Pierre Gignoux Morpho Black

Publié le 6 Février 2015

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Il y a quelques années, il a complètement changé de cap professionnel en montant sa petite EURL tout près de Grenoble. Pierre Gignoux, vainqueur de plusieurs courses prestigieuses de ski-alp' avec son ami le regretté Stéphane Brosse sait aussi faire de très belles choses hors de la compétition balisée. On lui doit, en particulier, les plus esthétiques traversées de Belledonne non stop à skis qu'on ait pu réaliser.

Pierre a donc monté sa boîte et lancé un modèle de chaussures de ski de rando ultra légères. Fabriquées à base de carbone, les modèles ont évolué et avec l'expérience, ont abouti aujourd'hui à deux produits dont la Morpho Black que je possède depuis cette saison. C'est un immense privilège de se dire que la chaussure est fabriquée de manière artisanale à deux pas de la maison. J'ai attendu plusieurs années avant de m'équiper en raison du prix (1200 à 1500 euro). Je n'ai jamais dit que c'était cher et j'insiste sur ce point. C'est juste que je ne m'accordais pas encore un tel budget pour une chaussure de ski. La Gignoux, c'est la Rolls des chaussures et ça vaut largement son prix. Quand j'entends les gens crier haut et fort que le prix est abusif, je vois les choses autrement. Car finalement, entre une chaussure bas de gamme et haut de gamme, on n'a qu'un rapport x4. Rien à voir avec le ratio que l'on trouve sur les voitures, les VTT...bien plus élevé ! Quand j'achète une baguette de pain haut de gamme à un euro, je trouve inacceptable que la boulangerie industriel vende la plus dégueulasse des baguettes à soixante-dix centimes. Elle n'en vaudrait pas plus que vingt !

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Mais venons-en à la Morpho Black. 1500 euro, amplement justifiés de par les matériaux utilisés, la quantité fabriquée, la qualité apportée et le SAV de la maison Gignoux.

J'ai eu la chance l'an dernier de gagner le concours lancé par Pierre. Je lui avais d'ailleurs envoyé un petit message un tantinet taquin avant le début du jeu en lui annonçant que j'allais gagner, que ma pointure c'était du 26...

Le jeu consistait chaque semaine à identifier des sommets sur un panorama, avec plusieurs plans piégeux et un angle de vue inhabituel (téléobjectif depuis la Drôme). Et finalement, le concepteur du Coulio a gagné avec un sans faute. J'ai donc eu le privilège d'acheter une Morpho Black à moitié prix. Guère plus cher qu'une TLT6... et rien à voir.

Voici donc mon premier retour.

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- Le poids : si les fabricants trichent toujours, ici pas de ça. La chaussure est annoncée à 590 g en 26. J'ai pesé les miennes et je tombe sur... 580 g ! Quasi la moitié de ma TLT5 qui gagnait déjà plus de 50% sur mes précédentes Scarpa Laser.

- Un look d'enfer. Dark Vador ou son successeur si il existe pourrait les porter dans The force awakens, à paraître !

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- Une précision sans égal à la descente. Je n'ai pas été testeur de chaussures mais je peux comparer quelques modèles que j'ai eu depuis depuis quinze ans : Nordica TR9, Scarpa Laser, Dynafit TLT5... et Morpho Black. En tenue à la descente, the winner is... Morpho Black et de très très loin.

- Manip. On ne peut pas faire moins. En un coup de levier, on passe de montée à descente et inversement. Bien sûr, pour une précision maximale il faudrait prendre le temps d'ajuster les crans mais cela reste facultatif dans le cadre d'un besoin primordial de gain de temps (compet mais pas seulement, aussi dans une longue traversée). Cinq minutes, ça passe très vite. A titre d'exemple, si on n'en met que deux c'est énorme. Quand j'ai fait la traversée de Belledonne, j'ai fait treize montées et treize descentes soit vingt six manip. Même pour un circuit un peu moins long (ex 20 manip), on gagne 1h sur la journée.

- Etanchéité. C'était là un de mes soucis car les premiers modèles xp500 n'avaient pas une bonne presse. Pierre a doté les Morpho d'une guêtre avec fermeture éclair. Eh bien, avec un simple pantalon muni d'une guêtre classique par dessus la chaussure, l'étanchéité est excellente. J'ai pu skier 3000 m de grosse poudre en gardant les pieds au sec. On ne peut guère faire mieux. Maintenant il faudra voir la fiabilité de cette guêtre dans le temps.

- Confort général. Autre souci que l'on a en investissant dans des chaussures de ski, surtout à 1,5 k€, c'est de s'y sentir bien. Personnellement, je ne suis pas de bon conseil car bien qu'ayant le coup de pied fort, je ne suis pas trop sensible et supporte à peu près tout. Dans les TLT5, j'ai quand même souffert le martyr durant les premières sorties puis j'y suis maintenant comme dans des pantoufles. Dans les Gignoux, cette souffrance n'a duré qu'une sortie. J'ai pu réaliser 3000 m de dénivelé dès ma quatrième sortie avec un seul petit échauffement... au niveau de l'extérieur de mon pouce où j'ai un début d'Hallux valgus (autant dire que tout va bien quoi). Et encore, je n'ai même pas thermoformé mes chaussons !

- Débattement. C'était déjà la révolution en passant de la TR9 à la Laser puis de la Laser à la TLT5, première chaussure de ski avec laquelle je pouvais conduire, c'est dire (ok, c'est peut-être pas trop autorisé...). Eh bien on franchit encore un cap avec la Morpho. On peut même courir avec si besoin (si si j'ai testé, pas courir pour aller courir mais pour aller récupérer la voiture garée à 500 m de mon point de chute). On peut allonger les foulées en montant. C'est parfait.

Reste maintenant (mais il est beaucoup trop tôt pour vous en parler), à voir sa durée de vie car à ce prix-là, on n'a évidemment pas envie d'en changer tous les ans. Après, comme je l'ai dit, on peut compter sur le SAV donc je ne suis pas inquiet.

Quelques petits points à prêter attention selon moi après cinq jours d'utilisation :

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- L'excroissance prévue au talon pour la fixation crampon empêche la chaussure de pouvoir aller en position basse d'une fixation classique style TLT Speed. On est donc en permanence sur la talonnière ce qui peut-être gênant sur les plats. A noter que sur ma TLT Lite (jaune), ce problème ne se pose pas car il y a une cale intermédiaire (plus basse que la talonnière) qui reste utilisable. C'est donc un modèle à privilégier si, comme moi, vous souhaitez aussi utiliser les Gignoux avec des skis larges (ce qui est parfaitement compatible) et donc une fix classique (il n'est pas conseillé de monter des fix ultra-légères sur des skis de 90 au patin ou plus, par risque d'arrachement).

- C'est peut-être un manque d'habitude mais le petit taquet qui sert à bloquer les colliers de serrage me semble un peu plus difficile à débloquer lorsque la neige s'y est engoufrée (au lieu de tirer dessus comme on le fait d'habitude il faut le pousser).

- Attention au matériau. Un pet sur le carbone, ça a l'avantage de se réparer mais ça arrive beaucoup plus vite que sur le plastoc. Eviter de taper des pieds contre le bas de caisse de la voiture pour y retirer la neige avant de rentrer dans le véhicule ! Idem sans doute lors de progression sur arêtes rocheuses. Il doit falloir y regarder de plus près.

- Canting. J'ai trouvé le réglage initial vraiment en avant. Pas de panique : la pièce qui relie le levier de blocage est asymétrique. En la retournant, on réduit la position ce que Pierre m'a fait en quelques minutes. Retour dès la prochaine sortie. Si cela n'est pas suffisant, on peut mettre une autre pièce à la place pour réduire encore l'inclinaison.

Pour finir, j'ai mis un rail de réglage sur la talonnière de la TLT Lite sur mes Atomic Access afin de pouvoir utiliser à la fois les TLT et les Morpho. Je me demande aujourd'hui si je vais réutiliser mes TLT...

Rédigé par lta38

Publié dans #matériel

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