Publié le 22 Juin 2017

Quelle chaleur ! Impossible de grimper en plaine, même à l'ombre. Il faut choisir un site d'altitude. Pas évident pour le soir compte tenu du temps disponible entre la route et la marche d'approches. Et quelques orages pourraient pointer. Mieux vaut se garder une petite marge d'échappatoire. Pour changer, direction la dent de Crolles et les couennes au-dessus du sangle de la Barrère. Certes, il faut une bonne heure de marche en plein soleil mais il y a un peu d'air et, à mi-chemin, le trou du Glaz et ses 12°C nous offre cinq minutes de rêve.

Approche par le beau sangle de la Barrère

Approche par le beau sangle de la Barrère

Parce qu'on aime bien la grande voie et que la sortie sur le plateau au milieu des rhododendrons est toujours aussi féérique, on opte pour deux petites voies de trois longueurs plutôt que des couennes se terminant au milieu de la face.

Première voie "l'été en pente douce". Cela fait un moment que je voulais venir visiter cette grande dalle qui a vraiment une belle gueule avec son relais intermédiaire. L1 est annoncée 6b. Eh bien c'est peut-être le 6b le plus dur de la terre. Déjà, il faut s'arracher du sol par un mouvement violent bien morpho. Et puis, un peu plus haut, grimper plusieurs mètres en dalle sans pied et sans main... ou presque. Si j'avais lu 6c+, je n'aurais pas décoté !!! Pour nous deux, ce sera la longueur la plus difficile du jour. Après une traversée courte en 2 jusqu'au gros pin (enchaînée avec L1), on sort par une belle dalle en 6a avec un départ plein gaz. Du très beau rocher. Relais bien placé pour les photos. Restent quinze mètres de mixte 3b/herbe pour le plateau.

L1 de "l'été en pente douce". 6b sur le papier, (au moins) 6c sur le terrain. Que doivent-être les 7a/a+ à côté ?

L1 de "l'été en pente douce". 6b sur le papier, (au moins) 6c sur le terrain. Que doivent-être les 7a/a+ à côté ?

R3 de "l'été...". Belle longueur

R3 de "l'été...". Belle longueur

Sortie sur le plateau

Sortie sur le plateau

C'est reparti pour un tour. Baskets, dépose d'un sac et de tout le superflu puis retour sur le sangle pour une autre voie "Topo or not to be".

L1 = 6b+ Magnifique mur rouge à trous avec de beaux mouv'. C'est très bien équipé. Là encore, 6c n'aurait pas été volé. Sont sévères ici ! La suite se gâte : seconde partie de la longueur en dalle et en traversée, certes plus facile (je dirais 5c) mais bien sur les pieds et avec deux points vraiment loin. Le premier n'autorise pas la chute du leader qui irait se fracasser sur la vire huit mètres en-dessous. Et les deux ne rassurent pas le second qui pourrait se mettre deux beaux pendules avec percussions, les pas les plus délicats arrivant juste après avoir déclipé !! Il aurait suffit de décaler un point : le mettre deux mètres plus bas et en mettre un autre un mètre cinquante plus haut. Pour une économie d'un point, on prend de gros risques.
L2 = 6c Le rocher n'est pas beau voire un peu douteux mais les mouvements sont vraiment sympa pour passer ce bombé teigneux. La cote est, cette fois, bien calée. Longueur assez courte.

L3 = 5c pas si facile qu'il n'en a l'air. Un bon 6a à mon sens. Sortie très belle, légèrement déversante sur bacs.

Les rhododendrons du plateau

Les rhododendrons du plateau

Départ de "topo...". Magnifique !

Départ de "topo...". Magnifique !

Arrivée à R2 de "topo..."

Arrivée à R2 de "topo..."

Dernière longueur bien raide

Dernière longueur bien raide

Une autre façon de découvrir la Dent. Il y a encore des choses à faire dans cette face ouest même si le potentiel diminue sérieusement au regard de mon niveau. A moins que de nouvelles voies fleurissent : ce n'est pas la place qui manque, notamment autour de "Une seconde la vie".

Encore une belle soirée "after taf" avec Candice, en espérant pouvoir en faire une dernière avant les vacances.

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Rédigé par lta38

Publié dans #escalade-alpi

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Publié le 21 Juin 2017

Les chaleurs ne sont pas mes amies. Si tout le monde se plaint d'une chaleur excessive, certains plus que d'autres. Pour ma part, dès qu'un 3 se profile à la dizaine, c'est éliminatoire et j'en bave.

Aussi, me voilà parti pour ma Dent hebdomadaire à un train de sénateur. Malgré un départ à 21h au parking, je monte lentement afin de ne pas trop suer car l'objectif est d'aller passer la nuit sur une vire sous le sommet, à la fraîche.

Le lendemain matin, traversée de la vire est, petit dej' puis sommet. Ce sera ma dent la plus longue puisqu'il m'aura fallu, entre l'heure de départ et l'heure d'arrivée, sept heures pour atteindre la croix !

Ca change un peu de prendre le temps ici. Retour aux affaires rapidement puisqu'il faut toutefois être au boulot à 8h30 au plus tard.

Au passage, test du petit sac de couchage Wilsa Down Ultralite 150 (que j'avais déjà utilisé à des températures similaires mais sous la tente, i.e. dans des conditions de conservation de température idéales. Ici, avec un thermomètre descendant au plus bas à 13°C, j'ai dormi sans aucun problème à la belle en tee-shirt. 150 grammes de duvet d'oie pour un sac d'à peine plus de 400 grammes au total suffisaient donc amplement pour ce bivouac.

L'occasion aussi d'inaugurer la Popote Evernew Pasta Pot 900. Un modèle haut de gamme entièrement en titane allégé qui offre près d'un litre de contenant pour un poids d'à-peine 120 grammes, couvercle, poignée et housse en mesh incluse !

Soirée à la fraîche avec la micro doudoune

Soirée à la fraîche avec la micro doudoune

Rosées du matin

Rosées du matin

Petit réchaud Vargo et paravent dédié

Petit réchaud Vargo et paravent dédié

Lever du soleil juste à l'est du mont Blanc

Lever du soleil juste à l'est du mont Blanc

Le Pasta Pot sur le réchaud

Le Pasta Pot sur le réchaud

Petit dej' face à Belledonne

Petit dej' face à Belledonne

La vire est, un lieu hautement panoramique

La vire est, un lieu hautement panoramique

On profite des derniers instants de sérénité avant de redescendre

On profite des derniers instants de sérénité avant de redescendre

Le Grésivaudan prend le soleil

Le Grésivaudan prend le soleil

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Rédigé par lta38

Publié dans #randonnée sportive, #matériel

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Publié le 18 Juin 2017

ZAP, "Zelsmann And Picard", du nom des deux concepteurs de ce bel objet, et Outdoor, vous aurez facilement compris pourquoi.

Me voilà donc parti pour quatre jours durant le week-end de l'Ascension avec cette remorque mono-roue et environ cent cinquante kilomètres parcourus avec les enfants. Une broutille certes, mais suffisamment pour faire un petit retour sur le produit.

Actuellement, on trouve pas mal de remorques mono-roue (M-Wave, BOB, Bike...) pour des prix allant de 200 à 500€ (BOB), des capacités entre 60 et 90 litres et un poids compris entre 6 et plus de 10 kilo à vide sac compris. L'idée de ZAP était de réaliser une remorque ultra-légère (à peine plus de 3 kg pour la 50 litres sac inclus) sans lésiner sur la qualité de roulement, de stabilité ou encore du sac de transport.

Les remorques ZAP se présentent sous la forme d'une planche (qui reçoit le sac posé simplement dessus, et fixé avec deux sangles dont la plus à l'arrière qui empêche le ballottement en passant dans un trou au milieu de la planche), d'une mini roue arrière et de deux bras articulés en aluminium qui viennent se clipper sur l'axe de la roue arrière (axe BOB compatible avec tous les vélos a priori). L'accroche est rapide et sûre.

Le sac livré avec l'ensemble est fabriqué par Ortlieb et customisé par ZAP afin de le rendre compatible avec la fixation. Il est entièrement étanche et solide comme à l'habitude de la marque allemande.

Etant moi-même un adepte de l'ultra-light, pour notre périple autour des lacs suisses, j'ai réussi à faire tenir dans le 49 : une tente 2/3 places, 3 matelas Thermarest NeoAir, 3 sacs de couchage, un coussin gonflable, la popote 1,5 litres (+ gaz, réchaud, couverts, vaisselle à l'intérieur de celle-ci), le kit de réparation des vélos, 3 doudounes, un kit d'étendage, 3 livres, 3 lampes frontales, 3 serviettes de toilettes, 3 maillots de bain !!! Je n'ai donc eu qu'à emporter en plus deux sacoches arrière pour les vêtements et un fond de nourriture.

L'outil est bien stable et je n'ai pas eu le moindre souci de ce côté là. L'accès à tout le contenu est rapide ; on n'est point gêné par les rebords métalliques des remorques classiques pour accéder à un objet sur le côté du sac. Côté tarif, on est largement dans les clous avec BOB (469 euros port compris en France métropolitaine). Connaissant très bien l'un des concepteurs, on peut avoir confiance en son sérieux et son côté méticuleux pour avoir bien réfléchi aux contraintes du produit mais en cas de souci, on pourra aussi compter sur son SAV.

Détail intéressant : on pourra toujours l'emporter avec soi après avoir cadenassé son vélo en la détachant et en la portant en bandoulière comme un sac de voyage, les "bras" se repliant sous la planche.

Et nul doute qu'au fil des ans, les remorques ZAP outdoor verront sans doute des améliorations. En particulier, on pourrait rallonger de cinq centimètres les sangles de serrage d'origine du sac Ortlieb (un poil juste quand le sac est vraiment à bloc). Il serait également intéressant de voir figurer une petite patte (rétractable ?) sous l'avant afin de pouvoir la poser à plat en équilibre.

Pour le reste, j'ai envie de dire, l'essayer, c'est l'adopter !

Voir aussi le site du constructeur.

La ZAP 49

La ZAP 49

En mode portage

En mode portage

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Rédigé par lta38

Publié dans #matériel

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Publié le 17 Juin 2017

Il y a près de vingt ans, mon ami François (Thirion), me proposait une virée à la tête d'Aval pour gravir "le trou noir", une voie côtée ED à l'époque. Sans doute un poil surcotée mais tenant compte de l'équipement d'époque sur de nombreux spits de 8 parfois bien espacés (avec un équipement moderne sur goujons bétons, on serait sans doute dans le TD+). Je me souviens d'une sacrée belle journée durant laquelle, l'orage nous avait nargué du début à la fin. La météo était annoncée maussade ; c'est pourquoi nous avions choisi une face sur laquelle nous pourrions battre facilement en retraite. Dès la première longueur, des gouttes tombaient mais sur ce rocher ultra adhérent et sculpté, nous avions avancé et atteint les vires par lesquelles on peut s'échapper à gauche. Le mauvais temps se tenait sur les Ecrins et nous avions continué. Jusqu'au fameux trou où, par chance à ce moment-là, nous nous étions abrité pour laisser passer une averse aux trombes d'eau anéantissant toutes nos chances de terminer la voie. Nous avions attendu la fin de l'orage avant de tirer les rappels. Je me souviens avoir empoigné les cordes, fait deux mètres et crié à François : "en fait, le rocher est hyper adhérant et ça sèche vite !". Et ainsi, nous avions terminé la voie !

J'avais, à l'époque, entendu parler de la mythique Ranxerox, du même style mais plus soutenue et près de deux fois plus longue et avec deux longueurs en 7a. C'était pour moi le mythe inabordable avec mon niveau, d'autant que le "Trou Noir" s'était avéré à la limite de mes possibilités d'alors (6b à vue et encore, pas dans tous les styles). Et puis, les choses ont évolué depuis 2011 et cette voie est entrée dans le domaine du possible. Il restait à y aller. C'est chose faite avec Julien une fois de plus. Bon ça n'a pas été comme je le voulais, la faute à la conjonction de trois facteurs :
- La nuit dans le Partner au parking et la surprise du matelas percé confisquant du sommeil réparateur ;
- Le soleil : la voie passe rapidement au soleil (je l'imaginais un peu plus protégée à l'est) mais surtout, pas de courants d'air thermiques et des températures un poil plus chaudes que ce que je prévoyais. Pas la canicule non plus mais trop chaud à mon sens. Ca dépend aussi des comportements physiologiques des uns et des autres mais personnellement, je déteste grimper au soleil, sauf s'il fait frais.
- Les chaussons : Julien m'a démontré non seulement l'efficacité de ses ballerines pour ces adhérences mais surtout pour le confort. Je suis sorti les pieds ruinés du deuxième bastion (le soleil n'arrangeant rien). Autant dire que les sept longueurs du troisième bastion (une grande voie à lui seul !) ont été très difficiles. Un grand merci à Julien d'avoir accepté de souffrir sur deux longueurs en me prêtant un de ses chaussons (en fait, j'ai un pied bien plus fort que l'autre et le pied gauche ramasse toujours plus vite que l'autre).

Pour le reste, la voie est majeure. Elle ma vraiment confronté dans mon point de vue apporté sur le sujet de la reconnaissance des premiers très récemment évoqué ici. Quand on sort d'un tel voyage, la première chose qu'on a envie de crier, c'est un immense remerciement aux ouvreurs et à leur travail. N'hésitez-pas à vous procurer l'excellente dernière version de "Oisans sauvage, Oisans nouveau, livre est" de Jean-Michel Cambon dans lequel figure cette voie comme plus de 400 autres et tout un tas d'anecdotes croustillantes.

En ce qui concerne Ranxerox c'est :
- 20 longueurs !!! entre 5c et 7a(++) y compris deux longueurs en 3/4 de jonction des trois bastions
- un rocher remarquable du début à la fin, sur lequel la clé ne sera pas d'avoir des avants-bras (un minimum quand même hein) mais de savoir poser ses pieds
- un équipement à la perfection. Ni trop près, ni trop loin. Béton. Les fois où les points sont un peu loin, les derniers pas se font toujours avec de bonnes prises dans les mains et on ne se fait pas peur
- un niveau 6c à vue recommandé
- un itinéraire où ça ne court jamais quelle que soit la cotation (plutôt de type "old âge" - aux habitués des cotations modernes, rajouter un + partout).
6b ; 6b+ ; 6a ; 6a ; 6a ; 4b ; 7a ; 6b+ ; 7a ; 6c ; 5a ; 6a+ ; 3b ; 6b ; 6a ; 6a ; 6b ; 6b ; 6b+ ; 5c (!!!)

En ce qui concerne la logistique :
- trois litres d'eau pour deux, une petite laine chacun et de quoi grignoter, le tout dans un petit sac à dos porté par le second. Il s'allègera donc au fur et à mesure de la montée. Pour le dernier bastion, nous l'avons laissé au bas et grimpé avec une petite bouteille de 50 cl d'eau chacun au cul.
- descente par les quatre rappels du dernier bastion (+un petit en-dessous pour éviter la désescalade du couloir) puis les quatre rappels du grand toit. Rappels ultra efficaces. Aucun coincement de corde possible et la corde est directement installée pour le rappel suivant quand on l'a tirée. Ensuite, descente par les vires et cordes fixes pour retour au bas de la face (mais pas au départ de la voie). Cela fait gagner un peu de temps sur l'ensemble (par rapport à une descente en rappels menant au départ de Ranxerox) mais oblige à monter les baskets.
- 8h30 d'escalade et une pause de vingt minutes à l'ombre en haut du deuxième bastion.

Une petite remarque pour finir. Pas une autre cordée ce jour dans cette face qui comporte des dizaines de voies dont certaines abordables et plus ou moins longues, toujours sur un rocher magnifique. Je suis venu trois fois ici et une fois seulement j'y ai vu une autre cordée. Cette face :
- est-elle passée de mode ?
- fait-elle peur ?
Comment est-ce possible ?

L1 : 6b. Eh bien on ne court pas

L1 : 6b. Eh bien on ne court pas

L2 : 6b+ ; aérien

L2 : 6b+ ; aérien

L9 : 7a ; ouch la cotation !

L9 : 7a ; ouch la cotation !

L11 : 5a ; bien plus facile que ne le laisse croire la photo

L11 : 5a ; bien plus facile que ne le laisse croire la photo

L16 : 6a ; beau !

L16 : 6a ; beau !

L18 : 6b ; dément !!!

L18 : 6b ; dément !!!

L18 : toujours 6b ; vu avec un autre arrière-plan. Rocher de fou !

L18 : toujours 6b ; vu avec un autre arrière-plan. Rocher de fou !

L19 : 6b+ ; un pas hyper fin sur les pieds

L19 : 6b+ ; un pas hyper fin sur les pieds

Le rappel du grand toit. Ames sensibles s'abstenir

Le rappel du grand toit. Ames sensibles s'abstenir

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Rédigé par lta38

Publié dans #escalade-alpi

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Publié le 15 Juin 2017

La video de cette belle journée de ski, la dernière de la saison, avec ma petite Emie.

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Rédigé par lta38

Publié dans #ski-glisse

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