Publié le 10 Septembre 2019

Ma deuxième année d'utilisation de caméras automatiques s'achève. Le but premier, inavoué au départ, était bien une approche personnelle sur des espèces très difficiles à observer que sont le loup et le lynx. Pour ce dernier, je n'y ai consacré qu'une seule sortie de repérage à ce jour. Nous verrons (peut-être) plus tard. En revanche, très rapidement, c'est le loup qui a attiré mon attention. Après six mois d'essais, ont suivi quelques semaines assidues pour essayer de trouver des loups au printemps 2018, en vain. Le premier loup est passé devant mes caméras fin juin 2018 et je ne l'ai su qu'au mois d'août suivant. La véritable quête a donc commencé à ce moment-là. A quelques jours près et par souci de commodité avec les saisons, je considère donc qu'avec l'été qui vient de s'achever, s'est achevée également ma première année de travail sur le loup.
Les premiers mois infructueux n'auront toutefois pas été vains car la chance a fini par sourire à force d'affûts en septembre 2018 avec la rencontre, durant une vingtaine de minutes, d'un subadulte de la meute.
Depuis ce jour, le nombre d'affût a été très limité, étant donné la grande difficulté d'observer le loup mais l'accent mis sur le placement des caméras. Le bilan est pour moi satisfaisant même avec l'échec de suivi de la reproduction. Une centaine de vidéos (soit en moyenne une dizaine par mois) et quelques belles sorties de recherches d'indices (traces, crottes), mêlant surprises et effort.

Puisse la nature être aussi généreuse pour la seconde année. Et elle le sera car le loup reste un prétexte pour être dehors, sportivement et/ou en immersion. Il n'y a aucune raison pour que cela ne se poursuive pas si la chance d'être en bonne santé continue à m'accompagner.

Petit pêle-mêle de cette première année

Petit pêle-mêle de cette première année

L'automne commence bien avec cet arrêt de la louve devant une de mes caméras.

L'automne commence bien avec cet arrêt de la louve devant une de mes caméras.

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Rédigé par lta38

Publié dans #loup, #Belledonne

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Publié le 5 Septembre 2019

Soirée du jeudi pour la reprise de nos escalades avec Candice et virée au désert de l'Ecureuil, site désormais incontournable pour l'escalade autour de Grenoble et très pratique d'accès. A 17h, nous sommes équipés au pied des voies et nous avons trois heures devant nous.

Nommé ainsi en parallèle du désert de Jean-Jacques Rousseau juste à côté ou encore du Petit Désert, autre site d'escalade proche, le désert de l'Ecureuil s'est développé récemment sous l'impulsion de l'ECI et notamment de Hervé Rondeau qui, avec un peu de bricolage certes, nous a offert un des plus beaux sites du secteur pour les grimpeurs de niveau 6+. Et très récemment un autre secteur, que je n'ai pas encore eu l'occasion d'explorer, le désert des Froussards, vient de voir le jour.

On pourrait aussi parler de désertion. Celle des équipeurs. Car ces sites, qui nous permettent à tous de grimper, demandent de l'entretien. Au désert de l'Ecureuil, j'ai déjà pu noter une usure de certains maillons rapides. Il faut également entretenir régulièrement les chaînes, les points... Si à la base, le travail est bénévole de la part des ouvreurs, il y a normalement une compensation : le financement du matériel par les associations et les ventes de topos. Cet équilibre aujourd'hui est menacé par internet. Internet va devenir de plus en plus présent et c'est une bonne chose sur de nombreux points. Mais si le financement de l'équipement et de l'entretien se réduit, on parviendra tout ou tard à une désertion de ces sites.

Alors que faire ? Voici quelques propositions 
- Acheter les topos des secteurs sur lesquels vous allez grimper. Pour les topos de grandes voies, au moins ceux faits par les ouvreurs les plus actifs des massifs. Dites-vous bien que ce sont ces bases de données qui ont servi à alimenter toutes les autres.
- Adhérer au moins à une association, si possible locale.
- Sur le terrain, ne pas faire de moulinettes sur les maillons mais sur un mousqueton à vis personnel ; seul le dernier qui monte utilise le maillon ou l'anneau. Cela augmente grandement la durée de vie des équipements.
- Concernant les bases de données internet collaboratif type c2c, prendre le temps de bien renseigner le nom des ouvreurs des lignes et de mentionner les topos correspondants pour les grandes voies. S'abstenir de décrire précisément les sites de couennes labellisés FFME
- Boycotter les topos électroniques "pirates" qui arrivent peu à peu sur le marché comme Topotopclimbing.
- Et pour ceux qui souhaiteraient faire/mettre à jour leur topo d'escalade, de sites dits "sportifs" ou de grandes voies, la qualité reste un gage de réussite. Se limiter à la description des voies est désormais insuffisant. Il faut une belle iconographie. Des interviews d'acteurs des secteurs concernés, des commentaires sur l'historique, des commentaires culturels, des commentaires connexes, des réflexions sur nos pratiques. Bien évidemment, cela demande des compétences allant au-delà de l'escalade mais je reste persuadé que si un livre (ou pourra appeler cela un livre plus qu'un topo) répond à ce cahier des charges, il a alors de beaux jours devant lui.

PS : En 2010, j'ai écrit Belledonne Escalade. N'étant pas équipeur, on pourra y trouver un problème de discours entre ce billet et l'ouvrage. Pourtant, tout cela reste en phase à mes yeux. Ce sera l'objet du prochain billet.

Candice au désert de l'Ecureuil

Candice au désert de l'Ecureuil

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Rédigé par lta38

Publié dans #escalade-alpi, #Vercors

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Publié le 4 Septembre 2019

Avec septembre, nous sommes entrés dans l'automne météorologique. Une saison particulière, marquée par la coloration progressive de la végétation, la diminution rapide de la longueur des journées, les lumières rasantes. Toute une ambiance. Concernant la végétation, le processus est déjà enclenché. L'herbe jaunit en montagne. Le beau vert a disparu au-dessus de 2000 m. Côté coloration des feuilles, c'est encore tôt mais on observe déjà ça et là les prémices. Un petit pourcentage des arbustes à myrtilles roussit. Quelques sorbiers jaunissent. L'explosion se rapproche.

Avec le flux de nord en cours, associé à un refroidissement, nous avons eu droit à de très belles lumières en ce début septembre. J'en ai profité pour aller m'aérer lors de deux soirées en Belledonne, les filles en ayant profité aussi. Petit aperçu en images.

soirée aux Plagnes
soirée aux Plagnes
soirée aux Plagnes

soirée aux Plagnes

soirée au mont Saint-Mury
soirée au mont Saint-Mury
soirée au mont Saint-Mury
soirée au mont Saint-Mury
soirée au mont Saint-Mury

soirée au mont Saint-Mury

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Rédigé par lta38

Publié dans #randonnée sportive, #Belledonne

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Publié le 2 Septembre 2019

Des rivières et des hommes ; des villes et des hommes etc.

Plus de sept milliards d'être humains. Soixante-dix millions de Français. Plus d'un million d'isérois. etc

Le vivre ensemble est au coeur de tous les programmes et y'a du boulot. On peine à prendre exemple sur les pays du nord et pour en avoir visité quelques uns, le Danemark me semble le modèle à suivre sur de nombreux points. Comme évoqué dans le précédent billet, "des loups et des hommes", je suis toujours en recherche de solutions, d'idées, de fonctionnements... pour que l'homme trouve sa meilleure place sur la planète. L'actualité, l'histoire finalement, est indispensable pour nous amener à réfléchir sur ce qui fonctionne et ce qu'il vaut mieux éviter.

- La semaine dernière, j'ai partagé deux images sur les réseaux sociaux suite à une petite virée de quarante kilomètres à vélo avec les filles, depuis notre domicile. Un aller-retour à Grenoble en essayant de découvrir de nouveaux axes cyclables sécurisés. Nous sommes "tombés" sur les nouvelles voies cyclables "Chrono vélo" mises en place à Meylan et sur le boulevard Agutte Sembat. Si ces voies prêtent à discussion sur certaines portions où elles incitent à rouler vite tout en traversant de nombreux passages piétons, il est regrettable que ma publication ait reçu autant de critiques. Elle ne visait qu'à évoquer des améliorations en cours même si Grenoble reste encore très loin d'Amsterdam ou Cophenague qui doivent absolument être nos modèles en la matière. Et ces axes séparés des chaussées pour véhicules motorisées et des aménagements piétonniers, tout en étant bien identifiables grâce à leur marquage, sont pour moi indiscutablement une avancée pour favoriser les déplacements à vélo. Qu'il reste des tas d'autres problèmes à Grenoble - insécurité, vols de vélos, section de pistes cyclables en piteux état, bandes cyclables dangereuses - est un faudrait et il faut évidemment les corriger au plus vite. Mais systématiquement critiquer tout ce qui se fait de bien en montrant ce qui ne va pas en parallèle est pour moi la meilleure des choses pour mettre un frein à ces avancées positives. Il faut savoir ce que l'on veut. A mon sens, le temps des véhicules dans les villes petites et moyennes doit être révolu, d'autant plus quand elles sont parfaitement plates comme Grenoble et avec l'avènement du vélo à assistance électrique. Bravo à Grenoble et son agglo pour ce travail. Mais il faut continuer et ne rien lâcher.

- De la plaine à la montagne. A l'opposé de Grenoble, presque quatre-mille huit-cents mètres plus haut, le mont Blanc a lui aussi son lot de mots, de maux. Par monts et par maux pourrais-je dire !!! Après les tentatives d'imposer une liste de matériel aussi incomplète que ridicule (voir en 2017, lettre à JM Peillex), le premier élu de la commune de Saint-Gervais a réussi à imposer une restriction d'accès avec délivrance d'une attestation de réservation en refuge (ou d'une feuille "d'autonomie" pour les prétendants à la journée) aux ascensionnistes du toit des Alpes. A l'opposé de la plaine où le besoin de protection des personnes doit être maximum, la montagne doit, à mon sens, rester un espace de liberté et d'autonomie, la protection devant se faire par la formation et l'information et non par les aménagements. Mais les événements donnent parfois raison aux administrés quand on voit une des dernières anecdotes relatant un anglais monté au sommet avec un rameur de vingt-six kilos (!) et l'abandonnant au retour à Vallot pour cause de grosse fatigue. Bien sûr, l'occasion n'a pas été manquée par M. Peillex pour faire le buzz et peut-être que l'intéressé a déjà programmé une remontée là-haut pour récupérer son outil et mettre fin à la polémique. Il n'en demeure pas moins qu'on peut s'interroger sur la place de ces animations sur nos montagnes. Un concert de Zaz, un rameur, un VTT. Bientôt une descente en overboard ? Si la montagne doit rester plurielle et les activités en perpétuelle évolution, elle doit aussi garder sa place de sanctuaire de nature et notre intrusion en son sein en tenir compte en limitant les nuisances visuelles, sonores et j'en passe. A nous d'y réfléchir avant de partir.

Bonne rentrée à toutes et à tous.

Les pistes Chronovélo
Les pistes Chronovélo

Les pistes Chronovélo

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Rédigé par lta38

Publié dans #humeur, #vélo

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Publié le 31 Août 2019

Ce titre me plaît. Faire de la nature un sanctuaire n'a jamais été ma tasse de thé. Tout l'enjeu de notre ère est de trouver ce subtil équilibre pour que la nature demeure et que l'homme en profite avec respect. Le fameux "jour du dépassement", bien que fictif et discutable, reste une donnée basée sur des critères constants et nous indique que le "contrat" est loin d'être rempli. Pour le moment, l'ensemble "tient" parce que la planète est grande et remplie de ressources. Pour combien de temps ?

En allant relever mes caméras automatiques la semaine dernière, je me suis rendu compte à quel point le loup s'adapte à l'homme et brouille les pistes. En l'espace d'un été, tout ce que je pensais avoir appris sur cet animal a été démonté et je dois repartir de zéro dans mes investigations. Quelque part j'ai envie de dire "tant mieux"...

Pendant ce temps, à cent kilomètres à vol d'oiseau, les éleveurs du Gapençais prennent la préfecture en otage et jouent du chantage pour demander des tirs de loups au coeur même du parc national des Ecrins, là où il est interdit de cueillir la moindre fleur, le moindre champignon, de camper... Fort heureusement les pouvoirs publics tiennent bon, en tous cas pour le moment. Mais pour en arriver là, c'est qu'il y a une exaspération totale des éleveurs sur ce sujet. Je ne milite pas à leurs côtés certes mais ne pas en tenir compte serait ne pas suivre la règle implicitement induite par le titre de ce billet. Je reste critique sur certains points de l'agriculture (intensive, pesticides, exploitation des sols sans répit, sélection des semences...) y compris en montagne, ayant pu encore vérifier récemment l'énorme dégradation d'un alpage par un trop grand nombre d'ovins (si vous faites un tour sur le versant sud des aiguilles de l'Argentière au col du Glandon, vous pourrez vous en rendre compte par vous mêmes : les ruisseaux sont entièrement souillés par les crottes, l'herbe rasée, piétinée... sur des hectares !). Mais il faut bien manger et l'homme aura toujours besoin d'exploiter les terres. En parallèles de solutions d'agriculture responsable et durable, il y a aussi la protection de la profession et les éleveurs qui sont dans les clous au niveau de la prévention contre la prédation méritent d'être entendus. Leur revendications expriment une réalité : la cohabitation "des loups et des hommes" est aujourd'hui un demi-échec de la part des pouvoirs publics.

Bien sûr, il n'est pas question de tirer le loup dans les parcs nationaux et j'ose espérer qu'il n'y a aucune dérogation de ce côté-là. Mais en attendant, il serait tant de faire les choses correctement. Chaque année, on tire de plus en plus de loups et il y a de plus en plus d'attaques. Et si on ne visait pas les bons loups ? Si on s'y prenait mal ? on commençait enfin à se rendre compte que la politique appliquée va à l'encontre de l'effet recherché ? Certes, entre la pression induite par des éleveurs aveuglés par leur colère et le manque de connaissances sur l'espèce en question de la part de nos administrés, il est difficile de faire bien. 

En espérant que ce petit monde va se réveiller, je suis allé me balader ce matin avec Olivier dans "ma" Belledonne avant la rentrée. Pas de caméra à relever, pas d'affût. Une randonnée et le ramassage de quelques myrtilles. J'avais quand même emporté le reflex et le téléobjectif en cas de rencontre fortuite, qui n'a bien entendu pas eu lieu. La saison des myrtilles entre dans son apogée. Je n'en ai pas beaucoup ramassé cette année ; on ne peut pas jouer sur tous les tableaux. Demain, nous entrons dans ma saison préférée : l'automne (météorologique). Belle rentrée automnale à tout le monde et vivement la fraîcheur annoncée.

Relevé du 21 août

Relevé du 21 août

Myrtilles

Myrtilles

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Rédigé par lta38

Publié dans #randonnée sportive, #loup, #recoltes, #Belledonne

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