Publié le 14 Août 2019

Aujourd'hui, ce sera journée escalade. Je propose aux filles de retourner sur la Botte, ce petit sommet tout près de la croix de Chamrousse où elles ont fait leur plus belle randonnée à skis l'hiver dernier. Une fois de plus, en arrivant sur le secteur, on se rend compte du contraste entre la foule de la croix de Chamrousse, des lacs Robert, du sentier venant des lacs Achard ou de celui allant au col des Lessines et le calme qui règne autour de ce sommet. Et ce n'est pas faute de le répéter. Qu'est-ce qui fait que cette montagne soit tant boudée ? A mon sens la méconnaissance.

Une cordée féminine est toutefois à l'attaque juste avant nous. Nous prenons le temps pour nous équiper. La première partie de la face nord-est présente plusieurs lignes et on a le choix pour gagner les vires médianes. Pour nous, ce sera "coup de froid", deux belles longueurs en dalle (4c). Les filles y découvriront toute la différence entre les 5c verticaux sur résine et les voies supposées plus faciles mais où c'est "tout sur les pieds". Du coup ça ne va pas très vite mais comme l'autre cordée ne va pas vite non plus, on décide de faire la pause méridienne sur la vire.

Une fois tout le monde ravitaillé, on repart et on rejoint la cordée qui peine vraiment à trouver la ligne. C'est l'occasion de passer un message à l'ouvreur, Xavier Dorel, qui, dans les années 90-2000, a ouvert (toujours en bon style, depuis le bas), plusieurs voies dans le secteur Belledonne / Grandes Rousses (entre autres). Le dénominateur commun de ces voies est leur facilité au niveau du chiffre (6b maximum et en général dans le 4-5). On notera "spitophobie..." au Galeteau, les voies du Barrioz (col de la croix de Fer), l'Evêque (fond de France), "coup de chaud" (pic du Pin)... mais aussi l'équipement aéré. L'idée de Xavier, sauf erreur de ma part, était de mettre un minimum de plaquettes de manière intelligente : protéger les crux mais laisser la possibilité de mettre des coinceurs et des sangles là où c'est possible, et laisser un peu engager dans les passages les plus faciles.

Cette façon de faire, qui était monnaie courante au siècle dernier, est à réfléchir aujourd'hui. Qu'il y ait des lignes de type trad où ça engage, oui ! Et il faut à tout prix les conserver. De même les voies de type mixte : une plaquette quand on ne peut rien mettre d'autre et qu'il y a une certaine difficulté. Mais dans ce cas de la Botte, on se situe dans des voies faciles (5a/b max pour nous), donc intéressantes pour des débutants. Pour qu'ils apprennent la grande voie. Or, les arbres ne sont pas toujours suffisants pour rajouter des sangles et souvent, il n'y a pas de quoi mettre des coinceurs facilement dans le gneiss exigeant. En voyant la cordée nous précédant en difficulté, j'en ai pris la mesure. En voyant mes filles avoir peur dans de petits pas en traversée avec la corde sur le côté également. En évitant de clipper certaines plaquettes (déjà qu'il n'y en avait pas beaucoup) parce que les filles allaient avoir du mal à les enlever, encore.

Du coup, je me pose une question : pour redonner un intérêt au site (les voies sont quand même peu fréquentées) et profiter de ce terrain a priori facile, ne serait-il pas judicieux de revoir cet équipement ?

Pour la suite, nous avons terminé la voie avec des filles plus à l'aise dans le raide (et un tantinet aérien) crux sommital plongé dans l'ombre (orientation et heure obligent) que dans les dalles couchées du départ les pieds à plat, avons rejoint le sommet une nouvelle fois donc (voir supra) puis regagné la foule à la Croix pour une descente en télécabine. Car nous étions bien là pour grimper. Et le papa, déjà pas très fan des descentes, n'était pas plus emballé que sa progéniture à rejoindre le bercail par les pistes avec tout le matos sur le dos. Autant faire travailler la station. 

Arrivée au pied de la face
Arrivée au pied de la face

Arrivée au pied de la face

Première partie (L1 et L2)
Première partie (L1 et L2)

Première partie (L1 et L2)

Seconde partie : L4 et L5 de "crotte de bique"
Seconde partie : L4 et L5 de "crotte de bique"

Seconde partie : L4 et L5 de "crotte de bique"

Petite arête finale

Petite arête finale

Au sommet !
Au sommet !

Au sommet !

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Rédigé par lta38

Publié dans #escalade-alpi, #Belledonne

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Publié le 13 Août 2019

C'est sans doute un des des défis de notre société : limiter nos déplacements loisirs. Je ne crois pas une seconde à l'abandon de tout ce qui fait la richesse de nos aventures aujourd'hui - voyages au bout du monde ET matériel - mais il est tout à fait possible de devenir raisonnable sans que cela n'entrave nos émotions. Cela passe par la recherche de tout ce qu'on peut découvrir à portée de main et on sera surpris de la richesse des possibilités.

Retour des filles pour une petite semaine à la maison alors que Madame a repris le boulot. On va bouger, mais à proximité. Temps frais et même couvert et venté en montagne pour cette première journée : c'est idéal pour ressortir le vélo. Le ratio vélo/enfant en terme de poids étant fort mauvais, surtout avec notre matériel, la moindre côte sera forcément sportive pour elles. Alors go ! Direction la gare de Brignoud et le pont des trompe-la-mort pour traverser l'Isère. Oui, en 2019, les cyclistes bénéficient ici d'une des infrastructures les plus dangereuses de France pour traverser l'autoroute et la rivière. Inacceptable mais sans autre possibilité à moins d'un détour monumental. Pour info, j'ai décidé d'abandonner de suivre le mini-passage piéton ultra dangereux. On est obligé de s'arrêter à chaque bretelle d'entrée/de sortie d'autoroute et c'est toujours un stress de relancer un vélo pour passer entre deux voitures. De même que pour traverser le pont de l'Isère, les trottoirs étroits en pédalant sont hyper dangereux. Si l'enfant tombe du trottoir, c'est un carnage. Il faudrait y passer à pied en poussant le vélo ce que je faisais quand les filles étaient petites. Maintenant, j'ai décidé d'arriver (côté Crolles pour ceux qui connaissent) par la voie réservée aux bus puis d'emprunter la chaussée (il reste toujours une traversée délicate où il ne faut pas traîner) et les voitures restent derrière à 20 km/h. Le premier qui me klaxonne prend un galet dans le pare-brise :D !! Bon, ce n'est pas encore arrivé. Bref, passons.

Le train nous emmène à Chambéry. Durant toutes les vacances scolaires, les TER bénéficient de tarifs intéressants : gratuit pour les moins de douze ans et -40% pour les autres, à condition qu'il y ait au moins un adulte accompagné de 1 à 3 enfants. Pour 11€ et des brouettes, on est donc tous les trois à la gare de Chambéry et il n'y a plus qu'à rentrer à la maison. La départ se fait dans les petites rues de la ville puis sur la voie verte jusqu'à Chignin où un itinéraire balisé amène, par de petites routes très peu empruntées par les voitures, au lac de Saint-André puis à Chapareillan. On poursuit par la côte de Barraux puis la Flachère, Montalieu, St-Vincent-de-Mercuze. Toujours très peu de voitures. Petites rues dans le Touvet puis on prend le début de la raide montée à Saint-Bernard pour traverser ensuite par la petite route de la Frette. Un chemin non goudronné amène au-dessus de la Terrasse. On ne retrouve la route principale qu'au niveau du Carré où il n'y a plus qu'à la suivre sur une dizaine de kilomètres jusqu'à la maison. Les filles ont maintenant l'habitude ; on peut emprunter la bande cyclable sans trop d'inquiétude sur cette dernière section.

Et voilà pour cette première journée ensemble de la semaine : 50 km de vélo, la voiture restée à la maison, un peu de sport et de très belles petites routes.

(photos smartphone)

Chambéry ; j'aime bien cette petite ville
Chambéry ; j'aime bien cette petite ville

Chambéry ; j'aime bien cette petite ville

Lac de Saint-André

Lac de Saint-André

Vignobles des Abymes. Au XIIIè siècle, un énorme pan de montagne s'est effondré (face nord du Granier), s'abimant sur la vallée et causant le décès d'environ 2000 personnes, d'où le nom donné au cépage local.
Vignobles des Abymes. Au XIIIè siècle, un énorme pan de montagne s'est effondré (face nord du Granier), s'abimant sur la vallée et causant le décès d'environ 2000 personnes, d'où le nom donné au cépage local.

Vignobles des Abymes. Au XIIIè siècle, un énorme pan de montagne s'est effondré (face nord du Granier), s'abimant sur la vallée et causant le décès d'environ 2000 personnes, d'où le nom donné au cépage local.

Ca va avec l'article. Certes, le train est une mobilité douce mais un jour, il faudra arrêter le mitage du paysage. Ce train existe déjà. Cette nouvelle ligne serait destinée à gagner du temps sur des trajets. Est-il utile de gagner du temps à tout prix ? Cette nouvelle ligne serait aussi destinée au transport du fret. Celui-ci est déjà possible avec la ligne actuelle. Quel en serait le véritable bénéfice global ? Car cette ligne serait accompagné du percement de plusieurs tubes, parfois très longs (plusieurs dizaines de kilomètres) avec des gisement d'amiante et autres roches à problème. Les différentes études montrent des points positifs et négatifs des deux côtés mais je me pose une question : la planète étant un espace fini, on ne peut donc pas poursuivre infiniment son exploitation et donc notre croissance. C'est une certitude mathématique. Quand allons-nous commencer à infléchir la courbe quand de nombreux scientifiques indiquent qu'on a déjà dépassé la tangente acceptable ??

Ca va avec l'article. Certes, le train est une mobilité douce mais un jour, il faudra arrêter le mitage du paysage. Ce train existe déjà. Cette nouvelle ligne serait destinée à gagner du temps sur des trajets. Est-il utile de gagner du temps à tout prix ? Cette nouvelle ligne serait aussi destinée au transport du fret. Celui-ci est déjà possible avec la ligne actuelle. Quel en serait le véritable bénéfice global ? Car cette ligne serait accompagné du percement de plusieurs tubes, parfois très longs (plusieurs dizaines de kilomètres) avec des gisement d'amiante et autres roches à problème. Les différentes études montrent des points positifs et négatifs des deux côtés mais je me pose une question : la planète étant un espace fini, on ne peut donc pas poursuivre infiniment son exploitation et donc notre croissance. C'est une certitude mathématique. Quand allons-nous commencer à infléchir la courbe quand de nombreux scientifiques indiquent qu'on a déjà dépassé la tangente acceptable ??

Montée de Barraux
Montée de Barraux

Montée de Barraux

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Rédigé par lta38

Publié dans #vélo

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Publié le 11 Août 2019

Ce doit être mon quatrième passage ici (seulement). Mais plus j'y viens, plus je trouve cette traversée esthétique. A mon sens, c'est vraiment une très belle course d'initiation à la traversée d'arêtes. Si on évite le gendarme qui suit le pas du pin et qui réserve une longueur en 4b ou 4c, d'autant qu'il faut immédiatement en redescendre derrière par un rappel, on ne dépasse jamais le 3 et on peut, sans se faire peur, peaufiner son apprentissage. D'autant que la course est assez longue.

Pour une première dans ce style, Nicolas aura adoré et moi, je me suis régalé à l'y conduire. Bravo à toi l'ami, tu as bien assuré. A la fin de la première partie, nous avons rattrapé puis dépassé une cordée. Comme elle se trouvait sur le gendarme facultatif, nous l'avons, du coup, évité, afin de ne pas bouchonner derrière. A la vue de leur progression (ils étaient au niveau du rappel de 7 m sur le bitard, point qu'on atteint tranquillement une demi-heure après l'endroit où nous les avons dépassé, alors que nous étions en train de descendre sur le sentier sous les lacs du Vénétier), ils étaient visiblement en plein apprentissage de ce type de course et pas encore au niveau : progression essentiellement en tirant des longueurs, probablement deux brins de 45 ou 50 m de corde... Loin de moi l'idée de les montrer du doigt ; ils auront sans doute beaucoup appris durant cette sortie et ils avaient l'air de ne pas prendre de risques. J'espère simplement qu'ils ne se sont pas pris le petit orage de 17h.

En revanche, je profite de cette anecdote pour partager quelques conseils sur ce type de course.
- Première pointe : c'est de la grimpette en terrain Belledonne (rochers niveau 2 + herbe). Le caillou est globalement bon. On peut grimper à corde tendue en plaçant des sangles et des coinceurs. L'encordement peut se faire à 15 m en double.
- Arêtes jusqu'au sommet nord du Pin (à partir du moment où l'arête devient rocheuse et effilée). C'est assez long. Rien ne nécessite de tirer des longueurs. Il faut progresser à distance courte, le plus expérimenté reste en amont avec les anneaux, un tour mort à la main. On peut allonger la longueur de corde pour un passage, en utilisant au maximum les becquets.
- Arêtes effilées. C'est à la descente donc le moins expérimenté passe le premier (désescalade 3c). Il passe la corde derrière les becquets et rajoute quelques sangles. Toujours à corde tendue. Pour la petite remontée (du petit 3) jusqu'au premier rappel, il peut rester en tête en protégeant. 
- Rappel de 7 m. Ne pas se décorder et utiliser la technique du noeud Dufour. Avec un encordement à 15 m en double, c'est ric-rac
- Pointe suivante. Du 3 en montée. Le plus expérimenté devant, il peut placer trois sangles sur becquets.
- Rappel de 30 m. Ne pas prendre le premier mais poursuivre sur l'arête jusqu'au suivant un peu plus bas. Là, si on a 30 m de corde et qu'on n'est pas très bon en désescalade, ça va coincer. J'emporte l'Escaper pour descendre sur un seul brin, histoire de ne porter qu'une corde de 30 m. Sinon, pour éviter la punition des deux brins, on peut rappeler la corde avec un second brin de 30 m en 6 mm qu'on transportera dans le sac à dos. Toujours penser au poids : plus on est léger, plus on est efficace, dans les marches d'approche comme sur les arêtes.
- On finit en marchant jusqu'à la brèche. Beaucoup de cordées s'arrêtent là et s'échappent. Pour être clair, c'est vraiment nul. Il faut aller au bout. Ce n'est pas bien loin. Remonter flanc droit de la pointe suivante. Facile (2 max). On n'a toujours pas tiré une seule longueur.
- Petite désescalade sur le flanc ouest (attention aux pentes d'herbe, ne pas hésiter à poser un petit rappel sur becquet - prévoir un anneau à abandonner dans ce cas) pour gagner le rappel suivant un peu plus bas (sangles bien visibles). Aller à bout de corde (donc 15 m de rappel si on a 30 m de corde) dans le couloir versant est.
- Traverser à niveau et tirer la seule longueur de la traversée (protections plutôt sur coinceurs, becquets moins évidents). Le leader peut s'encorder à simple et se laisser descendre de l'autre côté pour aller faire relais au niveau dernier rappel de 10 m, et ce, en une seule longueur. C'est terminé. Ca passe en moins de deux heures trente pour une cordée normale.

Approche sous le pas de la Coche

Approche sous le pas de la Coche

Première partie très facile

Première partie très facile

Aspects de la section clé
Aspects de la section clé
Aspects de la section clé

Aspects de la section clé

L'Escaper en action

L'Escaper en action

Matériel de grimpe emporté (manque le harnais)

Matériel de grimpe emporté (manque le harnais)

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Rédigé par lta38

Publié dans #escalade-alpi, #Belledonne

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Publié le 9 Août 2019

Un peu rouillé par l'exigeante sortie de la veille, me voici de retour sur les faces verticales avec mon ami Julien. Direction juste en face de la maison, dans la face ouest du Ferrouillet où une petite voie d'escalade dite traditionnelle a été tracée il y a près de trois ans. Les rares retours sont plutôt positifs et puis, je me dois de connaître cette nouvelle voie dans mon massif préféré. Elle était donc au programme.

Malgré seulement 900 m de dénivelé, entre un peu de plat au départ puis vers le lac Bleu, l'évolution un peu pénible hors sentier sur la fin, la dépose du matériel en surplus (bâtons, un sac à dos, short pour le retour...) vers le lac Bleu également puis le temps de trouver le départ de la voie et de s'équiper, il s'écoulera deux petites heures entre le départ du parking et les premiers pas d'escalade, une belle longueur en 4c très facile à protéger et en excellent rocher.

L1 : 4c. très belle rampe fissurée à protéger soi-même

L1 : 4c. très belle rampe fissurée à protéger soi-même

Après une très belle première longueur pour se mettre dans le bain, les choses se corsent. Ce n'est pas tant le pas de 6a bien protégé et en excellent rocher mais les cinq mètres en 5 pour atteindre le premier goujon en rocher très aléatoire. On grimpe sur des oeufs et heureusement que le piton en place est rallongé par une cordelette. Faire gaffe sur ce passage. Le reste est très beau.

Au départ de L2. Rocher nettement moins bon qu'il n'en a l'air. (photo Ju')

Au départ de L2. Rocher nettement moins bon qu'il n'en a l'air. (photo Ju')

L3 en 5c est assez quelconque avec des passages entrecoupés de végétation. La mousse de Belledonne est bien là. Il n'y a qu'un goujon dans la longueur.

Au départ de L3

Au départ de L3

S'ensuit une fort belle L4 une fois passés les premiers mètres. Les pieds dans la mousse, on accède à un surplomb où il faut trouver la prise clé (6a) pour gagner le réta-mousse. Ca fait pas forcément rêver à la lecture de ces mots mais c'est un passage fort sympathique, suivi par une fissure-cheminée plutôt facile (le 5b annoncé est fort sympathique) et très belle. Encore un relais confort sur une terrasse au sommet d'un pilier.

Arrivée à R4 et R4
Arrivée à R4 et R4

Arrivée à R4 et R4

L5 est la plus soutenue, très belle également. Ca commence par une fissure à coincements (6a) puis une traversée plus facile avant un final redressé un peu engagé (5c/6a soutenu).

Départ de L5

Départ de L5

Il était annoncé une L6 à corde tendue. Il s'agit en réalité de quelques mètres où on pose à peine les mains pour sortir au sommet du pilier. La descente est fort désagréable par les pierriers du versant sud, un petit couloir croûlant puis encore des blocs jusqu'au lac Bleu. Une petite course de montagne très sauvage sans dépasser 2400 m d'altitude : ça existe et c'est en Belledonne, au Ferrouillet. La voie s'appelle "les amis du Ferouillet" et on remercie les ouvreurs.

Le lac de Crop

Le lac de Crop

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Rédigé par lta38

Publié dans #escalade-alpi, #Belledonne

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Publié le 8 Août 2019

Eh bien voilà. Je n'en faisais une fixation mais c'était inconsciemment dans les cartons. En 1997, je me hisse pour la première fois sur le point culminant de Belledonne avec mon frère Cédric dans l'idée de faire cette traversée. Nous sommes accompagnés de Pascal et de Nicolas Cardin, alors en train de devenir mon grand partenaire de montagne, jusqu'à son malheureux décès en 2009. On ne t'a pas oublié mon pote ! Nos deux acolytes, insuffisamment expérimentés à cette date, s'en retournent par la voie normale alors qu'avec Ced, nous traversons les arêtes armés de coinceurs et de 90 m de corde.

Depuis, j'ai réalisé de nombreuses choses sur ce sommet en y emmenant des amis, gravissant l'impressionnante muraille nord-ouest par la voie Rébuffat avec l'ami Thibault, l'arête du Doigt avec "petit" Mathieu, lui aussi décédé en 2004, skié le sommet avec "MonLio"...

En 2017, l'idée fait son chemin d'intégrer cette traversée dans un tour complet du lac Blanc. Ces "skylines", j'en ai fait une de mes spécialités en Belledonne. Le principe en est le suivant : gravir un sommet par une longue arête ou traverser plusieurs sommets en restant sur les arêtes, mêlant cheminement esthétique, panoramique, logique et rapide. Pour cela, je pars en mode minimaliste après avoir étudié le terrain en fonction de mes connaissances du massif : un mini baudrier et une cordelette de secours (plus ou moins longue selon la hauteur de rappels envisagés), un casque pour les chutes de pierres dans les couloirs, à boire, à manger et une petite laine.

Avant ce tour du lac Blanc, j'avais déjà réalisé le terrible tour du Doménon. Je connais donc bien le parcours jusqu'à la croix de Belledonne depuis la Petite Lance de Domène. Il passe tout en solo pour moi. Mais quid de la traversée des trois pics ? La connaissant bien dans le sens habituel (l'autre sens), je sais que les difficultés seront à la descente et pourront donc être rappelées. Je m'octroie donc une reco en ce mois de juin 2017 : montée à la Croix, traversée jusqu'au Grand Pic, descente. Et au final, ça passe bien comme prévu, avec trois petits rappels pour les longueurs en 4. Ayant un peu de temps, je m'essaie même à réaliser les pas en désescalade avec la corde en place. Je me dis que ça devrait le faire en solo dans l'autre sens. Un mois plus tard, je reviens avec François réaliser ce grand tour du lac Blanc : une véritable aventure à côté de la maison.

Depuis ce jour, j'ai dans la tête de faire cette traversée dans le bon sens en solo. Je connais toutes les prises des passages clés. Il n'y a aucune surprise. Je ne vois pas comment cela pourrait être dangereux. Cela va sûrement en faire sourire certains mais le danger n'est pas objectif dans ce cas. Il dépend avant de tout de la personne qui "l'affronte", de son état de condition physique le jour J, de sa connaissance des lieux, de l'état de la montagne, des conditions météo. Aujourd'hui, tout est réuni pour ce projet. Et c'est ainsi que cela va se passer.
- 9h. Départ du Chenevray, 900 m. Montée au lac Blanc, au glacier puis au col de Freydane puis au Grand Pic par la voie normale.

- 12h. Sommet. Je n'ai absolument rien fait de véritablement sportif en terme de dénivelé depuis plus de trois mois alors, ce temps de 3h pour 2100 m de dénivelé était difficilement améliorable ce jour-là (ce qui n'est toutefois pas si mal en tenant compte du replat du lac Blanc, de la pénible montée au col de Freydane et de l'ascension du Grand Pic), à partir du moment où on souhaite en garder pour la suite ce qui est impératif.
- 12h15. Attaque de la traversée. Finalement, le couloir de désescalade qui passe presque en courant à la montée se révèlera assez technique dans ce sens. Je pensais aller plus vite mais il faut assurer chaque pas. S'ensuit la montée au pic Central qui concentre les trois longueurs "difficiles" (du 4/4+) de la voie. Finalement, ces pas-là seront franchis encore plus facilement que prévu. Les connaître est vraiment un +. On s'y engage serein. De toutes façons, si l'envie d'abandonner se faisait sentir après le premier passage, j'ai emporté avec moi un bout de ficelle de quinze mètres et mon Escaper alors, il n'y a réellement pas beaucoup d'engagement.
- 13h30. Arrivée à la Croix. Le même temps que ce que j'avais mis dans l'autre sens lors de mon premier parcours, qu'on avait amélioré de quinze minutes avec François (mais là, on était dans un mode vraiment express). Bravo à l'enfant de neuf ans qui y arrive (par la voie normale bien sûr) un peu après moi, monté d'une traite avec sa famille depuis pré Raymond (D+ = 1550 m).
- 13h45. Attaque de la descente. Je tire au plus court : traversée sous les rochers Rouges, descente directe du lac Blanc, ravin des Excellences, en compagnie d'une couple de trailers avec qui je discute tout le long en trottinant jusqu'au habert du Mousset actuellement en réfection (donc fermé cet été - une nouvelle cabane confort à venir sur le GR738 ?). A 15h30, je suis à la voiture. Même en buvant les indispensables deux litres dans les heures suivantes, je devrais avoir quelques courbatures étant donné mon manque d'entraînement actuel mais la satisfaction est là : le moteur fonctionne toujours bien et un objectif a été atteint.

Le lac Blanc depuis le sommet du Grand Pic

Le lac Blanc depuis le sommet du Grand Pic

Ambiances sur la traversée des arêtes. Magique !
Ambiances sur la traversée des arêtes. Magique !
Ambiances sur la traversée des arêtes. Magique !

Ambiances sur la traversée des arêtes. Magique !

A la descente, les trois pics depuis le col de Freydane. Le glacier s'amenuise...

A la descente, les trois pics depuis le col de Freydane. Le glacier s'amenuise...

Le matériel emporté. Casque Petzl Sirocco (170 g), harnais Petzl Altitude (150 g - on peut trouver deux fois plus léger ou mieux, faire avec une sangle mais je n'étais pas à ça près), cordelette basique (6 mm, 15 m) en cas de réchappe avec petit mousqueton à vis, deux bâtons légers pliables pour aide à la marche, chaussures Adidas Terrex Scope GTX (parfaite pour la grimpe, dommage que le fabricant l'ait stoppée !), petite laine, lunettes de soleil, petite casquette, crème solaire (Tingerlaat, la seule que je supporte, ne colle pas, ne coule pas), gourde filtre Katadyn vide (je boirai au fur et à mesure dans les torrents sauf 0,6 l emportés entre le glacier de Freydane et la Croix), couteau (il existe plus léger), smartphone, un sachet de graines, une compote (c'est lourd mais fort appréciable), une part de tarte salée, le tout dans un petit sac au dos aéré de 10 litres. A rajouter le petit appareil photo (Lumix GM5)

Le matériel emporté. Casque Petzl Sirocco (170 g), harnais Petzl Altitude (150 g - on peut trouver deux fois plus léger ou mieux, faire avec une sangle mais je n'étais pas à ça près), cordelette basique (6 mm, 15 m) en cas de réchappe avec petit mousqueton à vis, deux bâtons légers pliables pour aide à la marche, chaussures Adidas Terrex Scope GTX (parfaite pour la grimpe, dommage que le fabricant l'ait stoppée !), petite laine, lunettes de soleil, petite casquette, crème solaire (Tingerlaat, la seule que je supporte, ne colle pas, ne coule pas), gourde filtre Katadyn vide (je boirai au fur et à mesure dans les torrents sauf 0,6 l emportés entre le glacier de Freydane et la Croix), couteau (il existe plus léger), smartphone, un sachet de graines, une compote (c'est lourd mais fort appréciable), une part de tarte salée, le tout dans un petit sac au dos aéré de 10 litres. A rajouter le petit appareil photo (Lumix GM5)

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Rédigé par lta38

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