Wickstordglaz

Publié le 11 Mai 2015

Un lundi de beau temps = une occasion à ne pas manquer pour aller faire un tour en face sud-ouest de la Dent de Crolles comme j'aime bien faire au moins une fois par an (2011 Kilukru, 2012 les Cénobites tranquilles, 2013 la Sans nom, 2014 une seconde la vie) et donc 2015 Wickstordglaz. Une seule info sur le net concernant cette voie à l'écart et qualifiée de "bof" dans le "Duhaut". Et des commentaires plutôt pas mal du fort grimpeur Damien (D) qui se balade dans les 7b à Espace Vertical et écume les voies de montagne. Enfin, surtout pour la première partie car il nous signale que la longueur clé en 6c+au-dessus de la vire était complètement mouillé et ne les a pas laissés passer.

Je propose plusieurs idées à Candice dont celle-ci mais je ne suis pas très enthousiaste compte tenu du peu de retours et des commentaires du topo papier "Escalades en Isère". Le Bourdat/Guerillot (B/G) est, quant à lui, plus factuel.

Réponse de l'intéressée : ben il faut aller se faire sa propre idée.

La marche d'approche est assez courte : on prend le sentier du trou du Glaz et au niveau des deux petits lacets de redescente, on se situe à l'aplomb de l'attaque (enfin, c'est plutôt le contraire).

L1 (6a+ pour nous vs 5c dans le B/G et 6b dixit D) ; L2 (6a+ vs 6a ou 6b) ; L3 (6a+ encore ; là tout le monde semble d'accord à un + près) ne sont pas inoubliables : 10 m de beau rocher vs 20 m de "jardinage". On commence à se dire que le "bof" était bien vu. Fort heureusement, la suite va faire pencher la balance dans l'autre sens.

L1 et L2L1 et L2

L1 et L2

Après une vire à droite, on arrive au pied de L4. Annoncée 6b+ dans le B/G. Une bien belle longueur avec deux pas retors (un pour démarrer - gaffe à la chute au sol même après avoir clippé le premier point - et un cinq mètres après pour sortir du léger dévers) puis une suite en dalle. Nous confirmons la cotation à 6b+, à la limite 6c max mais pas 6c/7a.

On débouche sur le sangle de la Barrère où il faut descendre sur la gauche pour trouver la suite.

L4 et L5L4 et L5

L4 et L5

Nous voici au pied du crux. 6c+ paraît-il et ça en a bien l'air. Problème : c'est absolument trempé pour nous aussi. Nous pensons nous diriger vers une autre sortie comme nos prédecesseurs et puis, bien que ce ne soit pas mon tour de grimper en tête, je tente quand même de passer. Je clippe la lunule, prends le gros trou et, bien rejeté en arrière par le gros dévers, vais prendre la prise suivante extrêmement mouillée. A ce moment-là, je ne peux toujours pas clipper le premier goujon et je dois monter mes pieds pour prendre une main plus haute et plus petite, toute aussi mouillée. Un mouvement hyper aléatoire dans ces conditions, pas hyper difficile (la cotation nous a paru juste) mais avec risque de chute au sol à plat dos. Hors de question. Retour à la case départ. On se met en quête d'une longue branche pour faire office de perche mais on ne trouve pas. Au moment d'abdiquer, Candice évoque la possibilité de clipper le point avec une dégaine dans laquelle la corde serait préalablement passée, en montant sur mes épaules. La manip. est un peu délicate mais on tente le coup. Il manque quinze centimètres. On décide alors de réhausser le sol avec quelques pierres soigneusement disposées et bien calées. Et là, ça passe. Limite-limite mais ça passe. La suite n'est qu'une formalité. Tirage de clous dans ces cinq mètres infectes puis suite de la longueur encore bien mouillée mais bien moins dure (6a max et avec des gouttes d'eau donc des pieds assez sûrs).

Nous terminons par deux longueurs (5c puis 6b selon nous) bien belles en dièdre/fissure/cheminée pour sortir sur la crête un peu plus tard que prévu (pile au coucher du soleil) compte tenue de la demie-heure nécessaire au franchissement des cinq premiers mètres de L5.

L5 encore et L6L5 encore et L6

L5 encore et L6

On est encore loin du sommet mais quel plaisir d'être là. Il est rare d'avoir aussi peu de bruit, même en montagne. La Croix est atteinte dans une semi-obscurité mais le trait clair du sentier nous permettra de redescendre sans lampe (bibi l'avait oubliée) sauf pour les cinquante dernières mètres avant la voiture.

En résumé, une voie intéressante, à faire pour parfaire sa connaissance des lieux. Moins belle toutefois que "Kilukru" et "une seconde la vie".

Arrivée sur la crête sommitale

Arrivée sur la crête sommitale

Rédigé par lta38

Publié dans #escalade-alpi

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