escalade-alpi

Publié le 18 Août 2016

Deux courtes vidéos des vie ferrate réalisées avec les filles en juin dernier. Rien de très intéressant pour l'internaute si ce n'est une éventuelle découverte des lieux mais nul doute que les filles se plairont dans quelques années à regarder (et se plaisent déjà) tous ces petits films témoins de leur enfance grâce à ces formidables outils dont nos parents ne disposaient pas une génération arrière

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Rédigé par lta38

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Publié le 17 Août 2016

Quelques images animées qui ne cassent pas des briques mais qui retracent ce petit défi personnel. Je préfère parler de défi. Ce n'est pas un exploit. Des centaines d'autres l'ont déjà fait.

On peut tous aller plus haut dans des (bonnes) conditions de sécurité. Il "suffit" de se connaître. On adapte ensuite l'itinéraire et le matériel à soi (et non l'inverse). La montagne reste toutefois un milieu non maîtrisable à 100%, au mont Blanc comme dans les Calanques...

L'essentiel est que chacun s'y fasse plaisir, quel que soit le projet/but/défi...

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Rédigé par lta38

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Publié le 14 Août 2016

Je l'ai déjà gravi cinq fois. Avril 97 à skis par les Grands-Mulets ; mai 97 à skis également mais par les Trois Monts, août 98 avec des copains par la voie normale du Goûter après une nuit à Tête Rousse, juillet 2001 seul à skis à la journée par les Trois Monts (montée en 4h depuis l'aiguille du Midi à la première benne) avec descente par la face nord jusqu'à la Jonction, août 2001 par le fameux pilier du Frêney avec François. Quinze ans donc que je n'y avais pas remis les pieds. Et bien dix que j'ai ce projet en tête, de le faire d'une traite depuis la vallée.

Il y a deux façons pour ce faire côté français : depuis Chamonix place de l'Eglise par les Grands Mulets et depuis Saint-Gervais. Les records (Kilian) sont faits depuis Cham' mais évoluer en solo au milieu des crevasses et passer sous les séracs du Petit Plateau ne m'enchantent pas. Je le ferai sans doute un jour mais à skis au printemps (avec montée par l'arête nord du Dôme pour éviter les séracs) et depuis la plate-forme du tunnel. Reste donc l'itinéraire de Saint-Gervais. Beaucoup partent des Houches à 1100 m (un peu plus direct) mais quant à être sur le versant Saint-Gervais, autant partir de là. Il y a trois départs possibles : le haut (parking de la Crozat à 1400 m, 300 m de dénivelé en moins que depuis les Houches mais plus de distance ; au final ça doit se jouer à un quart d'heure/vingt minutes à la montée), le centre et le Fayet. Le vrai départ serait pour moi du Fayet à 600 m en suivant les rails du TMB. C'est ainsi que je voudrais le faire mais avec le peu d'entraînement du moment, je joue la carte de la prudence en partant de la Crozat, dernier hameau de la commune touristique de la Yaute.

5h15. Départ 1400 m. Montée cool par le col de Voza

5h50. Bellevue 1800 m. On n'y voit pas encore grand chose

6h15. Col du mont Lachat 2080 m. La lampe frontale rentre dans le sac.

6h40. Nid d'Aigle 2380 m. J'avais établi un planning horaire prévisionnel, pauses comprises. Pour le moment c'est parfait.

7h15. Cabane de Rognes 2770 m. Je croise les premiers randonneurs qui descendent.

7h45. Glacier de Tête Rousse. 3150 m. La moitié du dénivelé est avalée en 2h30 mais avec l'altitude (et les pauses ; je ne me suis pas vraiment arrêté pour le moment), la majoration devrait être importante. On attaque les choses sérieuses. Je commence à doubler pas mal de monde dans la montée au Goûter (le couloir "de la Mort" se traverse en vingt secondes en courant).

8h55. Refuge du Goûter 3830 m. Je m'octroye une première vraie pause. Casse-dalle, crème solaire, coupe-vent, lunettes et crampons "anti-recul".

9h15. J'attaque la montée au dôme du Goûter.

10h10. Traversée du dôme du Goûter 4280 m (la trace passe un poil sous le sommet). Les effets de l'altitude commencent à se faire sentir. Je monte à Vallot et me pose dans la neige un poil en amont des refuges, juste avant la montée aux Bosses. Il est 10h30.

10h45. Après une petite collation, il est temps de repartir pour le dernier round. J'ai pris trente minutes de retard sur mes prévisions mais à vrai dire, je n'avais pas vraiment prévisionné ces deux "longues" pauses (Goûter et Vallot). En revanche, j'avais prévu large Vallot-Sommet (1h30) ; je ne mettrai qu'une heure finalement.

11h45. Sommet. Grosse émotion car c'est quand même un bel effort. Un projet de longue date qui s'accomplit même s'il faut encore garder toute sa lucidité pour la descente.

Celle-ci débute prudemment histoire de prendre le mesure de l'accroche des crampons de "Mickey" que j'ai emportés puis essentiellement en trotinnant en dépassant pas mal de monde et ce, jusqu'au Goûter atteint en une heure. Je m'y octroye une grosse pause et repars en monde short-tee-shirt. Un vrai touriste qui descend l'arête du Goûter baskets aux pieds et qui croise des alpinistes lourdement chargés qui montent. Un des paramètres permettant de diminuer la souffrance des prétendants au toit des Alpes reste le sac à dos. Chacun doit faire avec sa propre expérience et son propre matériel mais globalement, le sac est toujours (beaucoup) trop lourd. Il reste aussi le problème du niveau technique. Là où je passe en courant avec les "crampons-baskets" sans piolet et où je vois un gars qui descend face à la pente avec de vrais crampons, deux piolets et à une lenteur absolue, assurément, il n'est pas alpiniste. Mais comment, pour un simple randonneur, ne pas se laisser tenter par ce sommet mythique ? C'est tout le paradoxe de ce mont Blanc.

Une fois le couloir de la Mort passé, c'est la délivrance. Je me remets à trottinner. Les jambes sont déjà lourdes mais je veux en finir avec cette descente. A chaque fois je prévois une pause à tel endroit mais je ne la fais pas. J'enchaîne et descends d'une traite. 1h30 Tête Rousse - parking. C'est fait !

Nota : j'ai (donc) mis 10h30 A-R. Pour ceux qui me prennent pour un furieux, le record est detenu par Kilian depuis le centre de Chamonix (donc un peu plus long) en... 4h57 AR !!!

Le matos

Le matos

Le matériel vestimentaire :

- tee-shirt manches courtes en première couche

- tee-shirt manches longues X-Bionic Apani Merino (très bonne isothermie) en deuxième

- coupe-vent Adidas ultra-light en trois

- doudoune légère dans le sac à dos au cas où

- un buff

- une paire de gants

- un pantalon alpi léger

- une paire de chaussettes de rando Socks Extrem light

- une seconde paire de chaussettes hautes et épaisses pour les mille mètres sommitaux

- un short léger minimaliste dans le sac pour le retour (en-deça du refuge du goûter)

Le matériel technique :

- "crampons" Ice traction forestier (Climbing Technology) = le minimum syndical

- pas de piolet

- deux bâtons pliables (Gipron quatre brins) avec mini-rondelle

- un baudrier léger (ski-alp) avec une broche, un mousquif à vis et une sangle en cas de pépin

- lunettes de soleil catégorie 4

- pas pris de casque

L'alimentaire :

- 2 litres d'eau dont un bidon de 50 cl accessible directement

- 1 paquet de cacahuètes pour le salé

- petits biscuits sucrés

- 2 barres céréalières

Accessoire :

- la GoPro pour faire quelques images

- une carte d'identité si jamais on me retrouve dans vingt ans dans une crevasse

Le tout dans un petit sac de vingt litres. Poids du sac variable (en fonction des vêtements/matériel porté et de l'eau qui diminue au fur et à mesure de la course). En moyenne : un peu moins de quatre kilogrammes !

 

Le Goûter, 3800 m. Déjà une bonne chose de faite car il faut bien le reconnaître, à part quelques passages avec une jolie vue sur le glacier de Bionnassay et l'aiguille éponyme, toute la montée jusqu'ici est bien bouseuse

Le Goûter, 3800 m. Déjà une bonne chose de faite car il faut bien le reconnaître, à part quelques passages avec une jolie vue sur le glacier de Bionnassay et l'aiguille éponyme, toute la montée jusqu'ici est bien bouseuse

Au-dessus de 4000 m, de vrais séracs, pas encore touchés visuellement par le réchauffement climatique

Au-dessus de 4000 m, de vrais séracs, pas encore touchés visuellement par le réchauffement climatique

Sur l'arête des Bosses

Sur l'arête des Bosses

La vue vers Chamonix ; à droite, l'aiguille du Midi, Tacul, Maudit...

La vue vers Chamonix ; à droite, l'aiguille du Midi, Tacul, Maudit...

Deux morceaux choisis prouvant de la grande souffrance des "alpinistes" engagés sur ce sommet.

- Je gravis la première Bosse et arrive à la cote 4500. Il me reste donc trois-cents mètres de dénivelé pour lesquelles je pense mettre une heure tout au plus, compte tenu de la fatigue et surtout, de l'altitude. Je croise à cet endroit-là un Anglais complètement cuit, défoncé. Il descend à tâtons, plus lentement que je ne monte. Il me regarde et me montre du doigt en disant "Three hours !". Je le regarde, étonné. Il réenchérit "Three hours for you, for the top !" (certainement le temps qu'il a dû mettre depuis cet endroit). Je le regarde, incrédule : "Quoi ? Non ! Non ! One hour, I think...". Et lui de relancer "No, Three hours, you will see". Quel enc... Pas bien encourageant. Pour la petite histoire, j'ai mis quarante minutes. Fuck.

- J'arrive sur la dernière ligne droite (altitude 4740 m). Il ne me reste que soixante-dix mètres de dénivelé.  Le sommet est en vue. Un gars est devant moi. Il pose un pied devant l'autre comme le font ceux qui arrivent au ressaut Hillary à la télé. Je le double peu après cet endroit en l'encourageant, disons à 4760 m d'altitude. Il me regarde à peine. Il ne peut pas répondre. Il semble à demi-conscient. J'atteins le sommet. J'y reste un quart d'heure. J'attaque la descente et le croise à dix mètres (en dénivelé) du but. Dans le même état. Je ne sais même pas s'il me voit passer. Il aura gravi quarante mètres de dénivelé en... vingt minutes.

Le mythe fait payer très cher à ceux qui sont insuffisamment préparés.

Mont Blanc : d'en-bas à la journée

PS : pour ceux qui sont tentés par l'expérience (solo, d'une traite ou tout simplement à la "normale"), précisons que si la question du sac est primordiale, chacun doit rester autonome et maître de ses compétences. Moi-même qui me considère comme ultra-light suis plus chargé qu'un Kilian (Jornet) et n'ai pas sa capacité à réagir face à un imprévu. Il y a aussi la connaissance passée que l'on a de la montagne et l'information dont on dispose le jour J-1 sur les conditions. Aussi, pour tenter l'expérience dans ces conditions de sécurité acceptables, je conseillerais de prendre, en plus de matériel décrit plus haut :

- le casque (pour la montée au refuge du Goûter notamment)

- une corde de vingt mètres en 7 mm (donc être deux et pas solo)

- un petit kit de mouflage avec poulie

- un piolet léger par personne

- une paires de crampons avec de vraies pointes (alu ok)

- des chaussures un peu plus "conséquentes", notamment pour l'isolation sur la neige

- un litre d'eau supplémentaire (ou ravito - cher payé - au refuge ; l'eau trouvée sur place risquant d'être souillée)

- davantage de vivres de course

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Rédigé par lta38

Publié dans #escalade-alpi

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Publié le 8 Août 2016

Dernier round à Chamonix avec François. On fait le tour des "petites" remontées mécaniques : Champex, Brévent, Montenvers et aujourd'hui Flégère. Ca suffira pour le porte-monnaie. Ici, on ne fait rien comme les autres. Les tarifs augmentent trois fois plus vite que les salaires, le croissant est à 1€10 alors qu'il a le même goût qu'ailleurs et la Joker 10% plus chère qu'au Vieux Campeur.

Alors certes le granit est unique en son genre (encore qu'au Soreiller ou à Sialouze...), la concentration d'itinéraires est sans égal autour du toit des Alpes mais le fait d'en profiter à ce point pour "racketter" le touriste relève d'une éthique détestable. Il est normal de payer un service mais de là à en faire tel profit... On me dira que si je ne suis pas content, je n'ai qu'à m'en aller ou ne pas venir et que c'est aujourd'hui comme cela que la société fonctionne. C'est une façon de voir les choses.

Revenons à nous moutons. Le budget alloué à cette parenthèse chamoniarde est bouclé (merci François pour ton accueil qui permet un hébergement ici à un tarif sans équivalent !) alors, voici la fin de ce petit séjour.

Cette fois, la vue sera au rendez-vous ; direction les aiguilles Rouges pour une voie de Thierry Renault à la Glière : "Chat pelé". Valériane et Guillaume rencontrés deux jours avant sont encore dans le coin et partent pour la classique juste à gauche. On fera la "marche d'approche" (dont les bennes) ensemble afin de papoter. Au départ, il y a de nombreuses cordées de guides mais tout le monde part dans la classique où ça déroule.

De notre côté, on est bien content d'avoir pris quatre coinceurs mécaniques car ça engage un peu entre les points jusqu'au 5c/6a avec un rocher parfois un poil douteux. Surtout au départ où, comme toujours, il faut le temps de "s'acclimater". Mais la voie est belle et notre cordée progresse vite si bien qu'à R4, nous sommes au relais commun avec nos amis. Ce sera toutefois le dernier moment de rencontre car eux vont continuer à monter dans du facile tandis que nous allons perdre du temps à traverser puis redescendre un peu dans du terrain délicat afin de rejoindre le deuxième ressaut, le plus soutenu de la voie.

Le troisième et dernier ressaut est plus facile, si bien que plutôt que tirer un rappel et faire trois longueurs, nous ferons les deux longueurs de la voie d'à côté (Oraison) après une traversée facile. Un très beau parcours sur un rocher magnifique. Nous avons adoré. Et cette fois-ci, la vue était belle et les cotations sans complaisance ! Nous avons enchaîné la voie à tous les deux ; François ayant pris un repos dans le 6c et bibi pas fait un pas dans un... 6b (L2) en raison d'une grossière erreur de lecture.

Descente en solo, assez exposée mais sans grande difficulté après la petite désescalade sommitale. Une course à la marche d'approche limitée mais assez complète. Une bien belle façon de finir le séjour que ce chat pelé, au milieu des chapelets de cordées à la Glière, Chapelle, Clocher, etc. Je reviendrai sans doute faire un jour les "portes de la Chapelle" juste à côté.

Chat Pelé (sortie Oraison), EDinf, 6a+ ; 6b ; 6b ; 6a+ ; jonction ; 6c ; 6b ; 6b ; jonction ; 5c ; 5a (6a+ obl). Parfois engagée dans le 5c mais tous les pas durs sont intelligemment protégés.

A noter que L3 est en théorie du 3 (plutôt que le 4a annoncé) mais en suivant les recommandations du topo, nous étions partis avec 13 paires. En clippant tous les points (dont trois clous) et un friend, il me manquait trois paires pour rejoindre le relais. J'ai donc fait un relais intermédiaire sous la dalle sommitale sur un spit + un friend.

Du (beau) monde dans la classique juste à gauche de l'attaque de "chat pelé"

Du (beau) monde dans la classique juste à gauche de l'attaque de "chat pelé"

L2, magnifique ; derrière, les cordées sur la classique

L2, magnifique ; derrière, les cordées sur la classique

La fin de L2 devenue le début de L3 !

La fin de L2 devenue le début de L3 !

Des sections plus faciles parfois bien engagées (on ne tombe pas !)

Des sections plus faciles parfois bien engagées (on ne tombe pas !)

Un cadre irréprochable

Un cadre irréprochable

Après une semaine, va te raser !

Après une semaine, va te raser !

Des cordées encore, ici sur la classique de l'Index

Des cordées encore, ici sur la classique de l'Index

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Rédigé par lta38

Publié dans #escalade-alpi

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Publié le 7 Août 2016

Entre la neige qui doit encore rester sur la partie haute et le mauvais temps annoncé pour mardi plus tôt que prévu et qui pourrait poser des problèmes en cas de bivouac supplémentaire, nous troquons l'arête sud de la Noire de Peuterey pour un aller-retour à la journée depuis le Montenvers à l'arête sud intégrale du Moine ce qui est déjà un ambitieux projet.

Bien nous en a pris car François récolte les fruits de la sortie en tee-shirt à Orny, ressentant les symptômes d'une "pseudo-bronchite". Midi à l'attaque. Le timing est respecté mais on n'a pas le droit à l'erreur si on veut passer sans bivouac et nous sommes partis light. Le départ nous prend du temps. Le topo c2c, trop précis, est très difficile à suivre. Le mieux est de se fier à son instinct et d'avancer. Ca grimpe plus que ne le laissent supposer les cotations mais ça le fait très bien en grosses. Ces Adidas Scope GTX, au risque de me répéter, sont vraiment exceptionnelles sur le granit. Je les recommande sans modération. Nous rattrapons une cordée partie le matin du refuge. Ils avancent très lentement et à les voir, seront à coup sûr loin du sommet à la nuit tombée. Je n'ose pas leur dire qu'ils devraient renoncer lorsqu'on se met à communiquer, de peur de passer pour un donneur de leçons. A mon grand soulagement, ils m'annoncent qu'ils vont battre en retraite car ils sont trop lents. Il est quatorze heures. C'est parfait pour nous. On pose un rappel de vingt-cinq mètres dans un couloir, signalé sur le topo mais personnellement, je ne suis pas emballé. La cordée qui nous précède et s'apprête à poser le rappel mais de l'autre côté en échappatoire pense que c'est ici, tout comme François. Je me rallie à la majorité, loin d'être convaincu. Une fois au bas on n'a plus le choix. On décide de tirer la corde. Et soudain, c'est le drame. Coincement. Irrécupérable. Le temps commence alors à s'écouler et on n'en a pas besoin. Il faut remonter. C'est difficile. La cordée qui n'a pas encore quitté l'arête se propose de nous lancer une corde. On accepte bien qu'intérieurement, j'aurais aimé me démerder tout seul. Retour sur l'arête. Près de quarante minutes de perdues.

Sagement, nous décidons de laisser tomber. La course est encore longue, mon compagnon n'est pas dans une grande forme physique et on n'a pas envie de passer la nuit avec une simple doudoune de deux-cents grammes. Cette décision ne nous coûte pas grand chose. Il fait grand beau. Le cadre est superbe et ça fait partie du jeu. N'ayant plus vingt ans, bien que restant "hyper actif" de par mes nombreuses sorties, je n'ai plus le même rapport avec "l'obligation du résultat".

Là encore, la cordée précédente nous propose de nous prêter sa corde de rappel (cent mètres) pour s'échapper plus facilement qu'avec notre unique brin de cinquante. Nous déclinons car il est tôt et on a tout à fait les moyens de nous en sortir avec notre matériel. Cela nous vaudra quelques ruses mais passera sans aucun souci. Pour la petite histoire, au passage, nous décoincerons la corde de nos voisins bloquée à son tour derrière un becquet. Match nul.

Au bas de la face, pause repas au soleil. On est bien là. Je n'ai aucun regret bien qu'il y ait forcément un petit goût d'inachevé. François préfère ne pas traîner pour essayer d'attraper le train bien que n'ayant pas pris le billet retour car pensant rentrer à la nuit. De mon côté, je décide de profiter de la beauté des lieux, de rester ici à contempler et de rentrer plus tard à Chamonix. Je passe une heure à flâner. Dix-sept heures. Les bonnes choses ont une fin. Je plie les affaires et attaque la descente. Glissade sur névés, refuge du Couvercle, sentier, échelles, mer de glace... Une heure quarante après avoir quitté le pied de la face sud du Moine je suis au Montenvers. L'endroit est désert. Coup de fil à François. Les enc... de la compagnie du Mont-Blanc ont refusé de lui faire payer la différence entre l'aller simple et l'aller retour (5€50) et lui demandaient 25€ pour le retour. Il a eu beau leur expliquer les circonstances (on n'a pas pris le retour car on devait faire telle course et on serait rentré à la nuit mais comme je suis malade etc), rien n'y a fait. Il a donc décidé de rentrer à pied par le sentier bucolique des Mottets.

De mon côté, je trace en empruntant la ligne de descente la plus directe qui m'amène à Chamonix en une petite heure.

Une belle journée en montagne même si on n'a pas fait la course désirée. C'est ça aussi la montagne. Comme l'aurait dit Georges Brassens et se plaisait à le répéter en toutes circonstances mon regrété ami Nicolas Cardin : putain de Moine !

 

Le vieux refuge du Couvercle

Le vieux refuge du Couvercle

Sur l'arête sud du Moine

Sur l'arête sud du Moine

Petit rappel face aux Jorasses

Petit rappel face aux Jorasses

Quel décor !

Quel décor !

Au retour, la vue sur les drus

Au retour, la vue sur les drus

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Rédigé par lta38

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