Publié le 29 Juin 2018

L'été est désormais bien installé et je reçois régulièrement des demandes de conseils pour le matériel de bivouac dont les réchauds.

Comme je l'ai déjà abordé, mon ensemble réchaud alcool + carburant reste le plus léger et le moins encombrant à transporter. Mais cela ne va pas sans inconvénient, à commencer par la lenteur de la mise en ébullition. Ca passe pour une gamelle de de 900 ml mais ça commence à devenir trop compliqué pour faire des pâtes pour quatre dans une casserole de deux litres d'eau.

Aussi, je continue de temps à autre à prendre mon Pocket Rocket (mini réchaud à gaz). Cependant, il existe d'autres modèles et aujourd'hui, c'est l'Optimus Crux qui a retenu mon attention. Je tenais à fait part aux internautes de ce modèle que je viens tout juste de découvrir.

Pour en parler, le mieux est de comparer les trois modèles grand public les plus connus, fabriqués par l'Américain MSR et les deux Suédois Optimus et Primus.

MSR Pocket Rocket 2Optimus Crux           Primus Microntrail
2400 W3000 W2600 W
73 g83 g80 g
102x50x51 mm84x57x31 cm68x57x65
30€49€40€
   

On remarque dans le petit tableau ci-dessus que le Crux l'emporte côté puissance et encombrement alors que c'est le Pocket Rocket qui sort vainqueur au niveau du poids et du tarif. Et inversement pour la dernière place, le Primus prenant la place de deuxième pour tous les critères.

Mais :
- Le critère poids (+10 g) n'a, dans ces valeurs-là, qu'une importance mineure voire nulle.
- Le critère encombrement est en revanche décuplé car au-delà de ces valeurs, le Pocket Rocket se range dans une boite en dur qui le protège bien (d'autant qu'il est moins solide, tout comme le Primus, en raison de leurs supports de casseroles qui ont un porte-à-faux important et, en cas de contrainte, peuvent facilement se tordre => boite conseillée) et prends un peu de place alors que l'Optimus prend très peu de place grâce à un ingénieux système de pliage permettant de se ranger en grande partie dans la section concave située sous la cartouche de gaz. Vraiment astucieux. Avec deux cartouches, dans le cas d'un long périple nécessitant du carburant sans approvisionnement, l'encombrement du Crux devient nul !! (voir photo).

Dernier point : à la prise en mains, il semblerait que les supports de casserole du Crux, directement placés sur le brûleur, permettent à la fois une meilleure solidité et une meilleure stabilité, tout en s'accordant sur le fait que ces petits réchauds ne seront jamais ce qu'il y a de plus stable. On ne peut pas tout avoir.

A noter que ces trois modèles existent en version Piezo. C'est un peu plus lourd mais on économise le briquet et surtout, on évite de l'oublier. Par contre, tout comme pour la troisième version version Crux Lite (allégé, passe devant le MSR avec 72 g), le Optimus Piezo perd son côté pliable.

Conclusion : Les trois restent de bons modèles mais le Crux est aujourd'hui mon mini réchaud à gaz préféré, de par sa puissance et son système réduisant l'encombrement à son minimum. Logiquement, il est un peu plus cher que les autres ce qui concorde avec sa supériorité.

Crux replié avec cartouche taille 2 et housse de rangement

Crux replié avec cartouche taille 2 et housse de rangement

Crux monté sur cartouche

Crux monté sur cartouche

Rangement. A gauche, cartouche + crux en-dessous avec housse ; à droite cartouche identique + Pocket Rocket MSR dans son étui dur

Rangement. A gauche, cartouche + crux en-dessous avec housse ; à droite cartouche identique + Pocket Rocket MSR dans son étui dur

Avec deux cartouches, le Crux disparaît totalement entre les deux !

Avec deux cartouches, le Crux disparaît totalement entre les deux !

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Rédigé par lta38

Publié dans #matériel

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Publié le 27 Juin 2018

Je n'y vais pas si souvent et pourtant :
- Ce n'est pas si loin de Crolles par l'autoroute
- Il y a de tas de belles choses à faire avec les enfants
- L'ambiance y est vraiment plus apaisée que dans une métropole comme celle de Grenoble
- Evidemment, ça change et c'est toujours une source de motivation que de changer

Je risque donc d'y revenir plus souvent. Alors certes, cette fois, nous n'avons pas fait l'intégrale à vélo depuis la maison faute de timing mais depuis le début de la voie Verte, cela permet de pédaler un peu. Le vélo reste l'engin roi pour s'y déplacer. Nous avons commencé par rouler un peu jusqu'à Jacob Bellecombette puis avons posé les vélos au niveau de la première cascade, lieu très sympathique, au frais. Petit tour au pied jusqu'à la seconde qui, finalement, ne vaut pas le déplacement. Elle est à intégrer dans un circuit pédestre plus long mais juste pour une visite, on peut se contenter de celle du bas avec les vélos puis farniente. Ensuite, direction le Carré Curial pour voir (et il faudra revenir car nous n'avons pas pu tout voir) la superbe exposition Eureka pour les enfants (des tas de choses intéressantes sur la nature et l'énergie) et enfin la traditionnelle glace du centre-ville avant de reprendre le vélo.

Bref, rien d'exceptionnel mais de quoi occuper admirablement un mercredi après-midi avec les enfants. Et il y a des tas d'autres idées.

PS : Certes, il faisait beau mais très surpris par l'absence d'enfants (nous étions aussi seuls) au musée Eureka. Hasard du jour ou préférence pour les jeux vidéos et/ou la plage ?

Vélo vers les cascades

Vélo vers les cascades

Grande cascade de Jacob
Grande cascade de Jacob

Grande cascade de Jacob

Galerie Eureka
Galerie Eureka
Galerie Eureka

Galerie Eureka

Centre ville
Centre ville

Centre ville

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Rédigé par lta38

Publié dans #balade

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Publié le 25 Juin 2018

Pour cette escalade d'après le boulot, mon affectation pour quelques jours au Sappey-en-Chartreuse indique Chamechaude comme lieu tout désigné. Le beau temps revenu est une incitation à aller parcourir "la conquête de l'ouest", voie un peu "trad" ouverte récemment par Philippe Gay et Stephane Vallon.

Avec dans la tête la ritournelle lancée en ouverture des concerts de Metallica ("Il était une fois dans l'ouest" pour celles et ceux qui ne suivent pas), nos jambes nous guident vers le premier pilier dans une fraîcheur bien agréablement entretenue par le vent de nord. Le topo donne 4h (dix longueurs, trois rappels intermédiaires, une redescente à pied de cinquante mètres de dénivelé). Il est 18h lorsque je clippe le premier point. Il ne va donc pas falloir trainer si on ne veut pas finir de nuit. M'attendant à des difficultés plus soutenues (qui ne seront rencontrées que dans la première longueur), nous grimpons à un bon rythme et les manips' de corde s'enchaînent comme l'éclair. 2h30 après être partis, nous sommes au sommet de la voie. Sans nous presser, nous gagnons le sommet de Chamechaude et le coucher de soleil, prévu autour de L8/9, nous accueille à notre retour à la cabane des Bachassons. La frontale restera dans le sac.

Et la bonne surprise : la voie est vraiment intéressante. Outre les vues et l'itinéraire fort sympathique, l'escalade en elle-même m'a surpris en bien. Connaissant un peu le caillou des lieux, je m'attendais à nettement plus bouseux et je recommande vivement cette escalade.

Quelques mots sur cette voie.

- Elle comporte dix longueurs + trois rappels + un redescente à pieds

- Les cotations du topo sont généreuses pour certaines longueurs. Je dirais : 5c (soutenu, la longueur la plus exigeante) ; 4c ; 4b (et non 5b) ; 5c ; 5c (et non 6a) ; 4b ; 2 (et non 4a) ; 6a (et non 6a+) ; 5b (très court) ; 6b (court mais vraiment teigneux). 5c obligatoire. Mis à part L1 (et L5), l'ensemble n'est pas du tout soutenu.

- Les longueurs de corde sont généralement inférieures d'au moins cinq mètres (voire jusqu'à dix) aux longueurs annoncées. Prendre une simple de 50 m et faire le premier rappel en 2x20 (intermédiaire sur un arbre).

- Conseils manip' : rappel 1 (40 m) : mouliner le premier jusqu'en-bas puis le second fait 2 rappels de 20 m. rappel 2 : ne pas se décorder mais préparer un noeud Dufour, mouliner le premier sur demi-cab dès son arrivée au relais puis le second descend en rappel sur un brin sans se décorder.

- Matos. Petite déception car finalement, c'est bien équipé dès que ça grimpe et les secondes parties de longueurs, non équipées, sont souvent très faciles (3) et personnellement, je n'y ai pas placé de point. Au final, j'ai mis deux friends en L1, trois en L5 et basta. Avec cinq Camalot (de 0,4 à 2 inclus) et deux sangles, on fait la voie et finalement, on ne pose pas tant de matériel. Aussi, peut-être aurait-il été plus intéressant que la voie soit complètement équipée ? Les ouvreurs annoncent une cinquantaine de points en tout relais inclus. Avec dix points de plus, l'affaire était entendue. Mais perso, je me suis régalé et fait plaisir à placer des Camalot dans les belles fissures de L5. A noter (déjà) deux friends coincés par les prédécesseurs (L1 et L5 dont un beau BD ultralight :O)

Timing : nous avons mis 2h30 mais l'horaire normal doit tourner autour des 4h. Approche 45'. +15' pour le sommet de Chamechaude. Descente depuis le sommet : 45'. Compter (donc) 6h voiture-voiture (petite) pause comprise.

Merci aux ouvreurs !

Approche au niveau de la Folatière

Approche au niveau de la Folatière

L5, la plus belle (mais les plus beaux passages sont plus bas)

L5, la plus belle (mais les plus beaux passages sont plus bas)

L7, facile

L7, facile

R7 dans une belle faille

R7 dans une belle faille

L9 au-dessus du canyon

L9 au-dessus du canyon

Ambiance au sommet
Ambiance au sommet

Ambiance au sommet

Très belle soirée
Très belle soirée
Très belle soirée

Très belle soirée

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Rédigé par lta38

Publié dans #escalade-alpi

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Publié le 24 Juin 2018

Update. Aurais-je écrit un peu vite ? A vrai dire je n'en ai aucune idée et je n'ai aucune légitimité pour conclure sur cette affaire, et encore moins donner des leçons. Ayant l'habitude de faire confiance aux gens, j'ai naturellement relayé ce que m'avait confié Philippe Mussato. Mais du coup, je me devais aussi de faire une mise au point après que Luc Devantay, ouvreur de la voie "incriminée" avec Guy Abert, m'a contacté. Luc affirme que lorsqu'il avait équipé la longueur en 8a, il n'y avait aucun goujon en place ce qui contredit la version de Phlippe. Voilà donc qui relance le débat, chacun avançant étant passé avant l'autre. Sur les  deux topos originaux, on trouve la date d'ouverture de 2014 sans plus de précision. Nous ne saurons donc pas et ce n'est pas bien grave pour nous, "consommateurs" de voies. Mais cela m'apprendra peut-être à l'avenir à rester en marge de ce genre de débat et de grimper, tout simplement, sans forcément faire trop de commentaires. Et pour la petite histoire, laissons les protagonistes s'expliquer entre eux, en espérant qu'ils trouveront un terrain d'entente. En attendant, quelle que soit la voie que vous irez faire dans le coin, vous y trouverez de très beaux passages. N'est-ce pas là l'essentiel ?

Jeudi 21 juin. Je commence à réfléchir sur le projet grande voie du dimanche quand je reçois un texto de Cat' : "recherche partenaire grimpe pour ce week-end". Et nous avons le même objectif. Grimper, de préférence en grande voie, un peu en montagne mais pas trop car, de mon côté, le mariage de Leïla et JC me verra me coucher à une heure un peu avancée. Il y a quelques années, j'avais fait une voie magnifique dans le Dévoluy dont le cahier des charges correspond à celui du jour (i.e. "à la recherche d'une dent perdue", le Piéroux). Juste à sa droite, Guy Abert vient d'ouvrir une voie qui pourrait être similaire. Il y a bien trois longueurs en 7a/7b mais l'obligatoire n'est pas élevé donc nous irons voir.

Dimanche. 9h. La voiture roule sur le bitume désert du Trièves. Cat' me parle de la voie :
- Tu as vu sur c2c ?
- Quoi ?
- Y a Mussato qui dit que le dernier 7b passe dans une de ses voies qu'il avait ouverte avant et que cela ne serait pas gênant s'il n'avait pas rajouté pléthore de points.
- Ah ben oui effectivement.
- Et du coup, il a dit qu'il allait venir remettre en état dans l'été...

10h. Parking. Tiens y a Manu. Manu, c'est Manu le breton, Le Folgoc. Un des plus gros cocheurs de grandes voies de la planète. Ah, mais il y a aussi Bruno et Evelyne. Bruno, c'est Bruno Beatrix alias BBX, un fort grimpeur qui a ouvert beaucoup de lignes en Isère en ailleurs (Presles, Gillardes, Chartreuse...). Bref, du beau monde qui vient se régaler sur les belles lignes du Piéroux. En faisant la tournée de serrage des paluches, un quatrième visage se découvre :
- c'est Philippe ? C'est ça ?
- Oui et toi c'est ?
- Lionel, Lionel Tassan
- Ah, ça fait plaisir de mettre un visage sur un nom...


Philippe, c'est Philippe Mussato (voir ci-dessus si vous suivez). Philippe est un des grimpeurs de (très) haut niveau qui s'intéresse à l'ouverture (toujours en bon style, entendez, du bas) de grandes voies de haute difficulté. Fort heureusement, il crée aussi de véritables bijoux plus abordables. Allez faire un tour dans "une seconde la vie" à la dent de Crolles (6c/6c+ ; 6b obl) ou "Princesse de feu" au pic de l'Aigle (6c+ ; 6b+ obl), vous m'en direz des nouvelles.

On comprend très vite que Philippe, accompagné par Manu, est là pour remettre en état la longueur clé.

- Ne t'inquiète pas, si on passe avant vous, je te laisserai une chasse d'eau à l'endroit clé. Le reste n'est pas piégeux, tu verras, m'annonce Philippe en Gentleman.

Au moment de partir, Cat' :
- Lio !!!!!
- Quoi ?
- Mes chaussons !!! Ils sont restés à Grenoble

Je me vois déjà partir pour une randonnée pédestre vers Faraut et Cat' pense alors intérieurement qu'elle va passer la journée au soleil pendant que je grimperai avec les autres mais c'est sans compter sur le petit breton.
- C'est ton jour de chance, j'ai une seconde paire en 37 dans le coffre !
L'histoire peut donc continuer.

Les discussions vont bon train dans la marche d'approche et nous voici au pied du mur. Cat' souhaitant me laisser les longueurs dures sur le papier, c'est à moi que revient l'attaque de la première longueur. Un premier 6b sur un petit pilier, bien soutenu avec des pas fins. On est tout de suite dans le bain. C'est bien équipé ; on ne prend aucun risque. C'est dans L2 que l'on commence à se poser les premières questions. Passons sur la cotation (plutôt 6a que 6b) ; on s'en moque et à l'ouverture (cette voie dite Abert/Devantay du nom des deux ouvreurs n'a été encore que très peu parcourue), il y a souvent des ajustements à faire dans les cotations. En revanche, le rocher est bien douteux. Il ne faut pas tirer sur n'importe quoi. On grimpe un peu sur des oeufs, avec un passage couché végétatif. En second, je m'applique à ne pas faire tomber le moindre caillou sur la cordée BBX en-dessous (on domine très souvent "la dent perdue"). Ca passe par de micro-prises en délaissant certains gros bacs. L'équipement est bizarre : plusieurs fois on trouve deux points à un mètre l'un de l'autre dans du 4/5...

Avec L3, les difficultés commencent. Annoncée 7a, cette longueur présente un mur de dix mètres absolument splendide. Je n'ai pas de rési pour enchaîner, d'autant qu'il faut un peu réfléchir pour deviner les bonnes prises et donc, on perd du temps et les bras fument sur les petites prises. Mais avec un peu de repos, ça passe sans tricherie. Par contre, quelle débauche de points ! Encore un peu et ce serait une via ferrata. Si la difficulté était de chercher une voie dans le 6a/b, peut-être aurait-il fallu passer ailleurs. Je trouve dommage de sur-équiper à ce point, d'autant qu'il n'y a pas de pas de bloc. Avec deux points en moins, ça passerait très bien et ça ferait moins "artificiel". La suite de la longueur est très belle en 6b. Une petite longueur facile de jonction et nous sommes au pied du second mur annoncé 7b.

Comme pressenti, c'est du 6c qui s'enchaîne jusqu'au crux imbitable pour nous, trop dur, trop bloc. On tirera sur deux points. Mais jusque là, c'est très beau. Là encore, on aurait pu virer deux points sans que ce soit dangereux et limitatif. Deux belles longueurs gâchées par la suivante, très péteuse en 6b. Cat' partira en tête avec un bon tiroir qui s'écrasera aux étages inférieurs, heureusement déserts. Nous voici alors au pied du grand mur jaune et la longueur sujette à discussion.

La voie Mussato arrive de la droite et les deux se rejoignent au pied du mur. Et effectivement, Guy Abert a bardé de points la longueur, retirant même me semble-t-il certains goujons de Mussato (pourquoi ?). En contrebas, on voit arriver la cordée de Philippe et Manu (qui au passage, se prend un beau voyage avec une prise éjectable). On est donc devant et certainement les derniers à faire la longueur avec l'équipement actuel.

Que dire ? Je ne suis pas un expert mais, sur les trois-quarts, la voie Abert/Devantay souffre de plusieurs défauts :
- Trop proche de la "dent perdue", comme elle a été ouverte après, elle pourrait tout à fait avoir sa légitimité à condition qu'elle passe sur une ligne bien individualisée.
- le premier pilier (20 m), la longueur en 7a (30 m) et les 15 m de beau 6c dans le premier 7b ne suffisent pas à rattraper un ensemble au rocher douteux
- l'équipement ultra plétorique est discutable dans une ligne destinée quoi qu'il en soit à des grimpeurs déjà un minimum techniques (il faut être dans le 6c pour venir dans ce secteur sous peine de grosse souffrance)

Cependant, il n'y a pas de règles et malgré ces bémols, l'escalade reste intéressante et la voie Abert reste pour moi légitime et le resterait s'il n'y avait pas cette sorte de violation de la voie Mussato. A la limite, la voie aurait pu sortir par la Mussato mais en laissant l'équipement d'origine. Je pense que cela n'aurait point gêné ce dernier. Mais c'est sûr que l'équipement n'aurait pas correspondu à tout le reste et il n'était pas logique pour Abert de finir par un 7c/8a (cinq mètres blocs infâmes succédant à vingt mètres de 7a majeur) avec un engagement différent du reste de sa voie.

Mais dans ce cas, il aurait fallu trouver une autre ligne (ça peut peut-être passer entre la Mussat' et la Dent Perdue d'après BBX) ou accepter que sa voie s'arrête là et annoncer une fin par "dent perdue" par exemple. Au lieu de cela, je découvre en grimpant cette longueur majeure, l'ampleur du massacre. Des tiges enfoncées parfois mais surtout des goujons rajoutés. Combien ? Je n'en sais rien. Mais sur vingt-cinq/trente mètres, il y a dix-neuf points à clipper. Et franchement, toute la première partie en 7a n'est que rési. Avec deux fois moins de points, je serais passé car, comme me l'avait annoncé Philippe à juste titre, ce n'est pas piégeux. Les prises crochètent, la grimpe est magnifique. C'est majeur. Je comprends le désarroi de l'ouvreur de la ligne. Derrière, Cat' commence à souffrir d'autant qu'elle porte le sac. Même s'il n'est pas très lourd, c'est vite handicapant dès que ça déverse. Mais elle se bat bien et avec quelques repos, elle aussi réalise tous les mouvements de la section en 7a.

Un dernier passage retors malgré les points rajoutés par Abert (6b+ bloc sans pied) suivi d'un 6a pourri pour finir et nous voici au sommet où un rappel de 25 m précède trente minutes de marche pour nous ramener au parking. Pendant ce temps, Manu et Philippe ôtent quinze (!!) goujons pour remettre les deux dernières longueurs de la voie baptisée "Obiou dégradable" à l'origine, dans son état originel.

En résumé, la voie Abert, bien que loin d'être dénuée d'intérêt avec même quelques très beaux passages, donne  toutefois l'impression d'être un peu une voie " à tout prix". Elle aurait eu sa légitimité avec une sortie différente et un meilleur nettoyage.

Pour la petite histoire, la voie de Philippe Mussato a été rebaptisée "le regard Claire"... Claire était une grimpeuse que (presque) tous les Grenoblois (et +) connaisaient. Sa gentillesse, son écoute étaient inégalables. La montagne a tristement décidé qu'elle devait stopper ses ascensions lors de cette tragique randonnée à skis de cet hiver 2018. Merci Philippe pour ce clin d'oeil.

En attendant d'éventuels rebondissements dans cette affaire de goujons, les grimpeurs de niveau 6c trouveront leur bonheur dans la voie de gauche qui reste un must (à la recherche de la dent perdue).

Cat' sort de L3

Cat' sort de L3

Cat' en termine avec L5

Cat' en termine avec L5

Vue sur la fameuse longueur sujette à discussion. Le photographe vaché sur un point dans le crux en... 8a.

Vue sur la fameuse longueur sujette à discussion. Le photographe vaché sur un point dans le crux en... 8a.

Sortie de la longueur : il faut se remettre à serrer les prises

Sortie de la longueur : il faut se remettre à serrer les prises

Avant dernier relais après un pas bien dur un peu obligatoire

Avant dernier relais après un pas bien dur un peu obligatoire

Evelyne assurée dans Bruno dans la fin de "dent perdue"

Evelyne assurée dans Bruno dans la fin de "dent perdue"

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Rédigé par lta38

Publié dans #escalade-alpi, #humeur

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Publié le 23 Juin 2018

C'est un truc que je n'avais pas encore fait dans le coin. Quand Cécile et Vincent me le proposent avec les enfants, l'idée est immédiatement acceptée.

Montée le vendredi soir après la classe par le trou du Glaz, mouillage de pantalon pour récupérer un peu d'eau dans le Trou (mauvais plan à cette date, mieux vaut partir avec deux litres et donc deux kilos de plus) puis bivouac sur le plateau vers 1850 m au milieu des chamois.

Après une soirée (vent du nord) et une nuit un peu fraîches (2 degrés au plus froid... quand même), marmottes, chamois, tétras-lyres et base-jumpers feront partie du menu du matin avant et pendant la montée au sommet. Un joli spectacle pour petits et grands.

Descente encore à la fraîche alors que la foule commence à faire le chemin en sens inverse. Et forcément, on croise quelques têtes connues. Merci à tout le monde de respecter le balisage de restauration des pelouses en ne coupant plus le sentier.

Agréable arrivée sur le plateau

Agréable arrivée sur le plateau

Moment fort au bivouac

Moment fort au bivouac

Montée tranquille à la Dent le samedi matin

Montée tranquille à la Dent le samedi matin

Spectacle assuré par les écureuils volants

Spectacle assuré par les écureuils volants

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Rédigé par lta38

Publié dans #randonnée sportive

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