledonne, #randonnée sportive

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Publié le 5 Septembre 2020

Ce que j'aime par-dessus tout dans ce massif, c'est ce contraste entre sa relative proximité des gens et son côté sauvage dès qu'on s'aventure dans les éboulis ou sur les arêtes déchiquetées. Et pour cause ! La progression sur ce type de terrain très particulier de ce massif est fort lente et exigeante. Et pas sans danger.

Je choisis un départ dans l'après-midi au pré Marcel. Première montée à Orionde où je croise un peu de monde jusqu'à la sortie de la forêt. Des hordes de ramasseurs de champignons assez bruyants et au paniers presque vides ; des forestiers en 4x4 au boulot sur leur parcelle. Le tout assorti d'une grosse chaleur sur ce sentier qui monte vraiment trop raide. L'arrivée au premier sommet est presque vécu comme un soulagement : on entre ici dans Belledonne, la vraie ! La montée au Grand Replomb devient confidentielle. Je ne verrai personne. Au dernier plateau sous le sommet, je me pose vingt minutes pour faire sécher tous les vêtements complètement trempés, caleçon et t-shirt notamment. Le confort n'a pas de prix. Contemplation dans cette wilderness quasi intacte. Je pars en direction du sommet puis je bascule en terrain raide versant lac de Crop pour remonter au col de la mine de Fer. Des cailloux, des cailloux... Petit aller-retour au roc puis descente versant sud du col. Je n'ai déjà plus d'eau. Le litre était insuffisant. Et l'itinéraire choisi ne permet pas de faire le plein. Il va falloir serrer les dents. En traversant le pierrier qui soutient le rocher de l'Homme, je remarque un névé. J'y cours. Il sera mon sauveur. Un goutte-à-goutte mais qui me remplira la gourde en un petit quart-d'heure. Je repars rassasié. Direction le rocher de l'Homme par les dalles ouest. C'est raide et passablement casse-gueule. Des zones en rocher acceptable alternent avec du très mauvais. 19h. Sommet. Je descends sur les Excellences et me fais la pause repas. 

Il reste à piquer sur le lac Blanc au coucher du soleil. Décor splendide. Je ne croiserai toujours pas le moindre randonneur car un peu avant le lac, je tire à droite dans des pentes raides pour prendre le sentier supérieur qui ramène dans le vallon de la mine de Fer. Il a disparu des cartes IGN (et c'est une bonne chose car la chute y est interdite) mais existe toujours, avec des portions taillées dans l'à-pic. Splendide ! Certains câbles ont même été remplacés. Ce faisant, je comble un vide sur un bout de sentier que je n'avais pas encore parcouru. Il ramène sur Jean Collet plus rapidement que par le sentier classique où il faut ensuite remonter.

Fin de partie à la frontale en trottinant. En trois-quarts d'heure je suis au parking depuis le refuge.

Wilderness
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Rédigé par lta38

Publié dans #Belledonne, #escalade-alpi, #paysages

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